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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 08:05

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…ou comment perdre son temps ! J’ai encore une fois choisi un livre au hasard, dans ma bibliothèque municipale au rayon des nouveautés. Erreur.

Le titre, la couverture, le thème m’avaient attirée. Un livre qui parle de lecture mêlant suspense et mystère. Pourquoi pas ?

Luca Campelli, un vieil Italien, est libraire. Un soir d’octobre, il se rend seul dans sa boutique, la Libri di Luca, parcourt rayons et étalages avant de monter au « Ciel », le premier étage qui ne recèle que des ouvrages rares et précieux. Son regard est happé par la qualité et la finesse des gravures d’un livre en particulier qu’il n’avait jamais vu auparavant et qu’il entreprend de commencer à lire à haute voix. Son corps se fait l’expression de ses pensées : tremblements, sueurs, yeux écarquillés ; la lecture se poursuit comme un fait inévitable. Le corps tombe sur la rampe qui craque sous son poids et Luca meurt enseveli sous une pile de livres.

Jon, avocat de 33 ans, est le fils de Luca. Rejeté par son père, il ne l’a pas revu depuis une vingtaine d’années. Rapidement, Iversen, l’assistant de Luca le met au diapason : un lourd secret a été caché à Jon depuis son enfance. Il existe des Lettore, des gens qui ont un rapport très particulier avec la lecture. Les récepteurs, tout d’abord, entendent la voix des lecteurs, ils peuvent suivre une lecture faite silencieusement à distance et sont même en mesure de nuancer, modérer ou accentuer cette lecture et les effets qu'elle produit. Les émetteurs, eux, sont des lecteurs capables d’influencer leur auditoire et de modifier leur perception du texte. Ainsi, un texte lu par un émetteur à un politicien peut changer son opinion sur un sujet.

Jon adhère très vite à cette théorie et il est vite « activé » c’est-à-dire qu’on a appuyé sur le bouton Marche en quelque sorte, pour faire de lui un émetteur et même le meilleur des émetteurs. Tellement bon que ses lectures produisent des étincelles au sens propre du terme… Mouais.

Ce petit monde se porterait très bien, Jon étant même tombé éperdument amoureux de Katharina, une autre assistante de Luca (et la scène d’amour est digne des plus mauvais Harlequin…), donc tout irait si bien si on ne découvrait pas tout d’un coup l’existence d’une Organisation de l’Ombre. Des méchants Lettore souhaiteraient dominer le monde avec leurs dons. Et ils ont besoin de Jon qu’ils kidnappent et ensorcellent pour mieux s’en servir. Mais Katharina et un ami informaticien, eux deux seuls contre des dizaines de Lettore, réussiront à vaincre le mal. Et tout est bien qui finit bien.

Pouahhh, tout ça en 450 pages !!?! Pourquoi n’ai-je pas abandonné tout de suite ? L’idée m’a semblé originale mais l’écriture et les ressorts de l’intrigue crient haut et fort que ce Monsieur Birkegaard est un débutant en puissance comme l’atteste la petite présentation  de l’auteur en quatrième de couverture. Qu’il aille faire de petits stages en atelier d’écriture ce brave jeune homme.
Je suis cruelle mais le bouquin m’a vraiment agacée. Des incohérences, des invraisemblances, une absence de nuances (le personnage « soupire » quand il découvre son ami mort !?), des personnages creux, de l'artificiel à gogo, bouh bouh bouh.

Pas de citation donc. Un billet, c’est déjà beaucoup…

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 13:23

 

 

 

Est-ce dû à la fatigue ? Je n’ai pas accroché à l’intrigue de ce petit livre ; pire, je n’ai pas compris certains détails. Je présume, sans vantardise, que ce ne sera pas mieux pour de petits 6ème. Le roman a cela de déroutant : les héros ont entre 8 et 10 ans, on a donc un peu de mal à s’y identifier et des collégiens seront peut-être rebutés par les aventures d’un grand « bébé », mais d’un autre côté, certains passages demandent réflexion parce qu’ils sont légèrement orientés philosophie.


Aurélien, 8 ans, adore parler, il en a fait sa spécialité ; il jongle et joue avec les mots, il invente des histoires et possède de véritables dons d’orateur et de conteur. Son meilleur ami, Ladislas, et lui, cachent un grand secret. Leur chambre est une caverne d’Ali-Baba qui accumule les objets et jouets mystérieux dont les parents ignorent la provenance.

Luc, le grand frère de 10 ans (qui est vraiment décrit comme un ado de 15 mais bon…) décide de mener l’enquête et de suivre le cadet après l’école. Il croit être le plus malin mais Aurélien s’est rendu compte de tout depuis longtemps.

