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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 08:58

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A force d’en entendre parler, de la voir partout cette fameuse Lou (jusque sur les murs de mon fournisseur officiel de lectures, en poster géant), j’ai eu envie de savoir ce que pouvait bien être cette BD éclatante de couleurs.

Lou est une jeune collégienne (pendant quelques pages je me suis demandée quel pouvait être son âge, 12 ans, 15 ans, 22 ans… ce n’était pas clair) qui vit seule avec sa mère. Son père a quitté sa compagne quand elle était enceinte. La cohabitation se passe très bien sauf que la plupart du temps, c’est Lou la raisonnable, celle qui donne des conseils, celle qui pousse sa mère à sortir, à rencontrer des gens. La mère est maladroite au possible, elle n’a pas le permis, elle ne sait pas cuisiner, elle est aussi timide et fleur bleue que sa fille, elle est une passionnée des jeux vidéo.

Lou a une meilleure amie, Mina, qui l’accompagne et la conseille. La conseille surtout dans le domaine de l’amour car Lou est tombée amoureuse de son voisin d’en face, Tristan. En parallèle, sa mère en pince pour le beau Richard, le voisin de pallier. Lou prend vite une longueur d’avance puisqu’elle arrive à entamer une relation amoureuse avec Tristan alors que sa mère ne fait toujours que flirter avec Richard.

D’abord sceptique, j’ai rapidement été conquise par ce petit bout de femme, cette Lou souvent radieuse, plutôt combattive. Certaines planches sont vraiment drôles et m’ont arraché des sourires. Il y a, par exemple, le dialogue qu’imaginent Mina et Lou en jouant aux barbies. Ken n’a pas d’autres habits que ceux du Prince Charmant, ses cheveux sont «  en plastoc » et il ne sait rien faire d’autre que trotter sur son beau cheval blanc. Les filles se rendent compte que « Faut se rendre à l’évidence, on a passé l’âge. Ouais, toute la magie a disparu. »

Je ne pense pas lire la suite mais j’ai été contente de voir ce que c’était…

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 08:46

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Voilà un livre-surprise, à plusieurs titres. J’ai eu la joie de le recevoir de ma boîte aux lettres, comme ça, sans avoir rien demandé, et ça fait toujours plaisir.

 

Trois amies : Sophie, Jeanne et Alice. Elles n’ont pas le même âge ; Jeanne est la plus jeune avec ses vingt-cinq ans. Enseignante en musique, romantique, elle a aussi fait de la harpe sa grande passion. Alice, trente ans est une kiné qui a la particularité d’adorer le poker. Sophie, quarante ans, est mariée à Charles qui la couve et l’aime un peu trop d’après elle. Qu’est-ce qui lie ces trois femmes ? D’abord le cours de gym du vendredi soir où elles ont sympathisé, ensuite le pot ou le petit gueuleton qui s’ensuit… et surtout, Ulysse.

 

C’est Sophie qui en a eu l’idée : après avoir lu une petite annonce vendant un semainier Empire en placage d’acajou, aux « anneaux retenus par des mufles de lion et des pieds griffes en bois noirci » et autres charmantes descriptions, elle propose, par mail, un deal à ses deux amies : tenir une correspondance avec cet homme apparemment lettré et bien élevé. Les filles parient d’abord sur une semaine puis sur un mois. Elles inventent un pseudo à celle qui écrira à Ulysse : Eva. Cette correspondante fictive sera un mélange des trois amies, un peu de chacune d’elle, joueuse mais élégante, drôle et raffinée. Un jeu de séduction se met très vite en place. En parallèle, on assiste aux petits ou grands événements de la vie des trois copines. Elles ne sont pas toujours d’accord quant à ce qu’Eva répondra au mail d’Ulysse, elles essayent de créer une vie et une personnalité à ce personnage virtuel. Est-elle douce, libertine, jalouse… et plus concrètement, est-elle mariée,  avec des enfants, … citadine ???

