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21 août 2021 6 21 /08 /août /2021 09:49

La libraire de la place aux Herbes de Éric de Kermel - Editions J'ai Lu

La narratrice, Nathalie, a plaqué son métier de prof pour ouvrir une librairie à Uzès, charmant village du Gard, avec son architecte de mari, Nathan. Leurs deux grands enfants désormais adultes vivent loin, Nathalie a tout son temps à consacrer aux livres et aux clients. Les acheteurs se suivent mais ne se ressemblent pas entre un baroudeur infatigable, celle qui ne sait pas lire, celui à qui on fait la lecture parce qu’il n’y voit plus, des bonnes sœurs travailleuses. Nathalie virevolte avec grâce dans ce microcosme assez idéal.

Avec une telle couverture, je savais que je me lançais dans une lecture feel good et dans ce cas-là, tous les voyants sont allumés, je me méfie ! Pourtant, cette lecture a été agréable sans être niaise, douce et intéressante sans être creuse ni ridicule. Evidemment, avec un tel cadre (une librairie, et en plus, dans le Sud de la France !), on ne peut que saliver quand on aime les livres. Si l’écriture ne m’a pas spécialement emballée (même si elle est parfois proche de celle d’un Orsenna qui -d’ailleurs- a préfacé le roman), les histoires de livres, de lecteurs, de coups de cœur de lecture m’ont charmée et j’ai noté des titres. Je n’ai pas tout aimé non plus, la fin verse trop dans le Je vais t’émouvoir puis te rassurer avec un gros câlin mais le tout reste une pétillante et jolie lecture d’été.

« J’aime aussi les mots sur les pages. Je ne parle pas du sens des mots, mais du rythme que produit le mouvement du fris. Entre chaque mot, un espace toujours égal garantit une distance de courtoisie qui permet à chacun de ne pas marcher sur les pieds de son voisin et de respirer à sa guise. Si nous étions comme les mots sur une page, je suis certaine que la bienveillance trouverait davantage de place pour s’épanouir. »

« Quand on a grandi à l’étranger, on intègre rapidement que celui qui est différent c’est soi-même… Cela induit une ouverture d’esprit et un postulat initial qui interdit toute arrogance et impose d’abord le respect de ce que l’on ne connaît pas, avant de développer une grande capacité d’adaptation. »

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17 août 2021 2 17 /08 /août /2021 17:58

Kabukicho - Dominique Sylvain - Babelio

Marie et Kate vivent au Japon depuis quelques années, la première est Française, Kate est d’origine anglaise. Amies et colocataires, elles sont toutes les deux hôtesses dans des bars de luxe à Kabukicho, ce quartier chaud de Tokyo. Elles offrent leur charme, leur conversation aux hommes qui les paient mais pas nécessairement pour des rapports sexuels. Kate disparaît et son père, resté à Londres, reçoit une photo d’elle couchée dans l’herbe avec cet étrange message : « Elle dort ici. » Le capitaine Yamada mène l’enquête mais le corps de Kate est rapidement retrouvé : elle a été enterrée vivante. Son meilleur ami avec qui elle entretenait des relations complexes, Yudai, est soupçonné. Marie, elle, tente de faire publier son roman. Mais les meurtres s’enchaînent dans l’entourage de Kate.

J’avais emprunté ce polar sur les conseils d’Alex qui semblait plutôt conquise par cette autrice. Je ne m’attendais honnêtement pas à aimer autant. Non seulement l’intrigue est palpitante et rend la lecture addictive mais le contexte constitue le point fort de ce roman. Dans ce quartier sulfureux de Tokyo, on trouve de tout mais j’ignorais que certaines hôtesses n’étaient pas des prostituées mais qu’elles étaient payées pour séduire le client, acquiescer, sourire, être la plus belle, valoriser et amadouer l’autre dans ce « règne des apparences, échanges de politesses à n’en plus finir. » Rien n’est simple et univoque dans cet univers souvent gouverné par la mafia tokyoïte, les yakuzas. Cette « ambiance cinglée mais vibrante de Kabukicho » m’a beaucoup plu et intriguée. L'écriture dynamique et efficace sied bien au peps et à la noirceur du roman.

