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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 12:14

Jean Teulé a repris l’histoire de la vie extraordinaire d’Hélène Jégado, une Bretonne, qui, au XIXème siècle, a été une implacable tueuse en série.

C’est à Plouhinec, village 100% breton, que les dés sont jetés au début du XIXème siècle. En apprenant que manger des baies de belladone est mortel, la jeune Hélène se fait la main sur sa mère. Ce n’est que le début. Cuisinière et embauchée un peu partout en Bretagne pour ces talents-là, Hélène surnommée « Fleur de tonnerre » va empoisonner (à l’arsenic, surtout) ses patrons des membres de sa famille, des connaissances… en fait, tous ceux qui croisent son chemin. Elle n’épargne personne, n’éprouve, apparemment, aucun état d’âme à supprimer la vie.

Pourquoi ? Fleur de tonnerre se prend pour l’Ankou, cette personnification de la Mort qui se déplace dans une charrette grinçante. Elle prend plaisir à tuer, on suit son parcours à travers les villages bretons. Quand le soupçon pèse sur elle, elle s’en va, se fait engager ailleurs, propose encore une fois sa bonne soupe aux herbes où l’arsenic peut accomplir sa mission…

C’est très répétitif. Elle cuisine, elle tue, elle se déplace, elle cuisine, elle tue, elle se déplace. J’ai failli laisser tomber. Et pourtant, l’écriture de Teulé nous emporte, ce personnage de cinglée fascine, on se demande quand ça finira. La scène finale présente son procès… avant sa décapitation.

C’est du Teulé tout craché. Le verbe lourd, le langage fleuri, l’écriture presque indigeste par endroits, le portrait d’un personnage exécrable. Je ne regrette pas cette lecture mais elle n’est pas indispensable, loin de là. J’avais préféré  Le Montespan, bien plus riche, plus surprenant et plus drôle.


          Je traverse une période où aucun livre ne me satisfait entièrement. Est-ce une coïncidence ou est-ce moi qui suis devenue beaucoup trop difficile ?

 

« Elle est devant quelqu’un qui va mourir… C’est comme la naissance d’une vocation. Posant ses phalangettes sur une joue brûlante de sa génitrice, on dirait Mozart enfant écrasant pour la première fois les touches d’un clavecin. Elle murmure ce que les adultes prennent pour un sanglot : « Guin an eit… (le blé germe) » et sa mère meurt […] »

«  En Basse-Bretagne, les maris ne marquent jamais leur veuvage, monsieur Michelet. Seuls les animaux de la ferme y sont associés. J’ai recouvert ma ruche d’un drap noir et fait jeûner ma vache la veille des funérailles de ma femme. Apprenez ça dès maintenant car on ne sait jamais, vous l’ancien révolutionnaire de la Terreur qui sera bientôt marié, rajoute Jean en remarquant des broderies sur les rubans flottants derrière le chapeau de Michelet - indication qu’il est fiancé. »

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 21:42

Premier tome d’un  dyptique d’un auteur qu’on m’a recommandé maintes fois. Ah, je n’ai pas regretté le déplacement !

L’auteur-narrateur évoque sa vie d’écologiste. Quand on est écolo, on l’est tout le temps, aussi bien quand il s’agit de se déplacer (vélo hollandais), quand il s’agit de manger (légumes non traités et même repas sans lait de vache), quand il s’agit de jardiner (arracher les mauvaises herbes à la main est bien plus écolo que d’utiliser des produits chimiques).


             On sent bien qu’il a vraiment l’âme écolo notre Pedrosa mais que la route est longue et semée d’embûches ! Non seulement, il est difficile de convaincre les non-écolos mais il est parfois bien ardu de respecter sa propre ligne de conduite. Donc, Pedrosa dit non au poney qui tond le gazon à la place de sa tondeuse polluante, il ne peut se passer des saucisses cocktails qu’il aime tant, il se goinfre de fromages quand sa femme, bien plus coriace que lui encore, a le dos tourné.