Ce roman épistolaire est d’abord extrêmement agréable à lire, on a d’ailleurs du mal à le reposer, on a sans cesse envie de continuer la lecture. Les jeux de mots, de langage, les amusements stylistiques créent une surprise à chaque page. Cet échange de mails m’a fait penser aux deux Glattauer où la dimension instantanée des missives et l’évolution des personnages m’avait également charmée. Mais ici, le dénouement est spectaculaire, parfaitement réussi, j’ai été bluffée par le retournement de situation qui, de plus, laisse la porte ouverte à pas mal de questions essentielles sur l’identité, la valorisation de soi-même auprès des autres, l’amour.

 

Ø  « 01h36

De : Eva

À: Ulysse

Objet : RE : Mignardises… à la pomme

Il y a mille façons de croquer la pomme, vous savez, cher Ulysse. Laquelle a vos faveurs ?

Il faut déjà bien choisir le fruit. Ferme, lisse, la peau légèrement acidulée, je trouve que cela procure des sensations plus vives, surtout si la chair est un peu coriace. Mais à l’occasion, je ne dédaigne pas de la consommes préparée. Pas en charlotte ni en tatin, ça fait trop tarte… En chausson, c’est pire : pourquoi pas en charentaise ? Mais on peut la farcir, on peut la flamber, ou la regarder fondre (dans une noix de beurre avec un soupçon de cannelle). Car tout est bon en elle, et c’est bien à tort qu’on en a fait un fruit défendu, ne croyez-vous pas ?

Ou peut-être est-ce pour cette raison qu’on l’aime ? »

 

Ø  « 18h13

De : Sophie

À : Alice

Objet : RE : Mais qui est Ulysse ?

Ma petite Alice, j’ai du mal avec le mot mec, tu le sais bien. Certains hommes sont beaux, aucun « mec » ne peut l’être.

Pour le reste, qui est Ulysse, on s’en moque. On ne le saura jamais vraiment et c’est très bien ainsi. Si notre petit jeu change de règles, Ulysse va disparaître à son tour. Ulysse, ce pourrait être n’importe qui. N’importe quoi. Il s’est bien gardé de lever le voile.
Protéiforme, il s’est prêté au jeu des métamorphoses. Il ne peut devenir ni mari, ni amant. Il est l’homme. Ecce Homo. Jamais nous ne pourrons le rencontrer, c’est ce que Jeanne ne comprend pas. Jamais il ne pourrait prendre corps – sans s’encombrer de réalité. Les chaussures au sol. Les ronflements. L’odeur des aisselles après l’effort. La corne sous le pied. Les souvenirs anciens. La peur de l’avenir. La décomposition, jour après jour. Et un soir, la mort. Mais Ulysse n’a pas de corps : ce sort lui sera donc épargné. Car s’il n’est pas réel, il ne peut pas mourir. »

 

Une très belle réussite que ce roman que je ne peux m’empêcher d’estampiller « Coup de cœur ». Bravo à l’auteur !

Je remercie Ella Balaert ainsi que les éditions Myriapode pour ce joli cadeau !

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 14:54

Au départ, j’ai bien cru qu’il s’agissait encore d’une énième chronique de voyage comme Pyongyang de Delisle ou Tokyo Sanpo de Chavouet (que j’apprécie beaucoup beaucoup). Non. Ou alors au début et plus après.

Paul est marié à Lucie et papa d’une fillette prénommée Rose. Au début de la BD, la famille de Lucie, originaire du Québec, et l’esprit de tribu sont mis en lumière. La langue québécoise est riche et savoureuse, les expressions rigolotes pour les non-initiés fusent, on trinque à l’indépendance du Québec, on joue au scrabble et au jeu de cartes « J’achète », on se baigne dans une piscine chauffée dehors même en hiver, les parents de Lucie, Roland et Lisette pour leurs enfants et leurs « petits-lapins ». Bref, ces premières planches, je les ai trouvées sympa, sans plus… parfois même un peu confuses pour moi qui ne pratique pas le Québec (mais qui rêve d’y aller !).


