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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 12:55

Ayant découvert Thilliez avec  Deuils de miel puis  La chambre des morts, j’avais très envie de relire cet auteur.

Premier petit couac, il s’agit du deuxième opus d’un diptyque, le premier s’intitulant Syndrome [E]. Et je ne le savais pas… L’auteur le dit lui-même dans le préambule, il n’est pas nécessaire d’avoir lu le premier pour comprendre le second mais il manque un petit quelque chose, on sent bien qu’on ne sait pas tout, c’est comme si une partie du secret n’était pas révélée….

Eva Louts, une étudiante qui bossait sur la latéralité chez les hommes et chez les singes (= qui est gaucher, pourquoi, etc.) est retrouvée assassinée dans une cage, un singe apeuré à ses côtés. Ce n’est pourtant pas lui le meurtrier contrairement à ce que voulait faire croire cette macabre mise en scène. C’est le commissaire Franck Sharko qui enquête… très vite, il va être amené à en savoir plus sur l’homme de Cro-Magnon, l’ADN, le génome humain, l’intolérance au lactose, l’Evolution… Eva Louts ne sera pas son seul cadavre, non plus (c’est du Thilliez, du gore en veux-tu, en voilà).

Surgie du fin fond de son appartement, Lucie Hennebelle (que les habitués de Thilliez connaissent bien), attaque l’enquête de son côté… même si elle a rendu son insigne de flic quelques mois auparavant suite à une tragédie que je tairai ici. Lucie et Franck suivent des routes parallèles, croisées, pour finir par cheminer ensemble.

Si le rythme est haletant, si on a du mal à lâcher le bouquin (qui compte tout de même 500 pages), si toutes ces théories scientifiques sont tellement bien vulgarisées que j’ai moi-même tout compris ( !), j’avais hâte de terminer le livre. Ca n’est pas ma tasse de thé. C’est trop-trop-trop. Le bébé qui absorbe son frère jumeau dans le ventre de la mère, les gauchers qui sont plus violents que les droitiers, le nouveau-né qui tue sa mère en venant au monde… toutes ces théories, certes issues d’un petit pan de réalité, tombent dans le travers de l’outrance, de la caricature. Les deux enquêteurs et leur histoire si tragique qu’il vaut mieux aller se pendre tout de suite, ne font que confirmer cette ambiance terriblement morbide. Film américain sur papier.

Je fais partie des très rares à ne pas être complètement fan du bouquin, alors, ne vous arrêtez pas à mon avis…

Tiens, un extrait qui, justement, m’a agacée :

« Il faut avant tout savoir que le lactose est un composé spécifique du lait de mammifères. La différence individuelle entre tolérance et intolérance au lactose est purement génétique. L'intolérance au lactose se manifeste chez l'humain après le sevrage du nourrisson par sa mère, à partir du moment où l'on essaie de lui faire consommer du lait de vache. »

Je remercie chaleureusementDialogues Croisés pour l’envoi de ce livre !





 

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 16:02

 

 

Cela fait très longtemps que je n’ai plus lu un roman pour ado. Lorsque Sophie m’a proposé de m’envoyer son roman, j’ai accepté avec plaisir.

Sybille nous raconte sa colo. Elle a 14 ans et ses parents l’ont envoyée une énième fois aux sports d’hiver sans lui demander son avis. Sybille a peur d’être la plus âgée, craint de se retrouver seule et de s’ennuyer à mourir. Les bonnes surprises sont nombreuses pour cette adulte en devenir. Elle va se faire une excellente amie, la fantasque et décomplexée Jordane, elle se rendra compte que, même si le plus beau mec de la colo l’ignore royalement, certains garçons pas si mal s’intéressent à elle, elle appréciera les paysages magnifiques de la montagne, elle prendra même du plaisir à skier.

