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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 10:26

C’est tête baissée que j’ai foncé en choisissant ce livre car je connaissais un peu les textes destinés à la jeunesse écrits par Yak Rivais.

Ne tournons pas autour du pot : je n’ai pas aimé ce livre, je me suis fait violence pour arriver au terme de cette lecture.

Vitellius, président autocrate d’un pays indéterminé, le jour des élections, refuse sa défaite. Non, ce n’est pas Vespasien qui a été élu avec 53%, d’ailleurs l’opération « Coup-de-Jarnac » dont Vitellius est l’instigateur porte ses fruits : dans de nombreux bureaux de vote, des militants ont glissé une trentaine de bulletins au nom de Vitellius… qui ne bouge pas d’un iota.

            Il est question de putes (Vitellius a de nombreuses érections qui arrivent sans prévenir, il a besoin de se soulager très vite !), de latrines bouchées qui puent, de meurtres (Vitellius n’hésite pas à employer les grands moyens pour parvenir à ses fins). C’est caricatural, ubuesque, truculent et pourtant, je n’ai pas ri. Peut-être parce que cette farce n’est pas si éloignée d’une certaine réalité ? j’avais lu les deux premières pages, j’avais tout lu. Ce n’est que mon humble opinion…

Avis aux amateurs du genre vitriolesque (oui, j’ai envie, parfois, d’inventer des mots), ce court (heureusement pour moi, « court ») roman appelé « roman bouffe », vous plaira sans aucune doute.

Vitellius qui prêche la bonne parole (ça sent le « vrai », me direz-vous) : « Mais c’est le peuple, l’adversaire ! Cet abruti tentaculaire et aveugle qu’on appelle le peuple ! Pas seulement le parti de Vespasien. C’est tout cette bande de moutons débiles ! Ce troupeau de beaux prêts à suivre qui leur promettra du fric et la lune sans fatigue. L’adversaire, c’est un ramassis de canailles ! Ils ne combattent par l’injustice, ils rêvent de l’exercer à leur avantage ! Ils ne combattent pas l’iniquité, ils rêvent de l’exercer à leur avantage ! Ils ne combattent pas la misère, ils rêvent d’être admis au club des Friqués avec nous ! »

 

Merci à Caroline pour cet envoi et à  

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 17:12

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J’avais découvert cet auteur américain avec Le Rouge du péché qui m’avait plu sans que je considère cette lecture comme indispensable…

            Le sergent Barbara Havers est connu pour son originalité : toujours mal habillée, elle est laide, trapue et peu sociable. Là voilà affublée, pour son enquête, de l’inspecteur Thomas Lynley qu’elle n’aime pas parce qu’il est son opposé : beau, séduisant, riche, intelligent, sympathique. Elle le trouve snob et pourtant, parce qu’elle n’a pas envie de se retrouver à faire la circulation dans la rue, elle fait tout pour ne pas contrarier Lynley.

Nos deux Laurel et Hardy s’en vont dans un village du Yorkshire où un père de famille, William Teys a été retrouvé décapité. Le même sort avait été réservé à son chien et sa fille, Roberta, a été découverte sur les lieux du crime. Elle aurait avoué « C’est moi qui ai fait ça et je ne le regrette pas ». Très rapidement, les deux enquêteurs ont du mal à croire en sa culpabilité.

J’ai adoré ce polar ! Qu’est-ce qui m’a tant plu ? La relation entre les policiers occupe la première place du podium, c’est un couple atypique où le gars est beau, la femme un laideron, c’est aussi le début d’une histoire d’amitié plutôt maladroite et titubante. La deuxième place reviendrait à l’ordre de mes deux lectures. Ce roman se situe quelques tomes avant Le Rouge du péché et j’ai trouvé très intéressant de découvrir deux personnages en devenir, l’esquisse de ce qu’ils allaient être plus tard. Dans Le Rouge du péché, Lynley pleure son épouse décédée, ici, il n’est pas encore marié avec elle, la trompe et voit en elle plus une amie qu’une amante. Enfin, l’ambiance décrite, ce petit village où tout le monde se connaît, un père de famille trop pieux, une fille indigne qui s’enfuit pour ne jamais réapparaître, une petite sœur qui sombre dans la boulimie, en font des ingrédients d’une intrigue qui vaut le détour.