Il est question, dans le livre, de détruire ce quartier en prévision des J.O. mais je n’ai pas trouvé l’information confirmant ou infirmant ce projet. J’aurais pu faire un coup de cœur de cette lecture mais il y avait un ou de meurtres en trop selon moi dans les dernières pages. En tous cas, on sent que la romancière sait de quoi elle parle et elle nous offre une vision insolite d’une partie de Tokyo. Je reviendrai la lire.

 

Qu'est-ce que la condition de la femme au Japon ? « Toujours sourire, toujours se rabaisser. »

« Ce pays était une gigantesque usine à règles. »

Kabukicho, la nuit : « La passivité poussiéreuse et rouillée du jour était repliée, roulée comme un vieux décor, la foule reprenait petit à petit possession du dédale des ruelles transfigurées. Rabatteurs, portiers, putes, gigolos, salarymen, hôtes et hôtesses, mamas-san et boss yakuzas, serveurs de restaurant, gardiens et videurs, salariés des magasins ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre et des love hotels, ils se rejoignaient, mus par un accord tacite, programmés pour se coaguler dans un plasma lumineux et mutant. Toujours le même, toujours différent, toujours avide et consciencieux. Abondance de rires, de désirs et de détermination, ces mille voix entremêlées, celles du peuple de la nuit. »

 

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14 août 2021 6 14 /08 /août /2021 21:43

À peu presque

        Dans cette courte BD de quelque soixante planches, les grandes pages de l’Histoire révéleront tous leurs secrets, qu’il s’agisse de la Préhistoire ou du Moyen-âge, de la découverte du Nouveau monde ou de l’Antiquité. Nan, … c’est pas vrai du tout puisque l’auteur en fait ce qu’il veut de ces tranches historiques qu’il redécoupe à sa guise et les farcit des plus belles invraisemblances accompagnées des plus incroyables anachronismes.

        Le résultat est jubilatoire, on se marre bien ! Les esclaves égyptiens évoquent leur burn-out, ils se retrouvent dans une obscure geôle « Tu vas enfin pouvoir prendre du temps pour te recentrer sur toi-même ». Vous l’ignoriez peut-être mais au XIVème siècle, on parlait tri des déchets du haut d’un château fort… « le heaume dans la poubelle ocre… mais la tête, alors, c’est dans les déchets ménagers ? » mais nooon : directement au compost, pardi ! Au XVIIIème siècle, les hommes poudrés et perruqués tentent de décoder les mouvements de l’éventail de ces dames, savoir si ouverture il peut y avoir. « Bien le bonjour, gente Dame, franchement, vous êtes charmante. Y’a moyen ? », « Sbaf », « Laisse tomber, les meufs, soi-disant elles veulent de l’amour courtois, mais quand tu fais des efforts, tu te fais tej. » Une belle réussite que ces galéjades et facéties en tout genre qui mettent surtout en valeur les bons gros défauts de notre étrange XXIè siècle !

   À peu presque - BDfugue.com

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10 août 2021 2 10 /08 /août /2021 22:04

Le Ghetto intérieur - Santiago H. Amigorena - Babelio

        Vicente vit depuis plus de douze ans en Argentine. Polonais, il a voulu vivre ailleurs, a rencontré l’amour de sa vie, Rosita, avec qui il a eu trois enfants. Gérant d’un petit commerce de meubles, il aime retrouver régulièrement ses amis Ariel et Sammy avec qui il évoque l’actualité de plus en plus houleuse en ces années 1940-41. La mère de Vicente est restée en Pologne, il sait qu’elle est recluse dans un ghetto juif, quelques lettres lui parviennent - toujours avec un grand retard – et il ne peut que deviner une situation qui ne va pas en s’arrangeant. Alors il se mure dans le silence, avec sa femme, avec ses enfants, avec ses amis. Il ne veut pas savoir ce qui se passe en Europe, il perd peu à peu le contact avec ceux qui l’entourent alors que Rosita aimerait retrouver celui qu’elle a tant aimé à leur rencontre.