C’est drôle et ça rend un sujet devenu délicat plutôt léger, ce qui n’est pas pour me déplaire… Dans la presque même veine, j’avais lu le très intéressant livre d’Iegor Gran,  L’écologie en bas de chez moi, qui m’avait fait presque autant rire que cette BD. Et on rit, c’est vrai. L’auteur se ridiculise, pointant du doigt son absence de répartie et ses petites faiblesses. Il a, par exemple, recueilli un chaton pour le plus grand plaisir de ses enfants. Il l’a baptisé Sardine. Par sa faute, le félin s’est échappé et le voilà qui fait le tour du quartier sur son vélo en hurlant des « Saaaaardine » désespérément. « les voisins vont penser que je vends du poisson ».

J’ai hâte de lire le tome 2 ! A suivre, très bientôt !

« Ce fut comme une révélation… Après toutes ces années militantes, il fallait se rendre à l’évidence. J’étais incapable de répondre à ces trois questions fondamentales de l’écologie : 1. Faut-il vraiment enlever les putains de bouchons de bouteilles en plastique pour les recycler ? 2. Peut-on oui ou merde jeter les bouteilles d’huile avec les autres bouteilles en verre ? 3. Faut-il mettre à plat le papier dans ces saloperies de poubelles jaunes ? »

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 19:54

Découvert en livre audio, ce roman est une dystopie.

Dans un univers étrange où il n’existe plus qu’un seul pays, les « Etats-Uniques », les êtres sont contrôlés par des puces à partir de l’âge de 13 ans : puce qu’on leur insère dans le cerveau. Le gouvernement peut ainsi surveiller tout le monde mais aussi gérer à distance leurs pensées et leurs intentions.

Thomas Drimm, un adolescent de « 13 ans moins le quart » tue accidentellement un vieil homme sur une plage avec son cerf-volant. Paniqué, le garçon cache le meurtre en lestant l’homme et le cerf-volant à un bateau qui les emmène au large. Contre toute attente, l’esprit du vieillard se retrouve dans la peluche de Thomas. Il lui parle et lui révèle qu’il est le grand savant, le professeur Pictone, inventeur du bouclier anti-matière qui protège les Etats-Uniques de toute attaque extérieure. Ce  bouclier s’avère être plus un danger qu’une protection et Pictone demande à Thomas de devenir son intermédiaire pour détruire le bouclier.

Thomas est un adolescent considéré comme obèse, ce qui est une tare dans l’univers où nous projette Cauwelaert. Sa mère est psychologue dans un casino, c’est elle qui suit les grands gagnants. Son père est alcoolique et plutôt banni de la société parce qu’il a une culture qui appartient au passé (notre présent !). Thomas va trouver en la personne de sa voisine, Brenda, une adulte dont il est amoureux depuis longtemps, une alliée.

Si la science-fiction ne m’a jamais attirée plus que ça, il faut avouer que ce Professeur Pictone, réincarné en peluche usée, est adorable. Il parvient laborieusement à bouger ses membres de peluche et on assiste à un nounours qui se hisse doucettement d’un sac à dos. L’histoire elle-même ne m’a pas vraiment passionnée mais elle a été assez divertissante et pas trop compliquée (malgré ces blablas de savant fou) pour occuper mes trajets en voiture. Il existe une suite que je n’écouterai ni ne lirai.

Le summum, c’est la lecture faite par l’auteur lui-même… allez, rien que pour ça, réservez vos oreilles pour 8h50 …

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 21:17

 

Comme l’indique le titre, l’auteur nous présente le dernier vol d’un pilote japonais, américain, allemand puis russe pendant la Seconde Guerre Mondiale. Moments qui devraient touchants puisque c’est le pilote qui s’exprime. Le Japonais explique qu’il a accepté de faire le kamikaze pour « porter un coup violent à cet ennemi qui viole la terre de notre patrie », l’Américain se fait toucher à la jambe et ne volera plus, l’Allemand considéré comme « l’expert » n’est pas si invincible que ça et le Russe meurt en délaissant une compagne enceinte…

Les illustrations sont très belles, la beauté des explosions sur fond de ciel bleu, les avions qui planent, volent et tourbillonnent… On sent que le dessinateur s’est fait plaisir. Pour le reste… ces quatre exemples de la stupidité militaire très vite expédiés m’ont laissée sur ma faim. On a juste envie de dire à ces mecs qu'ils l'avaient bien cherché... Je crois bien que j’avais trouvé cette BD classée dans un top des meilleures BD… bof, bof, bof. Faut-il être gros macho et/ou militaire pour apprécier ce genre d’ouvrage ? Pour ma part, tout ça est passé à côté de moi à la vitesse d'un Messerschmitt BF-109 G-10 (attention, vitesse de pointe exceptionnelle) ! 

