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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 09:49

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Quand on voit la couverture, le nom du dessinateur, le titre… on se doute qu’on ne va pas s’user les neurones en lisant cette BD. C’est tout à fait ce que je recherchais, quelque chose de léger et de souriant.

Jade est une comédienne jeune et jolie. Elle ne veut plus accepter n’importe quel rôle,  et dans sa vie privée, elle ne veut plus accepter n’importe quel mec !

C’est en sauvant un petit chat sur le toit de son immeuble qu’elle fait la connaissance de Gwen qui est chargé de faire visiter Paris à des VIP.  Là, tout de suite, il a besoin d’une baby-sitter pour garder les enfants de Rex, un homme très séduisant et accessoirement, « une des plus grandes fortunes du pays ». Ayant besoin d’argent, Jade accepte ce « rôle ».

Elle essaye, tant bien que mal, de repousser les avances de Rex et découvre, en la personne de Gwen, un guide charmant et inventif qui  fait visiter Notre-Dame de Paris à toute sa petite troupe.

La fin est prévisible mais l’ensemble est bien rôdé, les couleurs vives plairont surtout aux filles. Ce qui est drôle aussi, c’est qu’il y a un jeu entre le narrateur de la BD et le personnage de Jade. Agacée par les remarques pompeuses et surfaites du narrateur, Jade repousse une première fois la cartouche destinée aux commentaires puis va jusqu’à glisser les mots du narrateur dans son sac à main et les y enfermer.

Drôle et divertissant, cet album a été un bon moment de lecture (pour rendre ma séance de vélo d’appartement un peu moins pénible J ) !

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 15:30

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Cela fait quelques années que j’avais envie de découvrir cet auteur. C’est chose faite, et en livre audio !

Daniel Quinn est un écrivain. Une nuit, un coup de fil va changer son existence morose : on lui demande de l’aide mais on l’appelle Paul Auster. Sans réfléchir, Quinn va non seulement accepter d’endosser cette identité, mais va également aller au rendez-vous. Il rencontrera Peter Stillman, un être étrange qui va passer des heures à lui raconter sa vie. Séquestré par son père pendant son enfance, il est un être meurtri, se déplaçant avec difficultés. Son épouse, Virginia, expliquera en aparté à Quinn que Peter risque sa vie car son père va sortir de prison. Quinn, alias Paul Auster, accepte sa mission : épier le père - qui porte le même nom que son fils.

La filature newyorkaise prend, elle aussi, des tournures bizarres. Les trajets qu’empruntent Peter Stillman père semblent correspondre à des lettres. De plus, ce type que Quinn finit par accoster, ne semble pas dangereux mais a la mémoire qui flanche…

Le roman atteint sans doute son acmé lorsque Quinn se met à chercher le véritable Auster qui n’est pas un détective privé, comme le pensait Quinn, mais un écrivain. Quinn terminera l’histoire sur les trottoirs, sans rien, à surveiller l’appartement des Stillman.

Difficile à résumer, ce roman est surprenant, il défie les lois du romanesque, se moque du statut du personnage, ridiculise celui de l’écrivain, évoque les thèmes de l’identité, du temps qui passe, de l’écriture, de la vie. C’est vraiment particulier et c’est ce qui fait tout le charme de ce premier volet d’une trilogie intitulée Trilogie new-yorkaise. Une œuvre riche qu’on peut sans doute comparer, par sa dimension absurde et drôle à la fois, au Nouveau Roman. Des réflexions autour de Don Quichotte, du mythe de l’enfant sauvage (qui m’a donné envie de redécouvrir le roman), du mythe de la tour de Babel, de « l’œuf » de Lewis Carroll parsèment le livre.

Il m’a fallu m’habituer au rythme de lecture de Claude Lesko, beaucoup plus rapide que ce j’ai l’habitude d’entendre. Je crois que c’est un livre qui se lit plutôt qu’il ne s’écoute. Ce n’est que mon avis…

Décalage assuré, un livre à lire mais aussi à relire !

 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 21:10

C’est par hasard, encore une fois, que j’ai choisi, ce roman graphique, ayant tout de même déjà vu le titre quelque part. En le feuilletant, les dessins m’ont laissée sceptique.

Ne faites pas la même erreur que moi et jetez-vous sur cet album !

Le personnage principal est un clochard. Il a fui la maison de repos où il séjournait parce que l’infirmière lui avait servi une soupe froide. Se sentant rabaissé, comparé à un chien, à un moins que rien, il n’a pas supporté l’affront et s’en est allé, seul et pieds nus dans la neige et le froid hivernal.