        Ce petit roman est une belle illustration de ce qu’était la guerre… à douze mille kilomètres de l’épicentre. Et aussi un formidable cri de révolte par rapport à cette identité juive pas nécessairement assumée, pas nécessairement comprise ni revendiquée, par rapport à cette impuissance douloureuse qui s’exprime, chez le narrateur par le silence. Le titre de Vercors, Le Silence de la mer, dans un autre contexte, fait écho à ces non-dits révélateurs, à cette parole hurlée en silence, à cette incapacité de mettre des mots sur l’horreur. Vicente croit que s’il cesse de parler, il cessera aussi de penser mais il se trompe et son choix est remis en question à la fin du livre. Ce roman-claque expose les dommages collatéraux de cette Shoah immonde tout en racontant une famille au bord de l’implosion. J’adore ce titre polysémique et je reste persuadée qu’il faut se souvenir de cette période abjecte qui a fait tant de mal de près ou de loin.

« Être juif, pour lui, n’avait jamais été si important. Et pourtant, être juif, soudain, était devenu la seule chose qui importait. « Mais pourquoi je suis juif ? Pourquoi, aujourd’hui, je ne suis que ça ? Pourquoi je ne peux pas être juif et continuer d’être tout ce que j’étais auparavant ? »

« Se taire. Oui, se taire. Ne plus savoir ce que parler veut dire. Ce que dire veut dire. Ce qu’un mot désigne, ce qu’un nom nomme. Oublier que les mots, parfois, forment des phrases. »

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7 août 2021 6 07 /08 /août /2021 10:28

Météore | Actes Sud

             Sara sort de chez elle en robe. Le détail peut sembler anodin et dérisoire mais pour celle qui est née garçon et qui doit affronter quolibets et humiliations, c’est un acte de bravoure. Elle rentre chez elle pour recoudre la bretelle qu’on lui a déchirée. Et se dévide alors pour nous le fil de son odyssée. Née garçon, Sara s’est toujours sentie à l’étroit dans ce corps qui ne lui convient pas, « c’était comme habiter une maison en feu. Sans fenêtres. Sans porte. Sans sortie de secours. L’incendie était partout et je me cognais à des murs, des murs interminables. Il n’y avait pas d’issue. J’allais mourir dans cette boîte, et personne n’en saurait rien. » Incomprise et rejetée, traitée de « pédale », elle s’est détestée, s’est isolée d’elle-même. Jusqu’au jour où elle rencontre le bon psy qui a su la comprendre et trouver les mots pour révéler en plein jour son désir de devenir femme. Le combat ne se termine pas là et durera encore longtemps mais Sara a enfin trouvé sa place.

Ce roman est une claque. Il est si habilement construit que le lecteur ne peut que comprendre, se mettre à la place, habiter cet être en souffrance qui n’est pas né avec la bonne enveloppe corporelle. Il amène aussi à la réflexion : qu’est-ce être une fille ? être un garçon ? Ma fille a lu le livre avec beaucoup d’intérêt et elle a été aussi emballée que moi, emportée par cette lumière finale qui donne beaucoup d’espoir. Elle a remarqué très justement que, pour Sara, ça se passe bien parce que ses parents sont ouverts et empathiques. L’écriture est belle, juste, vise en plein cœur d’un sujet délicat et finalement tout simple, exposé comme ça.

