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10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 10:51

Le château des Carpathes de Jules Verne - Editions Flammarion

J’ai toujours freiné des quatre fers pour lire cet auteur mais je ne regrette absolument pas cette lecture-là !

        Le petit village de Werst est perdu quelque part en Transylvanie. Les habitants y vivent heureux même si l’image, au loin, du château des Carpathes – immense édifice abandonné - les fascine autant que les effraie. Un jour, le berger Frik voit au loin, grâce à une longue-vue achetée à un marchand ambulant, de la fumée sortir du château. Les conversations vont bon train à l’auberge du Roi Mathias et aboutissent à la décision d’un homme courageux : le garde-forestier Nic Beck décide d’aller voir qui vit au château. Il emmène le récalcitrant Dr Patak. Mais peu avant de partir, une voix surgie de nulle part, promet qu’il arrivera malheur à Nic. Après des heures de marche, les deux hommes arrivent épuisés au pied du château. D’étranges phénomènes : sons de cloche, rugissements, vive clarté effraient les hommes mais Nic décide d’escalader la chaîne du pont-levis ; ses mains la lâchent brusquement de manière inexplicable. Les deux hommes retournent au village où la panique règne : le château est hanté, c’est le Chort - le diable - qui y vit ! On ne fréquente plus l’auberge du Roi Mathias où la mystérieuse voix s’est fait entendre. Jusqu’au jour où le comte de Télek arrive au village et se moque de ces superstitions. Il pénètre dans le château car il pense y retrouver un rival d’autrefois, Rodolphe de Gortz, celui qui a aussi aimé la belle cantatrice, la Stilla, morte sur scène cinq ans plus tôt.

        C’est une histoire assez prenante qui nous emmène dans cette contrée onirique entre Hongrie et Roumanie. Le roman a pour mérite de croiser les genres : le récit d’aventures tend vers le fantastique sans l’être vraiment, on le comprendra à la fin ; certains passages comiques s’immiscent parfaitement dans ce roman gothique et finalement, la science-fiction, si chère à Jules Verne, fait son apparition dans les dernières pages. Je le répète parce que ça me surprend moi-même, j’ai vraiment beaucoup aimé ce roman !

Au village de Werst, même le maître d’école croit au surnaturel et enseigne aux enfants « que les loups-garous courent la campagne, que les vampires, appelés stryges, parce qu’ils poussent des cris de strygies, s’abreuvent de sang humain, que les « staffii » errent à travers les ruines et deviennent malfaisants, si on oublie de leur porter chaque soir le boire et le manger. Il y a des fées, des « babes », qu’il faut se garder de rencontrer le mardi ou le vendredi, les deux plus mauvais jours de la semaine. »

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7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 13:32

Les Roches Rouges d'Olivier Adam - Stéphane Larue

      

       Antoine et Leïla s’aiment. Petits hics : Leïla est mariée avec un homme, Alex, qui la terrorise et qui la garde sous sa coupe depuis l’adolescence de la jeune femme. Ensemble, ils ont eu un petit Gabi qu’Alex ignore la plupart du temps pour compléter le portrait du parfait salaud. Antoine, lui, a menti sur son âge, il n’a que 18 ans et, pour garder sa belle Leïla qu’il adore, il a aussi caché une tragédie qui a déjà bousillé sa jeune vie. Lorsqu’Alex comprend qu’Antoine est l’amant de sa femme et qu’il lui casse la gueule, les deux amoureux vont filer vers le Sud en emmenant Gabi. Là-bas, ils se réfugient dans une maison familiale et y retrouvent Lise, la sœur d’Antoine, qui a bien des raisons d’haïr son frère. Pourtant, les quatre vont réussir à trouver un équilibre de vie, certes précaire mais assez doux et confortable. Être retrouvés par Alex est une menace qui plane pourtant au-dessus de leur tête…