Réflexions du commissaire Webberly qui avait pris la décision (risquée) d’associer Barbara et Lynley : « Havers ressemblait à un hérisson, toujours prête à se rouler en boule à la moindre provocation. Pourtant sous ces dehors épineux se cachait une réelle et pénétrante intelligence. Le tout tait de savoir si Thomas Lynley serait suffisamment patient et bien disposé à l’égard d’Havers pour l’inciter à laisser ses facultés intellectuelles prendre le pas sur son caractère impossible. Un caractère qui l’avait empêchée de faire équipe avec qui que ce soit jusqu’alors. »

 

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 08:45

Moi qui avais pour projet de m’envoyer toute la série des Rougon-Macquart devant les mirettes en 2012, m’en voilà à mon 2ème tome seulement !

Renée, enceinte sans être mariée, épouse Aristide Rougon devenu Saccard. C’est ce même Aristide Rougon qu’on avait rencontré dans le premier tome, le journaliste opportuniste qui n’hésitait pas à profiter de chaque occasion pour s’enrichir. Il va continuer ici, et de plus belle. La spéculation immobilière va l’amener à s’enrichir, son mariage et l’appauvrissement progressif de Renée à son insu  va contribuer à agrandir sa fortune également. Si Aristide représente l’argent, son frère, Eugène Rougon, « monté » à Paris peu avant lui, représente le pouvoir. La sœur n’est pas en reste, elle complote, elle spécule, elle joue l’entremetteuse. Ce personnage m’a beaucoup amusée, discrète et constamment vêtue de noir, elle joue cependant un rôle essentiel dans la réussite de chacun.

Mais c’est bien Renée le personnage central, une Renée égoïste, coquette, blasée, capricieuse. Née riche, elle ne se complaît que dans le luxe. Pourtant, l’oisiveté et l’opulence créent chez elle l’ennui. Ennui égayé par la venue de Maxime, le fils d’Aristide et d’Angèle (décédée au début du tome… les personnes bonnes et aimables ne font pas long feu chez Zola !). Le jeune homme, efféminé et espiègle distrait Renée et devient vite son compagnon de tous les jours. Elle le materne, il la conseille, elle le dorlote, il l’amuse. La routine reprend ses droits et Renée, se cherchant une nouvelle distraction… tombe dans les bras de son beau-fils. Cet inceste la stimule tous les jours et l’excite. . « Quand Maxime allait au Bois, pincé à la taille comme une femme, dansant légèrement sur la selle où le balançait le galop léger de son cheval, il était le dieu de cet âge, avec ses hanches développées, ses longues mains fluettes, son air maladif et polisson, son élégance correcte et son argot des petits théâtres. Il se mettait, à vingt ans, au-dessus de toutes les surprises et de tous les dégoûts. Il avait certainement rêvé les ordures les moins usitées. Le vice chez lui n'était pas un abîme, comme chez certains vieillards, mais une floraison naturelle et extérieure. Il ondulait sur ses cheveux blonds, souriait sur ses lèvres, l'habillait avec ses vêtements. Mais ce qu'il avait de caractéristique, c'était surtout les yeux, deux trous bleus, clairs et souriants, des miroirs de coquettes, derrière lesquels on apercevait tout le vide du cerveau. Ces yeux de fille à vendre ne se baissaient jamais; ils quêtaient le plaisir, un plaisir sans fatigue, qu'on appelle et qu'on reçoit. » Le trio vit sous le même toit, mari et femme ayant depuis longtemps accepté l’absence d’amour dans leur relation, Maxime jetant une bouffée de jeunesse dans la maison et Saccard ignorant tout des coucheries entre sa femme et son fils.

Si le lecteur assiste à la progression financière d’Aristide, au crescendo amoureux de Renée, la deuxième partie du roman met en scène la dégradation morale et physique (et même financière !) de la jeune femme. Maxime va épouser une jeune fille de son âge (non par amour mais pour son argent, et on retrouve l’épais fil de l’hérédité !) et quitte Renée. A trente ans, elle se retrouve, seule, vieillie et ruinée.

