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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 08:47

 

            J’avais découvert cette bande dessinée il y a quelques mois sur un blog (que son auteur m’excuse, je ne sais plus duquel il s’agit !) et j’avais craqué sur la couverture qui m’avait impressionnée. Maintenant que j’ai l’ouvrage entre les mains, j’aime toujours autant ce décor majestueusement doré et son petit bonhomme au centre, pourtant pas si petit que ça. Les planches de la BD n’ont presque rien à voir avec cette première de couverture.

            C’est bien de politique qu’il s’agit. Arthur Vlaminck, est engagé, à sa grande surprise, par le ministre des affaires étrangères (qui a de fâcheuses ressemblances avec un certain D. de Villepin) qui le charge d’une mission : « le langage ». En fait, il devra écrire les discours de ce même ministre. Des problèmes surgissent telles des montagnes infranchissables : le ministre est un hyperactif nombriliste et perfectionniste qui n’est jamais satisfait que par ses propres trouvailles ; l’univers gouvernemental n’est qu’entourloupes, supercheries, langue de bois (comment, vous ne le saviez pas déjà ?) et notre pauvre Arthur bosse plus de 24h par jour (quoi ?)

            L’ensemble est jubilatoire quoiqu’un peu longuet (pour ma part, les 96 pages auraient très bien pu se réduire à une soixantaine). Les dialogues ne nous prouvent qu’une chose : voilà bien un milieu où l’on fait du vent avec rien, où l’on parle dans le vide en accumulant inutilités et vanités. J’ai d’ailleurs adoré ce ministre qui fait des moulinets avec ses bras, qui tente de faire mille choses à la fois pour un résultat plus que médiocre. Mais l’œuvre de Lanzac va plus loin (il a été ancien conseiller de Villepin !) et nous démontre aussi que cette fonction de haut rang ne peut qu’être mission impossible dès le départ : il faut contenter un maximum et contrarier un minimum, il faut ménager son monde et ne froisser personne…Univers qui me débecte dans l’absolu mais qui m’a bien fait rire dans cet album. Le ministre utilise des mots-clés à la manière de Delarue : "légitimité, lucidité, efficacité" dont la variante est "responsabilité, unité, efficacité".

            Un petit extrait où l’imposant ministre explique à sa secrétaire l’importance du stabilo : « …je vais vous donner un conseil : ne faites jamais confiance à ces intellectuels avec leur plume baveuse. Ils écrivent n’importe quoi. Ils n’ont même aucune idée de ce que c’est que l’écriture. Ce qui compte, c’est d’y voir clair. Stabilo Tchac ! Stabilo Tchac ! Regardez par exemple ce livre. Vous voyez tout de suite qu’il est nul. Y a rien qu’est stabilossé. Alors que ça, là, j’ai tout stabilossé. Ca, c’est un bon livre. Ca, c’est du lourd ! du lourd ! Ce qui compte, c’est la matière dure. C’est ce qui est jaune. Moi, j’ai un radar pour ça. Et vous savez quoi, même ? Un livre, pour savoir s’il est bien, j’ai à peine besoin de le lire. Je le stabilosse intuitivement. » cette dernière phrase a de quoi devenir culte, non ?

           Quant au  graphisme, je dois dire quà part la couverture, je n'ai pas trop apprécié. C'est drôle parce que le style de dessin semble correspondre au personnage du ministre : vif, rapide, quelque peu brouillon ; les visages ne sont pas nets, beaucoup de cases se ressemblent... 

 

 

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 19:36

 

            Amoureuse des mots, je suis toujours ravie de recevoir ce genre d’ouvrages, d’autant plus que c’était encore un cadeau de Noël…

            L’auteur nous livre ses réflexions et ses petites recherches, sans ordre apparent, « par sauts et par gambades », un peu à la manière de Montaigne (quel beau compliment, n’est-ce pas ?) selon ses envies, semble-t-il, qu’il regroupe dans de petites parties d’une page ou deux dont le titre commence souvent par « Les mots… » (« les mots qu’il faut, les mots wallons, les mots pataquès, mes mots en vert, les mots au néon », …)