Le roman se présente sous la forme d’un journal intime allant du samedi 15 février au dimanche 23 février. J’ai apprécié la justesse du ton lorsque l’auteur évoque les problèmes d’ado, qu’est-ce qu’on est influençable, bougon et vite impressionnable à cet âge-là ! Quant à la colo, personnellement, je n’y ai jamais mis les pieds et je me suis toujours dit que je n’y enverrai pas mes enfants… mais je dois avouer qu’après avoir lu ce petit livre, l’expérience me semble vraiment sympa pour les enfants. Ca reste, malgré tout, un coup de dé, ça passe ou ça casse, c’est la Bérézina ou le Nirvana.

Je remercie chaleureusement Sophie pour ce petit moment de détente (c’est un livre parfait pour les ados, y’a pas à dire !) et lui souhaite succès et bonne continuation !

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 17:22

J’avais bien aimé Le Cahier bleu, le précédent opus.

On retrouve Louise et Victor, les personnages centraux du Cahier bleu, mais l’intrigue ne tourne pas autour d’eux mais autour d’Abel qui a perdu de vue son meilleur ami, Tristan. C’est sur une photo prise par Victor qu’Abel aperçoit Tristan et la femme qu’ils ont aimée tous les deux, Clara.

Même si l’histoire nous emmène à Florence, même si elle a des allures de bon roman policier, je suis restée complètement indifférente à cet album. Pourquoi ? sans doute que je m’attendais à lire une vraie suite, ensuite parce que les illustrations qui ne m’avaient déjà pas enthousiasmée pour le premier album, m’ont carrément refroidie ici. J’ai baillé. Rencontre donc ratée pour moi. Tant pis !

»   12/20   »

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 13:05

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Voilà (encore !) un livre que je m’étais empressée d’acheter après avoir lu un billet positif sur un de vos blogs. Ça remonte déjà à plusieurs mois et, avec un titre pareil, j’ai trouvé que les fêtes de fin d’année étaient une bonne occasion de le lire.

Le narrateur est un père de famille, un ancien prof qui se retrouve dans un restaurant gastronomique avec son épouse, son frère et l’épouse de son frère.

Dans une petite première partie du roman, c’est une satire de la Grande Cuisine qui est faite, on rigole bien avec le narrateur devant les assiettes aux trois quarts vides, devant l’auriculaire tendu du serveur qui explique que les « tomates mûries au soleil viennent de Bulgarie » ou que la viande du tournedos provient d’une « ferme biologique où les animaux se promenaient librement ».

Mais si le frère du narrateur, le très réputé Serge Lohman, futur Premier Ministre, a convié sa petite famille dans ce restaurant, c’est surtout pour avoir une discussion sérieuse au sujet de leurs fils. Rick, le fils de Serge, et Michel, le rejeton du narrateur et de Claire ont commis un acte grave et violent. Une nuit, après une fête arrosée, ils ont agressé une clocharde qui dormait devant le distributeur de billets auquel les deux ados voulaient se servir. Ils l’ont frappée et brûlée vive. Le tout a été filmé par les caméras de surveillance, la vidéo a fait le tour du pays (la Hollande) mais on n’a pas su identifier le visage des agresseurs. Surgit donc la délicate question de la réaction à adopter : protéger son enfant et se taire ou le dénoncer ? Les deux couples ne sont pas d’accord … et on découvre que, si Michel est si violent, c’est qu’il a été à bonne école chez son père.

Le glissement de quelques pages d’humour (le début du roman paraît si léger !) à un sujet sérieux et dérangeant, est déstabilisant. On s’attend à un roman drôle et finalement, on se retrouve angoissé face à l’éventualité de voir son propre enfant commettre des actes horribles. L’auteur ne prend pas non plus position pour l’un ou l’autre personnage, point de morale pour ce livre très cynique qui pourrait s’apparenter à un policier où l’enquête est menée, les informations distillées lentement et subtilement. Les retours en arrière dévoilent la vérité sur la personnalité des personnages dans un monde où le manichéisme n’a pas lieu d’être. Assez juste et prenant, donc. Et facile à lire aussi.

