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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 19:11

 

 

Quand on adore, on n’oublie pas. Je n’ai pas attendu très longtemps après la lecture de La Vie et moi pour savourer d’autres aventures de Pico Bogue.

Ce petit garçon à l’âge indéterminé, trop mûr pour être un petiot de huit, trop petit pour être un ado fait preuve de ruse, de subtilité et filouterie pour se sortir des situations les plus « critiques ». Il est également le roi de la négociation, expliquant, par exemple, qu’il ne peut obéir immédiatement à un ordre de son père parce que « c’est humiliant », il faut un petit délai…

Si l’effet de surprise n’était plus présent, j’ai pris autant de plaisir à ce deuxième tome, et j’ai hâte d’attaquer le troisième (ce qui ne saurait tarder). Les dessins sont d’une finesse incroyable et je dirais-même que les planches sans texte font partie de mes préférées.

 

Petit exemple de dialogue : dans la salle de bain, papa se rase, Pico Bogue le questionne :

-          Papa, il y a un truc que je comprends pas…

-          Je t’écoute.

-          Tu sais, la célèbre histoire de la pomme…

-          Ho ! Je t’arrête tout de suite… La Bible dit que le pomme est le fruit de la connaissance du bien et du mal… Mais les gens en ont fit une histoire de sexualité.. Croquer la pomme, ce serait faire l’amour. Mais pas du tout !

-          Je ne parlais pas de ça ! Je pensais à Newton et à la gravitation… Il n’avait jamais rien vu tomber par terre, Newton, avant que cette pomme tombe d’un pommier devant lui ? … Est-ce que tu peux me répondre, obsédé sexuel ?

 

Pico Bogue, c’est aussi de la tendresse à l’état pur :

-          Maman, tu sais qu’on peut envoyer une petite caméra avec une lumière à l’intérieur du corps ?

-          Oui.

-          Moi je refuserais qu’on me le fasse.

-          Pourquoi ?

-          Parce que l’obscurité qui est dans mon ventre, c’est celle qui tait dans ton ventre. Je l’air emportée en naissant. Et je ne veux pas qu’on la dérange.

 

 

»   18/20   »

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 21:40

 

J’avais goûté à la noirceur des romans de Karine Giebel avec Les morsures de l’ombre. Côté thriller psychologique, les deux jouent coude à coude…

Cloé est une très belle jeune femme à qui tout réussit, elle est extrêmement séduisante, elle est riche, elle occupe un haut poste dans une boîte de pub où elle vise même le statut de directrice, son mec est super craquant… une ombre vient contrarier ce tableau, et c’est le cas de le dire : un soir, elle aperçoit un homme grand, vêtu de noir, qui la suit, il lui fait terriblement peur mais elle est incapable de le décrire, c’est « juste une Ombre ». Oui mais cette Ombre va la hanter, la poursuivre, la harceler jusqu’à ce qu’on doute de la bonne foi de Cloé. La jeune femme, toujours sûre d’elle et arrogante, perd petit à petit de son aplomb, devient un animal traqué qui cherche à comprendre ce qu’on lui, on déplace des objets en son absence, on remplit son frigo… son entourage, ainsi que les policiers, mettent tout cela sur le compte du surmenage et de la paranoïa.

Parallèlement, un flic à la dérive. Alexandre Gomez est brutal car c’est comme ça qu’on obtient des résultats… mais peut-être aussi parce qu’il est profondément meurtri : sa femme, indéfiniment couchée dans un lit médicalisé dans leur appartement, n’a plus que quelques heures à vivre… Les chemins de Cloé et d’Alexandre vont se croiser mais ça va mal finir, c’est noir, noir, je vous avais prévenu.

J’ai encore une fois été complètement happée par le début du roman, la montée du suspense mais l’écriture, plutôt au ras des pâquerettes, les fautes, les invraisemblances, m’ont agacée. L’intrigue ne m’a pas semblé particulièrement originale, l’entêtement de l’entourage et de la police à ne pas croire ses récits sont peu crédibles et la fin est d’un glauque, brrr, ça fait froid dans le dos.