            La seconde partie de l’album prend une autre tournure. Roland, le beau-père de Paul, est malade. Il ne lui reste que trois mois à vivre. Sa femme, Lisette, tente d’abord de le garder à la maison mais les maladresses de son mari, ses requêtes incessantes, son absence d’autonomie la contraignent à le placer dans un centre de soins palliatifs. L’endroit paraît idéal, le personnel est aux petits soins, les animations sont variées et ça ne ressemble pas à un hôpital. Pourtant, Roland joue à l’ours mal léché et se met tout le monde à dos. Heureusement, il change très vite d’attitude… Les jours passent, ses trois filles se relaient pour lui tenir compagnie et la petite famille de Paul vient aussi très régulièrement le voir. Roland maigrit, dépérit, s’affaiblit et finira par décéder une nuit après une soirée où ses filles ont fait un petit dîner dans sa chambre sur sa musique préférée, l’Ave Maria de Schubert.

Ce thème de la fin de vie m’a extrêmement touchée, j’ai beaucoup pleuré, les différentes étapes de la lente marche vers la mort sont pertinemment décrites. Certains détails m’ont bouleversée : Rose, la petite fille qui ne veut plus quitter le béret de son grand-père mort, sa dernière visite sur sa tombe, le texte prononcé à l’enterrement…. Tout en pudeur, sans faux-semblant, délicatement et subtilement, Rabagliati évoque un événement de sa vie.

Le dessin est simple, le noir et blanc se prête bien à la sobriété du récit. Un bel album à découvrir absolument !

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 20:39

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Qu’est-ce qu’on a entendu parler de ce livre ! en bien, en mal… Mangeur de prix (notamment le Grand Prix du Roman de l’Académie française et le 25è Goncourt des Lycéens), ce gros roman de 667 pages a soulevé diverses émotions, positives et négatives.

Marcus Goldman, le narrateur, est un écrivain célèbre. Il a publié un seul livre qui a immédiatement connu un succès fulgurant, de ceux qui font passer à la télé et sortir avec la vedette de série télé du moment. Oui mais le problème, c’est que Marcus devrait écrire un second excellent roman, très attendu par son éditeur… et par les lecteurs. En panne d’inspiration, il se rend à Aurora, petite ville perdue dans le New Hampshire, pour y retrouver son ami et mentor de toujours, le professeur et écrivain, Harry Quebert. Ce dernier a toujours su prodiguer de bons conseils à son élève. Un roman, surtout, a marqué sa carrière finissante : Les Origines du mal, que toute l’Amérique a lu et relu.

Harry Quebert voit soudain sa vie basculer : on trouve, dans son jardin, le cadavre de Nola Kellergan, une jeune fille disparue à l'âge de 15 ans. Harry est assez naturellement accusé du meurtre, Marcus vient à son secours et commence son enquête, en parallèle à celle de la police. Il apprend très vite que Nola et Harry s’aimaient malgré une différence d’âge d’une vingtaine d’années. Marcus est persuadé que son ami est innocent. Harry lui raconte l’amour très fort qui le liait à la jeune femme. Elle venait quotidiennement chez lui, lui faisait à manger, leur dorlotait pour qu’il puisse écrire sereinement son grand livre.

Les apparences sont trompeuses, les personnages de grands menteurs et les cent dernières pages regorgent de rebondissements. Marcus est au centre, il est plus doué que la police, il fouine, interroge, guette.

