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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 10:03

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         Un petit livre que j’ai choisi au hasard, dans un supermarché, chose assez rare. Pas tout à fait au hasard en fait puisque je me suis fiée au nom de l’auteur dont j’avais lu, il y a des lustres, La Voyeuse interdite (à lire absolument !)

         Une histoire d’amour. Moderne car la narratrice (qui est, tiens, comme c’est bizarre ! une romancière de 39 ans) rencontre un jeune lecteur, Paul, pour qui c’est le coup de foudre, et c’est par mails que les deux tourtereaux correspondront de longues semaines avant de se revoir.

Nina Bouraoui décrit donc, par l’intermédiaire de ce je qui pourrait être autobiographique, les circonvolutions de l’amour et de la passion. Le livre se compose d’un seul paragraphe, comme un seul souffle ou un seul plongeon dans l’océan de cette relation si particulière, avec ce que ce plongeon a de fou, d’insensé, mais aussi de palpitant, se situant à l’exacte frontière entre la vie et la mort, entre le bonheur et le désespoir.

         Mon avis est mitigé : quand on est femme (pas seulement, me direz-vous ?), lire une histoire d’amour de temps en temps, une vraie de vraie, ça fait du bien, c’est comme suçoter un caramel d’antan. Certaines citations m’ont bien plu, comme l’atteste la fin de mon billet. Et puis, on s’y retrouve quelque part dans cette histoire, avec ce petit quelque chose de déjà vécu. Mais, car il y a forcément un mais, certains poncifs sont plus que rebattus : « Je pensais que l’amour était aussi un jeu, qu’il fallait garder la magie comme on garde un feu, les sentiments s’éteignant par manque de vigilance », et surtout, l’idylle est … comment dire, peu crédible ? Je ne veux pas paraître cruelle mais la narratrice a 39 ans, l’objet de toutes ses attentions, Paul, en a 23 et il est sublimement beau (on aurait d’ailleurs pu souhaiter une édition illustrée !) mais les femmes de son âge ne l’intéressent pas (bien sûûûr…), il est fasciné par l’écriture de la romancière qui l’inspire tant (bien sûûûr…) Enfin, ça fait un peu conte de fée, quoi. Sauf, sauf, que l’impression finale est relativement négative. La peur prédomine dans cette relation si fragile, intense mais fine comme un cheveu d’ange qui menace à tout moment de craquer.  En cela, je crois que le roman est authentique et vrai.

         Chose unique (enfin, pour moi, c’est la première fois que je trouve cela) : la quatrième de couverture nous propose, en extrait, la toute fin du roman. J’ai trouvé ça bizarre…

 

Ces fameux extraits que j’ai appréciés :

« Il logeait sous ma peau comme une matière vivante ».

« Il distribuait des parts de sa beauté ».

« Il fallait trouver quelqu’un qui ferait oublier. Oublier la peur. Oublier la violence. Oublier la jeunesse perdue. Oublier le vide. Oublier la nuit qui nous aspirait. Oublier l’idée que nous allions tous un jour disparaître et que d’autres danseraient à nos places sur les mêmes chansons ».

« Les livres constituaient une résistance au vide (l’empilement des mots comme une échelle vers le ciel) »

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 06:00

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         C’est Alwenn qui m’a tentée, et si drôlement bien tentée qu’après avoir lu son billet, j’ai immédiatement commandé la BD en question. Je bénis cette impulsion bienheureuse, cet ouvrage est un pur délice !!! Je pense l’avoir lu du début à la fin avec le sourire aux lèvres, ponctuant ma lecture de « rhoooo » et de « ha, ha, ha ! ». Alwenn a raison, les onomatopées ont bien leur place dans la critique de ce chef d’œuvre. Quand on aime, on ne trouve plus ses mots.
         Mais de quoi s’agit-il ? Catherine Meurisse, dessinatrice et illustratrice chez Charlie Hebdo mais aussi pour d’autres journaux et magazines, revoit, à sa manière, la littérature française du Moyen-âge au XXème siècle. Elle croque donc certains des écrivains les plus connus, les relie parfois entre eux, invente une histoire autour d’eux, emmène le lecteur sur la charrette de Lancelot, aux abords de la Loire près du fief de Rabelais, dans la chambre du père Goriot, ou encore, dans le salon de Proust. C’est divin. Ces écrivains tous morts reprennent vie, ils sont drôles, sensibles et surtout terriblement attachants. Tellement attachants qu’on en veut encore !

Ce Lagarde et Michard revu et corrigé est jubilatoire et indispensable à toute bibliothèque qui se respecte !