 

"D'autant qu'il y avait cet auriculaire. Pourquoi se servait-on de son auriculaire pour montrer quoi que ce soit? Etait-ce chic? Le geste allait-il de pair avec le costume aux fines rayures bleues et la pochette bleu pâle? Ou l'homme avait-il tout simplement quelque chose à cacher? Il ne montrait d'ailleurs pas ses autres doigts, il les avait repliés dans la paume de sa main, à l'abri des regards - peut-être étaient-ils couverts d'eczéma squameux ou présentaient-ils les symptômes d'une maladie incurable?"

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 19:02

   

J’avais lu le roman il y a trois ans et je découvrais Jean Teulé pour la première fois. L’adaptation BD est fidèle au roman. Rappelons brièvement la trame : Le Magasin des Suicides est un commerce qui tourne bien : il vend à ceux qui souhaitent en finir avec la vie, une panoplie d’objets destinés à faciliter le passage à l’acte. Ce sont les Tuvache qui gèrent la boutique. Tout est noir, sombre, l’ambiance morbide est poussée jusque dans les moindres détails, même les enfants, Marylin et Vincent sont dépressifs… On vous souhaite un « mauvais jour » quand vous entrez dans la boutique et la qualité est revendiquée : le parpaing est garanti fait maison, la panoplie hara-kiri est certifiée complète, sans faille, et en plus originale.

Alan est le troisième enfant du couple Tuvache. Dès la naissance, les parents sentent qu’il y a un problème : « il sourit ! ». Cette bonne humeur ne le quittera plus. Au désespoir du reste de la famille, il fera des dessins gais et colorés, il hurlera à tue-tête des chansons joyeuses, il répètera à sa sœur qu’elle est belle… Quand le père se rend compte que son bambin optimiste a remplacé les bonbons fourrés au cyanure par des bonbons ordinaires, il l’envoie à Monaco, en « stage commando-suicide »… mais même les situations extrêmes n’auront pas raison de notre bonhomme insouciant.

La BD rend très bien l’atmosphère à la fois extrêmement pesante et souvent très drôle du livre. Tout est terne, sauf Alan et ses cheveux rouges. La fin de l’album est emplie d’espoir car, au final, c’est un bel hymne à la vie !

Un passage qui m’a fait rire : les gens se défenestrent mais certaines nuits, ces suicides-là sont si nombreux qu’il pleut des gens ! «Lorsque, par des nuits de tornade ou d’ouragan, des gens au corps léger se jetaient par la fenêtre… on les retrouvait le lendemain en pyjama, échoués dans des branches d’arbres, accrochés à des réverbères, ou étalés sur la balcon d’un voisin. Tandis qu’avec le parpaing Magasin des Suicides fixé à la cheville, vous tombez droit ! » et les illustrations montrent avec une banalité effarante, ces suicidés qui tombent bien à la verticale.

Pour ceux qui détestent l’humour noir, passez votre chemin… mais on ne peut être insensible à l’humour omniprésent, à la tendresse cachée entre les lignes.

»   17/20   »

 

 

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 17:52

Après  Marius, après Fanny, c’est César qui est à l’honneur dans ce troisième opus de la trilogie marseillaise… et pourtant, il s’agit plutôt de Panisse dans une bonne partie de la pièce. Vingt ans ont passé depuis la naissance du fils de Fanny et Marius et le mariage de Fanny et Panisse. Ce dernier est mourant, il demande, avant de rendre l’âme que la vérité soit dite à Césariot, le « fils » qu’il a toujours chéri. Le jeune homme, qui mène des études brillantes, réagit comme chacun réagirait sans doute à l’annonce d’une telle nouvelle : il désire rencontrer son père, Marius. Il s’en va donc à Toulon puisque Marius avait rompu tout lien avec son père et avec Fanny, dans le petit garage où il est mécanicien.