Commençons par le positif : l’art de nous emmener dans cette petite ville d’Aurora, on s’y promène allègrement ; les personnages sont judicieusement dessinés, on a l’impression de les avoir croisés en fermant le livre. Ce que j’ai très particulièrement aimé, c’est cet effet poupées russes constant. Un écrivain qui parle d’écriture, un narrateur qui devient personnage et un auteur qui est personnage de son livre, voilà de quoi semer une joyeuse confusion et une douce réflexion sur l’écriture (pas révolutionnaire non plus, il faut bien l’admettre !). Chaque nouveau chapitre débute par un conseil du maître à l’élève, un conseil d’Harry à Marcus. Et l’ironie du sort a voulu que Joël Dicker connaisse le même succès que Marcus Goldman, il faut avouer que c’est assez drôle, on a parfois l’impression que Dicker nous explique comment il a fabriqué son livre à la manière d’un bricoleur nous montrant comment il a monté son meuble en kit…

Le négatif ? Oui, il y en a. Entre les pages 300 et 500, j’ai passé pas mal de temps à soupirer. Que de redites ! Quel style plat ! On a droit à quelques extraits du soi-disant chef-d’œuvre d’Harry Quebert, et là, on en reste comme deux ronds de flan : c’est d’une mièvrerie ! Même l’histoire d’amour entre Harry et Nola, qui aurait pu être touchante (très loin des prodigieux tourtereaux de Nabokov), n’est pas crédible, trop fausse, trop empruntée, trop puérile. Et là on est en droit de s’étonner de savoir l’Académie française plébisciter ce roman. Ce n’est pas un livre de qualité, non. Enfin, il y a la dimension policière. S’il faut admettre que les revirements de situation nous laissent pantois (je défie quiconque de deviner la fin avant l’heure), ces derniers sont aussi un peu tordus et embrouillés et il existe de nombreuses « coïncidences exceptionnelles » (je ne fais que citer le roman lui-même). Et un polar qui traîne de cette manière-là perd en efficacité.

Je l’ai quand même lu en entier, j’y ai parfois pris du plaisir, c’est une lecture facile, parfaite pour la plage, mais certainement pas un roman sublimissime, loin de là. 

 

Jenny est serveuse au Clark’s, le bar qu’Harry (jeune) fréquente régulièrement. Elle se met à rêver qu’il en pince pour elle. Sa mère, Tamara, entre dans son jeu. Petite satire des Etats-Unis au passage…

« Tamara attrapa une boîte de fard et peinturlura le visage de sa fille, tout en rêvassant. Il écrivait un livre pour elle : bientôt, à New York, tout le monde parlerait du Clark’s et de Jenny. Il y aurait sans doute un film aussi. Quelle merveilleuse perspective ! Ce Quebert était l’exaucement de toutes ses prières : comme ils avaient bien fait d’être des bons chrétiens, les voilà récompensés. Elle réfléchissait à toute allure : il fallait absolument organiser une garden-party dimanche prochain pour officialiser la chose. Le délai était court mais le temps pressait : le samedi d’après, ce serait déjà le bal de l’été et toute la ville, médusée et envieuse, verrait sa Jenny au bras du grand écrivain. Il fallait donc que ses amies à elle voient sa fille et Harry ensemble avant le bal, pour que la rumeur fasse le tour d’Aurora et que, le soir du bal, ils soient l’attraction de la soirée. Ah, quel bonheur ! Elle s’était fait tellement de souci pour sa fille : elle aurait pu finir au bras d’un routier de passage. Pire : d’un socialiste. Pire : d’un nègre ! Elle frémit à cette pensée : sa Jenny et un affreux nègre. Soudain, une angoisse la saisit : beaucoup de grands écrivains étaient des Juifs. Et si Quebert était un Juif ? Quelle horreur ! Peut-être même un Juif socialiste ! Elle regretta que les Juifs puissent être blancs de peau parce que cela les rendait invisibles. Au moins, les Noirs avaient l’honnêteté d’être noirs, pour qu’on puisse les identifier clairement. Mais les Juifs étaient sournois. Elle ressentit des crampes dans son ventre : son estomac se nouait. Depuis l’Affaire Rosenberg, elle avait une grande peur des Juifs. Ils avaient tout de même livré la bombe atomique aux Soviets. Comment savoir si Quebert était juif ? Elle eut soudain une idée. Elle regarda sa montre : elle avait juste le temps d’aller au magasin général avant qu’il n’arrive. Et elle s’empressa de faire l’aller-retour. »

