
Deux frères, inséparables depuis l’enfance. L’aîné est différent car il ne parle pas la langue des hommes mais le pépiement des oiseaux – appelé pawpaw - que personne ne comprend sauf le frère. Le cadet subvient aux besoins de la famille, travaille, traduit le galimatias du frère. A la mort des parents, ils sont seuls, l’un reste cloîtré à la maison, ne sortant que pour acheter une sucette hebdomadaire, l’autre ne côtoie le monde extérieur que pour le strict minimum. Quand l’aîné meurt, la vie de cadet ne va pas vraiment changer sauf qu’il va s’évertuer à s’occuper d’une grande volière présente dans le jardin d’enfants voisin, qu’il nettoiera et bichonnera si bien en hommage à son frère qu’on l’appellera « le monsieur aux petits oiseaux ». A la bibliothèque, il va lire tous les ouvrages traitant de près ou de loin des oiseaux. C’est dans ce monde de livres qu’il rencontrera la seule jeune femme qui s’intéressera à lui de manière très fugace. Mais lui-même arrive à la fin de sa vie et un oisillon blessé qu’il recueille lui procurera un de ses derniers élans de tendresse, ayant toujours son frère adoré à l’esprit.
Ce livre est comparable à une séance de yoga : étant ouvert, serein, il va vous faire atteindre des hautes sphères de plénitude où seul vous parviendra un doux gazouillis d’oiseaux. Dans une période d’effervescence extrême pour diverses raisons, je ne suis pas parvenue à accéder à ce second palier de lecture et j’ai observé ces deux frères, un peu sceptique, vivoter une existence morne et monotone dans un environnement finalement hostile… où il ne se passe vraiment pas grand-chose. Certains passages sont effectivement délicieusement poétiques et emplis d’une sagesse à méditer mais, globalement, je suis restée complètement en dehors de cet univers ascétique quasi monacal. Je le répète, cette lecture est certainement tombée à un mauvais moment pour moi. D’autres lecteurs ont beaucoup apprécié .
« Les oiseaux ne font que répéter les mots que nous avons oubliés. »
« La cage n’enferme pas l’oiseau. Elle lui offre la part de liberté qui lui convient. »
La vie des deux frères : « Ils vivaient en protégeant leur nid à tous les deux. Un nid discrètement dissimulé qui ne se remarquait pas au creux de la végétation. Un nid aux petites branches délicatement entrelacées qui leur ménageaient un espace convenable, dont les brins de paille qui tapissaient le fond étaient doux. »
Parole de bibliothécaire : « Les gens qui lisent des livres ne posent pas de questions superflues, ils sont paisibles… »












