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10 septembre 2018 1 10 /09 /septembre /2018 16:24

Résultat de recherche d'images pour "gold star mothers grive"

               Pour une fois, je vais faire ma paresseuse en vous livrant la quatrième de couverture de cette BD que je trouve suffisamment explicite : « Au cours de la Première Guerre mondiale, plus de 116 000 soldats américains perdent la vie sur le Vieux Continent. Seuls les corps de la moitié d'entre eux sont rapatriés. Les autres sont inhumés en France.Entre 1930 et 1933, le Congrès américain organise les pèlerinages dits « des Gold Star Mothers ». Ces mères et ces épouses - 6 654 au total - se voient offrir une traversée en paquebot vers la France afin de se recueillir sur la tombe de leur fils, de leur mari. La principale inquiétude du gouvernement est que ces femmes, soumises à la fatigue du voyage, au bouleversement de leur quotidien et à de trop fortes émotions, ne s'affaiblissent et tombent malades. Un important budget est donc provisionné pour les soins de santé. Mais, à l'étonnement général, il sera à peine entamé. Portées par la cohésion du groupe, unies dans la souffrance comme l'avaient été leurs fils ou leurs maris, les Gold Star Mothers tiennent bon... »

             En 1930, le lecteur accompagne une des traversées : la petite semaine sur l’America est agrémentée de concerts, de dîners fastueux, de thés dansants, de conférences, de baignades. La jeune Jane Smith accompagne sa mère, elle a perdu son grand frère adoré, venu vivre en France au début des années 10 pour développer son talent de poète. Elle rencontre, sur le grand paquebot, la frivole Clara. Le passage éclair au cimetière de Verdun est précédé de visites touristiques, de nuitées au Ritz, de soirées à l’Opéra, d’excursions à Versailles. Si Mrs Smith pleure encore son mari, il faut bien admettre que les plus jeunes profitent des agréments de ce voyage de luxe.

           Ces dessins à la Sempé et ces couleurs pastel participent à cette atmosphère faite de douceur et de mélancolie.  Il m’a manqué un grain de folie pour adhérer complètement à ces choix graphiques et scénaristiques un peu trop fades à mon goût, vaporeux, légers, délicats mais manquant de caractère. Néanmoins, j’ai découvert une Histoire que j’ignorais, cet hommage rendu aux victimes américaines et à leurs compagnes et mères.

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7 septembre 2018 5 07 /09 /septembre /2018 17:36

Red Room Lounge par Abbott

           Lora, enseignante célibataire, vit avec son inséparable frère Bill. Flic de son état, ce dernier tombe amoureux d’une très belle et mystérieuse jeune femme, Alice. Très vite ils se marient et Lora apprend à vivre seule. Alice, en apparence, est parfaite : élégante, intelligente, elle excelle aussi bien en décoration qu’en cuisine. Pourtant, son cercle d’amis laisse supposer qu’elle a eu un passé complètement différent, dans un univers de drogue et de prostitution. Elle pousse d’ailleurs Mike, un beau fêtard, dans les bras de Lora. Celle-ci creuse, enquête, cherche à savoir qui était la Alice d’avant. Plus elle fouille, plus elle découvre des horreurs qu’elle ne révèlera pas à son frère. Lorsqu’il est question de meurtres, tout s’accélère et elle se trouve elle-même impliquée dans des histoires sordides.

            En bon thriller psychologique, Red Room Lounge nous fait mariner, dévoilant très doucement de petits pans de la vérité avant de, finalement, nous embarquer ailleurs. Si j’ai bien aimé cette lecture plutôt addictive, les personnages superficiels d’une société américaine des années 50 m’ont un peu agacée, entre autres celui de la femme fatale d’Alice. Disons qu’il faut aimer les préoccupations hollywoodiennes, les surprises-parties et les banlieues résidentielles pas si paisibles qu’il n’y paraît… Une lecture agréable, donc, parfaite pour se prélasser sur une chaise longue, mais pas indispensable.

