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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 19:22

 

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           Combien de fois m’a-t-on conseillé cet auteur danois ? J’avais hâte de le découvrir !

           C’est l’histoire d’une vie. La vie d’un homme prise à trois moments différents, trois moments cruciaux : à 18 ans, à 40 ans passés puis à 60 ans.

           A 18 ans, le narrateur découvre l’amour physique dénué de sentiments, il se passionne de littérature allemande et tombe amoureux de la fille de son professeur d’allemand, Erika, qui lui fera comprendre qu’un attachement à longue durée de l’intéresse pas, elle n’appartient à personne. Devant sa mère atteinte d’un cancer et condamnée à mourir, il a tendance à fuir. Devant son père qui trompe sa femme, il ne pardonne pas.

              Les éléments de sa jeunesse faits de bouleversements, de rencontres et de désillusions vont sans conteste façonner notre bonhomme que nous retrouvons une bonne vingtaine d’années plus tard. Professeur divorcé, père d’une ado, Julie, il aime vivre seul, pédaler pour rentrer chez lui, se réfugier dans la lecture. La présence d’un élève serbe dans une de ses classes va lui permettre de rencontrer sa mère, Ivana, et de nouer avec elle une histoire brève mais passionnelle.

           A l’aube de ses soixante ans, notre homme regarde derrière lui. Il ne veut pas fêter son anniversaire en grande pompe avec sa fille et la famille de sa fille, il préfère fuir à Rome où il va faire une rencontre insolite : une jeune femme photographe qui a la moitié de son âge et qui s’entête à utiliser un matériel lourd et ancien. C’est sur le site archéologique de Paestum et quelques kilomètres italiens plus tard qu’une relation ambiguë et particulière se crée entre les deux êtres.

           Une belle écriture associée à des réflexions philosophiques, il ne m’en fallait pas beaucoup plus pour être séduite. Ce livre qui fait réfléchir laisse aussi des portes ouvertes, ne donne pas de réponse définitive, questionne sans cesse. Le personnage ne choisit pas la facilité et ne suit pas la route qui était tracée pour lui. Il a quitté les femmes les plus merveilleuses, est-ce parce que la plus admirable d’entre elles, sa mère, l’a délaissé quand il n’avait que dix-huit ans ? L’auteur qui, on peut le supposer, a livré une bonne part de lui-même dans le personnage principal, évoque avec brio les thèmes de l’engagement, de l’individualité, de la liberté, de la solitude. De l’amour aussi qui n’a pas de définition immuable.

 

 

Eloge de la solitude et du célibat : « Je n’ai jamais eu de doutes sur la manière dont je devais utiliser mont temps, peut-être parce que, à mon sens, il était faux d’associer le mot utiliser avec ces heures qui n’étaient qu’à moi. Je ne devais rien faire quand je n’avais pas à travailler, et c’était une richesse. Cela avait même cessé d’être un problème qu’il n’y ait pas de femme dans ma vie. […] Le renoncement était presque un soulagement. »

 

« Si seul le présent était réel, nous ne serions pas réels. Le présent est un lieu impossible que l’on ne peut pas fouler, parce qu’il avance sans cesse sous nos pieds. Il n’a de réalité que comme maillon dans une métamorphose permanente, un continuum où, en revanche, il ne perd jamais sa réalité. Comme l’eau dans une source qui coule plus loin, mais c’est une image trompeuse. Il n’y a pas d’image idoine pour le temps et l’expérience étonnante qui veut que l’instant rétrospectif ne perde pas sa réalité dans le présent grâce à la langue, aux conjugaisons et à leur souplesse. »

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commentaires

yueyin 29/08/2016 17:27

Décidément, il me tente vraiment beaucoup ce roman :-)

Violette 29/08/2016 19:58

tu as raison, figure-toi !

Nadine 29/08/2016 00:06

J'aime beaucoup les auteurs scandinaves. Et je trouve l'idée très belle de suivre le cheminement du narrateur à travers les âges et les bousculements émotionnels qui y sont associés. Je crois que comme toi je serais séduite...
Merci pour la découverte!
Bonne semaine Violette

Violette 29/08/2016 16:50

et puis cette écriture !!! vraiment géniale! et quelle justesse dans la description des sentiments, whaouh !

krol 26/08/2016 23:28

Belle lecture, chouette auteur !

Violette 28/08/2016 21:22

j'y goûterais bien encore!

Kathel 26/08/2016 15:40

Je te lis en diagonale, je viens de l'emprunter à la bibliothèque ! J'avais beaucoup aimé Les complémentaires et Quatre jours en mars...

Violette 28/08/2016 21:22

moi j'ai hâte d'ne lire d'autres de l'auteur !

yueyin 26/08/2016 11:35

J'ai déjà lu un roman de cet auteur mais il ne m'a guère marqué, celui-ci aborde des thèmes qui m’intéressent , peut être devrais-je retenter :-)

Violette 28/08/2016 21:22

il est prenant et marquant!

Céline 24/08/2016 13:56

J'aime beaucoup l'écriture de Gronhdal, ses pensées sur la société et ses personnages qu'il saisit si bien. Je te conseille vivement "Les complémentaires" si tu as envie de le relire !!!

Violette 28/08/2016 21:23

d'une justesse incroyable en effet ! Merci pour le conseil, je prends bien note !

A_girl_from_earth 23/08/2016 00:02

Moi aussi je dois le lire cet auteur. Il faut juste que je ne me trompe pas sur le livre. Il en a écrit pas mal, et je n'arrive pas à faire mon choix. Peut-être celui-là ?...

Violette 23/08/2016 08:54

je n'en ai pas lu d'autres mais ce roman-là m'a sacrément impressionnée!

Jerome 22/08/2016 13:03

J'ai adoré, une de mes plus belles lectures de l'année !

Violette 22/08/2016 16:18

carrément :) C'est vrai que c'était bien bon!

Aifelle 22/08/2016 06:36

Un auteur que je dois découvrir aussi, mais quand ?

Violette 22/08/2016 10:02

c'est bien toujours ça le problème ! Une vie ne suffit pas!

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