        Je ne vais pas m’en aller sans vous citer quelques exemples. Comment résister aux quatre hommes, Proust, Radiguet, Cocteau et Gide qui s’apprêtent à sortir, un soir, voir leur copine Colette, tels quatre potes toujours prêts à gaudrioler et à se lancer des vannes ? Eh oui, c’est bien aux Beatles qu’ils ressemblent…

 

Ou encore Zola qui passe sa journée à se planquer dans un grand magasin, dans un train, dans les rues de Paris, dans un estaminet,… qui rentre chez lui et qui dit à sa femme « Chéri, je suis rentré de chez les Rougon-Macquart » et elle de répondre « Va te laverles mains ».

Ou encore le conflit Sartre-Céline : l’existentialiste avoue à Beauvoir : « On peut dire qu’en lisant Bagatelles pour un massacre, j’ai eu la nausée et les mains sales ! »

Ou encore cette madeleine qui fit temps jaser. Cocteau cherche le souvenir de son Radiguet en buvant son thé accompagné de l’inévitable madeleine. Il interroge sa tasse : « Raymond, où es-tu ?  … Tu préfèrerais peut-être un petit beurre ? »

       S’il y en avait peut-être une à retenir, ce serait l’illustration finale, où tous les écrivains réunis font la fête, dansent et se soûlent au rythme des sons de l’orchestre Lagarde & Michou.

J’ai un seul regret : ne pas avoir eu cette BD entre les mains lors de mes études de lettres !

Une question reste en suspens : est-ce que qu’une personne hermétique à la littérature française pourrait aimer et apprécier à sa juste valeur cette BD ? Je n’en suis, hélas ! pas sûre…

Puisque c’est encore un peu Noël, moi je demande une BD par écrivain à Madame Meurisse.  Donc, autant de BD que d’écrivains (ben quoi ? c’est Noël, on peut rêver…).

 

 

 

 

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 10:59

 

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... presque, dans quelques heures... et pour vous, j'ai trouvé une ancienne représentation du Père Noël. Il a peu changé, le gaillard, finalement!

 

une photo plus insolite encore, celle d'une plage en Inde, métamorphosée pour la fin de l'année :

 

 

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Puissiez-vous être gâtés, gâter vos proches, puissiez-vous sourire et faire sourire ceux qui vous aiment...

Je vous souhaite de très JOYEUSES FETES DE NOEL !!!

 

 

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 13:22

 

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Certains savent que Gide est un de mes écrivains fétiches et je suis ravie de découvrir, encore, des livres qui m’étaient inconnus il y a quelques jours…

La Porte étroite, c’est une lutte entre deux forces apparemment contraires : l’amour et la vertu. Jérôme, le narrateur, s’éprend de sa cousine, Alissa. Alors que cet amour réciproque semblait mener à une union officialisée, ils apprennent que Juliette, la jeune sœur d’Alissa est, elle aussi, éprise de Jérôme. Dans ces conditions, le mariage ne se fera pas. Pourtant, Juliette arrive à oublier son premier amour, se marie avec Edouard et quitte la demeure familiale. Alissa renonce néanmoins aux joies simples de l’amour pour se tourner vers un idéal inaccessible. Elle s’en remet à Dieu : « Grâce à toi, mon ami, mon rêve était monté si haut que tout contentement humain l’eût fait déchoir. J’ai souvent réfléchi à ce qu’eût été notre vie l’un avec l’autre ; dès qu’il n’eût plus été parfait, je n’aurais plus pu supporter … notre amour. »

Nous suivons à travers ce roman initiatique l’évolution des sentiments et la progression du renoncement d’Alissa. Se voyant peu et s’écrivant beaucoup, les deux êtres semblent indissociables, unis pour toujours : « O mon frère ! je ne suis vraiment moi, plus que moi, qu’avec toi… » mais Alissa vise plus haut, toujours plus haut, et leur relation virtuelle et platonique cède peu à peu la place à une ambition plus élevée. Alissa prononce ainsi des phrases cruelles à l’égard de son bien-aimé : «  De loin, je t’aimais davantage  » ; « nous ne sommes pas n’a pour le bonheur  » ou encore : « Tu tombes amoureux d’un fantôme  ». Cette recherche d’absolu et d’abnégation conduira pourtant les deux amoureux au malheur. Alissa mourra seule et incomprise et Jérôme n’aura plus que le journal intime de sa promise pour se consoler. Elle écrit : « Lorsque j’étais enfant, c’est à cause de lui que je souhaitais d’être belle. Il me semble à présent que je n’ai jamais « tendu à la perfection » que pour lui. Et que cette perfection ne puisse être atteinte que sans lui, c’est, ô mon Dieu ! celui d’entre vos enseignements qui déconcerte le plus mon âme  ». Cette remarque est importante. Pour Alissa, l’amour éprouvé pour Jérôme n’est qu’un tremplin pour atteindre une perfection éloignée des réalités terrestres. Plus loin dans son journal, elle écrira « Mon Dieu, vous savez bien que j’ai besoin de lui pour Vous aimer », cette ambigüité, cette complexité suivra les deux êtres jusqu’au bout et sera la source de souffrances immenses. Mais pour Alissa, ce sacrifice est nécessaire, le chemin étant inévitablement douloureux, long et « étroit ». « la route que vous nous enseignez, Seigneur, est une route étroite – étroite à n’y pouvoir marcher deux de front ».