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3 septembre 2018 1 03 /09 /septembre /2018 17:05

L'Equilibre du monde - ROHINTON MISTRY

              Quand on s’apprête à commencer un pavé comme celui-ci (882 pages sans le glossaire !), il y a toujours un petit moment de doute, on va passer un bon nombre de jours avec cet univers, ces personnages, ce style d’écriture. Ça passe ou ça casse finalement… Ici, c’est passé sans anicroche !

              L’Inde, en 1975. Dina est une ancienne couturière,et, à 42 ans, veuve depuis seize ans, sa mauvaise vue ne lui permet plus de coudre, elle fait donc appel à deux tailleurs, Ishvar et son jeune neveu Omprakash. Elle ne leur fait d’abord que moyennement confiance, il faut dire qu’elle a appris à se méfier de tous ceux qui l’entourent de près ou de loin. Dans le minuscule appartement, c’est Maneck qui va rejoindre le trio, un étudiant qui veut quitter sa résidence universitaire où cafards et violences l’empêchent d’étudier paisiblement. Il faudra du temps pour que ces quatre-là s’entendent, cohabitent harmonieusement et s’apprécient finalement beaucoup. Entre l’évocation du passé et les différentes rencontres et nombreux aléas de leurs existences, on plonge dans un univers où l’absurde et l’aberrant ont toute leur place.

            Ce roman foisonnant nous emmène dans une Inde aussi merveilleuse qu’odieuse, aussi surprenante qu’effarante, aussi drôle que sordide. Magouilles, escroqueries, tyrannie des apparences, corruptions, traditions, argent, chapatis, castes, religion et superstitions, chasseurs de cheveux, Intouchables… voilà quelques mots-clés du roman qui me viennent d’emblée à l’esprit. J’ai sans cesse eu l’impression d’être brinquebalée, à l’image des personnages principaux, rien n’est stable, tout est précaire et hasardeux, illogique et amoral. On peut perdre son logement et son travail en une nuit, se faire embarquer par la police, subir une vasectomie, se faire amputer un ou plusieurs membres… Certains puissants règnent et établissent leurs propres lois qui ne durent qu’un moment. L’opposition ville-campagne met également en valeur la circulation dense à couper le souffle, les mendiants par centaines qui affichent ostensiblement leurs infirmités, les odeurs et le manque d’hygiène des cités surpeuplées. L’accumulation des malchances des personnages principaux donne parfois un sentiment d’oppression, certains passages sont difficiles à lire mais, pour faire un mauvais jeu de mots que ce roman pourrait tout à fait assumer, même avec deux jambes en moins, Ishvar retombe sur ses pieds, continue coûte que coûte. Je ne sais pas si c’est une forme de résilience ou un espoir cinglé mais le résultat est bluffant : l’Hindou semble avoir une capacité de reconversion et d’adaptation assez impressionnante !

              Au final, une lecture riche, ô combien dépaysante et surprenante, haletante et colorée !

 

Narayan est destiné à être marié, il n’a évidemment pas son mot à dire, contrairement aux dizaines de parents et amis qui se bousculent voir Radha, seize ans : « La taille est bonne, le teint aussi. La famille a l’air honnête, laborieuse. Peut-être faudrait-il comparer les horoscopes avant de prendre la décision finale. »

« le secret de la survie est l’acceptation du changement, et l’adaptation. »

« Si le temps était une pièce de drap, j’en couperais tous les bouts abîmés. Je trancherais les nuits effrayantes et je raccorderais les bons morceaux pour rendre le temps supportable. Alors, je pourrais le porter comme un manteau, et vivre toujours heureux. »

« sans mendiants, comment les gens se laveraient-ils de leurs péchés ? »

« A leur rire, toute fois, se mêla une touche de désespoir maîtrisé, comme lorsqu’on coupe une tranche de pain très fine tout en prétendant que le pain, ce n’est pas ce qui manque. »

