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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 14:09

 

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            Une suite de L’île au trésor. Je devais être en quatrième –pas sûr…- quand j’ai découvert le roman et ce fut une de mes plus grandes déceptions littéraires. Non seulement le livre d’aventures m’avait profondément ennuyée (un comble !) mais en plus, je n’avais pas tout saisi, les personnages ne formaient plus qu’un méli-mélo dans ma tête.

            La BD nous propose donc de continuer les aventures de Jim Hawkins et les autres héros de L’île au trésor… et moi, je me suis presque autant amusée qu’à la lecture du roman.
Rendez-vous raté.

Objectivement, je crois que l’album ne nous offre vraiment rien de bien passionnant : l’intrigue est plate comme un trottoir de rue, le graphisme… ben rien à dire, rien de spécial non plus.
 

          Petite bonne nouvelle, l’album fait partie d’une série de 7 albums présentés ainsi sur la quatrième de couverture : « 7 missions à haut risque, 7 équipes de 7 hommes décidés à réussir, 7 histoires complètes à découvrir dans une collection d’exception ». L’idée est sympa : Sept psychopathes, sept voleurs, sept guerrières, etc. J’en lirai peut-être un encore.

Une petite citation pour ne pas finir ce billet en eau de boudin :

« Chacun recherche son trésor, Jim… quel est le vôtre ? L’aventure peut-être ? Vous avez raison, bonne ou mauvaise, l’aventure, c’est la vie ! »

 

 

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 09:56

 

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Un des livres les plus éprouvants que j’ai pu lire de toute ma vie.

 

            L’auteur-narrateur raconte ses enfants, ses deux fils handicapés mentaux. Il décrit sa vie avec eux, il décrit leur vie. Simplement, crûment, sans détour. La réalité dans toute sa vérité.

J’aurais pu citer tout le livre tant il est fort et émouvant. D’espoir, il n’y en a guère. L’humour est noir et caustique, la culpabilisation omniprésente, l’avenir complètement bouché.

« Grâce à vous, j’ai eu des avantages sur les parents d’enfants normaux. Je n’ai pas eu de soucis avec vos études, ni votre orientation professionnelle. Nous n’avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de ce que vous feriez plus tard, on a sur rapidement que ce serait : rien. »

            Mathieu vient au monde déjà bien affaibli ; les parents apprennent d’abord qu’il a un gros retard physique puis que le garçon est également handicapé mental. « On aurait bien voulu le défendre contre le sort qui s’était acharné sur lui. Le plus terrible, c’est qu’on ne pouvait rien. On ne pouvait même pas le consoler, lui dire qu’on l’aimait comme il était, on nous avait dit qu’il était sourd.
Quand je pense que je suis l’auteur de ses jours, des jours terribles qu’il a passés sur Terre, que c’est moi qui l’ai fait venir, j’ai envie de lui demander pardon
 ».

            Un second bébé pointe le bout de son nez et… Thomas est blond, souriant, vif, mais très vite, parents et médecins se rendent compte de sa fragilité. Second coup du sort, Thomas est également handicapé.

Le père semble maintenir la tête de l’eau grâce à l’humour : «  Avec moi, la nature a eu la main lourde.

Même TF1, pour rendre le héros bouleversant et faire pleurer dans les chaumières, n’oserait pas mettre ce genre de situation dans un téléfilm, par peur d’en faire trop, de ne pas être pris au sérieux et, finalement, de faire rire. »

C’est l’impossibilité de vivre une existence ordinaire qui cadence le livre, les rêves tombent à l’eau et les espoirs sont inimaginables. Les garçons ne connaîtront jamais la musique, n’apprécieront jamais un beau paysage.

« On ne pourra jamais rien admirer ensemble » est la phrase qui m’a peut-être le plus remuée.

