
J’ai toujours freiné des quatre fers pour lire cet auteur mais je ne regrette absolument pas cette lecture-là !
Le petit village de Werst est perdu quelque part en Transylvanie. Les habitants y vivent heureux même si l’image, au loin, du château des Carpathes – immense édifice abandonné - les fascine autant que les effraie. Un jour, le berger Frik voit au loin, grâce à une longue-vue achetée à un marchand ambulant, de la fumée sortir du château. Les conversations vont bon train à l’auberge du Roi Mathias et aboutissent à la décision d’un homme courageux : le garde-forestier Nic Beck décide d’aller voir qui vit au château. Il emmène le récalcitrant Dr Patak. Mais peu avant de partir, une voix surgie de nulle part, promet qu’il arrivera malheur à Nic. Après des heures de marche, les deux hommes arrivent épuisés au pied du château. D’étranges phénomènes : sons de cloche, rugissements, vive clarté effraient les hommes mais Nic décide d’escalader la chaîne du pont-levis ; ses mains la lâchent brusquement de manière inexplicable. Les deux hommes retournent au village où la panique règne : le château est hanté, c’est le Chort - le diable - qui y vit ! On ne fréquente plus l’auberge du Roi Mathias où la mystérieuse voix s’est fait entendre. Jusqu’au jour où le comte de Télek arrive au village et se moque de ces superstitions. Il pénètre dans le château car il pense y retrouver un rival d’autrefois, Rodolphe de Gortz, celui qui a aussi aimé la belle cantatrice, la Stilla, morte sur scène cinq ans plus tôt.
C’est une histoire assez prenante qui nous emmène dans cette contrée onirique entre Hongrie et Roumanie. Le roman a pour mérite de croiser les genres : le récit d’aventures tend vers le fantastique sans l’être vraiment, on le comprendra à la fin ; certains passages comiques s’immiscent parfaitement dans ce roman gothique et finalement, la science-fiction, si chère à Jules Verne, fait son apparition dans les dernières pages. Je le répète parce que ça me surprend moi-même, j’ai vraiment beaucoup aimé ce roman !
Au village de Werst, même le maître d’école croit au surnaturel et enseigne aux enfants « que les loups-garous courent la campagne, que les vampires, appelés stryges, parce qu’ils poussent des cris de strygies, s’abreuvent de sang humain, que les « staffii » errent à travers les ruines et deviennent malfaisants, si on oublie de leur porter chaque soir le boire et le manger. Il y a des fées, des « babes », qu’il faut se garder de rencontrer le mardi ou le vendredi, les deux plus mauvais jours de la semaine. »