Ladislas et Aurélien se rendent dans un magasin de jouets tous les soirs. Boutique tenue par Emmanuel Faber, un vieil aveugle, qui se plaît à fabriquer d’anciens jouets : des poupées de porcelaine, des figurines de cow-boy ou d’indiens, un lapin bleu qui bat du tambour, etc. Au début de leur rencontre, Aurélien a proposé un marché au vieil homme : il sera ses yeux ! Il lui décrit avec force détails ce qu’il veut que l’artisan crée. « Aurélien ne touchait, dans l’atelier, aucun outil, aucun ustensile. Il ne travaillait qu’avec les mots. Des mots qu’il apprenait à rendre chaque jour plus précis, plus présents, plus aventureux. »

Vient le tour d’un bonhomme virtuel baptisé Pixel par les deux compagnons. Faber le crée grâce à son clavier en braille et Pixel va vite évoluer dans un monde sorti tout droit de l’imagination d’Aurélien.

Le roman se termine sur la surprise que la père d’Aurélien a réservé à son fils : il a écrit un roman à son intention...

 

Un passage m’a fait rire. Vous l’aurez compris, Aurélien est une espèce de surdoué des mots. Après s’être passionné du Scrabble, il s’est mis à apprendre par cœur les pages roses du Larousse familial. Des conflits en latin avec son père, latiniste émérite, s’en sont suivis.

«  -Tu seras toujours un petit con !

Aurélien pouvait répondre, dressant un index sentencieux :

- Abyssus abyssum invocat. (L’abîme appelle l’abîme).

A quoi son père, écarlate, répliquait, la main levée, prête à s’abattre :

- Argumentum baculinum ! (L’argument du bâton !)

 Aurélien haussait les épaules :

- Fiat voluntas tua. (Que ta volonté soit faite.)

La gifle administrée, son père déclarait :

- Ex nihilo nihil ! (Rien ne vient de rien !)

 Aurélien se frottait la joue, fataliste :

- Ira furor brevis est. (La colère est une courte folie). »

 

 

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 12:47

 

 

Moi qui pensais découvrir avec un auteur québécois, un petit pan de paysage et de vie québécoises, j’ai eu droit à une douche froide ! C’est une histoire condensée du Rwanda que l’écrivain nous propose. Le style est journalistique, sans détour et sans apprêts.

Réalité historique romancée, cette fiction se veut aussi une chronique du génocide rwandais des années 90. Courtemanche précise dans son préambule que les scènes de violence et de cruauté décrites dans le livre sont bien réelles. Une impression de malaise perdure pendant la lecture du roman et quitte difficilement le lecteur une fois le livre refermé. Non, ce n’est pas une partie de plaisir ni une lecture-divertissement.

C’est à travers le regard, les pensées et les pérégrinations de Bernard Valcourt, un journaliste (sans doute un miroir de Courtemanche lui-même, lui aussi journaliste, lui aussi spécialiste du Rwanda) qui tente de mettre sur pied un service de télé, que l’on découvre un pays blessé, mutilé, suintant. Les Hutus sont quantitativement supérieurs aux Tutsis ; ils ont donc décidé de les exterminer. L’auteur parle, à juste titre, de « nazisme tropical » : « ici, ce serait l’Holocauste barbare, le cataclysme des pauvres, le triomphe de la machette et de la massue. Déjà dans la province de Bugesera, les cadavres flottaient sur le lac Mugesera et allaient rejoindre la Kagera, source légendaire du Nil ». Comme si les cruautés humaines ne suffisaient pas, le sida sévit dans ce pays régi par le sexe et les viols. Un tiers de la population est atteinte du sida et certains sont soulagés de mourir de cette maladie plutôt que de coups de machette. La mort n’est, par ailleurs, « rien d’autre qu’un geste quotidien ».

            Revers positif : les Rwandais vivent au jour le jour, ils arrivent à être heureux parce qu’aujourd’hui, à ce moment x,  tout va bien même s’ils sont sidéens et en guerre. Un Africain s’adresse en ces termes au pessimisme de l’Occidental : « Je te dis, tu nous fais peur un peu parce que tu nous fais réfléchir. Nous sentons dans tes yeux ce que tu vois dans ta tête. Tu vois des morts, des squelettes, et en plus tu voudrais que nous parlions comme des mourants. Je le ferai quelques secondes avant de mourir, mais jusque-là, moi, je vis, je baise, je ris. C’est toi qui parles comme un mourant, comme si chaque phrase était la dernière. (…) Tu nous laisses tranquillement mourir en vie ».

Les Tutsis sont plus pâles, plus grands et plus élancés que les Hutus. Gentille, une jeune Hutu dont Valcourt s’éprend avant de l’épouser, a le malheur d’être belle comme le jour et de correspondre au physique des Tutsis. Dans ce pays où la vie ne tient « qu’à un mot, à un caprice, à un désir, à un nez trop fin ou à une jambe trop longue », elle se fera capturer, violer des dizaines de fois, couper les mamelons à la hachette et transformée en morte même avant de quitter la vie.