            La deuxième partie du titre convient bien mieux au recueil. J’ai souvent souri, j’ai même éclaté de rire parfois mais ce sont bien des « cocasseries », des étrangetés, des bizarreries de notre chère langue que Chiflet nous propose telles des mignardises sucrées, salées, pimentées, douces, parfois fades, souvent insolites, de temps en temps déjà goûtées… Vous apprendrez ainsi à connaître l’odontophilie (l’excitation sexuelle mettant en jeu les dents), la taphéphilie (l’excitation à l’idée d’être enterré vivant … ?!?), la cryophilie (l’excitation sexuelle due au froid), une version journalistique de la Cigale et la Fourmi, les plats d’un restaurant où le langage est exagérément ampoulé (on mangera donc des « miettes de filet mignon et leur fouillis de pommes de terre » à la place du hachis Parmentier ou encore des « turbans de semoule de froment al dente et à la Leonardo da Vinci », autrement dit des nouilles) ou encore une flopée de néologismes (caféructation = « borborygme qu’émet une cafetière électrique pour vous avertir que le café est prêt » ; fiascotte = « biscotte qu’on n’a pas réussi à tartiner sans la briser », etc.) ; les perles des libraires (La Cousine Bête ou Les Rougons macabres !)

            Ce qui m’a plu également, c’est l’humilité de l’auteur qui affirme plus d’une fois qu’il ne sait pas d’où vient telle ou telle anomalie langagière ou orthographique (tout pareil !). Une petite partie texte/jeux clôt le livre.

            Pour finir, ma préférence va aux ambiguïtés de la langue française, les doubles sens, les sous-entendus :

-         Le détective passe la maison du coiffeur au peigne fin.

-         Le sourd ne l’entendit pas de cette oreille.

-         L’acrobate fait le pont

-         Cet homme aime sa fille plus que sa femme (ne l’aime ?)

-         Alphonse n’a pas confiance en lui (en Pierre, Paul, Jacques, ou en lui-même ?)

-         Je n’ai pas découpé mon amant en petits morceaux comme on l’a dit. Sous-entendu : j’ai fait des gros morceaux, pas des petits.

-         Le Premier ministre s’est suicidé bizarrement. Sous-entendu : quinze coups de couteau dans le dos, drôle de suicide !

            Allez, quelques « mots mots » pour la route : « blabla, dare-dare, flonflon, gogo, mémé, nana, papa, pipi, toc-toc, grigri, pousse-pousse, zozo »…

De quoi aimer plus encore la langue française !

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 09:41

 

 

 

            Attirée par la couverture et le titre, je m’attendais à une bédé rigolote. Que nenni !

            Georges, la cinquantaine, raccompagne un vieillard chez lui un soir. Le vieux bonhomme a trop bu et a du mal à tenir sur ses jambes. En buvant un café, il tient un discours bien étrange à Georges : il serait le Père Noël, le vrai ! Georges le prend pour un fou mais quand il entend son parcours, il commence à le croire : Résistant pendant sa jeunesse, il a été arrêté puis torturé et a fini par trahir les siens. Il les a vus se faire fusiller devant ses yeux. Cette faute l’a poursuivi toute sa vie jusqu’à ce qu’on lui propose de devenir Père Noël pour racheter ses erreurs passées. A un âge bien avancé, le vieillard se cherche désormais un successeur. Georges est bien intéressé car lui aussi a une terrible faute à oublier : quelques années auparavant, il a abusé d’une secrétaire bien jolie… qui a fini par se suicider.

            Georges se prend au jeu, démissionne, s’apprête déjà à faire le bien autour de lui quand… il surprend des infirmiers arrêter le vieillard pour l’emmener à l’asile.

Une réflexion sur le bien et le mal, sur le rachat des fautes commises dans une vie, rondement bien menée, originale et un peu déroutante… et un vieillard sénile et cinglé bien plus sage qu’il n’y paraît :

« Nous avons tous notre faute, n’est-ce pas Georges ? Mais il y a l’espoir qu’un jour… si vous saviez, si vous saviez vraiment ! Ils m’ont sauvé ! De partout on a besoin du Père Noël. C’est une lumière dans la nuit, une main tendue en direction du monde. De partout on crée le même décor pour accueillir le vieil homme en rouge… »

Ou le Père Noël, substitut de la religion…

            Les dessins transmettent l’émotion du texte avec justesse et réalisme. Les regards sont particulièrement saisissants, on a l’impression de voir des visages de saints dans une peinture religieuse. Le message est sous-jacent et cet album donne à réfléchir. Encore une jolie découverte !