Le Maître des mendiants dirige son monde mais protège aussi les indigents. Il ne manque pas d’idées pour attirer la pitié – et donc l’argent- des passants : « j’ai besoin d’un paralytique et d’un aveugle. C’est l’aveugle qui portera l’infirme. L’image vivant de la vieille histoire de l’amitié et de la coopération. Et qui produira une vraie fortune, j’en suis certain, parce que les gens ne donneront pas seulement par pitié ou par piété, mais par admiration. Le hic, c’était de trouver un aveugle suffisamment fort ou un paralytique suffisamment léger. »

 

            Je participe ainsi au Challenge Pavé de l’été chez Brize (que je dois remercier, sans elle je n’aurais pas sorti de sitôt cet énorme livre de ma PAL !) 


 

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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 18:07

Résultat de recherche d'images pour "guide mondial des records de Benacquista et Barral"

              J’avais déjà testé le duo Benacquista et Barral avec Dieu n’a pas réponse à tout et avais déjà apprécié leur travail en 2011.

             Paul Baron travaille pour le célèbre et recherché Guide mondial des records, c’est à lui que revient la tâche de vérifier et de contrôler les records qu’on lui propose par courrier ou par mail. Quelques exemples : « Je peux superposer 321 osselets dans ma main droite…le chou-fleur le plus lourd…une pile de 11 œufs en équilibre… j’arrête un ventilateur avec ma langue ». Paul Baron se déplace, constate par lui-même ; certains records sont mensongers, d’autres ne méritent pas de figurer dans le Guide… et Paul –blasé- s’ennuie terriblement, même son voisin de palier voudrait entrer dans le Guide avec son chien « capable de rattraper à la suite 10 boomerangs en vol ».  Un jour, un mail un peu particulier retient son attention, l’expéditeur revendique sa capacité à éliminer le plus de crapules croisées sur sa route. Alors que le message est pris pour un canular par le patron de Paul, le destinataire prend l’affaire au sérieux, et il a bien raison : les cadavres se succèdent, tous responsables d’un crime. Paul comprend alors que le coupable n’est autre qu’un refoulé, un type qui n’a pas eu la chance d’entrer dans le Guide par le passé. Aidé du champion toutes catégories de lecture rapide et du champion du monde de bras de fer, Paul va résoudre l’énigme des meurtres mais aussi combler le vide de sa vie affective.

           Si cette BD ne peut être considérée comme absolument indispensable, elle est drôle, légère et surprenante. Je ne suis pas sûre que l’intrigue policière soit ce qui prime là-dedans, c’est surtout cette plongée dans l’univers des records qui est impressionnante par sa diversité, par la volonté de presque tous les humains de se démarquer de son voisin. Il y a un passage que j’ai adoré, c’est quand Paul propose le négatif du Guide, le « guide mondial de l’échec, un grand livre où tout le monde se reconnaîtrait… l’homme qui a raté le plus d’examens…  la femme qui a raté le plus de régimes… la femme qui  est devenue ce qu’elle redoutait… l’homme qui n’a jamais donné d’orgasmes, ce serait un ouvrage salutaire, qui nous consolerait tous… car nous pourrons figurer dans ce guide-là. Tout le monde se dirait : Dieu soit loué, je ne suis pas exceptionnel.»

Autre bonne idée d’un participant : reproduire, grandeur nature, en stuc et en bois, un tableau. On pourrait alors se promener entre les personnages, se faire prendre en photo à côté d’eux.

 

BONNE RENTRÉE à toutes et à tous !

