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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 11:28

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Delerm est fidèle à lui-même, son dernier roman est court et évoque la substantifique moelle de la vie ou encore comment faire du moindre petit truc bidule vu/lu/entendu son bonheur quotidien.
Pendant la lecture, dans ma tête, ça a oscillé entre « J’aime », « J’aime pas ».

Arnold Spitzweg est un provincial venu à Paris et qui s’y plaît parce qu’il peut observer à loisir des quantités de mini-spectacles. Il ne connaît pas l’ennui ; dans une salle d’attente par exemple…  « je supporte très bien de m’intéresser indéfiniment à un bout de papier peint qui se décolle, une lézarde infime à l’angle du plafond, à la structure métallique des chaises, au désordre des magazines sur la table basse ». C’est un peu par hasard qu’Arnold crée son blog, il choisit alors de « ne rien faire et dire que l’on ne fait rien ». Il regarde et note ses observations. Une jeune fille à bicyclette l’occupe un petit moment puis c’est le tour d’adeptes du Tai-chi qui pratiquent leur activité en plein air, la fraîcheur d’une salle de cinéma un après-midi d’été caniculaire le comble le temps d’un film, les sons d’un accordéon le subjuguent…

Certains passages sont des étincelles dans une lecture somme toute assez ennuyeuse. Delerm est unique quant à la révélation des petits moments lumineux de vie, il les porte au-dessus de sa tête comme un trophée et nous donne, à chacune de ces occasions, une belle leçon. Arnold Spitzweg est également un personnage savoureux, sa bonhommie et sa nonchalance en font un être attachant. C’est cette histoire de blog qui, finalement (et paradoxalement ?), m’a déplu. On a l’impression que Delerm veut à tout prix apporter une touche de modernité à son écrit. Le blog n’est qu’un prétexte, je pense qu’on aurait vraiment pu s’en passer. D’ailleurs, le blog d’Arnold appelé « antiaction » connaît un succès foudroyant (et inexplicable, soyons honnête… des blogueurs qui racontent leur vie et décrivent ce qu’ils voient dans la rue, dans le square, dans leur ville… il y en a à la pelle, et en plus, notre Arnold ne répond jamais aux commentaires !), donc rapide succès qui lui ouvre les portes d’une maison d’édition. Mais Arnold refuse d’écrire un livre, et à la fin du roman, il mettra même un terme à son blog et sera plus Bartleby que jamais. D’où vient ce nom ? D’un personnage de Melville, solitaire, sans ambition et refusant de se mêler au monde ; le syndrome de Bartleby se définit comme « l’attitude littéraire de tous les auteurs ayant renoncé à la création non par impuissance mais parce qu’elle leur semblait dérisoire, inférieure en tous cas à l’intensité de la vie réelle. »

On pourrait même y voir un acte un peu prétentieux de la part de Delerm qui nous explique dans son livre à quel point sa manière de voir la vie est digne d’intérêt. Je préfère quand il fait dans la simplicité…

Donc pour moi, ce livre n’a rien à voir avec le petit chef-d’œuvre, La bulle de Tiepolo.

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commentaires

soukee 01/11/2010 22:57


J'ai eu la même impression que toi, oscillant entre plaisir et ennui, à la lecture de "Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables"... C'est dommage...


Irrégulière 24/10/2010 11:51


J'aime beaucoup Delerm également, mais celui-là ne me tente pas...


Alex-Mot-à-Mots 22/10/2010 21:13


Un peu déçue, donc.


Violette 23/10/2010 11:20



oui, et déçue d'être déçue car j'aime beaucoup Delerm.



Anis (La librivore) 22/10/2010 19:27


J'ai souvent eu ce même mouvement avec Delerm, entre l"ennui parfois et l'émerveillement devant une écriture qui sait raconter l'aventure du quotidien.


Violette 23/10/2010 11:19



il ne faut pas chercher l'Action à l'état pur chez lui, c'est sûr ...  ;-)



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