Nous le suivons, nous entendons ses mots et ses maux. Atteint d’un cancer, il a refusé qu’on lui enlève la moitié de sa mandibule. Il se maudit d’avoir quitté sa femme, d’avoir fréquenté trop souvent les bistrots, il invective Dieu. Il retourne à l’hôpital, son trajet ressemble à un chemin de croix, tout ce qu’il veut maintenant, c’est une soupe chaude.

L’histoire est simple, les dialogues pas très élaborés et répétitifs (« Ah, merde, j’suis tombé dans un trou. Merde, je suis trempé »), les dessins en noir et blanc sont hachurés, presque gribouillé à la hâte… et pourtant, cette BD a quelque chose de touchant, de juste. Le réalisme vient peut-être du métier de l’auteur, il est médecin ORL et côtoie au quotidien des SDF. Il a su ne pas romancer l’histoire, raconter juste ce qu’il faut pour amener le lecteur à réfléchir et à réagir. Fort.

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 20:53

C’est Cité de verre de Paul Auster qui m’a donné envie de redécouvrir cette histoire qui a captivé, qui captive encore et qui captivera sans doute longtemps…

Un soir d’automne 1797, un groupe de chasseurs aperçoit une « silhouette humaine » dans la campagne languedocienne. Le petit garçon qu’ils découvrent alors, occupé à casser des noix entre deux pierres, effrayé, s’enfuit à quatre pattes. Il est revu, quelques semaines plus tard, en train de déterrer et de dévorer des pommes de terre crues. Rapide et agile, le garçon ne se laisse pas capturer. C’est pourtant ce qui lui arrive, et il n’y comprend rien. Ne sachant pas parler, tenant à peine debout, reniflant tout ce qui l’entoure, déféquant quand bon lui semble, il constitue un véritable phénomène de foire.

Cet enfant sauvage, très tôt baptisé Victor, ne semble agir que dans un seul but : manger. Il n’entend que les bruits liés à la nourriture, il ne réagit à aucune autre stimulation qu’alimentaire, il se balance continuellement d’avant en arrière, il miaule, il gémit, il jappe, il grogne. Maintes fois, il s’échappera, il ôtera les habits qu’on lui avait douloureusement enfilés. Un seul homme s’entête à l’éduquer : Itard. Pendant de nombreuses années, il va tenter de l’amadouer, des bains et des massages pour le calmer, lui apprendre à se vêtir, à manger des aliments cuisinés, à associer un mot à un objet.  Cette patience sera à peine récompensée, Victor ne parle pas, s’enfuit souvent, n’a aucune pudeur et après des années d’instruction, se fait encore surprendre à dévorer un oiseau cru ou mordiller l’oreille d’un chien. Etre prostré dans un coin ou dormir roulé en boule à même le sol resteront ses habitudes.

C’est un récit captivant, intense et Boyle arrive à maintenir en haleine le lecteur en contant avec romanesque mais aussi avec tendresse, cette histoire légendaire.

« Ils virent que sa peau était rugueuse et noire comme celle d’un Maure, que les cals de ses pieds étaient épais et cornés, et qu’il avait les dents jaunes comme un bouc. Ses cheveux, rideau de graisse tombant sur son visage et sur la trame effilée du torchon qu’ils lui avaient enfoncé dans la bouche, les mettaient à l’abri de son regard fixe. Personne n’avait songé à couvrir ses parties génitales – son sexe d’enfant : deux noisettes et une brindille. »

« Quand il n’était pas en train de manger ou de dormir, il demeurait là, accroupi, genoux ramassés sous le menton, à se balancer en psalmodiant des sons incompréhensibles et singuliers, mais à tout moment il guettait l’occasion de s’échapper, et par deux fois il fallut lui donner la chasse et l’arrêter de force. »

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 19:31

Je ne connaissais pas cette pièce de Vian, alors qu’elle est sa pièce la plus jouée en France et à l’étranger.