On se sent cons et démunis en tant qu’Occidentaux forcément ignorants et sourds à ce qui se passe ailleurs dans le monde, mais également honteux d’appartenir à cette race d’humains capables des pires horreurs.

C’est un livre qu’on ne relit pas, non, mais qu’il faudrait avoir lu.

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 14:54

 

 

Le livre était dans le tiroir de ma table de chevet depuis des mois et des mois, j’en retardais la lecture par peur d’être déçue. J’adore Gide, et Les Faux-monnayeurs restera toujours pour moi un souvenir de lecture émouvant et fascinant.

Mais je n’ai pas été déçue ! Fidèle à lui-même, Gide nous propose ici un roman « au-dessus du lot ». Un roman féminin, comme le titre l’indique, puisque ce sont les pensées, la vie, les étapes de la rencontre amoureuse d’Eveline et ses évolutions que nous suivons.

 

Première partie : du 7 octobre 1894 au 23 nombre 1894.

Eveline, jeune femme innocente et ignorante raconte sa rencontre et son amour pour Robert. Il est au-dessus de tout, drôle, spirituel, très pieux, méticuleux, elle le trouve bien meilleur qu’elle et se dit prête à donner son temps et sa vie pour lui. « Lorsqu’on écoute parler Robert on souhaite irrésistiblement que beaucoup puissent l’entendre. Sur ce point je ne puis être jalouse et le désir d’être seule à jouir de ce trésor me semblerait impie. Le but de ma vie doit être de l’aider de toutes mes forces à se produire ».

Au bout de quelques mois, Robert veut épouser Eveline. Le père de la jeune femme exprime d’abord des réticences, les deux hommes sont en désaccord politique et il a l’impression que Robert dupe son monde en commençant par soi-même. Il change cependant rapidement d’avis et la jeune femme est heureuse : « Chaque jour à nouveau je m’étonne et je ne cesse pas de me croire indigne de mon bonheur. Je crains parfois que Robert ne découvre combien il surfait mes mérites. Mais peut-être, à force d’amour, parviendrai-je à m’élever jusqu’à lui. »

Ce journal où Eveline se confesse était une idée de Robert. Il l’écrirait aussi de son côté et ils se l’offriraient avant leur mort. Le premier chagrin que lui cause son futur mari vient de cette promesse non tenue. Robert exige à lire son journal à elle et avoue « qu’il n’en a jamais écrit une ligne, qu’il ne m’a laissé croire si longtemps qu’il l’écrivait que pour m’encourager à continuer le mien. »

 

Seconde partie : de 1914 à 1916.

Vingt ans plus tard, Eveline reprend son cahier pour y noter sa tristesse et ses souffrances. Elle dit écrire pour ses enfants afin de donner une explication de sa conduite. « Ce que je poursuis aujourd’hui, c’est ma délivrance ».

Elle a ouvert les yeux, a mûri et veut maintenant quitter Robert : « je ne puis davantage consentir à vivre plus longtemps avec Robert » qu’elle déteste à présent. Elle lui reproche d’être intéressé, « de se servir de la religion, qui rendrait toute religion suspecte, et de jouer des beaux sentiments, à vous en dégoûter à jamais. », d’être faux, simulateur et manipulateur. « Il ne me considère plus que comme une dépendance de lui. Je fais partie de son confort. Je suis sa femme. »

Suite à un accident d’auto, Robert est blessé au bras mais feint d’être à l’article de la mort, se donne un air de gravité et de dignité qui ne trompe pas Eveline, pas plus que sa fille, Geneviève. La demoiselle ne veut pas se marier : « Mon exemple l’avertissait, la mettait en garde et, d’autre part, elle ne saurait trop me remercier de l’avoir, par l’instruction que je lui avais donnée, mise à même de nous juger, de vivre d’une vie personnelle et de ne point lier son sort à quelqu’un qui peut-être ne la vaudrait point. »

Alors que Robert fait tout, pendant la Deuxième Guerre Mondiale, pour éviter lâchement l’enrôlement dans l’armée, Eveline part secrètement soigner les malades du front. Elle lègue ce cahier à sa fille Geneviève qui elle-même l’aurait remis à Gide après la mort de sa mère.

 

Gide souhaite donner un caractère authentique à ses écrits. L’école des femmes et d’ailleurs suivi de Robert, un plaidoyer de l’homme critiqué auparavant puis de Geneviève qui, écrit par Geneviève elle-même, se veut une Nouvelle Ecole des femmes.