 

 

 

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 08:53

 

           

            Une fois n’est pas coutume, c’est sur l’insistance d’une élève de 6ème qui a tenu à me prêter ce roman, que je me suis décidée à franchir le cap. Le livre est connu, le film encore plus, deux raisons pour me refroidir…

Ce voyage à travers la mythologie grecque m’a pourtant agréablement surprise et captée.

            Percy, collégien de 12 ans, n’est pas gâté par la vie, il n’a jamais vu son père, il est dyslexique et hyperactif… mais il ne sait pas encore, au début de son épopée, que ce sont les symptômes des demi-dieux –voilà qui va en réjouir plus d’un ! Il est un Sang-Mêlé, l’enfant d’une mortelle et d’un dieu. Il met du temps à découvrir et à accepter cela. Il quitte donc son train-train newyorkais pour rejoindre la Colonie des Sang-Mêlé. Eh non, il n’est pas le seul demi-dieu, il y a là des enfants d’Aphrodite, des enfants d’Hermès ou encore d’Arès. Bien évidemment, ils ont récupéré quelques tares et qualités de leur parent divin. Percy semble particulièrement puissant et courageux, il va très vite être au cœur d’un prodigieux complot qui oppose les trois frères : Zeus, Poséidon et Hadès. Accompagné du satyre Grover et d’une fille d’Athéna, Annabeth, il défiera ou s’alliera avec Parques, Minotaure, Satyres, naïades, nymphes, furies … il finira même par descendre dans le royaume des morts (ce passage-là vaut le détour !).

            Mis à part quelques clichés (le méchant beau-père joueur de poker-buveur de poker-qui pue) et de petites invraisemblances (Percy est parfois une grosse nouille qui dit qu’il doit être méfiant mais qui ne se méfie pas du tout), j’ai adoré rencontrer ces dieux et ces personnages mythologiques dont on parle tant. Ils se matérialisent, ils deviennent concrets ! Il y a Arès, le méchant motard vêtu de cuir, Dionysos alias Monsieur D. ivrogne bougon condamné au régime coca, le grand Zeus dont une partie du portrait vous est dévoilée en fin de billet…

            Les 400 pages défilent à une vitesse vertigineuse car tout n’est qu’action, rebondissements, surprises, rencontres. Pour peu qu’on ait envie de réviser sa mythologie, ce livre est parfait. Je ne sais pas si je lirai la suite (la série compte cinq tomes) mais j’avoue que le résumé du deuxième opus est alléchant (Circé, Charybde, …).

            Des bémols ? Oui. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un livre pour ado et l’héritage d’Harry Potter n’est pas loin ; dans les deux cas, il s’agit d’un garçon un peu naïf mais courageux qui se découvre petit à petit des pouvoirs magiques… Les liens entre les différentes étapes et donc les différents êtres ou monstres merveilleux rencontrés sont parfois un peu artificiels mais ces petits points négatifs s’oublient vite.

 

Une petite visite dans l’Olympe : « Les dieux étaient sous forme humaine géante, comme Hadès quand je l’avais rencontré, mais je ne pouvais pas les regarder sans ressentir un picotement, comme si mon corps allait prendre feu. Zeus, le seigneur des Dieux, portait un costume bleu foncé à fines rayures. Il était assis sur un trône de platine massif aux lignes sobres. Il avait une barbe taillée avec soin, marbrée de gris et de noir comme un nuage d’orage. Son visage était fier, beau et grave, et ses yeux couleur de pluie. »

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 11:00

 

           C’est la créative et colorée Za qui a eu l’idée de ce tag… je trouve qu’il tombe aussi bien qu’une journée ensoleillée au printemps…

Après "15 auteurs", je vous lance un nouveau défi : « 15 dessinateurs / illustrateurs».

Qu'ils soient illustrateurs, dessinateurs de BD,

vivants ou trépassés,

mettez à l'honneur ceux qui enchantent vos mirettes,

ceux qui vous font rêver,

ceux qui vous font rire,

ceux qui vous plantent un monde en quelques traits,

ceux sans qui vos bibliothèques seraient bancales,

ceux sans qui vos lectures manqueraient de sel !