            Il est question d’honneur et d’honnêteté… qui est ce père dont Césariot entendait parfois parler ? Pourquoi Fanny a-t-elle l’air si bouleversé quand elle le voit ? Des retrouvailles entre les deux anciens amants sont-elles encore possibles ?

            J’ai tout d’abord été émue de retrouver les personnages vingt ans plus tard, Fanny toujours belle mais vieillissante, Césariot beau jeune homme… et Panisse qui n’est plus. La première partie de cartes jouée après sa mort, sans lui, mais où les cartes lui sont tout de même distribuées, est un passage touchant. Le mort gagne haut la main, quel bel hommage !

On devine bien sûr la fin, et la pièce, toutefois, se déroule dans une langueur délectable. L’humour accompagne les moments de tendresse, la sincérité côtoie les mensonges jamais bien méchants. Pagnol a écrit ce troisième volet en ayant l’idée en tête de le filmer. On comprend mieux, alors, pourquoi on voyage tant. Je serais curieuse de découvrir une mise en scène théâtrale qui résoudrait la dizaine de décors que réclame la pièce.

Moi qui boudais Pagnol, j’ai lu ces trois œuvres avec un délice surprenant qui me donne envie de me jeter sur ses autres pièces de théâtre. L’ambiance chaude de Marseille, les personnages attachants, la justesse des sentiments grésillent comme des crevettes chaudes dans une poêle ! A déguster sans modération.

Deux extraits savoureux :

 

Des veuves évoquent le moment qui a vu disparaître leur cher et tendre :

« CLAUDINE : Mon pauvre mari, moi, ça s'est passé d'une façon étrange. Une nuit, il me réveille. C'était le premier chant du coq. Il avait la figure un peu rouge et la main sur la poitrine, il me fait : "Claudine, qu'est ce que tu dirais si je mourais d'un seul coup ?" Moi, à moitié endormie, je lui fais : "ça prouverait que tu n'es pas malin." Et alors il me fait : "Eh bien, par conséquent, je ne suis pas malin." Et toc, il est mort ! ... Le médecin a dit qu'il était mort de l'embouligue.

CESAR (stupéfait) : De l'embouligue ?

CLAUDINE : Oui, Monsieur, il avait un embouligue.

CESAR (se tâtant le nombril) : Moi aussi, j'ai un embouligue ! Tout le monde a un embouligue !

ESCARTEFIGUE (fièrement) : Moi, le mien, il est grand comme une pièce de cinq francs !

CLAUDINE (supérieure) : Mais, ça ne veut pas dire le nombril ! L'embouligue, dans le langage des savants, c'est une maladie. Le médecin a dit : "C'est une espèce de bouchon qui se met dans les artères." Et tout d'un coup, cloc ! Ca s'éteint comme si on te coupait le gaz !

CESAR (scientifique) : Ah ! Elle veut dire une embolidre !

M.BRUN (sans rire) : Il y a même des gens qui appellent ça une embolie !

CESAR  (condescendant) : Oui. A Lyon."

 

Boire de l’alcool sans mauvaise conscience… :

« César – Monsieur Brun, tous les apéritifs sont faits avec des plantes : gentiane, sauge, anis, peau d’orange, absinthe et cétéra. Or, les plantes, ce sont des remèdes. Dans ma chambre, j’ai un gros livre : la Santé par les Plantes, ça guérit TOUT. Alors, finalement, qu’est-ce que c’est qu’un apéritif ? C’est une espèce de tisane froide. Vous pourriez me dire qu’il y a de l’alcool… .

M. Brun – Je vous le dis.

César – Et qu’est-ce que c’est, l’alcool ? Essence de vigne : plante !

Challenge théâtre chez Eimelle !

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 17:46

Présenter ce livre est-il encore bien nécessaire ? Je ne sais combien de fois je l’ai vu dans vos blogs. Il fallait bien que je m’y colle, moi aussi ! Le voyage m’a plu !