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 09:50

Je n’ai pas su attendre la sortie en poche pour découvrir ce roman…

Un homme entre dans une chambre d’hôpital pour assister aux dernières heures de vie d’une certaine Ilsa Schaffner. La petite-fille de la mourante, Marianne, est là aussi. Si l’inconnu qui se trouve être David Rosfeld est ému, Marianne en veut à Ilsa pour ce qu’elle a été : une nazie qui aurait participé à un massacre d’enfants.

David prend Marianne par la main pour lui révéler la vérité. S’ensuit un monologue ou plutôt un dialogue tronqué puisque David parle seul, reprenant les questions, les réactions et les interrogations de la jeune femme dont on ne nous livre aucune parole.

1941. Considéré comme attardé mental, le jeune narrateur, Jürgen, fils de paysan, se retrouve interné à l’hôpital psychiatrique d’Hadamar. Là-bas, les médecins « avaient pour consigne d’éradiquer non pas la maladie, mais les malades. » Les premières chambres à gaz y étaient inaugurées… avec succès. Un camarade de chambre, David Rosfeld, fils de la grande physicienne, Yaël Rosfeld, tuée par les nazis, se voit épargné grâce à son QI de 180. Choisi pour faire partie d’un groupe d’enfants surdoués, il n’ira pas en chambre à gaz. Mais David, malingre et épileptique, fait à son nouvel ami la plus folle des propositions : « Tu vas me remplacer, Jürgen. Tu vas devenir moi. Et je mourrai à ta place» en lui demandant de poursuivre les recherches de sa mère.  Les deux garçons échangent leur lit et modifient leur numéro de matricule et les dés du destin sont jetés.

C’est au château d’Helm et entouré d’enfants surdoués, que le « nouveau » David rencontrera Ilsa Schaffner, à la fois sa tutrice, son amie, sa confidente (elle seule sera dans le secret de sa véritable identité)… et sa maîtresse.

Pour commencer par le négatif, j’ai été gênée de ne pas savoir quelle était la part de fiction, quelle était la part de réalité historique. Hitler, Göring, Eisntein rencontrent le personnage central. La femme qu’on croyait liée aux pires nazis, se révèle être leur plus grande ennemie. Ensuite, cette histoire d’amour balbutiante m’a paru peu crédible. Le personnage même de David qui ne fait que parler tout seul pendant tout le roman est peu vraisemblable, ce monologue fait de Marianne une gourde qui n’a pas droit à la parole. Et pourtant, je ferais du romanesque le côté positif de ce roman. Quelle histoire ! quels personnages ! Les dernières pages sont touchantes et sublimes de poésie et d’émotion. Une leçon, un exemple, un espoir qui naît de la noirceur, voilà ce que tente de transmettre ce livre qui, quoi qu’on en pense, marquera les esprits.

Suis-je la seule de cet avis ? Didier van Cauwelaert me fait furieusement penser à Eric-Emmanuel Schmitt… même fluidité dans l’écriture, même sujets accrocheurs et légèrement édifiants… même inégalité d’un livre à l’autre ! Je vous rappelle mon énorme coup de cœur théâtral de Cauwelaert :  Noces de sable.