L’argumentation de Robert passe de la subtilité au grotesque, pourtant, le lecteur ne pourra s’empêcher de le détester. L’homme affirme qu’Eveline, dans ses derniers instants de vie, a reconnu ses fautes. Pour ne pas l’accabler, il porte l’accusation sur Geneviève, sa propre fille : « c’est l’esprit libertin de Geneviève, si enfant qu’elle fût encore, qui contamina l’âme de sa mère (…) C’est elle qui, sans cesse et à propos de tout demandant des explications, accoutuma sa mère à en chercher, à en fournir. »

La partie Geneviève contrebalance évidemment les dires de Robert et le texte se révèle être un délice d’ingéniosité et de modernité. Adolescente, Geneviève et ses amies créent une ligue d’indépendance des femmes, s’opposant ainsi au mariage et revendiquant une plus grande liberté et le droit d’avoir un enfant hors-mariage. C’était au début du XXème siècle !

Le troisième volet de ce triptyque est inachevé d’après l’auteur qui feint de n’être qu’un messager de ses personnages.

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 16:10

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Encore un coup de cœur ! J’ai décidément beaucoup de chance avec la littérature de jeunesse depuis quelques semaines.

Tout d’abord, j’ai aimé parce que j’ai été surprise. Le titre m’orientait plutôt sur le thème du racisme   « couleur » = couleur de peau. Plantage complet ! Le premier chapitre, ensuite, m’a plus qu’intriguée. « Cinq heures cinquante. Dans dix minutes, le réveil sonnera. Max n’a pas fermé l’œil. Nouvelle nuit d’angoisse et d’insomnie. Mais c’est l’heure. Il va devoir se lever, affronter, assumer. Faire face à ce qui l’attend. Et ce qui l’attend est loin d‘être rose. Non, c’est plutôt brun. De ce brun infâme qu’il va endosser dans quelques instants ; ce brun infâme qui désormais fera de lui un objet de mépris, de moquerie, de mise à l’écart, d’exclusion ». La suite de l’incipit ne lève pas beaucoup plus le voile ; Max, ce mystérieux ado, se fait réprimander par une mère, Magda, désespérée par ce que son fils a pu faire.

C’est à partir du deuxième chapitre qu’on comprend que l’époque n’est pas la nôtre mais qu’il s’agit du vingt-deuxième siècle. Un siècle étrange qui a mis une croix sur son passé, un siècle où les interdits sont nombreux : les anciens livres, les anciens livres sont prohibés mais l’amour, les marques de tendresse, l’entraide sont également à bannir. A l’école, un classement permet de différencier les élèves méritants des moins bons. Les uniformes violets représentent l’élite, les « bruns » sont au bas de l’échelle. Max, auparavant, était « rouge », le rouge, la « bonne couleur ». Mais il a enfreint le règlement, il a fréquenté un antiquaire du nom de Félix, a lu des livres interdits et a visionné des films interdits : documentaires, films d’amour, anciennes émissions. Félix lui expliquait qu’avant, les gens étaient libres et vivaient dans une démocratie.

Pourquoi ce changement ? Parce qu’une partie de la population a cessé de voter et a « délaissé cette chance unique de voter, de s’exprimer par les urnes. C’est comme ça que ce système infâme s’est peu à peu mis en place. Le temps de se réveiller, il était déjà trop tard. Ils avaient pris le pouvoir… »

Qui dit dictature dit résistance. Félix en fait partie, mais aussi Marylin, la belle « violette » ; Poissard, le terrifiant directeur du lycée qui semble se plaire à humilier Max ; et surtout son père Jo, le père de Max, emprisonné depuis si longtemps et que l’ado n’a presque pas connu.

Univers de faux-semblants, d’hypocrisies et de mensonges. Les résistants souhaitent une révolution dans la douceur à l’image de la révolution des Œillets ou du printemps de Prague. Pour cela ils disséminent des tracts partout dans la ville, des tracts que les habitants n’osent même pas toucher, des tracts que certains apportent même à la police.

 

Un livre très intéressant pour des 3èmes :

-      La chronologie n’est pas linéaire, les retours en arrière sont nombreux.

-      Les points de vue changent : celui de Max, de Magda, de Félix, de Jo.

-      Les personnages ne sont pas uniformes. On suit le parcours initiatique de Max qui subit un certain nombre d’épreuves pour être digne d’enter dans le réseau des résistants. Magda, elle, hésite entre collaboration (associée à la tranquillité, au confort) et résistance.

-      Les pistes de réflexion sont nombreuses : la résistance, le droit de vote, la sauvegarde de notre patrimoine, etc.

 

J’aime les récits qui valorisent notre époque, bien conscients de la chance que nous avons, actuellement, de vivre comme nous le faisons et qui s’opposent, par là, au pessimisme ambiant, au « c’était mieux avant ».

 

La fin de ce roman aux accents évidemment orwelliens n’est pas un dénouement à proprement parler mais une ouverture vers un avenir radieux, fait d’espoir. Pour Jo, les tracts que les gens répugnent à lire seront tellement nombreux et envahissants que « bientôt, ils y jetteront un œil plus attentif, ils les liront, les apprendront par cœur. Les enfants les mettront en chanson, se les échangeront sous le manteau. Et voilà qu’un murmure s’élèvera, puis une rumeur. La révolte se mettra à gronder. Les gens commenceront à réagir, à en parler. Les plus anciens se souviendront, les langues se délieront. (…) Et voilà que les étudiants et les lycéens  descendront dans la rue, par centaines, par milliers, débarrassés de leurs uniformes et scandant un unique slogan : LIBERTE ! Ils n’auront qu’une seule et unique revendication, le retour de la démocratie. »

 

L’édition Casterman propose une exploitation pédagogique du roman pour les classes de 3ème.