            Mathieu meurt à 15 ans quelques jours après avoir été opéré pour redresser sa colonne vertébrale.
Car ces enfants vieillissent plus vite que les autres. Ils passent d’un état de bébé à celui de vieillard. Courbés et bossus à trente ans, l’emploi du temps de leur journée consiste à suçoter leur ours en peluche, à gribouiller sur des feuilles en papier (ou ailleurs) et à répéter inlassablement les mêmes phrases. « Où on va, papa ? » fait d’ailleurs partie de ces questions qui n’attendent même pas de réponse.

L’auteur parle très peu d’amour, il se moque de ses fils, se montre souvent cruel, cruel avec eux, avec lui-même, avec la vie. Mais certaines remarques ne sont pas dénuées de tendresse et de poésie. Thomas et Mathieu parlent le lutin et ont « de la paille dans la tête ». Il les compare souvent aux animaux aussi, avec leur cervelle de moineaux. C’est dur, rude mais vrai.

Du début à la fin du livre, je ne cessais de me dire quelle chance j’ai, quelle chance… on l’oublie parfois.

« Que ceux qui n’ont jamais eu peur d’avoir un enfant anormal lèvent la main. 

Personne n’a levé la main.

Tout le monde y pense, comme on pense à un tremblement de terre, comme on pense à la fin du monde, quelque chose qui n’arrive qu’une fois.
J’ai eu deux fins du monde
  »

 

Le jour de la fête des Pères : « ce jour-là, pourtant, j’aurais donné cher pour un pot de yaourt que Mathieu aurait transformé en vide-poches. Il l’aurait habillé avec de la feutrine mauve et il aurait collé dessus des étoiles qu’il aurait découpée lui-même dans du papier doré. Ce jour-là, j’aurais donné cher pour avoir un compliment mal écrit par Thomas, où il aurait réussi à tracer, avec beaucoup de difficulté : « Je tème bocou ». (…) Ils n’ont rien fait. Pas par mauvaise volonté, pas parce qu’ils n’ont pas voulu, je pense qu’ils auraient bien voulu, ils n’ont pas pu. A cause de leurs mains qui tremblent, de leurs yeux qui ne voient pas bien clair et de la paille qu’il y a dans leur tête. »

Ca nous remet en place et nous protège aussi des conneries du style, dire devant le berceau de son bébé « On ne voudrait pas qu’il grandisse, on voudrait qu’il reste toujours comme ça. »

L’acmé du roman, c’est cette lettre fictive écrite par Thomas et adressée à son père. Elle commence ainsi :

« On ne te félicite pas pour ce que tu as fait : regarde-nous. C’était si difficile de faire des enfants comme tout le monde ? Quand on sait le nombre d’enfants normaux qui naissent tous les jours et qu’on voit la tête de certains parents, on se dit que ça ne doit pas être bien sorcier. On ne te demandait pas de faire des petits génies, seulement des normaux. Une fois encore, tu n’as pas voulu faire comme les autres, tu as gagné, et nous on a perdu. »

Je ne sais que rajouter, quelle conclusion tirer de cette inoubliable lecture. Le mot « injustice » m’est venu à l’esprit plus d’une fois. J’ai pensé aux parents qui se doivent de continuer à vivre malgré tout, même si la folie les hante, même si la mort les côtoie de près. C’est peut-être la touche positive du roman. Un hymne à la vie : il faut poursuivre, avancer, se battre, lutter, vivre ou survivre … malgré tout.

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 21:51

 

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Grâce à l’opération Masse Critique de Babelio, j’ai reçu cette épaisse BD. Sympa comme cadeau post-Noël !

Un avertissement, d’emblée : âmes sensibles s’abstenir. Si sur la première planche on distingue mal l’homme couché dans son lit qui se tourne et se retourne sans trouver le sommeil, en tournant la page, c’est on ne peut plus clair : il s’agit d’un grand brûlé, un homme dont le visage et la tête sont entièrement déformés, ratatinés et fripés. On comprend très vite qu’il lui est arrivé un accident qui l’a isolé du reste du monde. Il vit reclus dans son appart, boit, regarde la télé, décroche le téléphone pour le raccrocher aussitôt. On comprend aussi petit à petit qu’il a un fils et une femme, que c’est lui qui a décidé de les abandonner, par honte et par dégoût de lui-même… Il fait peur au livreur de pizza, il effraie la prostituée qu’il a fait venir… bref, sa vie est un enfer, et la vivre avec lui est éprouvant.

