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22 novembre 2021 1 22 /11 /novembre /2021 17:59

Alcool - Poppy Z. Brite - Babelio

Pour la petite histoire, c’est une copine qui a suggéré ce titre à un copain qui a transmis l’idée à une amie commune qui m’a offert ce roman pour mon anniversaire, il y a un an. Merci à eux ! Il était grand temps que je le lise !

Rickey, un beau gosse du genre hyperactif et G-Man, un grand bonhomme frêle, sont deux très bons copains liés par une forte amitié mais également par leur passion commune, la cuisine. Fauchés et déçus par leur petit boulot de cuistot, ils décident de réaliser leur rêve : ouvrir leur propre restaurant avec, pour thématique, l’alcool ; il y en aura dans tous les plats ! Dans un premier temps, un copain leur « prête » son bar pour y cuisiner autre chose qu’un burger-frites pendant qu’une sorte de mécène se charge de leur trouver un local digne de ce nom. Mike, un rival aussi bête que méchant leur met des bâtons dans les roues. Et quand les deux compères découvrent que le local choisi et déjà retapé a connu un meurtre dans la chambre froide, le projet est encore une fois mis à mal…

J’ai passé un très agréable moment à La Nouvelle-Orléans puisque l’intrigue se passe uniquement dans cette ville incroyable (où j’ai déjà mis les pieds, adolescente, et j’en garde de très nets souvenirs). On s’attache vite à ce couple (on ne l’apprend pas tout de suite, ils sont un peu plus qu’amis) et une pseudo intrigue policière fait irruption à la fin, quand on pense que tout est gagné. Il y a aussi de la drogue et beaucoup d'alcool, et pas que dans les plats ! Mais, évidemment, le plus important du roman, c’est la bouffe ! on se régale à lire -à défaut de goûter- les mets cités : des boulettes de risotto à la vodka citron, une salade d’olives arrosée de gin, des saucisses servies avec des huîtres dans leur coquille à la crème de raifort relevée d’un doigt de whisky irlandais ou encore un ragoût de crevettes du golfe et avocats, relevé de tequila et accompagné de popcorn rice. On aimerait tenter, quand même ! En somme, une jolie immersion dans une cuisine de restaurant et dans la tête de vrais cuistots !

Apparemment, Poppy Z. Brite, un homme transgenre, a écrit des romans encore beaucoup plus provocant et sulfureux.

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19 novembre 2021 5 19 /11 /novembre /2021 19:36

Joe la pirate - cartonné - Hubert, Virginie Augustin - Achat Livre ou ebook  | fnac

Londres, 1908. Marion Barbara, dès son plus jeune âge, est un garçon manqué qui aime escalader, désobéir, crapahuter partout où c’est interdit. Le problème c’est qu’au début du XXe siècle, dans cette famille bourgeoise, ça ne se fait pas du tout. Sa mère envoie celle qui se fait désormais appeler « Tuffy » aux Etats-Unis, dans un pensionnat dans le Connecticut. Pour Tuffy, ce « petit monstre plein de santé », c’est le paradis, elle fait enfin ce qu’elle veut, développe son côté garçon comme elle l’entend et se rapproche de toutes ces jolies jeunes filles qui l’entourent. Elle revient en Europe pour participer à la Première Guerre mondiale et apprendre les joies du sexe auprès de la nièce d’Oscar Wilde, Dolly. Après la guerre, elle se fera appeler « Joe » et c’est en smoking, les cheveux courts, qu’elle va conquérir Tallulah Bankhead, une comédienne américaine, Ruth qui va longtemps rester sa préférée et même Marlène Dietrich. Gérante d’un garage où pilotes et mécaniciennes ne sont que des femmes, navigatrice hors pair, Joe finit par acheter une île des Bahamas, Whale Cay, qu’elle entreprend de gouverner ; elle y construit une grande villa mais aussi une école, un phare, une église, elle prend le temps d’enseigner les rudiments de l’agriculture aux Bahamiens. Toujours généreuse et insolente, elle n’aura pour unique confident qu’une poupée nommée Wadley, et multipliera, jusqu’à la fin de sa vie, les maîtresses.