 

Résultat de recherche d'images pour "guide mondial des records de Benacquista et Barral"

 

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27 août 2018 1 27 /08 /août /2018 17:26

            

Un pied au paradis par Rash

                 Dans les Appalaches du Sud, au début des années 50, Amy et Billy forment un couple ordinaire. Ils travaillent péniblement toute la journée, elle tient la maison, lui cultive les terres, notamment le tabac. Ils s’aiment et souhaitent un enfant mais Amy ne tombe pas enceinte, le médecin lui a dit : c’est Billy qui est stérile. Amy n’y croit qu’à moitié et va consulter la rebouteuse du coin qui, après lui avoir fait boire des tisanes inefficaces, finit par lui donner un conseil étrange : « il faut que tu ailles avec un homme qui peut, et l’homme qui peut te le donner, ce bébé, il est pas plus loin que la ferme d’à côté. » Amy se met à séduire cet homme « d’à côté », Holland, qui tombe tellement amoureux d’elle qu’il ne se rend pas compte qu’elle l’utilise… Lorsque Billy ouvrira les yeux sur la vérité, qu’un enfant naîtra de l’union de Holland et d’Amy, les trompettes de la mort se mettront inévitablement à sonner. C’est sans compter Mme Winchester, la mère de Holland qui voit d’un mauvais œil la disparition brutale de son voyou de fils. La nature s’associe au drame individuel : la compagnie d’électricité Carolina Power a décidé de recouvrir toute la région d’un immense lac qui va contraindre les habitants à fuir ce qu’ils ont chéri pendant si longtemps.

            Ce roman est magnifique ! L’intrigue est puissante, le cadre naturel que l’homme s’apprête à effacer superbe, les personnages d’une finesse psychologique rare mais en plus, Ron Rash a eu la bonne idée d’alterner les points de vue, donnant la parole au shérif du comté, à Amy, à Billy ou encore au fils d’Amy, ce qui permet de dévoiler petit à petit un pan précieux de l’histoire, mettant à nu des vies dans toute leur splendeur. La paternité et l'amour filial sont au coeur du roman. Malin, intelligent, surprenant, captivant, naturaliste, ce récit m’a vraiment charmée et m’a peut-être encore plus plu que Le chant de la Tamassee. Ron Rash ou comment allier la force et la subtilité, la finesse et la robustesse, le pessimisme (cette région qu’on supprime sous les flots, quelle horreur !) et l’optimisme (Billy est superbe à la fin). Bravo !

Merci à Tiphanie de m’avoir prêté ce roman !

 

« Il y avait un peu  de grogne dans ma voix aussi. On aurait cru que nos paroles étaient des nuages qui s’amassaient pour donner un orage. »

Amy qui se désespère d’être enceinte : « Chaque fois que mon sang coulait c’était le sang de notre cœur qui semblait couler, comme si nos cœurs autrefois gonflés de l’amour qu’on avait l’un pour l’autre allaient se ratatinant à la manière des tomates par temps de sécheresse. »

 

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23 août 2018 4 23 /08 /août /2018 15:33

Résultat de recherche d'images pour "chasseurs d'oiseaux peter"

              Fin est originaire de l’île Lewis, cette île écossaise qui l’a vu grandir et partir… C’est en tant que flic qu’il revient sur les lieux de son enfance. Un meurtre a été commis sur l’île et le mode opératoire, strangulation, pendaison puis éventration est le même qu’un autre crime commis quelques mois plus tôt à Glasgow. Il se trouve que la 2ème victime est un homme qui a fait sa scolarité avec Fin et que Fin détestait… comme la plupart des habitants de l’île. Orphelin depuis l’âge de huit ans, Fin retrouve sa première amoureuse qui est mariée avec son meilleur ami d’enfance. Rien ne va, des souvenirs douloureux remontent à la surface et des secrets lèvent doucement un coin de leur voile.

              Fin, à même pas quarante ans, a vu défiler des tragédies qui l’ont concerné de manière plus ou moins lointaine. Il va découvrir un secret qui va chambouler son avenir, secret lié à une pratique de pêche un peu particulière, celle des gugas, ces fous de Bassan bébés qui sont tués, une fois par an, sur un rocher à plusieurs heures de navigation de Lewis, par douze hommes qui perpétuent une tradition aussi bestiale que dangereuse.