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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 16:48

 

Patrice a suivi la femme qu’il aime depuis trois mois, Jane, jusqu’à chez elle. Il est en colère parce qu’il sent qu’elle lui ment. En effet, Jane lui présente Bernard, son mari (qui en réalité son père). Puis Françoise, sa sœur enceinte et mère porteuse (c’est faux). Ce n’est que le début d’une avalanche de mensonges tous plus gros les uns que les autres. Patrice tente de suivre l’imagination débridée de son amoureuse mythomane couverte par sa famille. Son père s’est laissé embarquer plusieurs fois dans ses mensonges par le passé. Patrice va-t-il résister à cette succession de mensonges et de tromperies ? On devine la fin dès la deuxième page.


          Une comédie gentillette et un peu godiche qui ne vaut pas vraiment le détour. J’ai passé un agréable moment tout de même sans qu’il en vaille pour autant la peine d’en retenir une seule réplique.

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 17:59

 

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Ce drame fait partie du recueil intitulé Le Théâtre en liberté. L’œuvre de Victor Hugo est une somme, et il le prouve une fois de plus dans ce volume qui contient des comédies mais aussi des drames, et qui mêle des thèmes variés.

La jolie Cyprienne et sa mère Etiennette sont dans une situation critique : le grand-père de la jeune fille, le major Gédouard est malade de puis deux mois, il donnait des cours de musique qui permettaient à la famille de subsister. Depuis son immobilité, les deux femmes sont ruinées et l’huissier s’apprête à saisir l’ensemble de leurs biens.

C’est l’arrivée de Glapieu qui va changer la donne. Glapieu est un des personnages hugoliens les plus extraordinaires. Clochard, il a quelque chose d’un Sganarelle ou d’un Arlequin ; philosophe, cynique, généreux et lucide, il est le maître des expressions bien frappées. Thème cher à Hugo, cet homme en haillons a commis un vol dans sa jeunesse et l’a payé le restant de ses jours. « C’est grave. Quinze ans et onze mois, on est un polisson, 15 ans et 13 mois, on est un bandit. » Il passera trois ans dans une maison d’éducation où il « apprend » à forcer des coffres-forts.

Ø  « La société s’est donné la peine de faire de toi un voleur, et n’entend pas en avoir le démenti ».

Ø  « J’étais venu à Paris dans l’intention de faire peau neuve et d’être l’ornement de la société » mais Glapieu est traqué : « je suis si essoufflé que je n’ai pas le temps de devenir vertueux. »

Glapieu, poursuivi par la police, demande à Cyprienne l’autorisation de traverser une chambre de leur appartement pour pouvoir s’enfuir par une autre fenêtre.

L’huissier arrive, ainsi que Rousseline, un traître cupide qui a été l’homme de confiance du grand-père Gédouard. Rousseline veut épouser Cyprienne, en échange, il annulera la dette de 30 000 francs. Le cœur de la jeune femme est ailleurs, elle aime Edgar Marc, qui, sans le sou, ne peut encore l’épouser. La situation rappelle de mauvais souvenirs à Etiennette qui a vécu la même histoire ; elle n’a pas été mariée au père de Cyprienne et celui-ci s’est volatilisé après avoir été soldat. Elle se fait passer pour une veuve pour dissimuler sa honte (quelle époque tout de même !).

Il est extrêmement ardu de résumer toute cette pièce. Etiennette retrouve son ancien amant qui se révèle être le baron de Puencarral, riche banquier. Les « mille francs de récompense » du titre sont ceux promis par le baron pour retrouver un portefeuille confié à Edgar, caissier chez le baron. Edgar a, en réalité, donné l’argent à la famille de sa bien-aimée, pour sauver le piano du grand-père. Glapieu finira par remettre le portefeuille et l’argent au banquier qui, ému par l’honnêteté de Glapieu, l’engage immédiatement comme gardien destiné à surveiller son coffre-fort. Ironie du sort !

A la fin, les amoureux sont réunis, les problèmes d’argent ne sont plus qu’un mauvais souvenir, et les retrouvailles entre le banquier alias Cyprien André et Etiennette sont dignes de Notre-Dame de Paris.

 

Cette pièce aux accents baroques, influencée par Molière ou encore par la commedia dell’arte, est difficile à mettre en scène et à jouer.

Il neige sur scène à certains moments. La scène est souvent divisée en compartiments, les répliques des personnages sont longues, les monologues nombreux. Certains passages sont chantés et costumés. On sait que l’univers carnavalesque est cher à Hugo, on le retrouve ici.