 

 

« le meilleur moyen de cacher son infériorité, c’est en effet de s’imposer comme dominant »

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 13:35

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Gros pavé qui dormait depuis des mois dans ma PAL…

            Michael Owen a été choisi pour écrire une saga, celle de la prestigieuse et fortunée famille Winshaw. C’est Tabitha, la tante, considérée comme folle, qui lui a fait cette demande. D’après elle, la mort de son frère Godfrey, dont l’avion s’est crashé pendant la Seconde Guerre Mondiale, n’est pas un accident mais un meurtre. D’entrer dans cette famille, Michael va s’en mordre les doigts en découvrant que tous ses membres sont de fieffés requins. Il traîne lui-même un passé peu agréable, est capable de passer des années enfermé dans son appartement et s’enfonce dans son obsession amoureuse, celle d’une actrice découverte à l’âge de 9 ans…

            Pour moi, ce roman comporte deux grandes facettes : celle de l’analyse politique accompagnée d’une réflexion sur le thatchérisme et de la guerre du Koweit et celle d’un roman policier ou plutôt d’une parodie de roman policier, en tout cas, je l’ai lu comme tel et c’est ce deuxième versant que j’ai le plus apprécié. L’humour pince-sans-rire et cette subtile perversité dans le comique m’ont vraiment plu. Je l’avais déjà remarqué pour  La Femme de hasard, Coe écrit brillamment, sa verve nous met en joie, il a une manière d’aborder les personnages vraiment jubilatoire. Il ne faut cependant pas s’endormir sur sa page, car structure comme personnages sont assez complexes. Mêler du Hitchcock, de l’Agatha Christie (la fin ne serait-elle pas une réécriture des Dix Petits nègres ?) mais aussi un brin de poésie, une réflexion sur l’écriture et une satire sociale et politique, seul un génie est capable de le faire. Et quand génie il y a, je m’incline et m’efface :

 

Ø  La fascination d’une lettre : « Alors je restais à demi endormi dans mon lit, à épier les pas du facteur dans l'escalier. D'une certaine manière, je n'ai jamais perdu cette foi enfantine dans la capacité d'une lettre à transformer mon existence. La simple vue d'une enveloppe sur mon paillasson peut encore m'emplir d'espoir et d'impatience, si éphémères soient-ils. Les enveloppes brunes ont rarement cet effet, il faut dire; et les enveloppes à fenêtres, jamais. Mais il y a l'enveloppe blanche, à l'adresse écrite à la main, ce glorieux rectangle de pure possibilité qui a pu se révéler à l'occasion n'être rien de moins que l'annonce d'un monde nouveau. »

 

Ø  Quand Michael cherche le bon mot : « C’était une grande chambre. Non, beaucoup trop plat. C’était une chambre somptueuse ? Trop cliché. Une chambre délicieusement ? Trop cucul. C’était une grande chambre somptueuse et délicieuse. Elle était somptueusement délicieuse. Elle était délicieusement grande. Pour être franc, je me foutais complètement de la chambre que c’était. Et mes lecteurs aussi, très probablement. Il valait mieux laisser tomber et faire avancer les choses. »

 

 

Ø  Dans un château immense et sombre, un soir d’orage :

-         Tatie, commença Hilary avec lenteur. Nous sommes coincés dans une maison isolée, en plein orage, avec un meurtrier maniaque. Tous les téléphones sont coupés, nous n’avons aucun moyen de nous échapper, deux d’entre nous ont été tués et une autre est introuvable. Que pourrait-il y avoir de pire ?

A ce moment précis, l’électricité sauta et la maison fut plongée dans les ténèbres. »

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 14:08

Octave Lassalle a quatre-vingt-dix ans, il est riche et seul. Pour ne pas être seul (comme dit la chanson, oui…), il s’entoure d’une manière originale. Ayant passé une petite annonce (qu’on n’a jamais lue d’ailleurs, vous êtes bien d’accord ?), il a recruté quatre personnes qui seront présentes, à tour de rôle, toute la journée. Marc sera là le matin, rasant le vieil homme comme au bon vieux temps et s’occupant des fleurs de son immense jardin. Hélène, peintre, passera l’après-midi avec Monsieur Lassalle tout en réalisant sa commande de tableau. Yolande veillera à préparer le repas du soir et Béatrice, l’infirmière, passera la nuit aux côtés du vieil homme.