Juliette, la sœur d’Alissa, pourrait symboliser la raison qui se rallie aux joies terrestres, pratiques et maternelles. Elle préfère l’ordinaire à l’extra-ordinaire, le réel à l’idéal et… la vie à la mort. C’est en tous cas ainsi que j’ai perçu le récit. Je crois aussi qu’on peut voir en Gide un défenseur des bonheurs simples et accessibles. La porte étroite  est le versant opposé de L’Immoraliste  qui célèbre la liberté des sens, et aussi la première œuvre à succès de Gide.

J’ai trouvé quelques points communs aussi entre ce récit et L’école des femmes, ne serait-ce que pour la forme, les deux se veulent plus ou moins autobiographiques, l’un comme l’autre nous présentent un journal intime ; et on sait que Gide était à la fois diariste et épistolier.

Pour finir avec un peu plus d’humour (parce que l’œuvre est triste, je ne peux vous le cacher), je vous renverrai à l’atmosphère créée par Gide, délicieusement surannée, un brin désuète, qui, inévitablement, fait sourire…  ou dites-moi si vous avez les mêmes loisirs et occupations que nous personnages : « nous occupâmes la fin du jour à relire Le Triomphe du temps de Swinburne, chacun de nous en lisant tout à tour une strophe ». Et puis, on se soigne au lait. Cure de lait quand ça va mal.

La relecture de L’Immoraliste est au programme de ces prochains mois…

 

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 00:00

 

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Ce n’est pas une parodie de conte à proprement parler mais un mini-roman fantastique dont le thème principal est Le Petit Chaperon rouge

Carmilla et Odilon sont deux enfants buveurs d’encre ; à la manière des vampires assoiffés de sang, il leur faut leur ration de lecture qu’ils aspirent avec une paille-tandem (ils sont amoureux, nos deux loulous). Ca se corse quand ils lisent le conte du Petit Chaperon rouge car ce ne sont plus eux les buveurs, mais les personnages du conte ! Les enfants se retrouvent donc dans l’histoire elle-même à tailler une bavette avec le loup et le chaperon qui, par besoin d’évasion, décident de se faire remplacer. Problème : Odilon métamorphosé en loup ne veut absolument pas dévorer son amoureuse, Carmilla. Il ne veut pas mais la faim le tenaille… C’est tant bien que mal qu’ils arrivent à la maison de la mère-grand. Et Odilon-le loup sent qu’il ne va pas résister avec elle… Mais il s’avère que c’est Draculivre, l’oncle de Carmilla, qui a pris la place de la mère-grand pour sauver les deux enfants. Tout le monde retrouve son histoire et tout est bien qui finit bien !

J’ai bien aimé cette histoire, gentillette, attendrissante et drôle. Il paraît qu’elle fait partie de toute une série appelée Draculivre. Je découvrirai sans doute d’autres aventures d’Odilon sans trop tarder…

Je m'autorise un petit bémol, les illustrations signées Martin Matje, très simples, m'ont moyennement plu.

La défense du Chaperon justifiant sa fuite hors du conte :

"Le loup et moi, nous en avons assez de vivre toujours la même histoire. Alors nous avons décidé de prendre la paille d'escampette et d'aller respirer l'air du dehors."

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 22:25

L'Irrégulière m'a proposé ce tag. Tout simple : cinq cadeaux-livres pour cinq personnes très différentes. Voilà ce que ça donne chez moi...