Les cinquante premières pages du roman m’ont ennuyée, je l’avoue, les histoires immobilières m’ont aussi lassée mais lorsqu’on arrive au cœur du roman avec cette histoire d’amour qui porte le sceau de l’interdit, qu’en parallèle, un reflet si net de la bourgeoisie parisienne sous le Second Empire nous est offert, on retrouve tout le talent de Zola, son admirable écriture qu’on ne saurait imiter, ses métaphores, sa polysémie et sa richesse.

 

Je n’aurais pas pu ne pas choisir l’extrait qui cloître nos deux amants dans la serre,  cette serre tropicale qui fait rêver et qui voit éclore leur amour.

« S’ils avaient fermé les yeux, si la chaleur suffocante et la lumière pâle n’avaient pas mis en eux une dépravation de tous les sens, les odeurs eussent suffi à les jeter dans un éréthisme nerveux extraordinaire. Le bassin les mouillait d’une senteur âcre, profonde, où passaient les mille parfums des fleurs et des verdures. Par instants, la Vanille chantait avec des roucoulements de ramier ; puis arrivaient les notes rudes des Stanhopéa, dont les bouches tigrées ont une haleine forte et amère de convalescent. Les Orchidées, dans leurs corbeilles que retenaient des chaînettes, exhalaient leurs souffles, semblables à des encensoirs vivants. Mais l’odeur qui dominait, l’odeur où se fondaient tous ces vagues soupirs, c’était une odeur humaine, une odeur d’amour, que Maxime reconnaissait, quand il baisait la nuque de Renée, quand il enfouissait sa tête au milieu de ses cheveux dénoués. Et ils restaient ivres de cette odeur de femme amoureuse, qui traînait dans la serre, comme dans une alcôve où la terre enfantait.

D’habitude, les amants se couchaient sous le Tanghin de Madagascar, sous cet arbuste empoisonné dont la jeune femme avait mordu une feuille. Autour d’eux, des blancheurs de statues riaient, en regardant l’accouplement énorme des verdures. La lune, qui tournait, déplaçait les groupes, animait le drame de sa lumière changeante. Et ils étaient à mille lieues de Paris, en dehors de la vie facile du Bois et des salons officiels, dans le coin d’une forêt de l’Inde, de quelque temple monstrueux, dont le sphinx de marbre noir devenait le dieu. Ils se sentaient rouler au crime, à l’amour maudit, à une tendresse de bêtes farouches. Tout ce pullulement qui les entourait, ce grouillement sourd du bassin, cette impudicité nue des feuillages, les jetaient en plein enfer dantesque de la passion. C’était alors au fond de cette cage de verre, toute bouillante des flammes de l’été, perdue dans le froid clair de décembre, qu’ils goûtaient l’inceste, comme le fruit criminel d’une terre trop chauffée, avec la peur sourde de leur couche terrifiante. »

Le deuxième extrait renvoie au cotillon, cette danse-jeu qui amusait tant les bourgeois au XIXème siècle… ou quand le luxe se mêle au ridicule…

« M. de Saffré plaçait le duc de Rozan, le dos contre le mur, dans un angle du salon, à côté de la porte de la salle à manger. Il mit une dame devant lui, puis un cavalier dos à dos avec la dame, puis une autre dame devant le cavalier, et cela à la file, couple par couple en long serpent. Comme des danseuses causaient, s'attardaient :
- Voyons, mesdames, cria-t-il, en place pour les « Colonnes ».
Elles vinrent, les « colonnes » furent formées. L'indécence qu'il y avait à se trouver ainsi prise, serrée entre deux hommes, appuyée contre le dos de l'un, ayant devant soi la poitrine de l'autre, égayait beaucoup les dames. Les pointes des seins touchaient les parements des habits, les jambes des cavaliers disparaissaient dans les jupes des danseuses, et, quand une gaieté brusque faisait pencher une tête, les moustaches d'en face étaient obligées de s'écarter, pour ne pas pousser les choses jusqu'au baiser. Un farceur, à un moment, dut donner une légère poussée ; la file se raccourcit, les habits entrèrent plus profondément dans les jupes ; il y eut de petits cris, et des rires, des rires qui n'en finissaient plus. On entendit la baronne de Meinhold dire : « Mais, monsieur, vous m'étouffez ; ne me serrez pas si fort ! » ce qui parut si drôle, ce qui donna à toute la file un accès d'hilarité si fou, que les « colonnes », ébranlées, chancelaient, s'entrechoquaient, s'appuyaient les unes sur les autres, pour ne pas tomber. M. de Saffré, les mains levées, prêt à frapper, attendait. Puis il frappa. A ce signal, tout d'un coup, chacun se retourna. Les couples qui étaient face à face, se prirent à la taille, et la file égrena dans le salon son chapelet de valseurs.
Il n'y eut que le pauvre duc de Rozan qui, en se tournant, se trouva le nez contre le mur. On se moqua de lui. »