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 10:26

On connaît une Bagieu rigolote, en voilà une plus « sérieuse »,  … quoique…

Eloïse Pinson se retrouve assise sur un banc, dans une rue parisienne. Elle se demande ce qu’elle fait là, elle ne souvient plus pourquoi elle est là, elle ne se souvient même plus ni de son prénom ni de l’endroit où elle habite. Elle trouve ces informations dans son sac. Elle se rend péniblement chez elle, dans ce qui apparemment, constituerait son appart, mais rien ne lui est familier, elle ne se souvient ni de son chat, ni de sa cuisine, ni de son parfum de gel douche, ni de son mot de passe pour allumer l’ordinateur.

Le lendemain matin, un coup de fil l’avertit qu’elle a trois heures de retard à son boulot. Mais elle ne se souvient plus de son travail. Elle découvre petit à petit sa vie. Comme une enquêtrice, elle assemble les pièces du puzzle de l’existence de la fille qu’elle avait été… Une collègue l’aide et la soutient, Sonia. Les médecins et les psys lui disent qu’elle est normale, qu’une telle amnésie ne peut pas exister, car elle se souvient des stations de métro, de Britney Spears et de toutes les connaissances qu’elle a pu accumuler jusque-là.

Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé cette lecture, j’ai passé un bon moment, les illustrations m’ont plu, mais le hasard a fait que j’ai lu cet album peu après La Parenthèse qui traite à peu près du même sujet mais qui est brillamment réussi. Un peu déçue par une fin « facile », j’ai trouvé cette BD-là divertissante, un point, c’est tout.

Le début : « Je faisais quoi, déjà ? … Je suis o, là ? … J’ai pleuré ??? Je ferais mieux de rentrer. C’est où, chez moi ? Il était juste là… C’est MON Sac ? … »

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 09:07

 

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C’est en livre audio que j’ai découvert cette saga familiale américaine. Vingt-et-une heures d’écoute !

            En faisant constamment mumuse avec la chronologie, l’auteur nous raconte l’histoire d’une famille, les Berglund.

            Il y a d’abord la mère, Patty. Adolescente, elle a été une excellente basketteuse. Un viol, que ses parents ont demandé de taire, a changé sa vie. Jeune adulte, elle tombe amoureuse de Richard, un guitariste en vogue, mais épousera finalement son meilleur ami, Walter. Ce dernier, fou amoureux de sa femme, va petit à petit se lasser de son désamour et se jeter corps et âme dans un mouvement écologique fanatique qui prône la non-reproduction.  Joey, le fils, découvre la sexualité avec sa petite voisine qu’il essaye par la suite d’évincer mais dont il ne peut pas se passer… Jessica, quant à elle, semble la plus équilibrée de la famille.

La plupart des infos parvient aux lecteurs grâce au journal intime de Patty. L’autobiographe nous dévoile sa vie et interpelle régulièrement le lecteur. On y trouve un melting-pot de genres : du mélodramatique, du comique, du scatologique, du sociologique, de l’historique (un petit chouïa, ça se passe sous l’ère W. Bush) mais ce sont surtout les portraits des personnages et leurs évolutions qui sont intéressants. La complexité des liens humains est à l’image du nombre de pages du bouquin !  Quant à mes réactions, elles aussi ont fait preuve de diversité : parfois épatée, rarement subjuguée, j’ai souvent été rebutée par la lâcheté des personnages, leur dimension cynique, cette écologie extrémiste –quelle horreur ! et le pessimisme ambiant. Encore un Américain détracteur de son propre pays ?

Voilà un roman logorrhéique que je suis bien contente d’avoir découvert en livre audio ! La version papier, je l’aurais sans doute abandonnée (par ennui) mais la voix de Pierre-François Garel dont on m’avait vanté les mérites, son talent d’acteur m’a vraiment permis de rester accrochée à l’histoire.