Le premier acte se passe dans un appartement bourgeois où débarque une famille par l’escalier d’en bas. Il y a le père et la mère, leur fille, Zénobie, et Cruche, la bonne. On comprend que si la famille s’installe dans cet endroit, c’est parce qu’elle a fui le précédent logement, celui du dessous, bien plus vaste et plus confortable que celui-ci. Un cinquième personnage se tient à l’écart, déjà présent dans la pièce. C’est le Schmürz. Il est le bouc émissaire des adultes. Chaque fois que l’un d’eux est contrarié, gêné ou ne sait pas quoi dire, il va aller le bastonner.  Seule Zénobie l’épargne. Seule Zénobie remarque sa présence et parle de lui. Il est question de marier la jeune fille au voisin, Xavier.

Dans le deuxième acte, la famille a encore déménagé à un étage supérieur, pour un appartement plus petit. Pourquoi ce changement ? A cause du « Bruit », une menace indéterminée venant de l’extérieur. Le Schmürz est toujours là aussi, il prend des coups de plus en plus violents, sans broncher. On apprend que Xavier est mort, mais ça n’a pas l’air d’affecter la famille. « Notre sort est enviable » répète le père. La bonne quitte le navire. A la fin de l’acte, les parents envoient Zénobie toquer chez les voisins. Lorsque le Bruit retentit, le père claque la porte, condamnant ainsi sa fille : « Les enfants finissent toujours par quitter leurs parents. C’est la vie. »

Le dernier décor est misérable. De la même manière que le père avait lâchement abandonné sa fille, il mure la trappe de l’escalier où se trouve sa femme. Il se retrouve seul. Diverses réflexions parsèment son monologue, il nie son passé et dit s’être toujours trouvé seul.


            Le Schmürz pourrait symboliser un exutoire, un défouloir. La quatrième de couverture de mon livre donne une autre piste : celle de la figure du travailleur immigré, rejeté et humilié par les Français. Ainsi, la jeune génération serait plus à même d’accepter l’étranger ; Zénobie, balayant le conservatisme et l’aveuglement de ses parents,  se montre plus ouverte et plus tolérante vis-à-vis du Schmürz.

            Voilà une pièce intéressante qui prête à réfléchir. Le lecteur-spectateur est sans cesse tiraillé entre le rire, provoqué par le cocasse des situations, et la honte, l’indignation face au traitement infligé au bouc émissaire de la pièce mais aussi à l’individualisme et à l’égoïsme des personnages. L’absurde fonctionne à plein régime, les jeux sur le langage m’ont beaucoup amusée, la bonne, par exemple, est l’incarnation d’une figure de style : l’énumération. Elle ne s’exprime que pour faire des listes :

« Zénobie : Qu’est-ce que tu vas faire avec cette laine ?

Cruche : Un chandail, un tricot, un vêtement, un jersey, un sweater, un pull-over, une camisole, un ouvrage au crochet. »

La question du jeu de l’acteur incarnant le Schmürz peut être posée : rôle ingrat par excellence, le pauvre bonhomme encaisse coups et crachats, il se fait même piquer avec une épingle à chapeau !

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 20:50

Et encore une BD comestible ! C’est vraiment un concept qui marche, et moi je fais partie de celles qui courent !

Guillaume Long nous propose des recettes, parfois archi simples comme les spaghetti alla carbonara (deux versions : celle de Jean-Kévin dont on s’en fiche puisque c’est la recette rapide qu’on fait tous ; et celle de la mama italienne, et là je découvre qu’elle se fait sans crème fraîche ! intéressant !) donc des recettes simples et d’autres plus élaborées, comme la pintade rôtie sur canapé.
Des recettes, oui mais pas que. L’auteur nous emmène aussi ailleurs, en Suède notamment, pour y découvrir les mœurs et les habitudes alimentaires. Là, c’est du Delisle tout craché, j’espère, d’ailleurs, qu’il ne lui a pas pompé toutes ses idées parce que ça ressemble mais ça ressemble… ! Il y a aussi des anecdotes autour de la bouffe, la conservation des cerises, les paniers de l’AMAP, la fabrication de la bière, l’interview à France Inter, bref, Guillaume Long nous raconte un peu sa vie.

C’est très dense, on met cinq minutes à décortiquer tout ce qu’il a griffonné sur une seule planche –et il y en a 120 ! Certains passages sont superflus d’après moi, dans  le cahier détachable final, par exemple, qui se veut ultra pratique pour la petite ménagère (pas les hommes, hein, ne nous leurrons pas trop) et qui détaille chaque légume et fruit et grâce à un petit fléchage nous montre quel couteau utilisé et quelle manière cuisiner lesdits légumes et fruits… je n’y ai pas trouvé mon compte.