Antoine Dole, c’est l’auteur qui te donne envie de lire de la littérature jeunesse …

« on vous rattrape pour vous remettre dans votre cas. On ne vous laisse pas le choix. Pas cette liberté. On vous dit que vous êtes n garçon, que vous allez aimer ceci et cela. On vous dit quoi penser, quoi manger, quoi boire, quel goût il faut que ça ait et dans quel emballage. On choisit la couleur de votre couette, les histoires qui doivent vous émouvoir, les jouets avec lesquels vous pouvez être heureux, on vous dit à quoi rêver, quoi espérer de cette vie. »

« Ma féminité est un cadeau, un héritage, la transmission d’une lumière plus forte que les ténèbres d’un monde qui ne veut pas la célébrer. Un moyen de passer au travers. Ma féminité est un météore que l’obscurité ne peut pas ignorer, prêt à fendre tout ce que le ciel peut contenir de certitudes crasses et de pensées sombres. »

 

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3 août 2021 2 03 /08 /août /2021 09:57

La fuite du cerveau - Librairie et Papeterie du Théâtre

Albert Einstein vient de mourir. Sous une impulsion soudaine et inexpliquée, son médecin légiste, Thomas Stolz, extrait le cerveau du cadavre et l’emporte chez lui. Alors qu’il tente de cacher le bocal contenant le cerveau dans sa cave, il tombe nez-à-nez avec le professeur Einstein, le crâne ouvert. Le vieil homme indulgent et bienveillant n’est là que parce qu’il avait un travail en cours et que ça l’ennuyait « de tout laisser en plan ». Evidemment, le vol est vite connu, le directeur de l’hôpital en veut à Stolz qui aimerait collaborer avec la belle Marianne, une neurologue. Le FBI s’emmêle et l’improbable trio s’enfuit avec le cerveau. Après moult péripéties, ils arrivent dans un hôpital désaffecté où sévit le Dr Seward entouré de patients psychologiquement atteints. Il s’agit, encore et toujours, de savoir ce que ce cerveau de génie contient de particulier.

Cette extraordinaire odyssée prend des allures de quête sans fin. Les dessins font plus que rendre honneur à cette intrigue loufoque assaisonnée de discours scientifiques, ils sont un chef d’œuvre à part entière. Après Pereira prétend, Malaterre ou encore La grande école, je peux m’affirmer fan du dessin de Gomont qui, par son trait sauvage parfaitement maîtrisé, appelle au rêve et à l’évasion. Avec peu, il crée une sublime étincelle comme le prouvent les dernières planches, majestueusement tendres et poétiques. Quant au scénario, je l’ai trouvé un brin longuet et entortillé mais on ne peut que s’attacher à cet Einstein au crâne découpé, docile, humble et sympathique. Ça sent un peu la comédie américaine avec le vieux monsieur qu’on trimballe, le héros maladroit et la belle blonde mais c’est drôle et bien trouvé. Et puis, il y a le trait vif de Gomont, sa large palette de couleurs, les jeux d’ombre, les beaux paysages… je crois que je radote, lisez-le !

La fuite du cerveau : La fuite du cerveau - Bubble BD, Comics et Mangas

Bande dessinée - "La Fuite du cerveau" de Pierre-Henry Gomont : à la  poursuite de l'intelligence d'Einstein

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29 juillet 2021 4 29 /07 /juillet /2021 13:21

 

Betty – FRANCK'S BOOKS

Lecture attendue, reportée, un peu redoutée et finalement appréciée.

Betty est une petite Cherokee née dans les années 60 aux Etats-Unis. Entourée de frères et sœurs (ils sont six au départ), elle évolue dans une misère certaine mais aimée d’un père extraordinaire. En effet, Landon Carpenter l’initie aux bonheurs de la nature, lui apprend à communiquer avec la terre et avec les plantes avec respect, lui montre comment soigner les maux naturellement. Il incarne la bienveillance et la stabilité alors que tout, autour de Betty, se disloque et va disparaître au fil des années.