               Ce roman est bien classé parmi les polars mais, même si l’intrigue est excellente, les trois quarts du livre se concentrent sur le passé de Fin et cette île venteuse et pluvieuse… pour notre plus grand plaisir ! Une lecture addictive qui a été pour moi très très agréable ; j’ai adoré cette immersion dans la vie quotidienne de cette petite île écossaise où l’on se chauffe à la tourbe, où l’on parle le gaélique, où on se saoule évidemment au whisky, où les mœurs sont parfois très étriquées, où tout le monde connaît tout le monde. Le dépaysement est garanti, l’écriture n’est pas inintéressante, je n’en fais pas un coup de cœur à cause d’un revirement de situation trop brutal et de quelques invraisemblances mais j’ai hâte de lire la suite puisque ce livre n’est que le tome 1 d’une trilogie.

Merci à Micmelo chez qui j’ai pioché cette excellente idée de lecture !

« La vérité ne quitterait jamais le rocher. Elle resterait là, parmi les amas de rochers et les oiseaux, chuchotée par le vent. Elle mourrait dans les cœurs et les esprits des hommes qui étaient là ce fameux jour lorsque viendrait leur tour. Et alors il n’y aurait plus que Dieu pour savoir. »

(je commente la couverture : j'ai réservé le livre à la bibliothèque et il m'est arrivé en version Gros Caractères... je peux vous dire que, lorsqu'on a encore de bons yeux, c'est très fatigant!)

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20 août 2018 1 20 /08 /août /2018 15:53

Résultat de recherche d'images pour "Contes ordinaires d’une société résignée d’Ersin Karabulut"

            Ce billet commence, pour une fois,  par mon avis sur cette très étrange BD brillamment originale. Une bonne dizaine de contes pas du tout ordinaires, qu’on pourrait qualifier de terrifiants, de cyniques, d’immoraux, de déstabilisants, de trash, de gothiques, de cauchemardesques… Dessin et texte, en totale harmonie, nous emmènent dans un monde qui dérange et qui, pourtant, n’est pas si loin du nôtre. Pessimiste, l’auteur turc de 37 ans creuse dans les vices et les tares les plus profondes d’une société qui débloque. Cannibalisme, réincarnation, infanticide ou parricide, polymorphisme et immortalité sont quelques-uns des thèmes évoqués.  Le ton est irrévérencieux, le dessin extraordinairement bien travaillé, bref, j’ai adoré cet ovni satirique à mi-chemin entre Edgar Allan Poe et Charlie Hebdo. Attention, à ne pas mettre entre les petites mains des enfants ! Si vous avez envie de lire cette BD, laissez tomber mes petits résumés qui suivent et laissez-vous surprendre !

- Une épidémie inscrit, sur la peau des contaminés, des mots, des phrases. On se met à communiquer avec la maladie… et si on s’entendait plus que bien avec elle ?

- Dans une école très spéciale, on détecte ceux qui affirment ne pas savoir, ce sont eux qui possèdent une once d’intelligence qu’il convient d’éradiquer au plus vite.

- Lors de l’échographie, une marque blanche indique le futur secteur professionnel du bébé à venir… L’erreur est si rare.

- Un vieillard grabataire reprend vie et force. Malgré ses multiples maladies et handicaps, il réussit ses études de médecine, sort, se fait apprécier, et couche avec la femme de son petit-fils.

- Un homme très laid parvient à déformer son visage au point d’en pouvoir faire ce qu’il veut. Quand il ressemble comme une goutte à son frère, ça dégénère.

- On mange de la chair humaine mais tous les morts ne se valent pas…

- Les femmes, ces parfaites cuisinières et ménagères, découvrent, à l’intérieur des concombres achetés, des poivrons découpés, des déclarations d’amour. Voilà qui donne envie d’aller plus souvent au marché !

- Un homme choisit de laisser mourir un enfant devant la porte de son immeuble plutôt que de rater un rendez-vous professionnel. Il est fier.