Quelle vie ! Ce bon gros album raconte l’existence incroyable de cette femme qui affirme « Je suis ma propre création. Je ne dois rien à personne et surtout pas à mes parents. » Eprise d’une liberté absolue, elle se paiera le luxe de faire ce qu’elle veut, de décider, commander, régir, aimer à sa guise. Rarement contrariée, souvent critiquée mais jamais blessée, elle ne compte que très peu sur la gente masculine. Même si à la fin de sa vie (une longue vie, elle est morte à 93 ans, incinérée avec Wadley !), elle délaisse son île par couardise, elle se complaît dans ses souvenirs denses et si heureux. Malgré quelques longueurs, j’ai beaucoup aimé cette occasion de découvrir ce personnage méconnu, insolite et frondeur à travers ces dessins simples mais élégants, en noir et blanc.

« Ennui est un mot qui devrait être mis en pièces pour voir de quoi il est fait. Comment peut-on s’ennuyer ? Les gens manquent seulement d’imagination et de volonté. »

Joe la pirate, bd chez Glénat de Hubert, Augustin

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16 novembre 2021 2 16 /11 /novembre /2021 12:17

Le fils de l'homme - Jean-Baptiste Del Amo - Gallimard - Grand format -  Place des Libraires

Le père, la mère et le fils font un long voyage à travers les montagnes. Bloquée par un arbre tombé en travers de la route, la voiture restera là et les trois personnages poursuivront leur long chemin à pied jusqu’aux Roches, cette masure perdue dans la montagne, loin de tout. C’est le père qui a voulu retrouver la maison de son enfance. Après avoir abandonné femme et enfant pendant plusieurs années, il est revenu, leur a fait quitter la ville pour cette nature sauvage et âpre. Les semaines et les mois passent dans un inconfort dérangeant pour le fils et la mère enceinte. Tout bascule une nuit d’orage. Il n’est bientôt plus question, pour la mère et le fils, que de fuir cet endroit.

Ce qui frappe dès la première page, c’est la beauté de l’écriture, ciselée, fouillée, grandiose et élégante. Et c’est cette même écriture qui m’a laissée longtemps en dehors de cette histoire. Je l’ai contemplée et admirée de loin, sans me sentir réellement concernée. J’ai donc mis plus de temps que les personnages à arriver aux Roches mais une fois là-haut, je m’y suis plu malgré le contexte dérangeant qui met le lecteur mal à l’aise. Cet homme, claustré dans son obsession qui est de restaurer la vieille maison de son père, enferme les êtres qu’il semble pourtant aimer dans sa lubie. Et la nature, plus inquiétante que rassurante, enveloppe ces êtres plus qu’elle ne les couve, les cingle de ses rudesses, les brutalise sans indulgence. Ils n’en ressortiront pas indemnes, le lecteur le devine d’emblée et le prologue trouve sa force dans les dernières lignes du roman. Malgré une première partie que j’ai eu du mal à apprivoiser, j’ai finalement beaucoup aimé ce roman et demande à lire autre chose de ce romancier incontestablement doué.

Les trois personnages ne seront jamais nommés : « Les aubes parme succèdent aux nuits étincelantes que le fils n’a jamais connues si pures, avec leurs astres enchâssés dans une obscurité parfaite. Il reste parfois dehors, le soir, au début de l’été, dans le parfum es herbes fermentées, lorsque la terre exhale la chaleur accumulée tout le jour, par moments traversée de courants d’air froid, et que les ténèbres bruissent du frissonnement et des cris perçants des oiseaux de nuit. Il s’assied au-delà de l’aura de clarté diffuse qui émane de la maison, pour contempler la voûte enténébrée où brillent des feux d’avant même le monde, sentant sous lui la présence de la terre, l’immensité de la terre. »