        Ce roman, apparemment destiné à de « jeunes adultes » (je me demande ce qu’il se passe dans la tête d’un écrivain pour décider de ne pas écrire pour de « vieux adultes » ^^) se lit très bien. Il est tombé pile poil à une période où j’avais les nerfs à vif (doux euphémisme), la première semaine de confinement et les cours à distance avec des conditions de travail déplorables… Ce roman donc, m’a beaucoup plu, j’ai aimé partir en cavale avec nos deux écorchés de la vie, craindre la brute de mari et espérer un avenir meilleur pour tout le monde. On retrouve le style Adam où rien ne peut complètement bien aller (c’est pour ça qu’on l’aime) et son amour des bords de mer. Je n’ai rien à reprocher au livre (il a déjà mieux écrit notre Olivier Adam quand même) sauf les coquilles et les fautes d’orthographe que j’ai trouvées nombreuses !

Merci Michaël pour le prêt !

« Le nombre de conneries qu’on fait sans savoir pourquoi, de merdiers où on se fourre comme si on était aveugles, c’est juste délirant. Je suis bien placé pour le savoir. Des fois je me dis qu’on n’a pas la moindre prise sur nos vies. Qu’on est comme des radeaux pourris ballottés par les vagues et les courants, et que tant qu’on coule pas, c’est déjà bien. On n’a pas toujours les moyens d’en demander plus. »

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4 mai 2021 2 04 /05 /mai /2021 10:55

Le coin lecture de Nath: Les vieux fourneaux 6 L'oreille bouchée Cauuet - Lupano

Salut les peigne-culs,

C’est avec une certaine traînance à me secouer les puces que je produis enfin un papelard sur le tome 6 de cette série à se taper le cul par terre.

            Pierrot, à Paris, est toujours actif avec son organisation « Ni yeux ni maître ». L’opération Geneviève, par exemple, est un carton : quelques vieux sur des fauteuils roulants ou armés de cannes et pébrocs et hop ! vingt-sept flics qui se glandent la gueule ! Mais le Mimile invite ses poteaux Pierrot et Antoine en Guyane, tous frais payés… Pierrot bougonne surtout quand il se fait arrêter à l’aéroport parce qu’il est « fiché S ». Il continue à faire sa tête de chien qui chie quand il arrive dans la chaleur moite de la Guyane. Ça le gonfle d’être dans cette nature « trop naturelle » même si un singe-atèle semble s’être entiché du vieux Pierrot. Perdus dans la jungle, les deux compères retrouvent Sophie qui leur demande de jouer une saynète autour de l’appât de l’or et des dégâts que causent les chercheurs d’or moderne. On croit qu’c’est tiré par les bigoudis mais il faut 150 tonnes de cyanure pour extraire une tonne d’or. Un trésor retrouvé va servir à alimenter un collectif de lutte contre le projet minier et surtout « déboucher les esgourdes encrassées par un demi-siècle de consumérisme ». De retour à Paris, Pierrot et Antoine se retrouvent pleins aux as parce qu’une vieille, avant de clamser, a légué tous ses biffetons à l’assoc’ « Ni yeux ni maître ». Poil aux fesses !

Comme d’hab’ c’est du nectar ! On se bidonne, c’est gondolant, on se paye une bonne tranche de rigolade. Alors, si vous voulez vous fendre la terrine et avoir la rate qui se désopile, mettez vos culs de bol sur le tarin et lisez cet album de derrière les fagots ! Capiche ?

Les vieux fourneaux tome 6 - BDfugue.com

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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 14:47

Civilizations, de Laurent Binet | Éditions Grasset

        On ne m’aurait pas offert ce livre, je ne l’aurais jamais lu parce que j’ai testé une fois Binet (pour La Septième fonction du langage) et je doutais que ce n’était pas pour moi. Confirmation est faite.