Et soyez forcément frustré(e)s d'en oublier,

de n'en citer que quinze (vous pouvez en citer plus, on s'en fiche, en fait!).

 

 

Commençons par ceux qui se consacrent plutôt à nos chères têtes blondes…

1.       Philippe-Henri Turin, THE album coup de cœur reste chez nous, Charles à l’école des dragons

 2.      Rébecca Dautremer, je connaissais ses illustrations bien avant son nom… qui n’aime pas !

3.      Benjamin Lacombe, découvert il y a peu, en famille… superbe quoique parfois un peu sombre, enfin, j’en ai encore à découvrir !

4.      Eric Puybaret, tout frais, tout nouveau pour moi, j’adore son univers complètement féérique. Les enfants adhèrent aussi !

            Il n’y en a pas tant que ça, n’est-ce pas ? Continuons avec les albums pour les grands… Je rappelle qu’à la création de ce blog, BD signifiait pour moi gamins accroupis dans un supermarché en train de lire à l’œil. Petit défi personnel : entrer dans cet univers méconnu… que de bonheurs en perspective !

5.      Etienne Davodeau, une des premières lectures BD à une époque où je mésestimais ce genre, toujours sobre et juste. Il m’a fait changer d’avis dare-dare.

6.      Ruben Pellejero vaut bien quelques milliers de coups d’œil avec L’écorché.

7.      Jean-Yves Delitte : je suis restée en admiration devant Belem, ses aquarelles sont juste exquises !

8.     Joann Sfar, mon chouchou, j’aime tout ce qu’il fait… Rien qu'à voir Le Petit Prince pour être subjugué!

9.      Chabouté, un vrai coup de cœur avec la BD Construire un feu

 10.  Yslaire : c’est rouge, c’est sombre, c’est passionnel avec Sambre.

11.   Grégory Mardon, un chouchou pas tant par les dessins que par le scénar, mais comme il fait tout… spéciale dédicace à Leçon de choses.

12.  Catherine Meurisse et son coup de génie avec Mes hommes de lettres que j’aime d’amour !

13.  Jérémie Almanza et son genre tout particulier, fantasque, gothique et merveilleux, découvert avec Eco.

14.  Nicolas Nemiri et ses dessins tout en finesse en passant par la série Je suis morte dont j’attends patiemment, non : impatiemment, la suite !

15.   Richard Guérineau et la superbe découverte de l’album pour grands, Après la nuit.

           

            Je me suis limitée à 15, élève disciplinée que je suis, mais je sais déjà que j’en oublie !

            Et pour finir, une illustratrice hors course, celle qui me renvoie en une demi-seconde dans le monde de mon enfance : Sarak Kay (mais où est mon petit miroir illustré par elle ? au même endroit qu’il y a 25 ans ? peut-être !)

  sarah-kay-10-1-.jpg

Je renvoie la balle à Fabulabovarya, Keisha, Margotte, Yaneck, L’Irrégulière, Noukette, Edelwe, Karine:), Val et Lystig.

Et merci à Za pour sa confiance ;-)

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 23:00

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            Quel soulagement ! Quel soulagement d’avoir enfin atteint la fin de la plage 32, la dernière, de ce livre audio ! Bon sang, c’est à me dégoûter des livres audio !

            Cela avait pourtant bien commencé : une belle voix d’homme mûr (Didier Weil), posée et rocailleuse à souhait, des intermèdes musicaux saisissants… mais j’ai vite lâché prise.

            Tentons de résumer : Issa, un Tchétchène musulman rachitique et maladif est arrivé clandestinement à Hambourg. Le mystère qui plane autour de cet individu restera entier pour moi jusqu’au bout : s’agit-il d’un terroriste ? d’un pauvre innocent traqué à tord ? Toujours est-il qu’il est fils d’un criminel, Monsieur Karpov, qui avait confié quelques millions à une banque anglaise dirigée par Tommy Brue. Issa veut récupérer cette fortune pour le distribuer à des œuvres caritatives, seulement les polices et services secrets du monde entier sont à ses trousses (pourquoi exactement ? juste parce qu’il est le fils de ? … me voilà bien incapable de vous le dire !). Annabel Richter joue un rôle important dans ce complot puisqu’elle est l’avocate d’Issa. Et puis, Annabel est attirée par Issa et Tommy tombe amoureux d’Annabel.

