Qui n’a jamais vu la couverture de ce livre en librairie ? Comme je n’étais pas certaine d’apprécier cette œuvre, c’est en livre audio que j’ai décidé de la découvrir… c’est souvent ainsi que je procède.
Jocelyne est une femme ronde, assez banale. Mariée à Jocelyn, elle est mercière à Arras et tient un blog qui connaît un petit succès. Sa vie n’a pas été des plus roses, ado, elle n’a pas réussi à embrasser le garçon qu’elle convoitait, plus tard, le rêve du Prince charmant s’est réduit à un ouvrier de chez Häagen Dazs qui, heureusement, à arrêter de se saouler à la bière (il est passé aux Tourtel !).
La vie va basculer le jour où Jocelyne accepte de jouer au loto avec ses deux meilleures amies. Elle va gagner la somme de 18 millions ! C’est un choc,… qu’elle tait à tout le monde. Suivra alors, une grande réflexion sur cet argent gagné, sur les besoins qu’elle aurait à satisfaire, les envies qu’elle souhaiterait assouvir, les cadeaux qu’elle pourrait faire… au fur et à mesure que le temps passe, notre mercière se rend compte que ces millions ne lui apporteraient pas plus de bonheur. Alors, elle cache le gros chèque dans une de ses chaussures, au fond d’une armoire. Un jour, second choc : le chèque a disparu ! Jocelyne s’aperçoit que son mari en soi-disant stage à Genève est le voleur, lui qui lui déclamait encore tout son amour la veille au soir a pris la poudre d’escampette ! Ça ne va lui réussir…
J’ai aimé certains passages, très justes, tendres et forts à la fois. J’ai aimé aussi la dimension drôle, agréable, facile à suivre (élément non négligeable quand on roule sur une route enneigée !). J’ai encore aimé cette mini-étude sur le couple qui vieillit, l’amour qui peut rejaillir et briller encore plus intensément qu’au début, la réflexion sur l’argent et le pouvoir de destruction qu’il implique (Jocelyne préfère la vie à l’argent, pourrait peut-être constituer la morale de cette histoire, si morale il y avait…).
Pourtant, je suis restée sur faim. D’abord à cause de la brièveté du roman. Le personnage de Jocelyne est attachant, ceux qui gravitent autour d’elle sont bien dessinés aussi, j’aurais voulu en découvrir davantage… Ensuite, cette histoire de loto m’a dérangée, elle est tellement poussiéreuse cette théorie « L’argent ne fait pas le bonheur »…
Le livre audio se clôt avec une interview de l’auteur assez intéressante même si je ne suis pas toujours de son avis car il semble vite tomber dans les clichés : la vie moderne est l’antonyme de la communication, les blogs créent de la solitude, etc. Ne soyons pas si manichéens !
Pour résumer, l’ouvrage m’a plu à 75%, il fait partie des rares qui mettent du baume au cœur, qui est bon comme un chocolat chaud en hiver, alors rien que pour ça…
« Je n'ai plus que des envies désormais. Que des envies. Mais ça n'arrive jamais. Parce que nos besoins sont nos petits rêves quotidiens. Ce sont nos petites choses à faire qui nous projettent à demain, à après-demain, dans le futur ; ces petits riens qu'on achètera la semaine prochaine et qui nous permettent de penser que la semaine prochaine, on sera encore vivants. »
« Ce qu'on a vécu de beau devient-il laid parce que la personne qui embellissait votre vie vous a trahi? Le cadeau merveilleux d'un enfant devient-il ignoble parce que l'enfant est devenu assassin ? »
Ma préférée : « Etre riche, c’est voir tout ce qui est laid puisqu’on a l’arrogance de penser qu’on peut changer les choses. Qu’il suffit de payer pour ça. »