La campagne irlandaise, un beau jour d’été. Une narratrice enfant se voit confier à un couple de la famille : les Kinsella. Pourquoi ? parce que sa mère est enceinte d’un énième marmot, qu’elle est fatiguée, qu’il n’y a momentanément plus de place pour la jeune fille. La narratrice découvre tout doucement qu’elle est la bienvenue dans cette maison sans enfants, elle découvre aussi qu’on peut s’intéresser à elle, lui prendre la main, s’occuper d’elle, ne pas lui donner des tâches trop difficiles à accomplir… elle découvre simplement qu’on peut l’aimer.

Le mot qui m’est venu à l’esprit à la fin de cette lecture, c’est « apprivoiser », la jeune fille apprivoise ses hôtes qu’on pourrait qualifier de « nouveaux parents », eux aussi apprivoisent cette demoiselle qui s’apparente à un petite animal farouche… et la jeune fille apprivoise les bonheurs de la vie, doucettement…

J’ai beaucoup aimé ce petit roman qui ressemble à un long poème, c’est beau, c’est un hymne à la vie et à l’espoir, c’est une renaissance.

« Au début, je n'arrivais pas à déchiffrer certains mots compliqués mais Kinsella plaçait son doigt sous chacun d'eux, patiemment, jusqu'à ce que je les devine, puis je l'ai fait toute seule jusqu'au jour où je n'ai plus eu besoin de deviner, et où j'ai continué ma lecture. C'était comme apprendre à faire du vélo : j'ai senti le mouvement, la liberté d'aller à des endroits où je n'aurais pas pu aller avant, et c'était facile. »

« Tu n'es pas toujours obligée de dire quelque chose, reprend-il. Pense que la parole n'est une nécessité en aucune circonstance. Nombre de gens ont beaucoup perdu pour la seule raison qu'ils ont manqué une belle occasion de se taire. »

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 21:17

 

Par où commencer ? par le fait que j’ai rarement été aussi rebutée face à une oeuvre ? qu’un seul adjectif m’est venu à l’esprit, « lourd » ?

Découverte audio pour ce livre si célèbre…

D’un côté, Kafka Tamura, un ado de quinze ans qui fugue. Cette fuite en avant en compagnie du « garçon nommé Corbeau » (sa conscience ? son double?) est aussi une découverte de la vie, de l’amour, de la sexualité.

D’un autre côté, Nakata, un vieil homme simplet qui ne parle de lui qu’à la troisième personne. Il va se sentir investi de différentes missions, va accomplir certaines tâches surnaturelles, va voyager, lui aussi, à travers le Japon.

Kafka est le fils d’un homme ignoble, tueur de chats. Il fuit ce père qu'il déteste et aimerait retrouver sa mère qui l’a abandonné à quatre ans, et sa sœur qu’il a à peine connue. Murakami revisite le mythe d’Œdipe puisque le père de Kafka est retrouvé mort alors que le fils se réveille le tee-shirt taché de sang… et que l’adolescent rencontre une femme dont il tombe amoureux et qui pourrait bien être sa mère…

Certains passages philosophiques sont intéressants, les clichés n’ont pas lieu d’être (ne vous attendez pas à un happy end, non plus), la trame non linéaire m’ a plus aussi, le personnage de Nakata est exceptionnellement attachant et par sa simplicité et sa candeur, il dépasse de loin les autres et semble le détenteur d’une certaine vérité  (et encore… l’idée n’est pas nouvelle…) mais comme je l’avais déjà souligné pour  1Q84, le style de Murakami me paraît toujours aussi plat et inintéressant. Quand le colonel Sanders (alias le personnage emblématique des fast-foods KFC !!!) a débarqué, quand il a plu des poissons et des sangsues, je me suis sentie dépassée. Mais bien au-delà de ces détails dont j’ai bien compris la portée symbolique (enfin, je crois !), c’est l’atmosphère détrempée, le malaise ambiant, le négatif lié à la morosité qui me déplaisent royalement chez Monsieur Murakami. Je n’adhère pas, je n’accroche pas, à lire ou à écouter, rien n’y fait, et je crois bien que j’ai fait mes adieux à ses œuvres.