La fin s’adoucit quelque peu car il accepte enfin la venue de son frère qui lui tient simplement compagnie en regardant un film.

Les couleurs rejoignent la noirceur du thème puisque tout est sombre, on peut même dire que la BD ne présente que les couleurs du feu : du rouge, du noir, du brun. Le trait est vif

Je ne suis pas d’accord avec le titre, il m’a profondément dérangée. L’homme n’est pas un monstre mais une victime. Le but des deux auteurs était peut-être là : prouver que, si physiquement, le type est plus que rebutant, il n’en reste pas moins un homme ; que si nous souffrons en le voyant, sa souffrance à lui est bien pire…

Bon, 140 pages, c’était beaucoup tout de même… cependant, je dois avouer qu’en commençant à lire cet album, je n’ai pu m’arrêter avant la dernière page. C’est haletant parce que c’est affreux. L’effet cathartique joue plein pot, le huis clos nous oppresse mais pourtant, on en veut encore et encore… C’est étrange et déstabilisant.

 

Merci aux éditions manolosanctis !

 

 

 

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 11:07

 

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A tous les contemplatifs, les lents et les timides, ce livre est fait pour vous !

 

            Arnold Spitzweg est un employé de la Poste qui vit seul, qui n’a que peu d’activités mais qui trouve son bonheur, ses petits bonheurs plutôt, dans tous les instants de la vie quotidienne. J’aime cette dénomination « Monsieur Spitzweg » qui, répétée inlassablement par Delerm, donne au personnage un air professoral, propre sur lui et extrêmement respectable. Ca plaît ou ça agace d’ailleurs.

            Pour ceux qui connaissent un peu Delerm, ce livre est une petite nuance aux précédents que j’ai pu lire. Il s’agit plus de répertorier les petites manies du quotidien, nos défauts ou nos travers. Et ce n’est pas déplaisant. Certaines anecdotes prêtent à sourire : l’importance de son premier portable, par exemple. Monsieur Spitzweg « rentre chez lui à pied. Arrivé sur la place de la Concorde, ou bien à la Madeleine, il sort son appareil d‘un air gourmand, et tout à coup se sent en possession du monde. »

Pas mal d’humour, donc, dans ce petit livre qui se moque un peu de nos faiblesses. Comme Spitzweg, on se souvient parfois mieux des interminables files d’attente plutôt que des différentes expos qu’on a pu voir. Monsieur Spitzweg se fait d’ailleurs un devoir de ne pas les manquer : « un petit air entendu et satisfait promené au long des cimaises lui suffit. D’ailleurs, il ne s’agit pas tant de voir que d’avoir vu. Monsieur Spitzweg sort du musée avec la satisfaction du devoir accompli. Un petit coup de soleil est revenu après la pluie. Comme on est bien dehors ! Monsieur Spitzweg arpente le bitume l’esprit libre. »

Cet homme précautionneux et parfois maniéré peut se targuer de ne jamais juger les autres, il accorde à tout le monde « un regard, une seconde, un battement de paupières, comme un acquiescement. Le fleuve coule, et la rumeur semble emporter tous les poissons dans le même courant. Mais deux espèces nagent côte à côte, et l’on ne choisit pas sa race. Il y a les regardants, les regardés et les seconds ont besoin des premiers. Monsieur Spitzweg, avec son pardessus d’hiver, son imper de demi-saison, monsieur Spitzweg est regardant, bien sûr. Il s’en félicite souvent – et parfois s’y résigne. »

             Vous l’aurez peut-être déjà compris, j’ai apprécié ce livre, plus que Quelque chose en lui de Bartleby où on retrouve le même bonhomme. Bien sûr, le doute plane, ce Spitzweg est-il le plus grand des nigauds ou le plus grand des sages ? Je crois qu’on n’a pas envie de répondre à cette question en refermant le roman.