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12 novembre 2021 5 12 /11 /novembre /2021 12:39

Sorcières Livre audio | Mona Chollet | Audible.fr

La chasse aux sorcières a duré longtemps et, contrairement à la croyance répandue jusqu’à ce jour, c’est à la Renaissance et non au Moyen-âge qu’elle a causé le plus de tort. Les sorcières sont comparées aux Juifs car les deux groupes semblent être la cause de tous les maux et vices de la Terre. On affuble d’ailleurs les deux d’un long nez crochu. Les sorcières sont généralement celles qui ne sont pas subordonnées à un homme, qui n’ont pas d’enfants, qui vivent seules et détiennent des pouvoirs de guérisseuses. Le livre puise dans des références diverses et variées comme Le Magicien d’Oz, The Handmaid’s Tale, Cruella ou Lana del Rey.

De nos jours, les femmes se sacrifient, elles deviennent mère et mettent ainsi une croix sur une partie de leur vie personnelle et professionnelle. Pourquoi ? parce la femme pense toujours qu’il est plus important que son enfant réussisse et il passera avant elle. C’est sur les femmes que repose « la responsabilité d’assurer la réussite future de leurs propres enfants. » La paternité ne nuit en rien à la carrière d’un homme alors que la maternité peut chambouler ou mettre un terme à une vie professionnelle. L’art de la conciliation a le vent en poupe ou comment ne rien refuser et tout réussir (mariage, enfants, carrière, sport, loisirs, culture) - à condition de ne plus vouloir dormir ?!

Ce qui me semble l’acmé du livre évoque le désir d’enfants et, au contraire, les femmes qui n’en veulent pas, sujet encore tabou. Pire, les femmes qui ont eu des enfants et le regrettent vraiment, non qu’elles n’aiment pas leur progéniture mais qu’elles se sentent étouffées par elle, complètement brimées dans leur accomplissement de femmes.

Pourquoi les hommes, après un certain âge, quittent-ils souvent leur femme pour une plus jeune ? Parce qu’ils ont besoin de dominer à un âge où leur compagne a tendance à s’émanciper, à assumer une « assurance intolérable » ; l’expérience, chez la femme, a quelque chose de menaçant.

Je lis rarement des essais et cette version audio (lue par Aline Afanoukoé) avec cette thématique précisément, m’a beaucoup plu. Mieux, elle m’a ouvert un horizon que je devinais sans savoir y poser des mots. Aujourd’hui, celle qui vit seule par choix est encore regardée de travers, c’est notre sorcière moderne à nous. Plus largement, vous l’aurez compris, ce livre évoque la condition de la femme qui ne rentre pas dans ce fameux moule de la mère de famille, de la parfaite ménagère, de celle qui se tait. C’est un discours parfois évident mais fort qui révèle les forces multiples de la femme qu’elle n’ose encore trop souvent pas assumées. La partie consacrée aux femmes qui assument le fait de ne pas vouloir d’enfants et à celles qui disent regretter d’en avoir fait m’a vraiment ouvert les yeux sur une pensée séculaire qui persécute les femmes qui n’en ont elles-mêmes pas conscience. Ce documentaire m’a donné un souffle nouveau, il permet de sonder un peu plus profondément ce que nous sommes réellement et de nous connaître mieux. C’est assez stupéfiant. Un livre à faire lire à toutes les femmes. Et à les tous les hommes (je serais curieuse de savoir quel pourcentage de lecteurs est masculin …) Une très belle découverte régénérante.