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 10:39

            J’avais testé les nouvelles d’Olivier Adam, puis le roman pour la jeunesse, est enfin venu le tour du roman pour adultes.

            Claire est une jeune femme seule. Elle vit seule, elle est caissière, n’a pas de réels amis et surtout elle est en manque de son frère, Loïc, disparu soudainement quelques mois plus tôt. Elle et lui ont toujours été très proches. Malgré ses deux ans de moins, il la devançait, la guidait, prenait les décisions pour eux deux. Puis subitement, il part… sans laisser de nouvelles. Alors Claire tombe dans une profonde dépression, maigrit, dépérit. Et un jour, une carte postale de Loïc adressée à Claire, comportant peu de mots dont ceux-ci « Je vais bien, ne t’en fais pas », lui remonte un peu le moral. Quelques jours semaines plus tard, une autre carte d’un autre endroit de France, lui permet de sortir de son cocon… et ainsi de suite.

Je ne veux pas tout raconter, il y a deux surprises dans ce court roman. Intense en émotions, c’est la relation frère-sœur, si fusionnelle, presque honteuse et incestueuse, qui est d’abord intéressante, mais aussi la lente renaissance de Claire. Ses maladresses, son désir de s’en sortir,  ses efforts maigres mais constants en font un personnage touchant. L’écriture d’Olivier Adam est efficace, les phrases sont courtes, simples, parfois brutales.

Une belle découverte que je conseille.

 

Un extrait qui évoque Julien, un autre personnage que j’ai apprécié et qui va entrer dans la vie de Claire. Julien ne va pas bien, sa vie c’est l’écriture, monologue :

« Tu te barres dans le Cotentin et tu écris. Tu prends des avions, des trains ou des chemins. Des lignes de fuite. Tu prends du temps. Tu en voles. Sans rien dire à personne. Contrebandier. Sale gosse. Tu emmerdes le travail, tu encules la vie active. Tu l’as toujours dit : eu es pour la vie passive. »

 

Merci Nesto !!!

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 18:58

Comme le titre l’indique, l’histoire se passe à San Francisco. A la fin des années 70. Les personnages se croisent, s’acoquinent, se disputent, s’enivrent, fument, s’aiment, se détestent… tout ça sur un air seventies, avant-gardiste, coloré et décadent.

Il y a Mary Ann qui, venant de Cleveland, fait figure de provinciale débarquant dans la grand ville. Fraîche et naïve, elle s’offusque, s’étonne, découvre et apprend les méandres de la vie de San Francisco qu’elle finit par apprécier plus que tout. Il y a sa logeuse, Mme Madrigal, toujours là pour donner un joint, toujours là aussi pour materner ses locataires. Il y a Michael, le chômeur homosexuel et Brian, l’homme à femmes. Les deux se retrouveront pour chasser la chair fraîche ensemble… L’humour et l’insouciance entourent ces personnages que de drôles de coïncidences finiront par réunir un soir de Noël.

Je me suis bien marrée à plusieurs reprises. La dimension fofolle du roman est sans doute sa plus grande qualité. Les personnages se démarquent tous par leur originalité et Mary Ann pourrait représenter le mât central, toujours droit mais qui tangue tout de même au plus fort de la tempête.