            Pfffff. Non seulement je n’ai pas tout compris – et là : gros inconvénient du livre audio, difficile de revenir en arrière- je me suis même demandée s’il ne manquait pas une plage au CD… donc, en plus de nager dans un épais brouillard pas du tout de saison, je me suis royalement ennuyée. Les méandres et les subtilités des espions me sont passés au-dessus de la tête, je n’ai été surprise à aucun moment, j’ai trouvé le rythme soporifique et beaucoup trop lent.


            Je creuse pour trouver du positif : la langue de l’auteur est riche et pointilleuse, le portait des personnages est bien brossé mais quand je lis les critiques des journaux et magazines, je me demande si on parle bien du même livre « déchirant… brillant… » Je ne dois pas avoir la culture socio-politique appropriée pour saisir le talent de l’écrivain. J’ai eu l’impression d’avoir les doigts pleins d’une épaisse mélasse gluante dont je ne parvenais pas à me dépêtrer. Enfin… j’y suis parvenue.

            Sûr que je n’attaquerai pas de sitôt un roman du sieur Le Carré mais vos remarques sont les bienvenues, dites-moi si j’ai été trop rêveuse dans ma voiture et pas assez attentive… (c’est le printemps après tout !)

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 20:11

            Comme vous avez dû le constater, le blog était en travaux depuis quelques semaines. Ce n’est pas moi l’artiste mais Nicolas que je remercie ici officiellement. Je n’avais qu’à ordonner, il a exécuté,…  elle n’est pas belle la vie ?

Si vous désirez un blog aussi joli que le mien, vous pouvez le contacter sur son blog que voilà : l’idys’blog

 

J'en profite pour vous présenter un peintre urbain, Kim Cogan, dont j'aime beaucoup le style photographique.

 

 

 

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 12:45

 

            Je n’ai jamais rien lu de Sacha Guitry mais je connais, comme tout le monde sans doute, ses bons mots et ses allusions misogynes. Cette pièce en quatre actes a connu un grand succès et a été représentée pour la première fois au Théâtre des Bouffes-Parisiens en octobre 1916.

            Le premier acte nous présente un mari et sa femme en train d’attendre dans le salon d’un Monsieur qui les avait conviés à venir à quatre heures moins un quart. Le mari s’impatiente car il a un rendez-vous de la plus grande importance à quatre heures avec un Américain du Sud qu’il doit revoir le soir même. On comprend rapidement que c’est d’une femme qu’il s’agit. Son épouse n’est pas dupe, elle propose d’ailleurs subtilement à son mari de l’accompagner à sa soirée. Il est quatre heures passées, le mari quitte l’appartement.

Surgit alors celui qui s’appellera « Lui », beau garçon, « heureux de vivre, content des autres, enchanté de soi ». Il avoue que ce rendez-vous n’était qu’un prétexte pour la voir, « Elle ». Il savait que son mari devait partir à quatre heures. Elle répond à son amour en acceptant de revenir ans son appartement le soir même.

            L’acte II n’est qu’un long monologue de Lui. Il a fixé rendez-vous à sa maîtresse qui ne l’est pas encore mais il doute, hésite, craint qu’elle ne vienne pas, imagine l’itinéraire qu’elle prend pour le rejoindre. Ce passage est d’un savoureux ! Une vraie prouesse d’acteur qui passe par tous les sentiments, qui imite, qui singe, qui mime, qui se prend pour un autre, qui feint d’être plusieurs. Un plaisir !

            L’acte III réveille les amants tendrement enlacés dans le lit. Hélas, la nuit est passée, tous deux se sont endormis et il est déjà huit heures du matin ! Pour la femme, c’est abominable, pour l’amant, c’est charmant : « Vous ne vous rendez pas compte que nous sommes en train de vivre des minutes incomparables… inoubliables ». A court de mensonges, il lui propose le mariage. Lorsqu’elle est presque convaincue, on frappe à la porte et c’est le mari qui appelle à l’aide. Lui aussi s’est laissé aller à oublier l’heure cette nuit, il a découché tout comme sa femme ! L’amant rusé l’envoie chez une vieille tante ; son excuse sera qu’il sera allé la voir pour la soigner. Il lui ordonne de ne revenir que deux jours plus tard.