Résultat de recherche d'images pour "Contes ordinaires d’une société résignée d’Ersin Karabulut"

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16 août 2018 4 16 /08 /août /2018 09:29


 



Résultat de recherche d'images pour "Dark Tiger de William Tapply"

                Après Dérive sanglante et Casco Bay, voici le dernier volet de la trilogie naturaliste et policière avec pour personnage principal, Stoney Calhoun.

               Alors qu’il ne sait toujours rien de son passé suite à un accident qui lui a effacé les souvenirs, Calhoun se fait recruter par un certain M. Brescia qui lui confie une mission : résoudre un meurtre, celui de l’un des leurs, agent secret, McNulty. Pour cela, Calhoun doit opérer incognito : il se fera tout simplement embaucher en tant que guide de pêche, à Loon Lake, un lodge de luxe où résidait McNulty avant de mourir. Alors qu’il se familiarise avec les propriétaires, les clients fortunés et les autres employés du lodge, Calhoun doit faire face à un nouveau meurtre : celui d’une guide de pêche qui a été tuée avec l’arme de Calhoun. Avec son compagnon canin, fidèle et efficace, notre homme va tenter de démêler les nœuds de l’intrigue tout en s’impatientant de ne pouvoir être avec sa belle Kate.

              Si l’intrigue est peut-être un mini-poil en-dessous des deux précédentes, le personnage de Calhoun m’a toujours autant plu : droit dans ses bottes, bien campé sur ses principes, taiseux, calme, instinctif. Le contexte géographique est essentiel dans cette trilogie : encore une fois, on est partis pêcher dans des endroits reculés, accessibles par hydravion, sur des lacs sauvages dans des grands espaces du Maine. Sans coup de théâtre ni grandiloquence, Tapply sait attirer le lecteur dans son univers qu’il maîtrise à la perfection. Une très jolie découverte !

La conduite d’une enquête selon Calhoun… et une petite leçon de vie par la même occasion : « Parfois, c’est comme la chasse à la perdrix, disait-il. Vous ne savez jamais où l’oiseau peut se cacher, alors, tout ce qu’il vous reste à faire, c’est parcourir les bois en secouant chaque buisson et en donnant un coup de pied dans chaque touffe d’herbe. Peut-être que vous allez secouer une centaine de buissons et donner un coup de pied dans une centaine de touffes d’herbes sans résultat, mais il ne faut pas perdre confiance. Cela devient presque toujours ennuyeux, mais il faut continuer. Continuez à donner des coups de pied et à secouer, et quelque chose finira toujours par s’envoler. »

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12 août 2018 7 12 /08 /août /2018 09:44


Trois jours chez ma tante par Ravey

              Marcello Martini quitte ses activités auprès d’enfants pauvres au Libéria pour rejoindre Paris, sur l’injonction de sa tante qui, depuis le départ de son neveu, 20 ans plus tôt, lui envoyait un chèque, tous les mois, d’une somme très élevée. Les retrouvailles sont froides : non seulement la très fortunée tante Vicky souhaite stopper le généreux virement mensuel mais, en plus, elle déshérite son neveu au profit de l’ex-femme de Marcello, Rébecca. Petit à petit, on comprend que Marcello a commis des actions assez viles pour avoir eu besoin de s’enfuir précipitamment au Libéria vingt ans auparavant mais que ses activités actuelles font également de lui un voyou d’une belle envergure ! Tout en essayant de retrouver un papier compromettant dans l’appartement de la richissime tante, il va tenter de montrer son plus beau visage à son ex-femme et d’extorquer un chèque avec quelques zéros à Vicky avant son décollage pour le Libéria. Une cartouche d’encre vide en décidera autrement…

               Petit roman minimaliste dans sa diffusion d’informations et, par là, étrange. Le lecteur ne sait pas trop ce qu’il doit penser, qui sont réellement les personnages, où l’auteur veut l’emmener. Et c’est justement parce qu’on ne sait pas grand-chose, qu’on veut en savoir plus, qu’on lit, qu’on avale ce petit livre en une seule bouchée. Entre humour noir et perversité (assez jouissive, il faut bien l’admettre), le roman dévoile, tout en subtilité, les travers des personnages. Une lecture surprenante et très agréable.