Léger et divertissant, ce roman est suivi de sept autres romans qui, d’après leur titre, comprennent les mêmes personnages que ce premier tome. Même si ce livre m’a plu, je ne suis pas sûre de vouloir poursuivre la série.

o   « la drague […] ressemblait beaucoup à l’auto-stop : il valait mieux s’habiller comme les gens par qui on voulait être pris. »

o   Dialogue entre Beauchamp et DeDe, ce couple où l’amour semble usé par le temps :

-         Maman doit être plus morte que vivante.

-         Arrête d’essayer de me remonter le moral.

 

 

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 21:55

 

 

Ce roman était l’une des plus grosses gouttes de l’océan de ma PAL… avouez que 788 pages pour un polar, c’est énorme ! Ce fut aussi l’occasion de découvrir l’écriture d’Elizabeth George que je ne connaissais que de nom pour l’avoir vu, comme vous tous, dans toutes les librairies, en tête de gondole.

Les côtes de Cornouailles. Thomas Lynley est un flic malheureux : il vient de perdre sa femme enceinte, tuée par un gamin de douze ans. Pour évacuer sa douleur, il marche, seul. Au bout de quelques jours, il fait une macabre découverte : celle du cadavre de Santo Kerne, tombé du haut d’une falaise qu’il tentait, apparemment, d’escalader. Voulant alerter la police, il brise le carreau d’un cottage, celui de Daidre. Bea Hannaford est la femme flic qui chapeaute l’enquête : on remarque bien vite que le matériel de Santo, jeune homme séduisant, charismatique et coureur de jupons, a été trafiqué, c’est donc un meurtre. Zoom sur sa famille mais aussi sur celle de son ancienne petite amie, sur son passé sexuel.

Comment le dire simplement : 788 pages pour un récit policier qui, au final, n’a rien de transcendant, c’est trop long ! Le roman comporte pourtant de nombreux points positifs : le portrait des personnages est réussi car savamment complexe (en plus, ils sont tous – à l’instar d’Agatha Christie –  susceptibles d’être coupable à un moment donné), le décor planté dans cette belle région du sud de l’Angleterre fait saliver le lecteur, la dimension policière fait souvent place à une once de philosophie. Tout ça en quelques 300 pages, je crois que c’était possible aussi.

J’ai un autre roman du même auteur dans ma PAL, je ne vais pas me gêner pour le lire dans les prochains temps, afin de me faire un avis un peu plus aiguisé sur cette prêtresse du meurtre à l’anglaise…

Deux citations que j’ai relevées :

« Ils se dévisagèrent comme seuls peuvent le faire deux ex-amants. Comme des ethnologues passant un site au peigne fin, cherchant des traces d’une civilisation ancienne. »

« Cette femme était cinglée, ça sautait aux yeux. Malgré son désir d’appuyer ses lèvres sur diverses parties de son corps, Cadan savait reconnaître la timbritude quand il la voyait. Si le mot timbritude existait, ce dont il doutait. Mais si le mot n’existait pas, il aurait fallu l’inventer, car Dellen incarnait la timbritude. Elle était la personnification ambulante, parlante, respirante, mangeante et dormante de la timbritude, et si Cadan Angarrack était assez excité pour se taper un troupeau de moutons, il était aussi assez malin pour fuir la timbritude comme la peste. »

Je ne résiste pas à l’envie de mettre en images quelques endroits évoqués par le roman :

 

Trevaunance Cove

 

 

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 20:48

Après mon enthousiasme à l’écoute de Meurtre dans un jardin indien, j’ai voulu découvrir l’œuvre qui a rendu cet auteur hindou si célèbre. Vous avez tous déjà entendu parler au moins du film, moi j’ai commencé par le roman.                                                                                
           L’intrigue est simple : un jeune garçon, Ram, orphelin, a gagné au célèbre jeu télévisé « Qui veut gagner un milliard de roupies ? »… et il a gagné le milliard. 
Le seul hic à ce merveilleux coup de chance : les producteurs de l’émission refusent de croire en son honnêteté, surtout, ils ne veulent sortir de leur poche le milliard tant convoité et ils le font arrêter. Smita, une jeune avocate, se décide de prendre la défense de Ram à la seule condition qu’il lui raconte comment lui, un pauvre hère sans éducation, a réussi à répondre aux douze questions.

