Sachant que Dans la forêt est une sorte de coup de cœur absolu, il m’était difficile de lire un autre roman de cette autrice, je me suis donc préparée à être déçue.
D’un côté, Cerise. Elle n’a pas eu vraiment de bol dans la vie, et, après une relation foireuse avec un type qui la laisse tomber, elle se retrouve enceinte. Elle décide d’assumer cette maternité, trouve beaucoup de bonheur dans sa vie très pauvre mais heureuse avec sa fille Mélody. Toutes deux prennent du plaisir à petit-déjeuner ensemble le samedi et à passer des heures à faire du coloriage. Mais la petite fille deviendra grande, Cerise tombera sur un autre père irresponsable et c’est bientôt pour trois qu’elle va devoir joindre les deux bouts.
D’un autre côté, Anna. Photographe de talent, elle tombe enceinte quand elle est encore étudiante. Il est absolument hors de question qu’elle garde l’enfant. Elle avorte. Six ans plus tard, artiste reconnue et mariée à l’amour de sa vie, elle accouche de Lucy, une petite fille merveilleuse qui la comble jusqu’à l’arrivée d’un deuxième enfant pour qui la venue au monde sera bien moins idyllique. On s’en doute dès le début, les deux femmes vont finir par se rencontrer.
Ai-je été déçue ? Oui, tout de même. Thématique et même écriture n’ont rien à voir avec Dans la forêt, surtout, la même force ne jaillit pas aussi intensément. Ai-je aimé ce roman ? Je l’ai vite lu malgré ses 556 pages, je me suis identifiée à ces deux mères, j’ai avalé goulûment les pages mais je suis loin du coup de cœur. Très étrangement, ce sujet de la maternité m’a un peu agacée, peut-être parce que la romancière a voulu en montrer les différentes facettes de manière un peu trop clinique : quand on ne veut pas d’enfants, quand on en désire un très fort, quand on le vénère, quand on le rejette, quand on se rend compte qu’il a changé depuis ses quatre ans… Alors oui, en tant que maman, on va forcément se retrouver dans les différentes phases de cette relation mère-enfant. La violence de l’amour éprouvé pour ses enfants, toutes ses ambiguïtés et ses complexités sont bien décrites. On pourra se sentir rassurée peut-être de lire noir sur blanc ce qu’on vit au quotidien mais je crois que je n’ai pas appris grand-chose, ce livre ne m’a pas fait frissonner, m’a à peine émue. Certains passages sont excessifs, d’autres caricaturaux. Mais le tout se lit bien et vite, et force est d’admettre que cette lecture est assez addictive. Pour une lecture de vacances, ça passe bien, si vous avez envie d’approfondir ce sujet de la maternité (les hommes sont quasi absents), faites votre choix.
Je remercie la Supermaman qui m’a prêté ce livre et l'a plus aimé que moi.
L’accouchement : « Mais elle se redressa et poussa - pas parce qu'elle croyait que pousser ferait une différence, mais simplement elle ne voyait pas quoi faire d'autre, simplement il était impossible de ne pas le faire, pousser était l'unique certitude de la vie. Siècle après siècle, elle poussa. Poussa de toutes les cellules et de toutes les fibres de son corps, poussa comme si elle poussait la montagne vers Mahomet, comme si elle était Sisyphe poussant le rocher vers le haut de la colline. »
« On est toutes tellement seules, dans notre rôle de mère. On peut parler école, échanger les petites choses craquantes qu'ils disent. On peut se plaindre qu’ils nous en font voir. Mais on ne peut pas parler de l'amour terrifiant qu'on leur porte, ni avouer qu'on s'effraie nous-mêmes, en essayant de s'occuper d'eux sans perdre la boule. On ne peut pas parler de tout ce qu'ils nous apprennent, de tout ce qu'ils nous coûtent, de tout ce qu'on leur doit. »
Deuxième pavé de l’été pour le challenge de Brize !