Les dessins sont rigolos, parfois pas assez précis, surtout quand il s’agit d’aliments. L’auteur avoue qu’il ne sait pas dessiner un vélo en perspective, on comprend parfois qu’il n’est pas un pro en cuisine non plus, il sait, il ne sait pas… c’est assez flou.

Que du négatif ? non, loin de là, je me suis régalée à lire cette BD, j’ai eu du mal à la lâcher, j’ai souvent souri, j’ai un peu appris, j’ai apprécié lire des recettes et tout ce qui tourne autour de la bouffe (oui, je suis gourmande…). Donc voilà, j’ai aimé malgré les défauts bien visibles.  Je crois que le charme réside justement dans la maladresse et le côté comme-tout-un-chacun de l’auteur-dessinateur. Il tâtonne, il essaye, il se plante, il aime toujours les Haribo et les Burger King même s’il a appris à apprécier les salsifis, les épinards et les courges.

Merci petit Papa Noël pour ce cadeau ;-)

Certains connaissent peut-être, c’est un blog qui est à l’origine de la BD (qui est un tome 2), le voici : http://long.blog.lemonde.fr

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 22:16

Récit angoissant et sinistre !

La narratrice se retrouve cloîtrée dans sa maison avec sa petite fille de quatre ans. Un événement apocalyptique en est la cause, une explosion, un tremblement de terre, on ne sait vraiment, une « grande lumière » a tout changé : l’air est irrespirable, le soleil est absent, les communications et l’électricité sont coupées. Les autorités ont demandé à ce que chacun reste chez soi, et a distribué des vivres.

Il faut donc apprendre à vivre enfermé, il faut se nourrir sans four ni produit frais, il faut se chauffer et quand le bois vient à manquer, ce sont les meubles qui brûlent dans la cheminée, il faut s’occuper, la mère raconte son enfance à la fille. Il faut faire comme si, fêter l’anniversaire de la petite et répéter de pieux mensonges au sujet du père et de la grande sœur dont on est sans nouvelles depuis si longtemps…

Si on met de côté le cadre inévitablement terrifiant de ce huis clos, il reste une belle réflexion sur la vie, les plaisirs simples qu’elle nous procure. La jeune femme rêve de nuits étoilées, de ferme et de fromage, de printemps et de lumière, de meubles qu’elle cirait avec sa mère et de poissons qu’elle péchait avec son père… Cet hymne à la vie est accompagné de citations d’écrivains, il est fort et poétique, grandiose et attendrissant. L’écriture est fine, belle, travaillée, érudite.

Je n’ai pu m’empêcher de faire un constant rapprochement avec  En un monde parfait de Laura Kasischke qui raconte plus ou moins la même chose mais de façon plus édulcorée et un peu plus légère…

Je me suis sentie oppressée par ces 118 pages, je ne pouvais faire autrement que de m’identifier à la narratrice (j’ai presque son âge et ma fille a quatre ans !) et j’ai lu le livre en apnée et malgré tout happée par l’intrigue et par la fin qui s’annonçait à chaque moment. Je l’avoue, je déteste les récits annonçant un monde en décomposition, ils me filent une trouille bleue (et j’ai eu la bonne idée de commencer le livre un soir avant de dormir – enfin de débuter une magistrale insomnie, et de le terminer un jour où des amas de neige et de glace s’écroulaient du toit de ma maison avec grand fracas !). A-t-on besoin d’encenser la vie qui bout entre nos doigts en passant par des visions de solitude, d’horreurs et de cataclysme ?

 

J’ai choisi un extrait que j’ai trouvé drôle, oui, j’ai bien cherché, mais j’ai trouvé !

« En lavant l’un de ses vieux strings, elle se trouve pour la première fois depuis Enola Game entraînée – à son corps défendant – dans les spasmes d’un éclat de rire. Parce qu’en savonnant le maigre morceau de tissu, elle se trouve confrontée à une interrogation qui ne l’avait jamais effleurée : elle se demande soudain quelle instance mystérieuse décide qu’on est devenu vieux.

Elle ne se voit pas, à soixante-dix ans, promener ce lien inconfortable entre ses deux fesses affaissées. Est-ce qu’un beau matin, on se dit : fini le fil à la patte, la plaisanterie a assez duré, et qu’on revient définitivement aux amples culottes en coton de son enfance ? »

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 10:30

            Il me tardait de découvrir ce roman (qui n’est pas un policier) de mon auteur de polars préféré !