 

Une œuvre riche pour ce drame qui tient plus de la comédie dans certaines scènes. Et toujours et encore des phrases percutantes :

Rousseline :

Ø  « être heureux, c’est être riche ».

Ø  « la vertu finit où la bêtise commence ».

Glapieu :

Ø  « A peine a-t-on résolu ce problème, entrer, qu’il faut résoudre celui-ci, sortir. Voilà la vie. »

Ø  « le paradis, ce doit être cela, un homme qui a eu froid toute sa vie et qui trouve là-haut un bon feu, et qui étale dans la chaleur son onglée »

Ø  « Voyons l’affiche – Moi, je suis un liseur d’affiches. Les murs de Paris, c’est mon cabinet de lecture. »

Ø  « Remettons-nous un peu en marche. Pas de stationnement. Le stationnement est malsain. L’hiver le déconseille et la police le défend. »

 

 

 

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 18:02

 

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Humour anglais. Famille atypique. Accointances inattendues. Style 1900

La scène d’exposition nous présente un couple original : Felicity et Henry-James, des Anglais aisés qui vivent dans le Sussex. La première est hypersensible, idiote et folle de son chien empaillée ; le second est douloureusement lucide, il n’aime pas ses enfants, n’aime pas sa femme qu’il avoue avoir épousé pour son argent uniquement. Vieux beau, il est cynique, moqueur, parfois méchant. Le fils, Bertram, est l’intellectuel de la famille, toujours fourré dans ses livres de philo. La fille, Priscilla, débarque avec son fiancé, son « Hubby », Hubert qui se joue d’elle. Priscilla est une dinde, son père en a conscience. « Le fait que mes enfants m’ennuient horriblement n’a pas desséché pour autant ma fibre paternelle. »

Hubert, le fiancé de Priscilla, attend son véritable amour, Coralie, pour réaliser son plan : lui épouse la fille de cette riche famille, elle le fils. Et ils fuient avec l’argent récolté. C’est donc affublé d’un essai d’Heidegger que Coralie fait son entrée dans la famille. Problème : Henry s’est immédiatement aperçu de l’entourloupe et c’est justement cette perspicacité, la fine intelligence du bonhomme qui séduit Coralie. Ils s’aimeront, presque devant les yeux des autres. Mais Henry aura la bonté d’âme de taquiner la jalousie et l’amour-propre de Hubert pour que ce dernier accepte de mettre une croix sur leur projet machiavélique et de fuir à Paris avec sa bien-aimée.

Encore une fois, Sagan nous propose une situation cocasse, des personnages frivoles et un ton léger qui, pourtant, cachent des réflexions plus profondes.

« Henry-James

On se rend compte qu’il faut être libre de tout pour être libre de soi. Et qu’il ne faut rien supporter, jamais, que la passion ; parce que justement, elle, n’est pas rassurante. 

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Henry-James

On ne se fatigue pas de quelqu’un, vous savez, en fait, on se fatigue d’aimer. D’éprouver de l’amour. On veut bien avoir froid si le chauffage saute, mais on ne plus avoir mal si le cœur en fait autant. Cela s’appelle l’expérience. »

 

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 16:43

 

 

Sans doute le livre le plus connu de l’auteur. Je l’ai en tous cas souvent vu entre des mains de collégiens.

J’avoue d’emblée qu’il m’a un peu lassée. Son titre l’indique, il s’agit des aventures et des déboires d’une enfant puis d’une ado trop petite selon les critères de « normalité ». C’est l’auteur qui raconte ses confessions qui vont de l’âge de six ou sept ans jusqu’à la presque majorité.

Années 60. La demoiselle vit avec ses parents en Belgique, sa première prise de conscience vis-à-vis de sa taille se fera durant une visite médicale où on propose aux parents d’envoyer la « pilule » faire soigner son anémie dans un centre spécialisé. Elle se rebiffe, s’inquiète par rapport à ses parents : « S’ils voulaient se débarrasser de moi parce que je suis trop petite, justement ? Parce que je ne leur conviens pas comme enfant ? » mais son père et sa mère la rassurent rapidement comme ils l’ont fait auparavant, comme ils le feront par la suite. Le centre se révèle être un écrin de verdure, un magnifique château où seuls les repas sont un moment de torture puisqu’ « on est obligé de terminer son assiette si on ne veut pas se la voire resservie le soir. Je vomis systématiquement les repas qui ne passent pas. Je reste des heures seule, en larmes, au réfectoire devant mon assiette froide où les aliments se figent dans les sauce qui coagule ». C’est à l’insu de tous que la cuisinière lui fait découvrir un énorme placard regorgeant de sucreries, de gâteaux et de viennoiseries. Bien sûr que la petite a bien envie de les manger, beaucoup plus que le plat de lentilles ! Elle aura pris 5 centimètres au bout de trois mois et son anémie aura disparu.