        Les Vikings, vers l’an mille, quittent leur territoire pour conquérir le sud et y apporter leurs « inventions » : fer, chevaux et anticorps. En 1492, Christophe Colomb met bien le pied en Amérique mais c’est un fiasco, il est fait prisonnier et a tout juste le temps d’apprendre les rudiments de castillan à une petite fille, Higuénamota, avant de mourir. Quelques années plus tard, un prince inca, Atahualpa, afin de fuir son ennemi de frère va traverser l’océan Atlantique pour arriver au Portugal. « allons voir d’où vient le soleil ! » Accompagné d’Higuénamota qui va être son interprète, il va découvrir la ville de Lisbonne en feu après le célèbre tremblement de terre qui laisse les habitants hébétés et misérables. La religion des « hommes tondus » qui vénèrent un « homme cloué sur une croix » intriguent les Quiténiens mais ne les empêche nullement de conquérir une Europe déstabilisée et boiteuse.

       Je n’ai pas réussi à aller jusqu’au bout ! J’ai tout de même lu une bonne moitié et feuilleté la fin. D’abord, je me suis parfois ennuyée lors de cette lecture pourtant variée (entre le genre de la correspondance, celui du journal, du récit de voyage, entre autres… le roman termine sur un récit de Cervantès que je n’ai pas lu) mais j’ai surtout été agacée de ne pas saisir toutes les références. Binet pastiche allégrement donc si tu ne maîtrises pas à fond l’Inquisition ou la mort de Charles Quint et que tu sens qu’il y a un truc sans doute drôle et subtil à saisir mais qu’il t’échappe, c’est très frustrant. Enfin, une fois le postulat de départ admis (ce sont les Indiens qui découvrent l’Europe), le reste, bah bouff buf… tout est inversé, quoi ! Je ne suis pas conçue pour lire Laurent Binet, je n’aime pas non plus l’entendre parler, il faut que je l’accepte, c’est tout. Attention, c’est très intelligent, sans aucun doute bien documenté et ça plaira à certains, surtout les férus d’Histoire. Bien sûr que j’ai apprécié de nombreux passages, les références à Voltaire, Montaigne ou encore Montesquieu mais je trouve que l’ensemble aurait gagné à être plus simple et plus humble.

 

Christophe Colomb, à quelques jours de sa mort, n’est plus « qu’un bouffon juste bon à divertir sa fille. »

Les conflits de religion : « Les Quiténiens comprenaient qu’il se jouait quelque chose de grave ici autour de différents groupes de croyances, les juifs et les conversos, les morisques mahométisants, les luthériens, les vieux et les nouveaux chrétiens. Ils ne saisissaient pas exactement ce qui était en jeu derrière ces histoires de dieu cloué et de cuisine au lard mais ils savaient que les Levantins prenaient tout ça très à cœur, comme la cérémonie des bûchers l’avait prouvé amplement. »

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29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 10:01

Editions Babel Noir - L'homme de Lewis - Peter May

Parfois, j’achète des livres et je les oublie. La surprise fut belle quand j’ai retrouvé dans ma bibliothèque le deuxième opus de cette trilogie écossaise dont j’avais dévoré L’île des chasseurs d’oiseaux, le premier tome !

Nous retrouvons Fin Macleod. Il divorce, il rend son insigne de flic et retourne dans son île natale de Lewis. Un corps a d’ailleurs été retrouvé dans les tourbes qui ont la faculté de si bien conserver des cadavres (pendant des siècles, parfois !). Mais l’homme mort assassiné n’est pas si ancien, un tatouage d’Elvis Presley le prouve. Son ADN le mène directement à Tormod, le père du premier amour de Fin, un vieux devenu quasi amnésique et presque sénile. Le cadavre serait de la même famille que le vieil homme qui est incapable de répondre aux questions. Fin mène l’enquête officieusement avec celle qui a été son premier amour.

J’ai encore une fois beaucoup apprécié ce roman. Il faut bien admettre que, même si l’intrigue est sympathique, c’est vraiment le contexte, cette île venteuse écossaise et ses whitehouses, ses falaises escarpées, ses paysages de machair qui conquièrent complètement le lecteur. Mon besoin de voyager est actuellement tellement avide que j’ai adoré me promener sur ces îles lointaines. Et Peter May écrit bien, on se laisse porter par ses personnages pourtant bien malheureux. Je lirai la suite et fin de la trilogie !