Chaque explication de la réponse à une question difficile pour un ignorant va de soi : Ram a rencontré des gens fascinants dans sa vie, il a connu des événements invraisemblables qui, bien plus qu’un professeur d’école, lui ont enseigné un tas de choses. Et le hasard a fait le reste.

Ce roman a été un bon divertissement même si le côté répétitif m’a parfois un peu (très peu !) lassée. J’ai une grosse préférence pour Meurtre dans un jardin indien où les surprises emplissaient le livre avec un humour sans faille. Les points communs des deux livres en font certainement le style de Vikas Swarup : le nombre incalculable de rebondissements ; la place laissée à la chance ; l’hésitation entre la notion de super héros et celle, antinomique, d’anti-héros ; l’Inde, vive, colorée, bigarrée, multiforme et toujours si surprenante !

Quant au film aux 8 oscars… j’ai été encore plus déçue que par le roman ! Je me suis ennuyée, je n’ai pas aimé les changements que le réalisateur a opérés par rapport à l’histoire initiale, certains éléments ont totalement disparu comme l’avocate, par exemple. L’histoire d’amour est défigurée et on obtient une histoire mièvre et banale. L’ensemble est terriblement américanisé, moi qui pensais découvrir un pan du cinéma de Bollywood, j’en ai pris pour mon grade. Tant pis. N’oubliez pas, néanmoins de sauter sur Meurtre dans un jardin indien ! (c’est du bourrage de crâne ? naaaan !)

 

 

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 14:43

 

Oyé, oyé, la lecture de ce roman marque la fin de ma pause polars ! (Qui a tout de même duré six mois.)

Point de courtoise introduction, le roman nous plonge dans l’action dès la première page : Benoît, flic, marié-un enfant, 35 ans, se réveille enfermé dans une minuscule cave sombre. Sa geôlière est une magnifique rousse qui le prive de nourriture et le condamne à la solitude et au froid. Benoît ne comprend pas pourquoi il est retenu. Lydia, la rousse, lui révèle enfin qu’elle veut se venger : il aurait violé et tué sa sœur jumelle, quinze ans plus tôt, et elle veut qu’il lui montre l’endroit où se trouve son cadavre. Problème : Benoît est innocent. C’est une lettre anonyme envoyée à Lydia qui a accusé le flic… Qui en veut à ce point au policier ? comment convaincre Lydia de son innocence ?

            L’auteur nous sort de temps en temps de cet obscur huis clos pour faire la connaissance de la femme de Benoît, Gaëlle, une épouse aimée mais trompée, de ses collègues flics, de l’enquête qui piétine…

            Une tortionnaire cinglée, des sévices abominables, des histoires de vengeances, une écriture qui tient le lecteur sur le qui-vive, voilà les ingrédients qui font de ce livre un thriller efficace et haletant, que j’ai dévoré en un rien de temps ! Je me suis régalée ! Un polar qui comble mes attentes du genre : une histoire qui fait frissonner sans pour autant hanter mes nuits de cauchemars.

Varoise à peine plus âgée que moi, Karine Giebel a été maintes fois récompensée pour ce polar : prix SNCF, prix Intramuros, prix du festival international du Roman Noir… à suivre !

 

« La faim et le froid ne l’atteignent même plus. On s’habitue à tout. Ou presque. Benoît s’enfonce lentement dans une sorte de marécage vaseux. Plus on s’agite, plus on coule paraît-il. Alors l bouge le moins possible. Une technique comme une autre. »

« Sa mémoire l’a pris par la main, le conduisant sur des chemins qu’il pensait avoir effacés de la carte de son existence. Des trésors enfouis dans les alvéoles de son cerveau, cachés derrière des portes que l’on ouvre rarement. Ces images du passé abandonnées dans un coin, que l’on croit perdues à tout jamais. Et un jour, lorsque la mort se dresse en face, on les ressort pour les passer en revue. »

 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 11:43

Partie à Florence quelques jours, j’ai emporté avec moi ce roman, qui, m’avait-on dit, je ne sais où, évoquait la ville toscane.

            A part quelques allusions à l’Arno et au Ponte Vecchio, Florence n’est qu’un personnage très extérieur à cette histoire aux consonnances tragiques.