 

Je remercie chaleureusement les Editions Thélème !

 

« Pour passer le temps, Walter dressa des listes mentales de tout ce qui avait mal tourné depuis qu’il s’était réveillé au Days Inn. Accroissement net de la population : 60 000. Nombre d’hectares nouvellement couverts par l’urbanisme aux Etats-Unis : 400. Nombre d’oiseaux tués par des chats domestiques ou redevenus sauvages : 500 000. Barils de pétrole brûlés dans le monde : 12 000 000. Tonnes de gaz carbonique envoyées dans l’atmosphère : 11 000 000. Requins massacrés pour leurs ailerons et abandonnés flottant à l’eau : 150 000… Ces chiffres, qu’il remettait constamment à jour pour passer le temps, lui apportèrent une étrange satisfaction. Il est des jours si mauvais que seule la perspective qu’ils deviennent pires encore, seule une descente dans une véritable orgie d’horreur, peut les sauver. »

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 08:02

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Voilà un livre audio extrêmement court (1h40) qu’on peut écouter d’une traite ou au contraire en petits fragments, par-ci, par-là puisqu’il n’y a pas d’ordre à suivre.

Delerm pointe du doigt les petites phrases et expressions qu’on utilise au quotidien et qui sont parfois stupides ou vides de sens « On ne vous voit pas assez ! », « Oh, lui, rien ne l’inquiète », « J’en parle dans mon livre »,  « Vous n’aimez pas l’accordéon ? », « Mets ta cagoule ! », «J’ai fait cinq ans de piano », …

Je reviens sur mes pas : ces phrases ne sont pas prononcées par nous tous au quotidien. Elles visent surtout à mettre en valeur nos manies, nos erreurs de langage, notre manque de politesse, nos bêtises. Exemple : « Sinon, moi je peux vous emmener », prononcée par le gars qui attend que toutes les personnes de l’entourage de l’intéressé se soient excusées, ne pouvant dépanner l’intéressé en question ; petite phrase qui prouve que le service rendu est fait à contrecœur.

Le support audio est encore une fois, ici, parfait, c’est léger et court, ça s’écoute partout et la voix de Pierre Arditi captive d’emblée. Je suis tout de même un peu déçue parce que c’est justement très (trop) court et que je ne me suis pas retrouvée dans toutes les phrasounettes.  Il y a même un côté désuet qui m’a parfois dérangée. Le titre la revendique peut-être cette dimension surannée mais on pourrait rajouter que le « en disent long » ne veut pas dire grand-chose justement.  Je chicane, j’aime Delerm, quoi qu’il fasse…


A lire ou à écouter en cas de fringale ou d’ennui.

 

Merci à Chloé et à Audiolib pour ce moment de divertissement !

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 10:13

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Cette bande dessinée regroupe plusieurs histoires ayant pourtant un point commun : une mort inattendue, une mort surprenante. Les fins sont souvent violentes, complètement étonnantes.

L’univers dans lequel on nous fait entrer est aussi particulier, c’est celui de la prison, des trafics en tous genres, des bars sordides, de la prostitution, de l’adultère. Si je n’ai pas aimé toutes les histoires, les chutes m’ont à chaque fois bluffée.
Les dessins sont assez géométriques, plutôt froids mais ils s’accordent ainsi à merveille avec les scénarios. La couverture est trompeuse, j’ai failli ne pas le choisir, cet album, m’attendant à lire un navrant comics. A lire, donc, pour se laisser surprendre…

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 10:46

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J’ai longtemps hésité quant à la façon de découvrir ce gros roman : livre audio ou lecture ? J’ai opté pour la deuxième solution.