J’ai passé environ deux cents pages à me demander pourquoi ce livre connaissait un tel succès, il a été agréable à lire certes mais sans qu’il m’impressionne. Ensuite, petit à petit, il gagne en vigueur, en force mais aussi en nuances et en délicatesse. L’évolution de cette petite Betty dans un monde brutal et sordide se fait à coups d’expériences malheureuses, de découvertes du mal, de tragédies et de rencontres généralement nuisibles. Pour le caractère violent du roman, on m’avait prévenue. Au-delà de certains passages qui révèlent une barbarie particulièrement prononcée, existe une tension omniprésente, sournoise et sous-jacente tout au long du livre. La dimension tragique est d’abord associée à l’achat de cette maison soi-disant maudite quelque part dans la campagne de l’Ohio. Elle grandit dans une atmosphère faite de préjugés, de racisme et de discrimination et trouve son apothéose, malsaine et fétide dans l’inceste qui reste au cœur du roman. La figure de ce père si lumineux et incroyable m’a conquise.  Et la flamboyance de la fin est assez extraordinaire, il est vrai qu’on ressort de cette lecture complètement chamboulé, peut-être même un peu ensorcelé, mais, pour le malaise que j’ai pu ressentir de manière permanente, je n’en fais pas un coup de cœur.

"Quel que soit l’endroit où tu es, quel que l’endroit où tu vas, tu seras toujours au sud du paradis."

"Le plus bel arbre de Noël, c’est celui qu’on laisse dans sa terre pour qu’il puisse y grandir et vivre sa vie."

"tous les paradis ne sont pas encore perdus."

"Tandis que je grandissais, j'avais l'impression d'avoir des morceaux de papier collés sur la peau. Sur ces morceaux de papier étaient écrits tous les noms auxquels j'ai eu droit. Polly la Peau-Rouge, Tomahawk Kid, Pocahontas, sang-mêlé, la squaw. J'ai commencé à me définir, et à définir mon existence, en fonction de ce qu'on me disait que j'étais, c'est-à-dire rien. A cause de cela, la route de ma vie s'est rétrécie en un sentier obscur, et ce sentier lui-même a été inondé, se transformant en un marécage om il m'a fallu patauger."

"Devenir femme, c'est affronter le couteau, Betty. [...] Mais la femme que l'on devient alors doit décider si elle va laisser la lame s'enfoncer assez profondément pour la mettre en pièces, ou bien si elle va trouver la force de s'élancer, les bras écartés, et oser prendre son envol dans un monde qui semble se briser comme du verre autour d'elle. Puisses-tu avoir cette force."

Et je participe, avec ces 720 pages, encore une fois, au beau Challenge du Pavé de l'été de surmesbrizees !

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26 juillet 2021 1 26 /07 /juillet /2021 13:16

Cinq Semaines en ballon, Jules Verne | Livre de Poche

Après la belle surprise du Château des Carpathes, je continue ma découverte vernienne.

Un dénommé Samuel Fergusson, docteur et grand explorateur, a bénéficié d’une très importante « indemnité d’encouragement » pour un projet que même son meilleur ami, Dick Kennedy, considère comme insensé. Il s’agit de traverser l’Afrique d’ouest en est en ballon. C’est accompagné de Joe, le fidèle serviteur et cuisinier, Dick le chasseur (il part contre son gré mais ne se plaint pas longtemps) que le décollage est lancé depuis Zanzibar. Entre conditions météorologiques compliquées, chasse à l’antilope, pénuries d’eau, assaut de singes, disparition de Joe, mirages et accueil des indigènes très variable (tantôt on leur tire dessus, tantôt on les prend pour des fils de la Lune !), le voyage n’est pas de tout repos. Evidemment, les trois aventuriers arriveront vivants et triomphants au Sénégal cinq semaines plus tard.

J’ai malheureusement trouvé ici ce que je redoutais de l’univers de Verne : des explications scientifiques qui me passent par-dessus la tête et un certain ennui. Rajoutons à cela des considérations racistes : les Nègres sont des sauvages, cannibales ou complètement stupides (oui, c’est l’époque qui veut ça mais j’ai quand même du mal à lire ça !... voir la terrible citation plus bas) J’ai éprouvé des difficultés à lire certains passages mais d’autres, grâce à quelques péripéties savoureuses, m’ont à nouveau remotivée.