Delerm nous balance quelques évidences à la tête mais n’a-t-on pas besoin, parfois, de les réentendre, ces évidences, pour prouver qu’on existe ?

Ses romans, même si j’y décèle des imperfections, me remettent dans le droit chemin, me soulagent et me consolent des rudesses de la vie.

 

N.B. n°1 : j'aurais aimé comprendre la présence de la phrase de Johnny Hallyday citée en exergue "Y'a-t-il quelqu'un ici qui veuille m'aimer?"  scratch

N.B. n°2 : le choix d'illustrer la couverture avec ce tableau de Magritte est, je trouve, particulièrement pertinent. Voici Golconde dans son intégralité :

 

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 19:01

 

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Rohhhh, je suis déçue d’avoir été déçue. J’avais mis de grands espoirs en ce roman américain à la séduisante couverture…

            Le narrateur, Gabriel,  est un adolescent de 17 ans qui a perdu père et mère, et, parce qu’il s’est fait renvoyer de l’école pour avoir commis quelques bêtises nicotiniques, se retrouve à vivre avec son frère, Spencer, de 10 ans son aîné. C’est alors que Gabriel entend parler de Lilian Dawes comme d’une femme naturellement belle et attirante. Il l’entraperçoit la première fois à cheval puis la surprend en train de danser le tango dans un bar cubain avant d'entendre dire qu’on l’aurait vue à Venise avec un faux comte italien et qu’elle voyageait sous un autre nom… Les apparitions fugaces de cette jeune femme mystérieuse aux multiples talents rythment le roman jusqu’au moment où Gabriel entretient enfin une relation (amicale) plus stable avec elle. Evidemment, le grand frère Spencer n’a d’yeux que pour Lilian et les deux compères sont très vite comparables aux mouches sur un pot de miel…

            Pourquoi n’ai-je pas aimé cette description de la jeunesse dorée (et moins dorée) newyorkaise des années 50 ? Je me suis ennuyée. J’ai eu un mal fou à me raccrocher à l’intrigue que j’ai trouvée maigrichonne, les nombreux pseudos de Lillian et la naïveté de Gabriel m’ont agacée. Est-elle artiste, espionne, aventurière ? nous demande le texte de la quatrième de couverture. On n’en sait trop rien, un peu de tout ça sans doute mais … je m’en fichais.

Il est vrai que ma lecture s’est prolongée, que je n’ai pas eu l’occasion de lire des longs passages qui m’auraient peut-être permis de m'immiscer beaucoup plus dans l’atmosphère du bouquin.

Voilà quoi.

Pour terminer sur quelques notes positives car il y en, je n’ai pas détesté le roman non plus, certains personnages m’ont fait sourire, à commencer par l’excentrique Tante Lavinia, grosse bourgeoise imbue d’elle-même, ne jurant que par son chien qu’elle considère comme un noble, et distribuant des cadeaux en veux-tu en voilà. Spencer n’est pas mal non plus dans le rôle de l’artiste incompris.
Et surtout, certains passages m’ont fait penser à Irving par leur humour. Les préoccupations de Gabriel se résument à peu près à cela : « J’attrapai une poignée de chocolats, espérant en trouver un au caramel ou à la noix de coco. Nous avions depuis longtemps perdu la fiche qui accompagnait la boîte, si bien que la seule façon de savoir quel chocolat on mangeait, à moins d’y goûter, était de piquer une épingle par en dessous et de regarder la couleur de la petite perle qui en sortait. De cette façon, on pouvait, ni vu, ni connu, reposer ceux qu’on n’aimait pas. » Fumer est également une activité étrange pour le narrateur, « une sensation désagréable, comme de se brosser les sourcils dans le mauvais sens ».