Le narrateur de 66 ans, Fredrik Welin, a pris la décision, douze ans plus tôt, de s’isoler sur une île de Suède. Il y vit accompagné d’un chat et d’un chien et n’a pour ainsi dire aucune occupation. Pourquoi ce choix ? Ancien chirurgien, il n’a pas supporté son erreur, amputer le mauvais bras d’une patiente… Il a donc quitté le monde, s’est puni tout seul, estimant que l’avertissement reçu n’avait pas été suffisant.

Un jour, comme surgie de nulle part, il reconnaît au loin, une femme qui marche péniblement sur la glace, appuyée sur un déambulateur et qui rejoint doucement mais sûrement sa petite maison. Cette femme, c’est son ancien amour, celle qu’il a lâchement abandonnée quarante ans plus tôt. Par peur des engagements, il avait disparu de sa vie. Harriet vient lui demander des explications, elle n’a jamais oublié cette trahison et souhaiterait que Fredrik accomplisse une promesse : l’emmener voir un lac perdu dans la forêt. Déboussolé, perturbé par cette intrusion, l’ermite ne peut refuser la requête d’Harriet, atteinte d’un cancer et condamnée à mourir dans les mois à venir.

Ça ressemble à un roman d’initiation malgré l’âge du héros. Il avait oublié ce qu’était la vie, et il va réapprendre, petit à petit. A parler, à découvrir le monde, à exprimer ses sentiments. Il n’est pas au bout de ses surprises puisqu’il va rencontrer sa fille, Louise, dont il ignorait l’existence, il va revoir Agnès, celle dont il a coupé le bras sain. Plusieurs femmes vont le réveiller, délicatement ou brutalement, et vont l’amener, doucettement, à reprendre goût à la vie.

Les qualités de l’écriture ne m’ont pas surprise puisque je connais un peu Mankell. Les thèmes abordés -  la vieillesse, la solitude, l’amour, la mort – sont aussi ceux qui préoccupent le commissaire Wallander. La justesse des sentiments évoqués, l’absence de pathos, les personnages étonnamment originaux en font un très grand livre. Serait-ce donc un coup de cœur pour moi ? Non, parce que certains passages m’étaient douloureux à la lecture, l’auteur n’est pas très clément avec le lecteur, j’ai été bouleversée à plusieurs reprises et c’est un livre que je ne suis pas près d’oublier. Il secoue ! Certains moments sont de petits joyaux, je me souviendrai longtemps du vieux Giaconelli, maître bottier (qui a chaussé les plus grands politiciens, des chanteurs d’opéra célèbres) qui passe deux heures à mesurer les pieds du narrateur afin de  lui réaliser des chaussures uniques.

 

« La plupart des voyages dont on rêve n’ont jamais lieu. Ou alors on les accomplit intérieurement. L’avantage, quand on emprunte ces vols intérieurs, c’est qu’on a de la place pour les jambes. »

« Je me suis souvenu qu’elle m’avait dit un jour que la vie ressemblait aux chaussures. On ne pouvait pas imaginer qu’elles nous allaient si tel n’était pas le cas. Les chaussures trop petites font partie de la réalité. »

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 12:09

J’avais envie de voir ce que valait cette série qui fait fureur sur le net.

            C’est vrai que cette petite vieille rondouillarde est attachante et surtout surprenante. Si elle garde quelques caractéristiques de son âge (elle ne sait pas se servir d’un téléphone portable, elle ne jure que par les frites fait maison et la bonne soupe chou-boudin-flageolets, elle écoute « Capri, c’est fini » sur son vieux tourne-disque), elle s’éclate à faire de la balançoire en douce et à faire une énorme bulle de chewing-gum, ou encore à ne plus vouloir décoller d’une aire de jeux. Je crois qu’elle est attendrissante parce qu’elle ne reste pas campée sur ses principes comme beaucoup de vieux qu’on peut côtoyer. Elle dévore  les hamburgers dans le « fastefoude » où l’emmène le petit gars dont elle s’occupe, elle met un point d’honneur à faire les courses à une voisine malade à qui elle fait le ménage sans s’arrêter aux commentaires acariâtres et aigris de la petite vieille.


                Mamette est touchante, et les dessins, tout en courbes et en couleurs transmettent bien cette tendresse. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cet album et pourtant, je ne suis pas sûre de lire les autres BD. Pourquoi ? parce qu’il y a tant à lire ! Et pour faire une comparaison, Pico Bogue, lui aussi être décalé à son âge, me semble bien meilleur tout de même.