« être une femme pouvait signifier un pouvoir supplémentaire alors que jusque-là une impression diffuse me suggérait que c’était plutôt le contraire. »

« La sorcière incarne la femme affranchie de toutes les dominations, de toutes les limitations. Elle est un idéal vers lequel tendre, elle montre la voie. Une victime des modernes et non des anciens. »

Il faut que les femmes « apprennent à se défendre face à la culpabilisation et à l’intimidation, qu’elles prennent au sérieux leurs aspirations, qu’elles les préservent avec une inflexibilité totale face à la figure d’autorité masculine qui tente de les détourner leur énergie à leur profit. »

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9 novembre 2021 2 09 /11 /novembre /2021 14:28

Livre: Stop work, Les joies de l'entreprise moderne, Jacky Schwartzmann, Morgan  Navarro, Dargaud, 9782205082005 - Leslibraires.fr

-Les joies de l’entreprise moderne-

C’est ma bibliothécaire qui m’a conseillé cet album avant que je me rende compte que le scénario a été écrit par Jacky Schwartzmann, que j’affectionne particulièrement.

Fabrice Couturier travaille dans une entreprise qui fabrique des rondelles métalliques. Imbu de sa personne, hypocrite, amateur de vidéos porno trash, prétentieux, il a tout du parfait connard. Et pourtant, on va finir par s’attacher à ce gars. Il brigue le poste de responsable des achats mais le fauteuil tant convoité sera occupé par une jeune femme, Mia, que, d’emblée, Fabrice ne peut supporter. Soutenu par son copain de la CGT, il va se venger en sapant une des marottes de l’entreprise : la sécurité. En effet, chaque employé se doit de déclarer, tous les ans « des presqu’accidents » pour éviter de grandes catastrophes. Ainsi, déclarer qu’on s’est cogné le genou contre un tiroir de bureau permet, à destination de l’ensemble de la boîte, de mettre un mot avertissant du danger accompagné de l’injonction « Il faut fermer les tiroirs de bureau. » Veillez également bien à vous tenir à la rampe d’escalier. Fabrice va pousser le bouchon plus loin… Il y a la collègue végane qui passe sa journée à avaler des pilules qui ne sont que de « la tisane à sucer », le stagiaire de 3e qui ne fait que scanner des documents, les agents d’entretien qui bossent la nuit et qu’on ne voit jamais, l’employée modèle qui va en prendre pour son grade.

Dans cette fable moderne, tous les travers de l’entreprise sont exacerbés. Et c’est plutôt drôle. Même si je ne bosse pas en entreprise, j’ai bien retrouvé le côté très précautionneux de notre chère époque (on ne peut pas laisser sortir des élèves sous prétexte que peut-être éventuellement il risque de se mettre légèrement à pluvioter). Derrière les clichés, il y a souvent une bonne part de vérités, Jacky Schwartzmann nous le prouve, comme souvent, par le biais d’un humour noir un peu choquant pour les non-initiés mais tellement délicieux. Le dessin de Navarro n’en fait pas trop mais convient parfaitement à cette tranche de vie professionnelle.

« Lingettes dans les caisses à outils. Attention à la date de péremption sous peine de sanctions. »

« Attention au dosage de savon ! Risques de glissades ! »

Stop Work - Les joies de l'entreprise moderne de Jacky Schwartzmann - Album  - Livre - Decitre

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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 12:36

Le serment - Arttu Tuominen - Babelio

Lors d’une beuverie dans une maison isolée, en Finlande, un homme est poignardé. Le meurtrier s’enfuit dans la forêt avoisinante et sera appréhendé assez rapidement. C’est Antti Mielonen. L’enquêteur s’appelle Jari Paloviita et c’est un ami d’enfance d’Antti. Le cadavre, c’est celui de Rami Nieminen et il se trouve que tous trois fréquentaient la même école presque trente ans avant les faits. Pour Jari, la question cruciale va se poser : protéger son ancien copain qui, à l’époque, avait tant fait pour lui, ou continuer à mener la vie paisible et confortable d’époux, de père de famille et de flic respecté. Les va-et-vient constants entre l’été 1991 et l’automne 2018 nous permettront non seulement de découvrir le passé sordide des trois garçons mais aussi de savoir comment ils ont évolué chacun de leur côté.