Dernière remarque : le roman a été lu par Hervé Bernard Omnès, qu'il me pardonne, je ne sais pas quelle voix off il a été par le passé mais j'ai eu l'impression, les premières heures d'écoute, d'avoir à faire à un documentaire animalier un 1er janvier, quand on a la gueule de bois, qu'on regrette de s'être couché trop tard et qu'on n'est incapable de faire autre chose que d'être affalé devant la télé... Je me rattrape un peu, je me suis vite habituée à sa voix et il a particulièrement su différencier les personnages en nuançant sa voix.

L’écoute des deux CD m’a pris quatre semaines de trajet, j’en ai presque souffert à la fin, je n’avais qu’une envie : m’envoyer de la musique dans les oreilles pour oublier la climat pensant de ce livre audio !

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 16:05

Choisie au pif dans ma bibliothèque et parce que le nom de l’auteur me disait vaguement quelque chose (oui je sais, j’ai encore tout à apprendre en matière de BD !), cette BD n’est pas toute récente puisqu’elle date de 1995.

Louise Lemoine est une superbe jeune femme québécoise qui vit à Paris. Sans pudeur aucune, elle se promène nue dans son appartement… sauf qu’on la voit depuis le métro aérien qui passe à côté de chez elle. Armand, charmé,  y va au culot, sonne chez elle et lui dit qu’il est tombé amoureux. D’abord agacée puis amusée, Louise le revoit, aura une brève liaison avec lui avant de le plaquer. Ce qu’elle ne sait pas encore, c’est qu’un autre homme l’a également surprise dans son plus simple appareil. Il s’appelle Victor et, plus subtil qu’Armand, a créé un heureux hasard qui lui a permis de rencontrer la belle… Victor et Louise s’aiment et semblent filer le parfait amour jusqu’au jour où la jeune femme reçoit, dans sa boîte aux lettres, le fameux cahier bleu qui n’est rien d’autre que le journal de Victor où il raconte qu’il a épié Louise des jours et des jours, qu’il l’a guettée, évitée, qu’elle est devenue pour lui une obsession. Horrifiée, Louise quitte Victor.

En réalité, c’est Armand qui a été le chef d’orchestre de cette manigance, il connaissait Victor et il connaissait l’existence de ce journal intime. C’est par pure vengeance qu’il l’a envoyé à Louise.

L’intrigue est bigrement bien ficelée et, malgré les 70 pages, on ne s’arrête pas deux secondes. Une seconde femme entre en jeu à la fin de l’album, Elena, qui va se rapprocher du beau Victor… J’ai un peu moins été convaincue par les illustrations mais elles ont contribué à rendre l’histoire haletante, donc, tant mieux ! La bonne nouvelle, c’est qu’il existe une suite, Après la pluie, que je vais m’empresser de lire…

Extrait du journal de Victor : « Je trompais mon impatience en sondant les fenêtres de l’immeuble situé face à la ligne, comme il m’arrive souvent de le faire, curieux de pénétrer, même fugitivement, dans ces intérieurs anonymes. Soudain, derrière une fenêtre dans rideaux, passa une jeune femme entièrement nue, la tête cachée dans un drap de bain. La grâce de ce corps sans visage me troubla considérablement… Je scrutai avidement la fenêtre, mais la rame se remit en marche avant que la nymphe ne réapparaisse.»

 

»   17/20   »

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 12:02

Ce livre sommeillait dans ma PAL depuis pas mal de temps. Je me disais que je ne l’aimerais pas, qu’après avoir lu Rien ne s’oppose à la nuit, je serais déçue (difficile d’égaler un tel bouquin !), eh bien, j’ai eu tort, grandement tort !