Fin, en attendant de retaper la maison familiale, dort dans une tente : « La lumière du jour l’aveugla lorsqu’il fit glisser la fermeture de la tente et rampa à l’extérieur. Il avait plu pendant la nuit, mais le vent avait déjà séché l’herbe. Il s’assit, pieds nus, enfila ses chaussettes, les yeux plissés pour se protéger du soleil qui se reflétait dans l’océan en un disque incandescent jusqu’à ce que la trouée dans les nuages se referme, comme si l’on avait appuyé sur un interrupteur. Il ramena ses genoux contre sa poitrine et y appuya ses avant-bras, humant l’air chargé de sel, d’odeurs de fumée de tourbe et de terre humide. Ses mèches blondes et courtes, agitées par le vent, lui picotaient le visage. Il se sentit traversé par la sensation merveilleuse d’être simplement en vie. »

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26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 10:21

Dans les yeux de Lya T1 : En quête de vérité (0), bd chez Dupuis de  Carbone, Cunha

  1. En quête de vérité.

Lya est une jeune femme en fauteuil roulant. A 17 ans, elle a été renversée par un chauffard qui a pris la fuite. Pourtant, elle vient d’apprendre que ses parents ont accepté une grosse somme d’argent en échange de leur silence. C’est Maître de Villegan qui a géré toute l’histoire. Et c’est justement dans ce cabinet que Lya parvient à obtenir un stage, bien décidée à mettre un nom sur celui ou celle qui a changé sa vie. Avec l’aide de son complice et ami, Antoine, elle va tenter de retrouver son dossier dans les archives.

Dans les yeux de Lya T2 : Sur les traces du coupable (0), bd chez Dupuis de  Carbone, Cunha

  1. Sur les traces du coupable.

          Le dossier de Lya était justement celui qui était absent dans les archives, comme c’est étrange… Heureusement que la jeune femme sait pouvoir compter sur celle qui est devenue une complice et une confidente, la secrétaire Adèle. Les jeunes gens obtiennent un nom et une adresse, Antoine puis Adèle prennent un type en filature sans vraiment comprendre quel est son lien avec le terrible accident.

C’est ma fille qui m’a conseillé cette lecture et, effectivement, elle m’a bien plu. J’ai été très frustrée parce que j’ai lu le tome 2 en pensant que c’était le dernier mais il y a une suite prévue en mai. Les dessins ronds et colorés de Cunha s’accompagnent de jeux de lumière et d’ombres, de nuances et de dégradés de couleurs tout à fait agréables à regarder. Le scénario signé Carbone est, quant à lui, bien ficelé, chaque opus se dévore avec délice.

Dans les yeux de Lya T1 : En quête de vérité (0), bd chez Dupuis de  Carbone, Cunha

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23 avril 2021 5 23 /04 /avril /2021 18:43

Fantaisie allemande, Philippe Claudel | Stock

       Comme son nom l’indique, ce recueil de nouvelles évoque de près ou de loin des personnages d’origine allemande ou un contexte germanique.

       Cinq nouvelles ou contes cruels, pourrait-on dire aussi. « Ein Mann » est une sorte de road trip apocalyptique d’un homme seul qui fuit et se cache dans une forêt froide de novembre. « Sex und Linden » narre les souvenirs d’un vieillard et sa première expérience sexuelle. Dans « Irma Grese », une jeune fille simplette mais cruelle est embauchée dans une maison de retraite pour s’occuper quotidiennement d’un vieil homme impotent qu’elle va laisser mourir de faim. « Gnadentod » nous livre les différentes versions du mystère d’un peintre devenu fou en 1940.  Et je n’ai pas envie de résumer « Die Kleine » parce que c’est comme ça.