J’ai beaucoup aimé ce polar finlandais. Habilement construit, il harponne le lecteur tout en proposant une réflexion intéressante sur l’amitié à long cours, sur les promesses faites entre deux enfants – qui seront tenues ou non. Certaines scènes sont prenantes et, si le rythme n’est pas effréné, je ne me suis pas ennuyée une seconde. J’ai tourné chaque place avec plaisir. Rien à redire. Un bon policier efficace et bien écrit qui a obtenu le Grand Prix du meilleur polar finlandais 2020.

La dernière fois que j’ai lu un auteur finlandais, c’était Martti Linna. (Il y est aussi question de pêche, décidément !)

« Les souvenirs commençaient à pleuvoir. Certains n’étaient que de légères particules, comme de la poussière de charbon, mais il y avait aussi des pierres dont la chute le frappait douloureusement, et des objets encore plus massifs, des météorites, des comètes, qui percutaient sa conscience. »

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3 novembre 2021 3 03 /11 /novembre /2021 16:33

 

Marilyn et JFK - Poche - François Forestier - Achat Livre | fnac

Après avoir revu JFK d’Oliver Stone, j’ai eu envie d’en savoir un peu plus sur ce couple mythique.

Joe Kennedy est un diplomate américain qui place tous les rêves qu’il n’a pu accomplir sur les épaules de celui qu’on surnomme « Jack ». En effet, celui appelé plus tard JFK va très vite briguer le poste de président des Etats-Unis. Il fait un mariage de façade avec Jackie, une femme honnête qui ferme les yeux sur ses dizaines et dizaines de liaisons. Il gravit facilement les échelons grâce à l’argent du papa et se retrouve président des Etats-Unis. Norma Jeane naît en 1926 d’une mère schizophrène et paranoïaque qui ne peut s’occuper d’elle. Mariée à 16 ans, celle qui se fera appeler Marilyn Monroe va rapidement divorcer, consciente de l’intense désir qu’éprouvent les hommes à son encontre. De timide, elle devient calculatrice ; elle ne recherche pas l’argent mais la gloire. Mariée ensuite au champion de base-ball, DiMaggio, elle le quitte parce qu’il la frappe. Son mariage avec Arthur Miller ne durera pas plus de cinq ans non plus. Ses très nombreux amants se plaignent souvent de son manque d’hygiène : les ongles sont sales, les cheveux gras et les douches rares. A 29 ans, Marilyn aura avorté 13 fois. La rencontre entre la femme la plus sexy de tous les temps et le futur Président tellement charismatique est électrique. Ils deviennent amants, se voient régulièrement et le secret n’est pas longtemps caché. Marilyn n’a qu’une obsession : devenir la First Lady, elle va bien déchanter.

J’avoue que, de Marilyn et de JFK, je n’en connaissais pas grand-chose. Et j’ai été surprise de découvrir deux êtres opportunistes, beaucoup plus écœurants qu’attachants. JFK, adepte des coucheries express, est même surnommé le « roi du consommé-minute », toutes les filles y passent et « l’atmosphère de la Maison blanche est celle d’un sérail ». Lorsque Jackie fait une fausse couche, JFK est en mer, « avec sa cargaison de bimbos », il ne daigne raccourcir ses vacances et se montre plus joyeux que jamais. Le livre suggère que Marilyn a peut-être, un court moment, compté un peu plus que les autres filles mais cet univers tout entier, fait de « vautours aux serres acérées » pue le fric et le mensonge. La Century Fox entre en contact avec le psy véreux de Marilyn pour qu’elle continue à tourner. Chacun fait cacher des micros chez l’autre ; à la mort de l’actrice, un grand nettoyage est fait pour qu’aucune trace ne soit détectée, les enregistrements sont effacés. On pense à un suicide puis à un assassinat mais Marilyn, grande consommatrice de drogues, aurait simplement pris une dose de trop. Le mafioso Giancana la fait violer par ses hommes quelques heures avant sa mort. Bref, de bout en bout, c’est de la grande poésie. L’auteur n’y va pas avec le dos de la cuiller mais j’ai appris ce que j’ai voulu savoir.