Il y a enfin cette belle citation que j’ai déjà rencontrée sur de nombreux blogs : « Apprendre à connaître quelqu’un est un plaisir à savourer, comme du chocolat. On ne peut pas l'avaler tout rond, il faut le laisser fondre lentement afin que le palais en goûte chaque infime nuance. »

Il y a de quoi, me direz-vous à raison, d’aimer ce livre, mais la magie n’a pas opéré dans ma petite tête… Le texte est remarquablement bien écrit mais justement, pour moi, c’est un bijou qu’on aurait tant et tant poli et travaillé, qu’il en aurait perdu son éclat.

Pour lire un avis résolument enthousiaste, allez donc voir L’Irrégulière !

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 00:00

 

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            Après la lecture d’Incognito, je n’allais pas m’arrêter en si bon chemin et c’est avec plaisir que j’ai retrouvé Grégory Mardon, à la fois illustrateur et scénariste pour cet album haut en couleurs et en émotions. C’est toujours Jean-Pierre qu’on accompagne, vous vous souvenez, ce gars un peu gauche, veule et insignifiant d’Incognito, mais cette fois-ci c’est un Jean-Pierre enfant qui se fait le narrateur. A huit ans, le garçon vit dans le Pas-de-Calais avec ses parents. Il nous présente son village, ses habitants, son quotidien d’élève, ses jeux, son copain Cyril. De petits morceaux de vie dans lesquels chacun se retrouvera.
Une vie à la campagne décrite avec tendresse et simplicité. Le maître d’école rustre et imposant, la nature rude et parfois hostile, la jolie camarade de classe dont on tombe amoureux, le géant du village et sa famille suspectée de consanguinité, le meilleur copain bien plus au courant des choses de la vie que Jean-Pierre.

            Cette BD est excellentissime, elle chatouille nos souvenirs en les ressuscitant à chaque page, elle est à la fois drôle et émouvante, nous projetant dans notre enfance comme peu de films sont capables de le faire. On redevient gosse en faisant les mêmes bêtises que Jean-Pierre, on connaît ses hontes, ses peurs, ses humiliations. On vit avec lui la séparation de ses parents mais aussi les joies de la fête d’école, la découverte de la sexualité, de la mort ou de la culpabilité.


Quelle réussite ! Cet album  qui m’a complètement tourneboulée est un hymne à la vie. Tout simplement.

            Pour ceux qui n’avaient pas apprécié ma mention des nombreuses hachures dans Incognito, sachez qu’elles sont presque absentes de cet ouvrage et ont laissé la place à des couleurs plus gaies.

            Je ne l’ai pas encore dit ? C’est un coup de cœur ! L’année commence bien…

 

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 09:37

 

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            Résumer Beckett sans passer pour une demeurée, hum… tâche plus qu’ardue. Mais allons-y !

La nouvelle a été écrite en 1946.

            Le narrateur est un vagabond. Le texte commence par une réflexion sur la mort, l’homme préfère les morts aux vivants, ils sentent meilleur, il préfère les cimetières à la foule grouillante de vie.

            Il squatte souvent un vieux banc et se sent dérangé, un jour, par la présence d’une femme, Lulu, qu’il surnomme Anne. Est-il bien utile de dire que ces deux personnages ont des comportements plus qu’étranges ? Ils se revoient régulièrement sur ce banc sans parler. Elle l’ennuie car il doit lui céder un bout de place et ne peut plus s’allonger comme il le faisait auparavant. Elle lui propose de poser ses jambes sur ses cuisses, il accepte et cela lui procure un petit émoi mais ne le satisfait pas entièrement. Il lui demande de ne plus revenir, quitte lui-même cette place quelque temps, ils jouent au jeu du chat et de la souris mais se retrouvent tout de même.