A 9 ans, elle passe un concours pour devenir petit rat de l’opéra. Plus qu’ailleurs, on trouve sa petite taille très drôle, les filles candidates, comme les mères, sont terriblement méprisantes. « Et j’ai honte, soudain. Honte d’être là. J’ai honte de ma taille, honte d’être différente de ces grandes gigues. Pour la première fois, je me sens écartée, mise à l’écart, rejetée. » Contre toute attente, les professeurs ont aimé sa grâce et sa légèreté et l’ont admise. C’est surtout Lydia qui la prend sous son aile en lui assenant des paroles qu’elle n’oubliera jamais : « Tu sais, ce sera dur pour toi (…). Plus dur que pour les autres. Si tu veux vraiment devenir danseuse, il ne faudra jamais baisser les bras. (…) N’oublie jamais que la gloire est éphémère et que la grandeur se mesure à la simplicité ».

Deux ans après, la narratrice est recalée à cause de sa petite taille. Elle en pleure même si elle n’a jamais rêvé d’être danseuse. C’est encore Lydia qui la réconforte et la motive : « sache que tu n’as pas fini de pleurer, malheureusement. Et si tu n’as que les larmes pour te défendre, pour te protéger, tu t’y noieras très vite. Ce n’est pas en pleurant que l’on avance dans la vie mais en se battant, en surmontant ses faiblesses, en dépassant ses limites, en se jouant des difficultés. Là est le mérite. »

A 11 ans, nouvelle visite médicale, on lui propose cette fois un traitement qui la ferait grandir de 4 ou 5 centimètre seulement mais qui risquerait de développer son système pileux. Refus horrifié de toute la famille. Adulte, la narratrice se réjouit de ne pas avoir eu recours à ces hormones de croissance contaminées.

La fin de l’école primaire et l’entrée au collège sont ponctuées par une série d’épreuves couronnées par une victoire ; à un spectacle de fin d’année sur le thème de la gourmandise, elle épatera le public, déguisée en pastille Valda, grâce à ses talents de danseuse ; à une tombola de fin d’année, elle gagnera un vélo beaucoup trop grand pour elle mais fera taire rires et moqueries en y grimpant malgré tour et en faisant le tour de la salle.

Elle ne trouve malheureusement aucune parade pour éviter le calvaire hebdomadaire de la piscine. Le déménagement en France ne l’aidera pas non plus à prendre confiance en elle puisque c’est de son accent belge qu’on se moquera, en plus de sa taille. C’est alors, à 14 ans, qu’elle commence à rédiger un journal, ce journal dont les pages seront souvent noyées de larmes.

En classe de 4ème, en 1968, elle se rend compte avec bonheur que la mixité dans la classe lui est bénéfique puisqu’elle plaît aux garçons. Elle se trouve également des passions où elle excelle : la rédaction par exemple. Son professeur de lettres n’aura de cesse de la motiver et de l’encourager à continuer à écrire : « un jour, si vous vous en donnez la peine, vous serez un grand écrivain ! Je dis bien un grand, souligne-t-il en m’adressant un clin d’œil affectueux ». Elle garde également un souvenir attendri de son professeur d’histoire qui a su lui donner goût à cette matière.

A seize ans, en classe de 3ème, elle remporte une petite bataille supplémentaire puisqu’elle se rend compte qu’elle est heureuse, bien dans sa peau alors que les filles qui l’entourent le sont beaucoup moins. « Les questions angoissantes qui me torturaient l’esprit ont fini par trouver leur réponse. J’ai conscience que mon développement physique est pratiquement terminé et que je ne grandirai plus. » Pour répondre aux quolibets, elle a recours à l’humour, à la répartie, à la provocation. Elle n’hésite pas non plus à se tourner en dérision, va aux devant des remarques désagréables pour pouvoir plus vite passer à autre chose. Elle dépasse sa dernière difficulté, celle de prendre la parole en public, en 2nde, quand, lors d’une réunion, elle fera taire un grand dadais et montera sur une table pour faire entendre sa voix.

« Plus jamais je n’ai eu à souffrir de ma différence. Plus jamais je n’y ai prêté la moindre attention. J’avais d’ailleurs oublié la plupart des souvenirs évoqués dans ce livre. »

 

 

Le texte est simple et linéaire, un peu trop à mon goût, mais il est un vrai message d’espoir et de courage. Les jeunes complexés pourront sans doute s’identifier à la narratrice et puiser dans le livre quelques recettes pour prendre confiance en soi. C’est l’objectif premier de l’écrivain je pense.

Voilà vraiment un livre pour les jeunes. Certaines phrases-choc sont écrites en vert fluo, la présentation est sympa même si elle ne m’a pas atteinte.