 

 

1.     A un ou une gastronome, qui aime manger et découvrir de nouvelles saveurs… Je rajoute, si j’étais cruelle, je l’offrirais à quelqu’un qui fait un régime (mais je ne le suis pas , hein…) : Une gourmandise de Muriel Barbery

 2.     A quelqu’un qui a besoin de faire un point sur sa vie, qui réfléchit à son passé, son avenir… : Les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar

 3.     A celui ou celle qui a besoin d’évasion mais surtout de douceur et de langueur, mon petit coup de cœur : La Bulle de Tiepolo de Philippe Delerm

 4.     A un fan de polars, ce serait, sans aucune hésitation, l’original 40 ans, 6 morts et quelques jours de Victor Rizman qui a, en plus, la gentillesse de laisser un message sur les blogs évoquant son roman.

5.   A un amoureux des voyages, à un pied marin ou encore à un Vénitien dans l’âme, ce serait mes deux Claudie Gallay adorés : Les déferlantes et Seule Venise.

 

Prenez, prenez le tag, c’est Noël !

 

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 10:28

 

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          Nouvelle parodie de conte avec une Cendrillon qui, comme le titre l’indique si bien, est totalement modernisée. Le prince, fils de roi a laissé la place à un beau gosse, fils de réalisateur de cinéma ; la gentille marraine est ici une fée intergalactique super cool ; Cendrillon doit gérer les tâches ménagères mais aussi les devoirs de ses méchantes sœurs, Adélaïde et Cunégonde. La trame de l’histoire est donc identique à celle que nous connaissons mais revue au goût du jour.

          Le texte se présente sous la forme d’une courte pièce de théâtre qui est assez rigolote. Cendrillon, quoiqu’innocente puisqu’elle n’a jamais rien vu du monde, est une jeune fille drôle, désinvolte et malicieuse.

          Encore une fois, c’est un texte pour les plus jeunes, l’édition indique « 8-10 ans » mais je crois qu’il conviendrait aussi à des sixièmes.

Un petit extrait…

CUNEGONDE, qui fouillait dans le linge repassé en jetant tout par terre Cendrillon ! Tu n’as pas repassé mon chemiser en soie ? Et mon nouveau pantalon, tu as fait la longueur ?

CENDRILLON. Oui, oui, c’est fait. Mais le chemisier en soie n’était pas sec, alors j’ai repassé la chemise rouge…

CUNEGONDE, hors d’elle. Quoi ? La chemise rouge ?... Tu es tarée ou quoi ? Tu veux que j’aie l’air d’une paysanne à la soirée de Maximilien ?

CENDRILLON. Une soirée ?... Vous allez à une soirée ?... C’est qui, Maximilien ?

ADELAÏDE, minaudant. Maximilien Pleindefric, voyons, le fils du grand réalisateur de cinéma !

CUNEGONDE, minaudant elle aussi. C’est son anniversaire et il nous a invitées !

ADELAÏDE. Il paraît que son père veut en profiter pour faire un casting…

CENDRILLON. C’est quoi un castine ?

ADELAÎDE. Un « castinggg », bécasse ! Il essaie de trouver la vedette qui jouera dans son prochain film…

 

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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 16:16

 

 

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          Noël est une période bien entendu propice à la lecture de contes. J’en lis à mes enfants, j’en étudie avec mes sixièmes ; j’ai voulu tester des routes secondaires. Je vous présenterai donc, dans les jours à venir, une série de parodies de contes.

Ma première lecture, La Laide au Bois Dormant reprend bien évidemment La Belle au Bois dormant.

L’histoire, au départ, est similaire à celle que nous connaissons tous. Sauf que la reine donne naissance à deux enfants, deux jumelles, une belle (dont le parcours est le même que celui du conte de Perrault) et une laide. La fille laide est rejetée de sa mère d’emblée, elle est cachée et oubliée dans le sous-sol du château. C’est la fameuse treizième sage-femme (vous vous souvenez, celle qui est très en colère pour ne pas avoir été invitée à la fête pour la naissance de la Belle) qui s’occupe du laideron et l’appelle Lady.

La fille abandonnée renaît une seconde fois quand le couple royal, la Belle, le château et tous ses habitants s’endorment d’un sommeil de cent ans. Elle visite tous les endroits qui lui étaient interdits ; transforme, avec l’aide d’une grenouille, sa chère maman indigne en pou (d’où l’expression « moche comme un pou ») ; s’occupe des habitants du palais comme de ses poupées ; et enfin, elle vieillit. Lorsqu’elle atteint l’âge honorable de cent ans, un prince plus valeureux que les autres, parvient à traverser les ronces qui ont envahi les alentours du château, et comme chez Perrault, la Belle mais aussi tous les êtres vivants se réveillent comme s’ils s’étaient endormis la veille… La Laide, quant à elle, a la joie de retrouver son visage de jeunesse et elle en oublie sa laideur.
          Un des derniers paragraphes : « Lady fut tellement heureuse de voir tout le château reprendre vie, toutes ses « poupées » se lever, parler et rire, qu’elle ne put dire un seul mot et monta dans sa chambre essuyer les larmes de bonheur qui avaient coulé sur ses joues. »

Il n’y a que le roi qui s’étonne de voir un pou à ses côtés.