       Je n’ai pas aimé toutes les nouvelles avec la même intensité mais les ai toutes appréciées pour leurs qualités évidentes. Les deux premières m’ont totalement séduites, ce sont deux petits bijoux différents l’un de l’autre mais remarquablement écrits. Le fil directeur de l’Allemagne est un peu artificiel, il ne faudrait surtout pas y voir une chronique du pays ou une photographie d’un instant, l’auteur lui-même dit ne pas avoir écrit les textes à la même période. La magnifique couverture est signée Lucille Clerc et je ne me suis pas lassée de l’admirer. Un joli moment de lecture au final même si l’enthousiasme des premières pages s’essouffle un peu au fil de la lecture.

« On ne meurt pas d’un coup à mon âge. On est comme une maison dont on ferme les volets, qu’on vide peu à peu de ses meubles, dans laquelle on coupe le gaz, puis l’eau, et pour finir la lumière, avant de verrouiller une dernière fois la porte et de jeter la clé. Cette pensée m’amuse. »

« Les lumières laissent choir sur les visages des musiciens un pollen doré. »

« Nous sommes la matière de la nuit. »

Merci Michaël !

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 18:46

Pedro Paramo ( Juan Rulfo) - Nuagesetvent

Le challenge international 😊 latino-américain de Goran et Inganmic m’a envie de goûter à toutes ses littératures. Ici, c’est un auteur mexicain mondialement connu que j’ai tenté. Il faut bien parler de tentative puisque j’ai arrêté ma lecture au bout d’une soixantaine de pages.

Juan part sur les traces de son père, Pedro Páramo. En effet, il a promis à sa mère défunte de lui réclamer son dû alors qu’il ne l’a jamais connu. Il va croiser des personnages soit vivants, soit morts, qui vont lui révéler, par petites touches, la vie de ses parents.

Si la chronologie n’est pas du tout linéaire, les narrateurs mais aussi les interlocuteurs se mêlent dans un joyeux bazar où j’ai fini par ne plus rien comprendre. Celui qui parle est-il seulement vivant ? est-il mort ? Pfiouuu… Je fais un billet tout de même : 1. Parce que l’écriture m’a touchée, allez voir la petite citation. 2. Etant donné que le style m’a plu, peut-être existe-t-il des romans plus accessibles ? N’hésitez pas à m’indiquer des titres. On en arrive presque toujours au même constat, cette littérature d’Amérique du Sud, avec son réalisme magique, est décidément parfois bien absconse ! Y’a-t-il seulement une explication à cette impénétrabilité ?

Je crois que la tentative d’Athalie n’a pas été plus heureuse, au moins est-elle allée jusqu'au bout, elle !

« Dehors, dans la cour, il y avait ces bruits de pas, bruits étouffés de gens qui guettent, et là, debout sur le seuil, cette femme dont le corps empêchait le jour d’entrer mais laissait passer, à travers ses bras, des lambeaux de ciel et, sous ses pieds, des traînées de lumière, une lumière qui ruisselait comme si le sol, au-dessous d’elle, était inondé de larmes. »

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19 avril 2021 1 19 /04 /avril /2021 16:03

      Dans les années 60, en Floride, Elwood Curtis est un enfant modèle, à la fois intelligent et discipliné, il est aussi un adepte du message de paix de Martin Luther King. Mais sa peau noire lui vaut brimades et injustices. Lorsqu’il fait du stop pour se rendre, pour la première fois, sur le campus de l’université qu’il est si fier d’intégrer, il monte - sans le savoir - dans une voiture volée. La police l’arrête et l’accuse du vol : « y’a qu’un nègre pour voler une Plymouth » Encore mineur, il est envoyé dans une école appelée la « Nickel Academy » qui n’est autre qu’une maison de redressement, pire : un cauchemar organisé par les Blancs. Entre travaux forcés, humiliations, bouillie infecte et injustices, l’idéalisme d’Elwood est mis à mal. Lorsqu’il s’interposera à peine pour défendre un petit garçon faible martyrisé par des plus grands et qu’il se retrouvera battu jusqu’au sang, enfermé plusieurs jours dans « la Maison Blanche », ce lieu de torture, il comprendra l’essence même du fonctionnement de cette école. Turner, un garçon de son âge se lie d’amitié avec Elwood. Ensemble, les deux tiennent le coup et rêvent de sortir de ce cloaque.