 

« Reste l’Ombre. Tout autour d’elle.  Tout près d’elle. Les ténèbres ont ouvert leurs puissantes mâchoires et craché leur prophète. Il vient la chercher pour la conduire de force en enfer, elle en est sûre. Parce que sa place est au purgatoire, elle en est sûre. Veut-il la tuer ? Ou simplement l’effrayer ? Quelles que soient ses intentions, elle ne se laissera pas faire. Se battra, comme elle l’a toujours fait. »

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 21:33

Ah, ça faisait longtemps que je n’avais plus été en contact rapproché avec Monsieur Mardon. Dois-je rappeler que mon gros coup de cœur a été  Leçon de choses ? Et puis il y a eu d’autres lectures plus ou moins agréables. Celle-là, que je n’ai pourtant pas détestée, ferait partie de ces « moins ».

Cyril est un comédien à plusieurs casquettes. Comme tout homme du spectacle qui se doit, il fréquente les bars branchés et les boîtes de nuit à la mode et flirte avec tout ce qui ressemble à une femme… sauf qu’il est amoureux de Natacha, comme il  le dit si bien à son pote dépassé par les événements, « Je m’amuse. Je m’en fous de cette fille-là ! Natacha, c’est pas pareil. »

Et il se trouve qu’effectivement, il passe de plus en plus de bon temps avec Natacha, ils se taquinent, ils se gâtent, ils se font l’amour, … ils semblent amoureux ! Jusqu’au jour où Natacha lui annonce qu’elle est enceinte. Le choc de l’annonce est assourdi par une autre annonce, le père de Cyril a eu un infarctus, les tourtereaux se précipitent à l’hôpital pour le voir. C’est un peu l’idée et le titre-même de la BD, tout va trop vite, les faits s’enchaînent, se précipitent et « c’est comment qu’on freine ? »

Mouais. Mardon fait fort pour raconter « la vie » mais ici, c’est un peu un méli-mélo de clichés et de banalités qui rendent l’album assez commun, au final. Dommage…

 

»   11/20   »

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 10:46

Voilà une rencontre qui avait mal débuté. Je devais recevoir ce livre de Priceminister mais début décembre, toujours rien. Oliver m’avait bien envoyé le roman mais il s’est perdu dans la nature… Il m’en envoie donc un autre exemplaire. Je le réceptionne et Oliver m’envoie un mail deux jours plus tard, me signalant qu’il serait temps de donner  une note au livre. Tout ça pour vous dire que j’ai commencé la lecture sur les chapeaux de roue, que j’ai abandonné le Zola que je m’apprêtais à terminer… et comme je n’aime pas être forcée à lire, j’ai râlé.  

Ce petit désagrément initial fut vite oublié parce que j’ai adoré ce roman !

D’un côté, Franck. Célibataire malheureux, il se remet difficilement de la mort brutale de son petit frère. Fâché avec ses parents depuis le jour de l’enterrement, il décide tout de même de les retrouver dans leur ferme. Oh surprise, il y a un petit garçon chez eux, un petit garçon qui porte le même prénom que son frère décédé, Alexandre. Pour Franck, le rapprochement est vite fait, il va revivre le passé, il va n’en garder que les bons souvenirs, il va s’attacher à ce petit être de cinq ans plein de vie…

De l’autre côté, Louise. Célibataire elle aussi depuis la mort de son amoureux, Alexandre –oui, le frère de Franck. Ne faisant qu’acte de présence dans une boîte en faillite, elle prend la poudre d’escampette et va voir sa belle-famille qui a adopté le petit Alexandre. Le garçon est né d’une union où l’amour n’avait pas sa place, un motard passait par là quelques mois après la mort d’Alexandre… Sa relation avec le petit est compliquée, elle ne se sent pas vraiment mère, elle ne le voit que rarement. La présence de son beau-frère, Franck, va lier les trois êtres tout naturellement…