            C’est à ce moment-là qu’il ressent ce qu’il appelle cet « affreux amour ». Elle l’emmène chez elle et se comporte avec lui comme avec un malade ou une personne âgée, non, c’est plutôt lui qui veut qu’elle subvienne à ses besoins. Il occupe une chambre de son appartement, elle lui apporte à manger, lui change son « vase de nuit » quotidiennement, et surtout, ce qui lui plaît chez elle, c’est qu’elle parle peu. Parfois, elle se met nue, mais lui n’a pas l’habitude de se dévêtir, il a toujours vécu habillé, a parfois enlevé une couche à la belle saison… Il entend souvent cris et gémissements provenant de la pièce jouxtant sa chambre qu’il ne quitte jamais, et découvre ainsi que sa compagne est sans doute prostituée. Un jour, elle lui apprend qu’elle attend un enfant de lui, mais il faut qu’elle lui montre son ventre arrondi pour qu’il la croie vraiment, et encore, il lui demande s’il ne s’agit pas de ballonnements. La naissance de l’enfant fait fuir le narrateur. La nouvelle s’arrête sur les cris du bébé et de sa compagne qui le rappelle à elle :

« Je me mis à jouer avec les cris un peu comme j'avais joué avec la chanson, m'avançant, m'arrêtant, m'avançant, m'arrêtant, si on peut appeler cela jouer. Tant que je marchais, je ne les entendais pas, grâce au bruit de mes pas. Mais sitôt arrêté je les entendais à nouveau, chaque fois plus faible certes, mais qu'est-ce que cela peut faire qu'un cri soit faible ou fort ? Ce qu'il faut, c'est qu'il s'arrête. Pendant des années, j'ai cru qu'ils allaient s'arrêter. Maintenant, je ne le crois plus. Il m'aurait fallu d'autres amours, peut-être. Mais l'amour, cela ce ne se commande pas.»

Beckett a piqué le titre d’un roman de Tourgueniev pour en faire tout autre chose, une œuvre déroutante, pessimiste et déstabilisatrice, à la fois emplie de poésie et de grotesque. Le lecteur est toujours malmené et bousculé, il passe du sourire à la grimace en une phrase sur fond d’absurde.

Ca m’a fait du bien (quoique le terme est sans doute mal choisi !) de retrouver Beckett, mais pour être tout à fait honnête j’étais contente que l’œuvre fût courte !

Je l’ai découverte en livre audio. L’idée de lire la nouvelle en sa version papier reste dans un coin de ma tête.

Deux citations révélatrices du style de notre auteur irlandais :

« Savez-vous où sont les cabinets? dit-elle. Elle avait raison, je n’y pensais plus. Se soulager dans son lit, cela fait plaisir sur le moment, mais après on est incommodé. »

« Elle se mit à se déshabiller. Quand elles ne savent plus quoi faire, elles se déshabillent, et c'est sans doute ce qu'elles ont de mieux à faire. Elle enleva tout, avec une lenteur à agacer un éléphant sauf les bas destinés sans doute à porter au comble mon excitation. C’est alors que je vis qu’elle louchait.»

 

Pour finir, citons la réplique de Hamm, le personnage principal de Fin de partie qui résume assez l’esprit beckettien :

« Vous êtes sur terre, c'est sans remède ! »

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 00:00

Qu’une bonne étoile vous accompagne à chaque instant, que vos journées soient embellies par des centaines de sourires, que les nouvelles soient toujours bonnes, qu’une main amie et attentive soit toujours tendue vers vous…

 

Excellente année 2011 

 

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 18:18

           

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              Une BD choisie au hasard et une jolie surprise. Petits drames humains, quotidiens, réalistes.

             Jean-Pierre se croit invisible et transparent. Sa vie semble plate et insignifiante jusqu’à ce qu’il rencontre, par accident puisqu’il s’est fracturé le péroné devant chez elle, Bérénice. Bérénice lui plaît, elle est affable et plantureuse, attirante et délicate. Comble de chance, elle est kinésithérapeute et c’est elle qui s’occupera de la rééducation de Jean-Pierre. Mais Bérénice cache un secret connu des lecteurs uniquement : elle vit avec son frère handicapé et le jeune homme en chaise roulante peut se révéler un compagnon de vie tendre et serviable mais aussi parfois un être redoutable de jalousie, de cruauté, de perversité et d’agressivité. Il va jusqu’à réclamer que Bérénice couche sous ses yeux avec un homme. Cet homme sera Jean-Pierre…

            La fin de la BD est plus qu’étrange et le lecteur fait un pas dans le fantastique et fantasque proche de l’univers d’Almadovar (l’influence de la commedia dell’arte n’est pas loin non plus), tout en tenant par la main le genre policier. En tous cas, l’album donne à voir un aperçu d’un monde contemporain avec une incroyable justesse. On ne peut y rester indifférent.