On entre dans le passé d’Octave Lassalle, un passé douloureux puisqu’il a perdu sa fille, Claire, dans un accident de voiture alors qu’elle avait dix-neuf. Le couple qu’il formait alors avec Anna n’a pas tenu le coup. C’est Claire qui est le sujet principal du tableau que doit réaliser Hélène.

Ce qui devait arriver arriva, les quatre personnes font plus que se croiser, des amitiés, voire des amours se créent autour du vieillard qui noue, lui aussi, un lien très particulier avec chacune d’entre elles.

Il est question de préparer sa fin de vie, de faire ressusciter le passé, de se reconstruire une famille mais il est surtout question de croyance religieuse. Aucun des cinq personnages ne croit en Dieu mais chacun doute. C’est autour de ce doute que se renforcent les rapports entre des êtres malmenés par le destin. Car la réponse ne réside pas en l’existence ou non d’un dieu mais en la foi en l’être humain.

En variant la narration, en choisissant des phrases courtes et puissantes, Jeanne Benameur creuse l’humain et touche au sacré, au profond, à l’essentiel. Elle nous emmène dans un autre temps, le contact avec le réel est tenu, les personnages ont tous quelque chose d’évanescent, d’extrêmement sensible.

Je sais que beaucoup ont adoré ce livre. De mon côté, même si j’en ai apprécié la qualité, la poésie et la dimension philosophique, j’ai été mal à l’aise durant toute la lecture. Cette lourdeur, cette atmosphère pesante, presque grandiloquente, cette absence de légèreté (oserais-je dire « d’humour » !) m’ont étouffée, oui. C’est comme un vin bien trop capiteux, un bijou bien trop précieux…

« J’ai besoin d’autres êtres humains, comme moi, doutant, s’égarant, pour m’approcher de ce qu’est la vie. Parce que je suis vieux. Les religions ne m’intéressent pas. Ceux qui sont sûrs d’un dieu ou de l’absence d’un dieu ne me sont d’aucune aide. J’ai besoin de confronter mon doute à d’autres, issus d’autres vies, d’autres cœurs. J’ai besoin de frotter mon âme à d’autres âmes aussi imparfaites et trébuchantes que la mienne. »

 

« Elle avait employé plusieurs fois ce mot « tentative ». Un mot qu'il aimait. C'était celui qu'il employait pour le fait de vivre : une tentative. Un mot humble, qui donne le droit de se tromper, d'errer, de recommencer."

« Les quatre l’ont secoué, lui ont donné la force qu’aucune foi en un dieu, fût-il d’amour, ne lui a jamais donnée. Lui, sa foi, elle est dans les êtres humains, c’est tout. »

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 20:55

Premier tome et donc, première découverte de cet adorable poussin nommé Abélard.

Abélard vit dans le marais, un endroit paisible. Même si son copain lui répète que leur marais est l’endroit le plus agréable au monde, Abélard rêve d’ailleurs. Lorsqu’il rencontre la jolie Epilie, il lui offre une fleur mais on se moque de lui en disant qu’il faut offrir la lune à une femme, ou « au moins un bouquet d’étoiles ».  Quand le petit poussin naïf entend qu’en Amérique, on a inventé « une machine capable de voler comme un oiseau », il voit ça comme une chance de décrocher lune et étoiles pour sa bien-aimée. Il prend son petit baluchon et sa guitare, et s’en va.

Les rencontres se multiplient, bonnes et mauvaises ;  un groupe de musiciens tziganes que rejoindra notre petit poussin ou un certain Gaston, pochtron à ses heures et qui lui dit connaître Epilie.