« Les obstacles, répondit sérieusement Fergusson, sont inventés pour être vaincus ; quant aux dangers, qui peut se flatter de les fuir ? Tout est danger dans la vie ; il peut être très dangereux de s’asseoir devant sa table ou de mettre son chapeau sur sa tête ; il faut d’ailleurs considérer ce qui doit arriver comme arrivé déjà, et ne voir que le présent dans l’avenir, car l’avenir n’est qu’un présent un peu plus éloigné. »
 

«   -      Nous t’avions cru assiégé par des indigènes.

     -      Ce n’étaient que des singes, heureusement ! répondit le docteur.

     -      De loin, la différence n’est pas grande, mon cher Samuel. »
 

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23 juillet 2021 5 23 /07 /juillet /2021 14:21

Le coin lecture de Nath: Peau d'Homme - Hubert & Zanzim ♥♥♥♥♥

         Bianca va se marier. Jolie jeune fille de bonne famille, elle s’étonne qu’on lui impose un certain Giovanni sans qu’elle soit amenée à le connaître davantage. Ses amies l’envient, il y a pire, il est bel homme. Quand Bianca se confie à sa tante, cette dernière lui révèle un secret de famille : « nous avons en notre possession une peau d’homme. » A la manière d’un costume qu’on enfile, Bianca va revêtir cette peau masculine pour mieux connaître Giovanni. Elle découvre alors qu’il préfère les hommes et qu’il est très attiré par cette version mâle de Bianca : Lorenzo. Alors que Giovanni et Bianca sont désormais mari et femme, Giovanni poursuit son histoire d’amour avec Lorenzo qui se rebelle contre son frère, un religieux fourbe, puritain et misogyne qui voit le Diable en toutes les formes généreuses des femmes. Lorsque Bianca tombe enceinte, le costume de l’homme ne lui siéra plus…

         Quelle étrange et édifiante histoire ! Cet album non seulement ouvre les portes de l’imagination que permet cette métamorphose en homme (j’aimerais tester !) mais constitue aussi une bonne leçon aux gens bien-pensants à l’esprit trop étriqué. Evidemment, l’histoire se passe à la Renaissance et on pourrait croire que les mœurs ont évolué mais les auteurs vont plus loin qu’une simple rébellion d’une femme qui en a assez d’être soumise. Ils proposent une réflexion sur la vie conjugale et la sexualité, sur le besoin de s’émanciper qu’on soit homme ou femme et sur, tout simplement, une plus grande tolérance. Une très belle lecture, originale, vivifiante et sensuelle.

– à lire !

« J’ai un corps et je n’en ai pas honte. En soi, il n’est ni bon, ni mauvais. Ce n’est pas lui le problème : c’est ton regard qui est sale. »

Peau d'homme - KuB

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19 juillet 2021 1 19 /07 /juillet /2021 14:14

L'Homme aux murmures: Amazon.fr: North, Alex: Livres

Tom, un écrivain veuf depuis peu, vient d’emménager dans une maison avec son fils Jake. Le garçon a un comportement étrange, il a une amie imaginaire et entend parfois des voix ou plutôt des « murmures ». En parallèle, un garçon de six ans disparaît. Le mode opératoire ressemble fortement à celui d’un tueur d’enfants, Carter, qui croupit en prison depuis des années. Pete, le policier en charge de l’enquête redoute ce serial killer plus que tout. Le criminel ne parle que par énigmes mais semble savoir ce qui s’est passé à l’extérieur de sa geôle. Le lecteur sait qu’un danger plane sur la tête de Jake…

J’ai reçu ce roman grâce à la Kube à qui j’avais demandé un polar intelligent dans la lignée de ceux d’Henning Mankell. Le roman d’Alex North n’est pas comparable aux qualités de mon cher et regretté romancier suédois préféré mais force est d’admettre que j’ai été happée par cette histoire sordide et effrayante assez rapidement. Il démarre doucement puis gagne en vigueur et dévoile des surprises au fil des pages. Il est toujours inquiétant de se dire qu’on ne connaît pas les gens qui nous entourent et c’est le cas d’un papa avec son fils. J’ai passé un bon moment sans faire pour autant de ce polar un indispensable.

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