            Les deux jours ont passé. La femme est seule à l’acte IV. Elle rédige une longue lettre pour son amant momentanément sorti. Elle ne peut rester avec lui et veut retrouver son mari. Le rideau se ferme sur les retrouvailles entre les deux amants qui se font une joie de profiter des quelques heures qu’il leur reste.

 

 

            Personne n’est épargné dans ce vaudeville. Point de victime, point de coupable dans ce trio amoureux délirant et fantasque. Mensonges et faux-semblants sont la clé de cette pièce drôle et légère. Le personnage féminin de la pièce s’appelle « la femme » quand elle est avec son mari (elle est l’épouse en fait), et simplement « Elle » quand elle est avec son amant…

 

Quelques pépites :

 

         « Etre marié !... ça, ça doit être terrible. Je me suis toujours demandé ce qu’on pouvait bien faire avec une femme en dehors de l’amour ».

         « Pourvu qu’elle ne soit pas malade !... Elles ont toujours quelque chose, c’est vrai. On dirait qu’elles ont deux fois plus d’organes que nous ! … Pourvu, surtout, mon Dieu, qu’elle n’ait pas réfléchi. Car elles ne font que des bêtises quand elles réfléchissent ».

         « Elle – Pourquoi nous serions-nous disputés ?

               Lui – Vous êtes mariés ! »

         « un assassin, c’est un cambrioleur qu’on dérange »

 

            Sacha Guitry écrivait et jouait ses pièces, nous lui devons pas moins de 150 pièces et il a abordé tous les genres… il passait pour misogyne mais il s’est tout de même marié cinq fois !

                                       

 

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 10:11

 

            Certaines sont à la recherche du  point G ? Mesdames, mesdemoiselles, Martin Veyron est là pour vous aider à le trouver…

            Cet album est la suite de L’Amour propre (publié en 1983) que je n’ai malheureusement pas lu. Il racontait le parcours d’un jeune homme à la recherche du fameux point nirvanique. Blessure d’amour propre (2009) démarre avec ce rappel par l’intermédiaire d’un dialogue entre un homme d’âge mûr qui n’est autre que l’auteur et un employé de la fourrière.

« Veyron… Martin… Mh… Martin Veyron ! C’est vous ?

-          Oui… c’est mon permis !

-          Comme le dessinateur ?

-          C’est moi.

-          Je croyais que vous étiez mort.

-          Ah ? Ben non.

-          Vous n’avez rien foutu depuis L’Amour propre ?

-          Hhhhhshh

-          Ce truc vous a rapporté tellement de pognon que vous vous tournez les pouces depuis vingt ans !

-          Vingt-quatre. »

 

 

                Le ton est donné, celui de l’autodérision ! De ce point de vue-là, la BD est savoureuse, l’auteur se dessine comme un être un peu mou, négligé, fatigué et souffrant de la prostate. Il subit d’ailleurs une opération qui le rend impuissant mais il s’en fiche. Débarque alors une jeune et jolie journaliste qui veut en savoir plus sur le point G. Elle demande alors à Martin Veyron, pour son enquête, d’aller lui chercher le point G. C’est le début d’une folle aventure pour notre gaillard puisque ce farfouillage entre les jambes des femmes deviendra son gagne-pain. Les femmes défilent, on crée même un « institut », et les « ahhh » de jouissance déchirent régulièrement les oreilles de notre « spécialiste ». La BD se clôt sur l’arrestation de martin Veyron pour « exercice illégal de la médecine »

            Ca ne vole pas très haut, je rajouterais même que c’est de l’humour sous la ceinture, m’enfin, on rit bien et certaines situations sont délirantes de loufoquerie et de cocasserie : Martin Veyron se plaint de son boulot à sa femme qui le réconforte en lui disant que ce sera bientôt fini. La journaliste désespère de ne pas arriver à jouir dans les doigts magiques du spécialiste : « J’en ai marre. Pourquoi vous les faites toutes jouir sauf moi ? Vous pouvez en faire reluire d’autres, je m’en fous, pourvu que moi aussi ».