 

JFK : « passe la moitié de son temps à penser aux femmes, et l’autre moitié à coucher avec elles. »

On a longtemps cherché le journal intime de Marilyn : « Mais Marilyn n’est pas, ne sera jamais, en état de poursuivre une idée, de se plier à la discipline d’un journal intime. Elle est déstructurée, vide, intérieurement amorphe. Elle a autant de rigueur qu’une méduse. La seule chose qui l’intéresse, c’est elle-même, Marilyn, sa séduction, son aura de star, son pouvoir de diva. Elle est comme un champ de nuages par une brise d’été : ses pensées flottent, ses humeurs varient, sa concentration est nulle. »

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30 octobre 2021 6 30 /10 /octobre /2021 16:03

Casterman - Le Printemps suivant - Tome 1 - Vent lointain

Cela fait presque dix ans que je n’avais pas lu Margaux Motin.

Comme dans la première BD que j’avais lue, l’autrice se met en scène. L’album démarre sur une séance de paddle sur la mer qui ne se passe pas bien parce que la narratrice a peur et des vagues (et mêmes des vaguelettes) et de tout ce qui peut grouiller à ses pieds. Mais pourquoi donc accepte-t-elle cette sortie paddle ? C’est, elle nous l’explique ensuite, qu’elle a négocié avec son chéri… Elle veut bien faire du paddle s’il la laisse occuper plus de la moitié de leur jardin à planter des fleurs. Car la petite famille (recomposée) a élu domicile dans une grande et belle maison à la campagne. Margaux, qui avait des habitudes de célibataire doit combattre son instinct naturel à vouloir tout contrôler. Entre concessions et frustrations, la vie quotidienne du couple n’est pas toujours simple. Margaux ne rejette pas les responsabilités sur son compagnon, elle admet volontiers et avec humour qu’elle est exubérante, un brin tyrannique, maniaque, dépensière, perfectionniste, têtue.

Je pourrais reprendre mot à mot -ou presque- mon billet d’il y a dix pour J’aurais adoré être ethnologue de la même autrice-dessinatrice : c’est drôle, c’est frais, on peut s’identifier à elle mais rien de transcendant pour autant (« c’est coloré, gai, féminin, frais, ça met de bonne humeur et ça déculpabilise », voilà-t-il pas que je m’autocite… ) Une remarque qui a son importance : les dessins, que j’avais déjà beaucoup appréciés, sont bien plus précis et plus élégants qu’il y a dix ans, c’est un plaisir des yeux, les pleines pages sont magnifiques. La fin plutôt tristounette donne surtout envie de lire la suite !

Le Printemps suivant Tome 1. Vent lointain - Margaux Motin - Livres - Furet  du Nord

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26 octobre 2021 2 26 /10 /octobre /2021 15:36

Là où chantent les écrevisses de Delia Owens | Audiolib

Après une longue pause, je me remets à écouter des livres audio grâce à … un lecteur MP3 tout simplement.