J’ai parfois souri en lisant ce livre très court. C’est une lecture facile, certes réservée aux plus jeunes, mais l’humour aurait dû être un peu plus présent, je trouve.

Le texte est accompagné d’illustrations savoureuses réalisées par Nadja. Je suis trop paresseuse pour insérer une photo à mon billet mais j’ai bien aimé celle qui montre la Laide habillant ses « poupées » en fonction des saisons. Et on la voit s’occuper de son père, le roi, avec sa barbe à la Robinson, et lui enfiler un tee-shirt disant « I love pou ». Il y a quelques subtilités parsemées dans les images (plus que dans le texte, d’après moi). Tous les personnages sont d’ailleurs des laids en puissance, avec un nez immense.

 

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 12:16

 

 

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Le procès de Kamala et ses amis leur permet de sortir de prison. Emy et un Jarawal souffrant se retrouvent enfin (ou encore ?) et l’avenir semble être de meilleur augure puisque Jarawal aperçoit également l’avatara. L’épilogue nous présente Kamala lisant le journal intime d’un ancien colonel britannique de l’Armée des Indes, qui n’est autre que son arrière-grand père. La dernière planche nous apprend que Jarawal a reconnu Jay comme son fils pour que Kamal puisse lui succéder, et que Jay et Kamala vivent toujours à Khalapour. 

 

Est-ce la loi des séries (encore !) ou cette BD en particulier ? Ce dernier tome (je sais qu’une suite existe, mais je vais faire une longue pause) ne m’a pas emballée. Je dirais même que je m’y suis ennuyée, je n’y ai rien appris. Tout va bien trop vite, il me semble qu’on n’a pas le temps d’apprivoiser les personnages, l’intrigue ou encore le contexte historique.

Les dessins sont néanmoins fidèles au talent de Jean-François Charles mais le scénario se délite, dommage !

Pour les irréductibles de la série et les amoureux de l’Inde, il reste Trois femmes (tome 5) et D’un monde à l’autre, le tome 6 sorti tout récemment (novembre).

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 11:42

 

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C’est chez Noukette que l’envie de lire cette BD au titre plus qu’étrange est née … La première planche présente un accouchement, une naissance, celle d’Aster, l’héroïne du roman. « Ca y est, je suis née mais… je suis morte ». Le mystère scelle donc d’emblée le lecteur à l’histoire de cette fille rouquine qu’il voit grandir au fil des pages.

On cache un secret à Aster, mais lequel ? Ses parents sont en désaccord permanent, ils se disputent et son père la rejette en refusant de la prendre dans ses bras. La petite, à 4-5 ans déjà, se rend compte qu’elle est différente. Mais pourquoi ? A l’école, ses camarades ne veulent pas la toucher.

C’est lorsqu’elle est ado, qu’Aster découvre la vérité : elle est une des dernières Terriennes à ne pas avoir bénéficié du programme Forever qui permet de rendre l’être humain immortel. Ses parents ont fait l’amour à l’ancienne alors que les « nouveaux » bébés ne vivent plus dans le ventre de leur mère. La nouvelle est une bombe pour la jeune fille. Elle se révolte, se hisse sur la statue du premier immortel, Ewig Heyoun, et provoque tous les badauds : « je me tue si je veux, bande de cons ! » Les remarques des passants effrayés lui renvoient sa différence et en même temps, met en lumière notre inéluctable fatalité : « S’ils étaient tous comme elle, je comprends mieux la violence de leur histoire ! … Moi elle me fait de la peine, c’est vrai, ça ne doit pas être facile à vivre… »

Le tome premier (parce qu’il y a un second, youpi !!) se clôt sur la fuite d’Aster. On ne sait si elle rejoint les derniers mortels qu’elle avait rencontrés dans sa petite enfance déjà et dont on l’avait éloignée.

Une très jolie découverte que cette BD ! Les dessins puisent à la fois dans la modernité avec des figures géométriques et quelques éléments appartenant au monde de la science-fiction, mais les couleurs chaudes et fauve m’ont rappelé l’univers de la jungle et effectivement, la vie semble bien cruelle et injuste pour Aster qui rêve de devenir cosmonaute.

Je voudrais déjà lire la suite, Comprendre.

 

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