Un petit livre que j’ai choisi au hasard, dans un supermarché, chose assez rare. Pas tout à fait au hasard en fait puisque je me suis fiée au nom de l’auteur dont j’avais lu, il y a des lustres, La Voyeuse interdite (à lire absolument !)
Une histoire d’amour. Moderne car la narratrice (qui est, tiens, comme c’est bizarre ! une romancière de 39 ans) rencontre un jeune lecteur, Paul, pour qui c’est le coup de foudre, et c’est par mails que les deux tourtereaux correspondront de longues semaines avant de se revoir.
Nina Bouraoui décrit donc, par l’intermédiaire de ce je qui pourrait être autobiographique, les circonvolutions de l’amour et de la passion. Le livre se compose d’un seul paragraphe, comme un seul souffle ou un seul plongeon dans l’océan de cette relation si particulière, avec ce que ce plongeon a de fou, d’insensé, mais aussi de palpitant, se situant à l’exacte frontière entre la vie et la mort, entre le bonheur et le désespoir.
Mon avis est mitigé : quand on est femme (pas seulement, me direz-vous ?), lire une histoire d’amour de temps en temps, une vraie de vraie, ça fait du bien, c’est comme suçoter un caramel d’antan. Certaines citations m’ont bien plu, comme l’atteste la fin de mon billet. Et puis, on s’y retrouve quelque part dans cette histoire, avec ce petit quelque chose de déjà vécu. Mais, car il y a forcément un mais, certains poncifs sont plus que rebattus : « Je pensais que l’amour était aussi un jeu, qu’il fallait garder la magie comme on garde un feu, les sentiments s’éteignant par manque de vigilance », et surtout, l’idylle est … comment dire, peu crédible ? Je ne veux pas paraître cruelle mais la narratrice a 39 ans, l’objet de toutes ses attentions, Paul, en a 23 et il est sublimement beau (on aurait d’ailleurs pu souhaiter une édition illustrée !) mais les femmes de son âge ne l’intéressent pas (bien sûûûr…), il est fasciné par l’écriture de la romancière qui l’inspire tant (bien sûûûr…) Enfin, ça fait un peu conte de fée, quoi. Sauf, sauf, que l’impression finale est relativement négative. La peur prédomine dans cette relation si fragile, intense mais fine comme un cheveu d’ange qui menace à tout moment de craquer. En cela, je crois que le roman est authentique et vrai.
Chose unique (enfin, pour moi, c’est la première fois que je trouve cela) : la quatrième de couverture nous propose, en extrait, la toute fin du roman. J’ai trouvé ça bizarre…
Ces fameux extraits que j’ai appréciés :
« Il logeait sous ma peau comme une matière vivante ».
« Il distribuait des parts de sa beauté ».
« Il fallait trouver quelqu’un qui ferait oublier. Oublier la peur. Oublier la violence. Oublier la jeunesse perdue. Oublier le vide. Oublier la nuit qui nous aspirait. Oublier l’idée que nous allions tous un jour disparaître et que d’autres danseraient à nos places sur les mêmes chansons ».
« Les livres constituaient une résistance au vide (l’empilement des mots comme une échelle vers le ciel) »



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