Kya est une petite fille de même pas dix ans qui vit avec sa famille dans une cabane au cœur du marais. Violence et alcool détruisent les uns et les autres et Ma, la mère, s’en va du jour au lendemain pour ne plus revenir. Jodie, le frère aîné de Kya en fait autant et après une cohabitation plus que délicate avec son père, ce dernier disparaît aussi. Kya est livrée à elle-même, elle pêche, elle se cache, elle évite l’école, elle échange des coquillages et du poisson contre un peu d’essence pour sa barque, elle observe la nature et fait collection des plus belles plumes. Sauvage, seule, elle grandit, devient une belle adolescente qui, heureusement, trouve sur son chemin des êtres qui vont l’aider à mûrir. Tate, un adolescent un peu plus âgé, va lui faire découvrir l’amour en douceur et la lecture qui va unir les deux jeunes dans leur soif d’en savoir plus sur la faune et la flore des marais. Mais Tate est aussi attiré par les études, les grandes villes et l’université, il va délaisser Kya qui va faire des rencontres moins favorables. Le meurtre d’un jeune homme, Chase, fil directeur de ce roman, va autant intriguer le lecteur que les personnages, d’autant plus, qu’à un moment donné, Kya a de très bonnes raisons de se débarrasser de celui qui a été son amant.

J’ai enfin réussi à renouer avec l’écoute de livres audio ! Quelle chance j’ai eu d’être tombée sur un livre d’une telle qualité, sur une si bonne lectrice. Le décor associé à ce personnage central sont d’une harmonie parfaite. Au fur et à mesure que j’avançais dans mon écoute, j’ai de plus en plus été séduite par ce roman où j’ai tout aimé : ce marais à la fois inquiétant ; protecteur et nourricier, les personnages si bien dessinés et surtout celui de Kya, véritable héroïne si belle, si pure, si sensible ; le suspense et le mystère qui rôdent autour de cette mort. J’ai du mal à mettre des mots sur l’émotion que j’ai ressentie en terminant cette histoire extraordinaire mettant en scène une femme dans la nature, cette « fille du marais », si bouleversante, si unique, d’une rare profondeur.

Je vous dévoile le secret de ce titre sublime : « là où chantent les écrevisses » est un endroit tellement reculé que la nature reprend ses droits, sans être souillée par la présence de l’homme. Sans aucune hésitation, c’est un immense COUP DE CŒUR.

Le Prix Audiolib 2021 a été décerné à cette excellente lectrice, Marie du Bled. C'est amplement mérité !

 

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23 octobre 2021 6 23 /10 /octobre /2021 17:38

L'Adoption de Zidrou et Monin : être né quelque part - Babelio

Wadji a 10 ans et il vient du Yémen. Gaëlle et Romain, un couple d’une quarantaine d’années, ont enfin réussi à obtenir son adoption. Ils sont heureux, ont invité du monde pour fêter l’occasion. Mais le petit Wadji garde son imperméable, il semble perdu et tout petit dans cette grande maison confortable. Il ne connaît ni le fonctionnement de la douche, ni celui de la balançoire. Il observe et s’imprègne sans comprendre réellement. Si, il comprend quand, lors de son premier jour à l’école, on se moque de lui et qu’il se défend violemment avec ses poings. Quand il est contrarié, frapper devient une réponse. Il refuse également le contact physique et Gaëlle est frustrée de ne pouvoir le prendre dans ses bras. Cette adoption pose de plus en plus problème au couple…

C’est une belle histoire émouvante et cruelle sur l’adoption et ses difficultés et surtout sur la confrontation de deux mondes diamétralement opposés. Les parents adoptifs veulent trop vite faire entrer le garçon dans leur moule à eux en ignorant qu’il a un passé, qu’il avait une vie avant, qu’il avait une famille. Même si c’est un peu caricatural, ce sont les vieux riches occidentaux qui sont les plus cons, la grande sœur fait à peine exception. Le petit gamin est attachant dès les premières planches avec ses grands yeux effrayés et on comprend vite que le passé le hante encore entre ses parents qu’il a perdus et la guerre qui l’a traumatisé. Le dessin est superbe, Monin utilise toutes les palettes de couleurs et brille de précision, les visages sont d’une netteté ! J’ai donc beaucoup aimé cet album qui connaîtra une suite, je l’espère en tous cas, parce que la fin ouverte m’a frustrée ! Je l’ai fait lire à mon ado de fille qui en est sortie complètement révoltée contre les parents.

Le tome 2 qui était une toute autre histoire.

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