On s’attache tout de suite à ce petit poussin qui brille par sa candeur et son enthousiasme à séduire Epilie. Les dessins sont magnifiques même si j’ai trouvé les couleurs un peu ternes. Une BD qui met en valeur de petits êtres perdus au milieu de notre grand univers, dans la lignée de Mamette ou Pico Bogue, une belle harmonie de poésie et de philosophie pour un personnage dont la principale qualité pourrait être l’innocence…

Parole d’un tzigane : « La pluie, c’est la poussière des étoiles qui se transforme en eau quand elle traverse les nuages. Tu vois, Gadjo, chaque goutte d’eau est l’enfant d’une étoile. C’est pour ça que les lacs et les rivières scintillent, même la nuit. »

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 20:55

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La quatrième de couverture présente un résumé simple et clair de ce court livre : Ben Ross, professeur d’histoire, propose un cours d’un genre nouveau : devant l’incrédulité de ses Terminales face à l’endoctrinement des Allemands dans le parti nazi, il crée un mouvement appelé La Vague, destiné à allier les élèves de la classe pour en faire une Force plus grande. Leur slogan « La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l’Action » connaît d’abord un vif succès dans l’équipe de foot puis se propage très rapidement à tout le lycée. Métaphore de la dictature hitlérienne, La Vague se met à mépriser ceux qui n’y adhèrent pas ou restent sceptiques. Le professeur, lui-même gagné par le mouvement qu’il a créé, se rend compte qu’il serait dangereux de poursuivre l’expérience.

            Commençons par le positif : j’ai trouvé un vrai suspens dans cette intrigue qui démarre vite mais dont on ne connaît pas la fin (et qu’on a, donc, hâte de découvrir). Je ne sais pas si c’est un livre pour la jeunesse mais je pense que le milieu, le vocabulaire utilisé, la simplicité des propos les séduiront. J’ai bien envie d’essayer de le faire lire à des 3èe l’an prochain.

Cet endoctrinement éclair (quelques jours seulement !), même s’il s’agit de jeunes (ils sont naïfs et influençables, n’est-ce pas), ne m’a pas paru crédible. Du jour au lendemain et seulement parce que leur prof leur inculque une discipline de fer, les lycéens se transforment en petits soldats. Il y en a même un qui demande à être le garde du corps du prof (et il accepte !!!). Sur les dizaines d’élèves dont on a fait un lavage de cerveau (qui est loin d’en être un), seule une, Laurie, trouve ça un peu stupide puis carrément suspect. Mais c’est l’écriture qui m’a le plus agacée. D’une platitude extrême, simpliste.

Cependant, si ce livre est un moyen pour la jeune génération de s’ouvrir aux thèmes de la liberté d’expression et de l’individualité, pourquoi pas. L’amalgame au parti nazi me semble extrême mais il n’est jamais inutile de répéter qu’on ne se ressemble pas tous, qu’on a le droit d’avoir sa propre opinion, que faire la même chose que le voisin juste parce qu’il le fait n’est pas la meilleure option.

« Après tout, à l'origine, le mouvement avait été lancé comme un moyen de montrer à ces gamins à quoi pouvait ressembler la vie quotidienne dans l'Allemagne nazie. Manifestement, en termes de peur et de collaboration forcée, c'était réussi... un peu trop réussi. »

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 16:53

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Voilà une BD qui dormait dans ma très très maigre (maigre ? que dis-je quasi inexistante !) PAL de BD depuis quelques mois.

Alice est malencontreusement tombée dans le pays des singes, une jungle bien étrange où on la prend pour Tarzan. Eddy le Mandrill la prend sous son aile en se pliant en quatre pour l’aider à rentrer au « pays des merveilles ». Son langage fleuri et sa maladresse conduiront les deux personnages à braver les dangers les plus fous (un assaut de crabes casse-noisettes, une invasion de chauves-souris, une attaque de serpent-dodo ou encore celle du tigre qui veut être le seigneur de la jungle.)

Les références aux contes sont nombreuses et l’univers dans lequel on s’embarque sans ceinture de sécurité est désopilant et surprenant à chaque planche –planche, qui, souvent, occupe deux pages. Les illustrations sont toutes aussi colorées que les aventures des personnages, les vignettes aussi chargées que l’humour omniprésent. Une parodie, une réécriture qui frôle le surréalisme ; des personnages bien croqués (j’ai adoré la plante carnivore qui n’en est pas une parce qu’elle est devenue végétarienne et qui a besoin d’un pot pour se déplacer). Un beau moment de lecture qui pourra captiver petits et grands.

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