Mathilde est une femme d’une quarantaine d’années qui ne vit que pour deux choses : ses trois garçons qu’elle élève seule depuis que son mari est décédé dix ans plus tôt, et son boulot. Bossant dans une grande boîte, c’est son travail qui l’a aidée à refaire surface, à se faire belle, à vouloir (re)devenir une conquérante. Elle a donc accumulé les heures, a sacrifié des week-ends et des soirées pour être la meilleure. Son directeur, Jacques, vexé par une seule petite remarque au cours d’une réunion où Mathilde a habilement suggéré qu’il puisse avoir tort, écrase petit à petit celle qui était devenue sa directrice adjointe. Cette violence silencieuse, ce harcèlement latent, Mathilde ne peut y faire face. Ce sont des réunions auxquelles elle n’est plus conviée, ce sont des dossiers auxquels elle n’a plus accès, des pots auxquels on a oublié de l’inviter… le lent processus d’humiliation, d’exclusion va rendre Mathilde dépressive. Pourtant, Mathilde, par désespoir, est allée consulter une voyante qui lui a prédit que sa vie changerait le 20 mai.

Thibault est un médecin urgentiste qui parcourt les rues de Paris pour soigner les gens. Il est las de côtoyer la misère, de se frayer un passage dans les bouchons, de répéter sans cesse les mêmes gestes, les mêmes paroles apaisantes. Ce jour-là, le 20 mai, il éprouve à la fois du soulagement et de la déception. Il vient de quitter sa maîtresse qu’il aimait, elle qui ne lui offrait que quelques nuits de sexe sans jamais aucune marque de tendresse ni d’affection. Il est fier d’avoir eu le courage de la quitter mais elle lui manque déjà…

La tension du livre réside dans la possibilité de rencontre entre ces deux êtres épuisés et abîmés par la vie. Les deux font le même rêve : « une femme/un homme à qui il/elle demanderait : est-ce que tu peux m’aimer ? Avec toute sa vie fatiguée derrière lui/elle, sa force et sa fragilité. »

Non seulement, j’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture mais j’ai aussi trouvé que le ton était très juste, les clichés absents, la subtilité omniprésente. Un regard contemporain sur l’entreprise, les relations homme-femme, la ville (quelle diatribe … on en vient à adorer la campagne !). Le titre est polysémique, il est question des tracas du métro mais les « heures souterraines » peuvent aussi désigner ces creux présents dans chaque vie, ces heures passées dans l’ombre et dénuées de tout espoir. Etrangement, la fin ne m’a pas déçue et j’y ai vu, malgré tout, une once d’optimisme. A lire !

« Elle aurait dû raconter les rendez-vous annulés à la dernière minute, les réunions déplacées sans l’en informer, les soupirs excédés, les remarques piquantes sous couvert d’humour, et ses appels qu’il ne prend plus alors qu’elle le sait dans son bureau. Des oublis, des erreurs, des agacements qui, isolés les uns des autres, relevaient de la vie normale d’un service. Des incidents dérisoires dont l’accumulation, sans éclat, sans fracas, avaient fini par la détruire. Elle a cru qu’elle pouvait résister. Elle a cru qu’elle pouvait faire face Elle s’est habituée, peu à peu, sans s’en rendre compte. Elle a fini par oublier la situation antérieure, et le contenu même de son poste, elle a fini par oublier qu’elle travaillait dix heures par jours sans lever la tête. Elle ne savait pas que les choses pouvaient basculer ainsi, sans retour possible. Elle ne avait pas qu’une entreprise pouvait tolérer une telle violence, aussi silencieuse soit-elle. Admettre en son sein cette tumeur exponentielle. Sans réagir, sans tenter d’y remédier… Elle est la cible aujourd’hui et il ne reste plus rien…. Elle se tait parce qu’elle a honte ».

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