 

Devant la consternation du gamin face à la fameuse soupe chou-boudin-flageolets hyper légère :

-         Bon, que veux-tu manger ?

-         Ch’sais pas… de la pizza ?

-         Heu… je peux te préparer une quiche aux poireaux…

-         Ah…. Des frites alors ?

(la bonne dame coupe ses pommes de terre et les met tranquillement à la friteuse)

-         Pfff c’est long. Ma maman, quand elle rentre du travail… elle fait les frites ou les pizzas en deux minutes… Tu devrais lui demander des conseils… elle pourrait t’aider à faire des progrès en cuisine… 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 13:43

 

 

Qui n’a jamais vu la couverture de ce livre en librairie ? Comme je n’étais pas certaine d’apprécier cette œuvre, c’est en livre audio que j’ai décidé de la découvrir… c’est souvent ainsi que je procède.

            Jocelyne est une femme ronde, assez banale. Mariée à Jocelyn, elle est mercière à Arras et tient un blog qui connaît un petit succès. Sa vie n’a pas été des plus roses, ado, elle n’a pas réussi à embrasser le garçon qu’elle convoitait, plus tard, le rêve du Prince charmant s’est réduit à un ouvrier de chez Häagen Dazs qui, heureusement, à arrêter de se saouler à la bière (il est passé aux Tourtel !).

            La vie va basculer le jour où Jocelyne accepte de jouer au loto avec ses deux meilleures amies. Elle va gagner la somme de 18 millions ! C’est un choc,… qu’elle tait à tout le monde. Suivra alors, une grande réflexion sur cet argent gagné, sur les besoins qu’elle aurait à satisfaire, les envies qu’elle souhaiterait assouvir, les cadeaux qu’elle pourrait faire… au fur et à mesure que le temps passe, notre mercière se rend compte que ces millions ne lui apporteraient pas plus de bonheur. Alors, elle cache le gros chèque dans une de ses chaussures, au fond d’une armoire. Un jour, second choc : le chèque a disparu ! Jocelyne s’aperçoit que son mari en soi-disant stage à Genève est le voleur, lui qui lui déclamait encore tout son amour la veille au soir a pris la poudre d’escampette ! Ça ne va lui réussir…

            J’ai aimé certains passages, très justes, tendres et forts à la fois. J’ai aimé aussi la dimension drôle, agréable, facile à suivre (élément non négligeable quand on roule sur une route enneigée !). J’ai encore aimé cette mini-étude sur le couple qui vieillit, l’amour qui peut rejaillir et briller encore plus intensément qu’au début, la réflexion sur l’argent et le pouvoir de destruction qu’il implique (Jocelyne préfère la vie à l’argent, pourrait peut-être constituer la morale de cette histoire, si morale il y avait…).
Pourtant, je suis restée sur faim. D’abord à cause de la brièveté du roman. Le personnage de Jocelyne est attachant, ceux qui gravitent autour d’elle sont bien dessinés aussi, j’aurais voulu en découvrir davantage… Ensuite, cette histoire de loto m’a dérangée, elle est tellement poussiéreuse cette théorie « L’argent ne fait pas le bonheur »…

Le livre audio se clôt avec une interview de l’auteur assez intéressante même si je ne suis pas toujours de son avis car il semble vite tomber dans les clichés : la vie moderne est l’antonyme de la communication, les blogs créent de la solitude, etc. Ne soyons pas si manichéens !

Pour résumer, l’ouvrage m’a plu à 75%, il fait partie des rares qui mettent du baume au cœur, qui est bon comme un chocolat chaud en hiver, alors rien que pour ça…

 

« Je n'ai plus que des envies désormais. Que des envies. Mais ça n'arrive jamais.  Parce que nos besoins sont nos petits rêves quotidiens. Ce sont nos petites choses à faire qui nous projettent à demain, à après-demain, dans le futur ; ces petits riens qu'on achètera la semaine prochaine et qui nous permettent de penser que la semaine prochaine, on sera encore vivants. »

 

« Ce qu'on a vécu de beau devient-il laid parce que la personne qui embellissait votre vie vous a trahi? Le cadeau merveilleux d'un enfant devient-il ignoble parce que l'enfant est devenu assassin ? »

Ma préférée : « Etre riche, c’est voir tout ce qui est laid puisqu’on a l’arrogance de penser qu’on peut changer les choses. Qu’il suffit de payer pour ça. »

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