            Je n'ai pas été friande du graphisme, par contre, la métaphore filée du jardinage associée au plaisir de la femme qui apparaît dans certaines bulles m'a bien plu.

            L’album a tout de même été couronné par le prix de la BD Point 2009.

 

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 23:00

 

 

            Une fois n’est pas coutume, c’est suite à la lecture d’un article dans Lire que j’ai acheté ce livre. J’ai su que j’aimerais le style de l’auteur rien qu’à voir sa tête (un physique de rugbyman) et qu’à lire sa biographie. Oui ! Mon petit doigt et mon flair de berger allemand ne m’ont pas trompée !

Il s’agit d’un ensemble de dix nouvelles qui se passent en Alaska ou dans le Nord de l’Amérique.

« Heures supplémentaires » est la première nouvelle : Drew travaille dans une usine (qui sent bon l’oxyde de carbone… euh, non, ce n’est pas tout à fait ça, quoique !) où il a trente personnes sous ses ordres. C’est à lui qu’incombe la tâche de choisir qui fera des heures supp. dans la boîte. Or, personne n’en veut et Drew déteste insister. Il va cependant voir Frank Cooper, celui qui a du mal à dire non. Malgré sa fille et son match de volley-ball auquel Frank avait promis d’assister sans faute, le gars accepte. Cependant, le lendemain, on apprend que la fille de Frank, celle de la rencontre de volley, s’est pendue près du lac. La faute retombe sur Drew « Vous l’avez obligé à faire des heures supplémentaires. Il n’aurait pas dû se trouver ici et rien de tout ça ne serait arrivé. » Drew culpabilise et sombre… dans l’alcool, dans la dépression, dans la solitude, dans la boulimie. Il est exclu et il s’exclut des autres. Trois mois plus tard, un article dans le journal paraît : on a retrouvé le meurtrier de la fille de Frank Cooper. Mais Drew n’est pas pour autant réhabilité ; sa vie est définitivement gâchée.

            L’écriture n’est que le reflet de son auteur et de sa vie : authentique, brute, costaude, vraie. J’ai adoré. Les thèmes m’ont à la fois enchantée et dépaysée : la fraternité, la sexualité, l’humiliation, la fatalité ; et je ne sais pas, je m’y sentais bien comme quand on pique le pull trop grand de son mec. C’est un univers d’homme, l’écriture elle-même est virile, sans fioritures et le langage souvent familier mais elle est honnête et franche, comme celle des grands ! D’ailleurs, il y a une bonne louche d’Hemingway, de Steinbeck et de Kerouac là-dedans et même une petite lichette d’Irving.

            C’est au présent qu’Elwood Reid écrit le plus souvent, à la première personne aussi. Les protagonistes sont des loosers. Pas de place non plus pour les guillemets, les digressions ou les sauts dans le temps ; c’est du direct. Bisons, bière, pick-up, petits boulots, bar, softball … dans une discrète alternance de moments loufoques et d’autres plus dramatiques, voire tragiques. Certaines pages m’ont prise aux tripes ; ces types paumés dont parle l’écrivain, ces types perdus au milieu de nulle part sont très proches d’une forme de vérité.

 

J’ai déjà commandé le dernier roman d’Elwood Reid…

 

Un p’tit bout pour vous donner envie : le narrateur chercher du boulot et rencontre un nouveau riche.

« Je lui ai demandé s’il était propriétaire de l’endroit. De tout ce qu’il y a là, a-t-il dit, en levant les bras pour montrer combien c’était vaste. Et je m’appelle Jaspers. Il a fait suivre ça d’une poignée de mains façon friqué, genre ne voulant pas se salir les mains mais mourant quand même de l’envie de montrer quelle poignée quelle bonne poigne il avait. Je lui ai dit que je m’appelais Jim et que j’avais entendu dire qu’il cherchait un menuisier.

           Il a plissé les yeux sur moi de sous son chapeau. Il avait des dents petites et étroites et sa peau faisait l’effet d’avoir été bronzée et Martinisée. Il m’a offert un sourire et a remonté son pantalon d’un cran quand il m’a surpris en train de dévorer sa Rolex des yeux. » (extrait de "Laura Borealis")

 

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