Chaque chapitre commence par une citation sur le thème des gens de petite taille, citations que l’auteur-narrateur avait apprises par cœur pour savoir se défendre verbalement contre les moqueries entendues. Certaines sont goûteuses et en tant que pas-grande-du-tout, je ne résiste pas à l’envie de les reproduire ici :

-      La bonne longueur pour les jambes, c’est quand les pieds touchent bien par terre. Coluche

-      Ne jugez pas le grain de poivre d’après sa petite taille, goûtez-le et vous sentirez comme il pique. Proverbe arabe

-      Moi, je suis bien dans ma peau, elle est juste à ma taille. Anonyme

-      La taille ne fait pas tout. La baleine est en voie d’extinction alors que la fourmi se porte bien. B. Vaughan

-      Les gens petits sont défavorisés car ils sont les derniers à savoir quand il pleut ! Peter Ustinov

-      Ne sous-estimez pas les petits adversaires : un lion se voit, pas un virus. Anonyme

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 17:51

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Encore un livre pour la jeunesse qui parle d’acné, de parents trop nuls et de petit ami trop génial. Eh ben non, pas du tout.
Ce bouquin est une grosse claque et même s’il est classé dans la littérature de jeunesse, il est tout autant destiné, d’après moi, aux ados qu’aux adultes.
Je l’ai lu d’une traite.

Chaque chapitre est un récit de femme.

¾     Matilde d’abord, 60 ans, prof de français à la retraite depuis quelques jours, pour qui tout va bien en apparence : deux garçons qui sont déjà grands et épanouis, un appartement à Paris, une maison en Bretagne, des lectures en prévision… et un grand besoin d’écrire… D’écrire à sa fille. Matilde a accouché sous X à l’âge de dix-sept ans. La pression familiale l’a contrainte à accomplir cet acte qui transperce chaque jour de son existence. Elle appelle sa fille Nina et s’adresse directement à elle dans toutes ses lettres.

« J’écris, Nina, pour rester, par la pensée, en contact avec toi. Même si tu ne lis pas, ne liras jamais mes cahiers ».

Le manque de sa fille est omniprésent. Vingt ans après la naissance, Matilde accepte que son identité soit communiquée. « Jusqu’à mon dernier souffle, j’attendrai. Je t’attendrai ». Elle n’a jamais parlé de cette expérience douloureuse ni à son mari qu’elle a quitté cinq ans plus tôt ni à ses deux fils.

 

 

¾     Anne, 43 ans, qu’on retrouve à l’enterrement de sa mère adoptive. Qui se souvient qu’elle n’est pas sa mère biologique. Anne qui avait découvert, à 10 ans, que sa vraie mère n’était pas morte mais qu’elle l’avait « abandonnée ». Elle n’a jamais pu dire à son mari, Pierre, et à sa fille, Léa, qu’elle était née sous X.

« Pourquoi ma mère m’a-t-elle rayée de sa vie ? N’a-t-elle pas voulu m’aimer ? »

«  Je vous vouvoie : vous êtes une inconnue pour moi. A jamais. Dix-sept ans : l’âge où on doute de soi et où on ne doute de rien. En cachette de mes parents, j’ai cherché à savoir qui vous étiez. Répondre à la question que je ne cessais de me poser : POURQUOI ? » Apprendre que l’identité de sa mère est tenue secrète l’a anéantie.

« Un très grand vide. Vous me manquez. Affreusement. Je meurs de ne pas savoir qui vous êtes. Maintenant que je suis adulte, moi-même mère, je me surprends parfois, à quarante-trois ans, à me laisser aller… à vous aimer. Oui, j’aimerais à présent, vous aimer ».

¾     Léa : la fille d’Anne qui, à dix-sept ans, se sent très proche de sa mère qu’elle a toujours considérée comme « fragile », quelqu’un sur qui il faut veiller. C’est après une anodine question d’Anthony, son petit ami, sur l’éventuelle mort de se vrais grands-parents qu’elle a mené l’enquête. Et c’est dans la douleur que sa mère lui apprend la vérité. La jeune fille ne lâche pas l’affaire et s’appuie sur l’espoir que la mère qui a accouché sous X puisse changer d’avis et transmettre ses coordonnées à l’enfant.

 

La fille convainc la mère de retrouver sa vraie mère.

Anne comme Matilde apprennent à se connaître. Elles sont, chacune, plus sereines mais étrangement, c’est Matilde qui a besoin de plus de temps : « Anne, ma petite. C’est ridicule. Avec toi, je reste encore intimidée. Alors qu’avec ta fille, tout de suite, le courant est passé. Peut-être l’habitude des jeunes… Peut-être que nous nous ressemblons, Léa et moi. Et puis, entre nous, Anne, il y a ce silence, pendants des années, difficile à surmonter ».

 

 

Histoire de femmes, histoire de famille.

 

Un condensé d’émotions.

 

La loi concernant l’accouchement anonyme et qui préserve le secret de l’identité de la mère date du 2 septembre 1941.    

 

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