            Ce sont trois voix qui s’entremêlent, se succèdent, se croisent : celle de Luca, un mort retrouvé sur les rives de l’Arno, celle d’Anna, sa compagne depuis cinq ans, et celle de Leo, un jeune prostitué qui, on l’apprend rapidement, a été l’amant de Luca.

            On ne sait pourquoi Luca est mort mais plus que les circonstances et les raisons de son décès, c’est son passé qui intrigue Anna. Elle croyait le connaître et découvre petit à petit, à la manière d’une pelote de laine qu’on déroule lentement et inexorablement, l’existence de ce mystérieux Leo, celui que Luca voyait si fréquemment.      

Faire parler un cadavre, c’est original, et ici, drôlement réussi. Si le thème de ce livre peut paraître morbide, le ton révèle une grande douceur, un incommensurable respect envers l’homme. L’amour homosexuel est traité avec sobriété, mettant en valeur les ambiguïtés du cœur humain.

Si je n’ai rien découvert sur la ville florentine, j’ai en revanche beaucoup apprécié ce roman qui, tout en soufflant un air de tragédie antique, ouvre une nouvelle porte aux vastes suppositions de l’insondable sujet qu’est la mort. Un romancier que j’ai envie de connaître davantage.

 

La voix de Luca :

« La terre me pèse un peu, bien sûr, mais j’aime l’idée de ne plus faire qu’un avec elle, de me fondre en elle, d’être envahi par elle, de m’en retourner à elle. C’est curieux qu’on m’air redonné la bonne terre contre laquelle je reposais lorqu’ils m’ont repéré sur la rive de l’Arno. Au fond, on n’échappe pas à une manière de sort. »

« Dans ma perpétuité, je débusque au moins une consolation : moi, je suis voué à demeurer jeune à jamais, à posséder toujours le visage sans aspérités qu’on a eu la drôle d’idée d’accrocher au marbre de ma tombe. C’est étrange toutefois de se croire intact et impérissable lorsque la chair est devenue de la cendre, lorsque le lierre s’enroule autour de l’armature noircie et trouée. De se croire indissoluble quand on n’est plus qu’un amas de détritus. »

Je triche, les photos ne sont pas de moi !

 

 

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 15:04

 

Maintes fois saluée, applaudie, voire encensée sur la blogosphère, c’est avec un réel empressement que j’avais envie de découvrir cet auteur… eh bien…eh bien… j’ai été déçue !

Dans une succession de très courts chapitres (qui heureusement se lisent très vite, sinon, j’aurais arrêté net !), défilent des personnages et leur petite vie. Je dis « petite » vie car ce sont des gens ordinaires mais à qui il arrive des trucs étranges : un employé des pompes funèbres se découvre une passion en photographiant des cadavres, un vieux couple incendie sa propre maison, un homme meurt, sa voiture ayant heurté un cerf, une jeune veuve pas du tout éplorée, découvre son homosexualité avec la maîtresse de son mari, un gamin est abandonné puis récupéré par sa mère, celle-là même qui s’est découvert un amour lesbien…

Je me suis ennuyée. La dimension loufoque ne m’a pas touchée, j’ai trouvé l’ensemble superficiel, le langage familier voire vulgaire un peu facile et la fin tellement prévisible… Une grosse déception. Dites-moi maintenant, chers fans de Constantine, si je dois poursuivre ma lecture avec un des autres romans de l’auteur ou s’ils ont tous le même goût !

Un extrait que j’ai relevé au début de ma lecture (qui prouve bien ma motivation, n’est-ce pas) : la recette du « faire croire ce qu’on veut » délivrée par le chat Bastos (oui, les chats nous parlent dans le livre) : « « Commencer par s’entraîner régulièrement à la technique dite du monologue. Je m’explique. Le monologue a la vertu, quand il est maîtrisé, d’hypnotiser en quelque sorte, le sujet auquel on le soumet. « saouler », « gaver », « gonfler », « prendre la tête », sont autant de moyens d’empêcher de réfléchir, de rêver ou de respirer sa victime. Le but ? Remplir si totalement son espace mental que rien ne put plus s’y insinuer : zéro doute + zéro remise en question = totale soumission ».

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