            Les dessins, quant à eux sont grisés et hachurés (je ne connais pas la terminologie exacte, si un spécialiste veut bien m’éclairer ?), l’ombre est omniprésente, à l’image des personnages pour le moins énigmatiques.

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 10:03

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         Un petit livre que j’ai choisi au hasard, dans un supermarché, chose assez rare. Pas tout à fait au hasard en fait puisque je me suis fiée au nom de l’auteur dont j’avais lu, il y a des lustres, La Voyeuse interdite (à lire absolument !)

         Une histoire d’amour. Moderne car la narratrice (qui est, tiens, comme c’est bizarre ! une romancière de 39 ans) rencontre un jeune lecteur, Paul, pour qui c’est le coup de foudre, et c’est par mails que les deux tourtereaux correspondront de longues semaines avant de se revoir.

Nina Bouraoui décrit donc, par l’intermédiaire de ce je qui pourrait être autobiographique, les circonvolutions de l’amour et de la passion. Le livre se compose d’un seul paragraphe, comme un seul souffle ou un seul plongeon dans l’océan de cette relation si particulière, avec ce que ce plongeon a de fou, d’insensé, mais aussi de palpitant, se situant à l’exacte frontière entre la vie et la mort, entre le bonheur et le désespoir.

         Mon avis est mitigé : quand on est femme (pas seulement, me direz-vous ?), lire une histoire d’amour de temps en temps, une vraie de vraie, ça fait du bien, c’est comme suçoter un caramel d’antan. Certaines citations m’ont bien plu, comme l’atteste la fin de mon billet. Et puis, on s’y retrouve quelque part dans cette histoire, avec ce petit quelque chose de déjà vécu. Mais, car il y a forcément un mais, certains poncifs sont plus que rebattus : « Je pensais que l’amour était aussi un jeu, qu’il fallait garder la magie comme on garde un feu, les sentiments s’éteignant par manque de vigilance », et surtout, l’idylle est … comment dire, peu crédible ? Je ne veux pas paraître cruelle mais la narratrice a 39 ans, l’objet de toutes ses attentions, Paul, en a 23 et il est sublimement beau (on aurait d’ailleurs pu souhaiter une édition illustrée !) mais les femmes de son âge ne l’intéressent pas (bien sûûûr…), il est fasciné par l’écriture de la romancière qui l’inspire tant (bien sûûûr…) Enfin, ça fait un peu conte de fée, quoi. Sauf, sauf, que l’impression finale est relativement négative. La peur prédomine dans cette relation si fragile, intense mais fine comme un cheveu d’ange qui menace à tout moment de craquer.  En cela, je crois que le roman est authentique et vrai.

         Chose unique (enfin, pour moi, c’est la première fois que je trouve cela) : la quatrième de couverture nous propose, en extrait, la toute fin du roman. J’ai trouvé ça bizarre…

 

Ces fameux extraits que j’ai appréciés :

« Il logeait sous ma peau comme une matière vivante ».

« Il distribuait des parts de sa beauté ».

« Il fallait trouver quelqu’un qui ferait oublier. Oublier la peur. Oublier la violence. Oublier la jeunesse perdue. Oublier le vide. Oublier la nuit qui nous aspirait. Oublier l’idée que nous allions tous un jour disparaître et que d’autres danseraient à nos places sur les mêmes chansons ».

« Les livres constituaient une résistance au vide (l’empilement des mots comme une échelle vers le ciel) »

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