Dasola a aimé aussi! 

Vicky loge dans une maison de retraite de luxe : « Je contemplais le paysage du parc, les feuillages, la pelouse et les massifs de fleurs desséchées – des hortensias, je me souviens –, où travaillaient les jardiniers, faisant remarquer à ma tante qu’elle avait de la chance. Là où j’étais, hier encore, les maisons de retraite, ça n’existait pas.

Vicky m’a rappelé que personne n’avait cotisé autant qu’elle aux assurances vieillesse. J’ai hoché la tête. Elle m’a redit : Marcello, tu dois te souvenir que l’argent ne tombe pas du ciel... J’ai répondu que j’étais au courant. Là-dessus, elle m’a demandé d’approcher : ... Une question à te poser, ça me travaille depuis un certain temps, comprends-tu : Elle voulait savoir si je me souvenais des conditions exactes dans lesquelles j’étais parti, il y a vingt ans. Et c’est là que je dis : ça a commencé très fort. »

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9 août 2018 4 09 /08 /août /2018 14:38

Résultat de recherche d'images pour "Une année au lycée – dargaud  Fabrice Erre"

              Le dessinateur-scénariste-narrateur-pas vraiment héros raconte une année scolaire de sa vie de prof d’histoire –géo dans un lycée de Montpellier. La nouvelle catastrophique tombe à jour J – 1 semaine : plus que sept jours de vacances, la rentrée avec son lot d’emplois du temps, de listes d’élèves aux noms imprononçables, la répétition des mêmes règles de vie de classe, l’ignorance des élèves, leur inattention chronique, leurs mille questions toutes plus saugrenues les unes que les autres, les bavardages, le manque de respect, l’omniprésence et omnipotence du portable, les copies à corriger, les bulletins à remplir, les conseils de classe monotones, les rencontres parents-profs, les lacunes du prof et les questions trop pointues d’un élève trop cultivé, les grèves, le mois de juin, le bac, la correction du bac, et enfin… la délivrance : les vacances !!

               Alors que j’abandonnais lâchement La balade nationale de Davodeau et Venayre (ça me déchire le cœur d’avouer ça mais je n’ai pas accroché !!), je suis tombée sur cette grosse BD que je n’avais pas l’intention de lire mais, en la feuilletant, ça m’a plu et j’ai finalement tout lu d’une traite. Ça fait longtemps que je n’avais plus autant ri ! Si le sujet des profs (on vend du rêve tout le monde le sait bien) a été maintes fois mis sur le tapis, médiatisé, tournicoté, ici : tout colle parfaitement à ma vie de tous les jours et le plus terrifiant, c’est que je suis prof en collège et que je m’en rends compte que ça se passe de la même manière au lycée ! Dire qu’on s’imagine toujours qu’en grandissant, ces petits monstres seront plus mûrs, plus disciplinés, plus sages… Certains passages sont vraiment hilarants : le prof qui fait de l’humour que lui seul comprend, les élèves qui ne savent rien de la leçon sur Khrouchtchev mais sont calés sur la vie du prof grâce à internet, le gamin qui pose systématiquement une question complètement hors-sujet, la réaction unanime quand on leur dit qu’on est né au XXè siècle (« Bon, par exemple, vous avez tué des nazis ? »), leurs regards rivés sur la fenêtre parce qu’il a commencé à neiger (au lycée, ils font encore ça !?!), leur manque total de sérieux aux abords de l’examen final… Constat final : on fait quand même un boulot pourri !  A donner à lire aux profs mais aussi à ceux qui nous envient nos vacances…

Il existe un 2è et un 3è tome.

J’avais rencontré Fabrice Erre avec Z comme don Diego.

Résultat de recherche d'images pour "Une année au lycée 1 de Fabrice Erre"

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