Jean Teulé a repris l’histoire de la vie extraordinaire d’Hélène Jégado, une Bretonne, qui, au XIXème siècle, a été une implacable tueuse en série.
C’est à Plouhinec, village 100% breton, que les dés sont jetés au début du XIXème siècle. En apprenant que manger des baies de belladone est mortel, la jeune Hélène se fait la main sur sa mère. Ce n’est que le début. Cuisinière et embauchée un peu partout en Bretagne pour ces talents-là, Hélène surnommée « Fleur de tonnerre » va empoisonner (à l’arsenic, surtout) ses patrons des membres de sa famille, des connaissances… en fait, tous ceux qui croisent son chemin. Elle n’épargne personne, n’éprouve, apparemment, aucun état d’âme à supprimer la vie.
Pourquoi ? Fleur de tonnerre se prend pour l’Ankou, cette personnification de la Mort qui se déplace dans une charrette grinçante. Elle prend plaisir à tuer, on suit son parcours à travers les villages bretons. Quand le soupçon pèse sur elle, elle s’en va, se fait engager ailleurs, propose encore une fois sa bonne soupe aux herbes où l’arsenic peut accomplir sa mission…
C’est très répétitif. Elle cuisine, elle tue, elle se déplace, elle cuisine, elle tue, elle se déplace. J’ai failli laisser tomber. Et pourtant, l’écriture de Teulé nous emporte, ce personnage de cinglée fascine, on se demande quand ça finira. La scène finale présente son procès… avant sa décapitation.
C’est du Teulé tout craché. Le verbe lourd, le langage fleuri, l’écriture presque indigeste par endroits, le portrait d’un personnage exécrable. Je ne regrette pas cette lecture mais elle n’est pas indispensable, loin de là. J’avais préféré Le Montespan, bien plus riche, plus surprenant et plus drôle.
Je traverse une période où aucun livre ne me satisfait entièrement. Est-ce une coïncidence ou est-ce moi qui suis devenue beaucoup trop difficile ?
« Elle est devant quelqu’un qui va mourir… C’est comme la naissance d’une vocation. Posant ses phalangettes sur une joue brûlante de sa génitrice, on dirait Mozart enfant écrasant pour la première fois les touches d’un clavecin. Elle murmure ce que les adultes prennent pour un sanglot : « Guin an eit… (le blé germe) » et sa mère meurt […] »
« En Basse-Bretagne, les maris ne marquent jamais leur veuvage, monsieur Michelet. Seuls les animaux de la ferme y sont associés. J’ai recouvert ma ruche d’un drap noir et fait jeûner ma vache la veille des funérailles de ma femme. Apprenez ça dès maintenant car on ne sait jamais, vous l’ancien révolutionnaire de la Terreur qui sera bientôt marié, rajoute Jean en remarquant des broderies sur les rubans flottants derrière le chapeau de Michelet - indication qu’il est fiancé. »
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