Carl Morck est un flic mis à l’écart. Une récente altercation a mal tourné : un de ses collègues, Harry, s’est retrouvé immobilisé à l’hôpital, et un autre est mort. Carl a du mal à vivre avec cette culpabilité et, de peur qu’il bâcle son boulot, on l’isole dans un département spécialement créé pour l’occasion, le Département V, chargé de déterrer de vieilles histoires non élucidées. Contre toute attente, Carl, accompagné de son improbable assistant, Assad, se met à la tâche avec brio et résout la première enquête :

Merete Lyyngaard est une jeune politicienne dynamique et jolie. Elle cache pourtant un secret : son frère, Oluf, handicapé mental dont elle s’occupe depuis l’accident de voiture qui a tué leurs parents. Elle n’a donc aucun autre loisir que celui de s’occuper de son jeune frère. Un jour, Merete disparaît. C’est sur le pont d’un bateau qu’elle a été vue pour la dernière fois, en compagnie d’Oluf. Lorsque Carl reprend l’affaire en main, cinq ans plus tard, il constate que les policiers avaient bâclé le travail et avaient relativement facilement conclu à la thèse de l’accident et de la noyade.

            Les chapitres consacrés à Merete nous apprennent que la jeune femme a été enlevée et séquestrée dans des conditions affreuses. Tantôt noyée dans une lumière aveuglante, tantôt plongée dans le noir, la jeune femme ne voit personne, reçoit un seau quotidien de nourriture abjecte et ne comprend pas pourquoi elle est retenue prisonnière. Ça va durer cinq ans…

Le thème de l’enfermement est assez courant dans le genre policier, j’ai pensé aux  Morsures de l’ombre de Karine Giebel, notamment. Et c’est vrai que ça fonctionne. On tremble avec Merete quand elle est obligée de s’arracher une dent pourrie, quand elle découvre pour la première fois le visage de ses bourreaux. Le roman est efficace même si on devine assez vite les tenants et les aboutissants, si les incohérences poussent comme une mauvaise herbe vers la fin du livre… Une lecture facile qui se serait effectivement parfaitement prêtée à une écoute en livre audio.

« Le sol en béton sur lequel elle se réveilla était glacé. Elle leva la tête et sentit une douleur lancinante. Ses jambes étaient lourdes et elle pouvait à peine soulever ses épaules, qui semblaient collées au sol. Elle se força à s'asseoir et essaya de s'orienter dans cette obscurité fracassante. Elle voulut appeler mais elle n'osa pas et elle se contenta de respirer profondément et en silence. Puis elle tendit prudemment les mains pour sentir s'il y avait quelque chose à sa portée. Il n'y avait rien. »

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 18:02

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Oui, j’avais dit que je ne lirai plus les aventures de Mamette, mais convaincue par les commentaires du billet, j’ai eu envie de savoir ce que cette Mamette avait bien pu faire, enfant.

Car c’est bien de l’enfance de Mamette qu’il s’agit, comme le titre l’indique, elle se remémore son passé. Abandonnée (momentanément ?) par sa mère qui divorce, par un père complètement absent, elle est confiée à la sœur de sa mère à l’âge de huit ans. De la ville, elle passe à la campagne et découvre la vie rustique et fermière de sa tante et de ses grands-parents. Elle trait les vaches, gardes les chèvres, mange une soupe au goût douteux, dort dans le grenier où il y autant de souris que d’araignées, assiste au meurtre du joli lapin dont elle câlinait les petits. Bref la vie est rude, mais à cet âge-là, on s’y fait même si ça fait maintenant plusieurs mois que maman n’est pas revenue. Le papi la gâte un peu en lui racontant des histoires (la chèvre de Monsieur Seguin), en lui offrant des gâteaux, elle découvre les romans de Jules Verne (oui à cet âge-là !) de sa tante, elle rougit devant le fils du fermier voisin… La BD se termine par le retour à la vie présente… une Mamette qui descend péniblement l’escalier, qui prends son sac de courses et va fleurir la tombe de son mari.

Il est vrai que ce recueil de souvenirs est tendre et touchant, cette vie à la dure nous fait même relativiser nos petits bobos bien modernes. Et puis, il y a cette envie de poursuivre l’histoire, l’auteur a su ménager assez de suspens pour que la lecture du tome 2 me tente !

 

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