Ayant découvert Thilliez avec Deuils de miel puis La chambre des morts, j’avais très envie de relire cet auteur.
Premier petit couac, il s’agit du deuxième opus d’un diptyque, le premier s’intitulant Syndrome [E]. Et je ne le savais pas… L’auteur le dit lui-même dans le préambule, il n’est pas nécessaire d’avoir lu le premier pour comprendre le second mais il manque un petit quelque chose, on sent bien qu’on ne sait pas tout, c’est comme si une partie du secret n’était pas révélée….
Eva Louts, une étudiante qui bossait sur la latéralité chez les hommes et chez les singes (= qui est gaucher, pourquoi, etc.) est retrouvée assassinée dans une cage, un singe apeuré à ses côtés. Ce n’est pourtant pas lui le meurtrier contrairement à ce que voulait faire croire cette macabre mise en scène. C’est le commissaire Franck Sharko qui enquête… très vite, il va être amené à en savoir plus sur l’homme de Cro-Magnon, l’ADN, le génome humain, l’intolérance au lactose, l’Evolution… Eva Louts ne sera pas son seul cadavre, non plus (c’est du Thilliez, du gore en veux-tu, en voilà).
Surgie du fin fond de son appartement, Lucie Hennebelle (que les habitués de Thilliez connaissent bien), attaque l’enquête de son côté… même si elle a rendu son insigne de flic quelques mois auparavant suite à une tragédie que je tairai ici. Lucie et Franck suivent des routes parallèles, croisées, pour finir par cheminer ensemble.
Si le rythme est haletant, si on a du mal à lâcher le bouquin (qui compte tout de même 500 pages), si toutes ces théories scientifiques sont tellement bien vulgarisées que j’ai moi-même tout compris ( !), j’avais hâte de terminer le livre. Ca n’est pas ma tasse de thé. C’est trop-trop-trop. Le bébé qui absorbe son frère jumeau dans le ventre de la mère, les gauchers qui sont plus violents que les droitiers, le nouveau-né qui tue sa mère en venant au monde… toutes ces théories, certes issues d’un petit pan de réalité, tombent dans le travers de l’outrance, de la caricature. Les deux enquêteurs et leur histoire si tragique qu’il vaut mieux aller se pendre tout de suite, ne font que confirmer cette ambiance terriblement morbide. Film américain sur papier.
Je fais partie des très rares à ne pas être complètement fan du bouquin, alors, ne vous arrêtez pas à mon avis…
Tiens, un extrait qui, justement, m’a agacée :
« Il faut avant tout savoir que le lactose est un composé spécifique du lait de mammifères. La différence individuelle entre tolérance et intolérance au lactose est purement génétique. L'intolérance au lactose se manifeste chez l'humain après le sevrage du nourrisson par sa mère, à partir du moment où l'on essaie de lui faire consommer du lait de vache. »
Je remercie chaleureusementDialogues Croisés pour l’envoi de ce livre !


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