       En toute honnêteté, au vu des éloges maintes fois lus au sujet de ce roman, de son prix Pulitzer, j’ai passé la moitié du livre à me dire que c’était intéressant, bien écrit, édifiant mais pas non plus exceptionnel. Et puis il y a la fin. Un dénouement fulgurant, une claque flamboyante. J’ai tourné la dernière page en frissonnant d’émotion. Ce roman est à la fois une page de l’Histoire ségrégationniste et une merveilleuse histoire d’amitié. Alors même si je n’ai pas tout aimé, que j’ai trouvé que la psychologie de certains personnages (Jaimie, Earl, par exemple) n’était pas assez poussée, que j’ai eu du mal à m’accrocher avec passion aux cent premières pages, je conseillerais quand même cette lecture, Colson Whitehead s’est inspiré de faits réels pour dénoncer cette absurdité historique et le dénouement humaniste et tellement fort vaut vraiment le détour.

Mon avis (pas non plus dithyrambique) sur Underground Railroad

 

Martin Luther King : « Faites de l’humanité votre profession. »

C’est Harriet, la grand-mère d’Elwood, qui a élevé le garçon : « Harriet avait rarement eu l’occasion de faire ses adieux à ceux qu’elle aimait. Son père était mort en prison parce qu’une Blanche l’avait accusé de ne pas s’être écarté de son chemin sur le trottoir. Contact présomptueux, selon la terminologie des lois Jim Crow. Ça se passait comme ça autre fois. »

« parfois le rire réussissait à faire tomber quelques briques du mur de la ségrégation, si haut et si large. »

Les élèves de Nickel, bien plus tard : « ils avaient été privés du simple plaisir d’être ordinaires. Entravés et handicapés avant même le départ de la course, ils n’avaient jamais réussi à être normaux. »

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16 avril 2021 5 16 /04 /avril /2021 15:46

Résultat de recherche d'images pour "Graines de bandits d’Yvon Roy autobiographie"

Deux frères grandissent aux Etats-Unis entre les désirs irréalisables d’un père et une mère déprimée, lassée des promesses non tenues de son mari. Les deux garçons ne perdent pas leur fierté pour autant. Entre l’école à la maison et de grandes quantités de romans et d’encyclopédies avalées, la construction de cabanes, d’igloos ou de karts, la rivalité entre eux et les autres enfants du village fait rage. Les enfants sabotent des engins de chantier, fouillent les poubelles pour récupérer ce qui fera leur nouvelle petite automobile. Ils se vantent d’être les meilleurs, essayent d’y croire jusqu’au bout et de garder la tête haute. Eux, contrairement aux adultes, font, sont actifs, avancent.

Dans ce récit autobiographique, Yvon Roy nous fait comprendre à quel point l’enfance peut être violente. A travers les non-dits des parents, la rivalité entre les jeunes, les excès de confiance en soi, l’amour qu’on devine sans le comprendre, la notion de péché si effrayante. Et pourtant, les garçons sont cocasses, curieux et autodidactes dans un monde qui les a comme abandonnés. Le narrateur, le plus jeune des frères, nous offre cette image d’enfants d’une autre époque, toujours dehors, en train de vivre des films d’aventures qu’ils se sont créés de toutes pièces et des histoires qu’ils s’inventent. Il n’y pas ni jugement ni jérémiades mais sans doute un brin de nostalgie. Une lecture bien agréable aux dessins élégants, en noir et blanc.

J’avais déjà apprécié Les petites victoires qui m’avait davantage bouleversée. Yvon Roy est décidément un auteur à suivre.

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