Il est question de sangliers, de canicule, de deuil, d’héritage familial. C’est un fin espoir qui tient le lecteur en haleine, un soleil de plomb qui l’assoit à la grande table en chêne qu’on a sortie dans la cour pour profiter du bon air…

J’aurais pu attribuer 18/20 à ce magnifique livre, touchant, tendre, tout en finesse et en sous-entendu. Mais à cause du « déjà lu » (deux être brisés par la vie qui se trouvent…) et de la ressemblance avec un feuilleton télé d’été (que l’auteur m’excuse mais l’analogie m’a sauté à la figure, il y a également une sorte d’énigme qui environne la mort d’Alexandre et des gars, grosse brutes du village, sont soupçonnés… et la grosse chaleur qui parcourt tout le roman… bref, la comparaison n’est pas flatteuse mais elle n’est pas non plus complètement péjorative, non ?), ce sera 17/20. Bref, lisez-le si vous souhaitez croquer un moment de bonheur et excusez ce billet maladroit !

Merci à Priceminister !

 

http://www.priceminister.com/offer/buy/163389514/l-amour-sans-le-faire-de-serge-joncour.html

 

« Le malheur c'est comme un visage sur le visage, quand la vie vous a marquée d'une épreuve, le risque c'est de ne plus exister qu'à travers ça, d’être à jamais perçue comme la veuve, piégée à vie dans la teinte. Déjà que soi-même on n’arrive pas à se sortir de sa douleur, déjà qu’on a tant de mal à s’en déprendre, il faut en plus que les autres vous résument à ça, c’est comme d’être malade, les autres ne voient plus que ça en vous, un malade. »

 

 

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 10:13

 

            Ce livre, c’est l’histoire d’une vie, celle d’Onofre Bouvila, adolescent et misérable provincial venu à Barcelone pour se faire de l’argent, chose qu’il réussira à faire à la perfection.  Passé du statut de pauvre bougre à celui de « magnat rapace », il marche sur les autres pour réussir, n’hésite pas à mentir, tricher, voler et tuer ! Comme dans beaucoup d’ascensions sociales brutales et vertigineuses, le personnage se brûlera les ailes –presque au sens propre du terme !

         Mais ce livre, c’est surtout une partie de l’Histoire de Barcelone, allant de 1888, date de la première Exposition Universelle à 1929, date de la seconde Exposition Universelle. Le tableau est d’un réalisme saisissant et édifiant. L’évolution de cette ville se fait au gré de ces expositions qui accueillent le monde entier et requièrent surabondance d’ingéniosité et d’inventivité, mais aussi des événements historiques, des plans de réforme et des extensions de la ville, des décisions de l’alcade (maire de la ville).  Des personnalités cultes sont évoquées telles que Mata Hari et Raspoutine, les inventions du XXème siècle ne sont pas en reste, ainsi le cinéma et l’aviation jouent un rôle important dans l’intrigue.

          C’est à l’occasion d’un court séjour à Barcelone que l’idée de lire ce roman m’est venue. J’avoue que s’il m’a passionnée, que je me suis délectée des passages historiques jamais dénués d’humour, il m’a aussi donné du fil à retordre. Il faut être un amateur de digressions pour apprécier ce livre entièrement, Mendoza est, par là, un digne héritier de Zola et de Balzac.  Le hic, c’est que l’auteur passe souvent du coq à l’âne sans revenir vraiment à son sujet initial ou sans qu’on comprenne pourquoi la digression se justifie. Et mon gros regret, c’est de n’avoir lu de Gaudi que deux petites pages, sur 505, ça fait peu pour l’architecte génialissime qu’il a été.

 

          Un des premiers hommes qu’Onofre a soudoyés en lui ordonnant de tuer un indésirable. Cet hôtelier marié a toujours su caché sa préférence pour les hommes : « L’idée d’avoir tué un être humain de ses propres mains l’obsédait tellement qu’il perdait la tête ; il n’arrivait plus comme avant à maintenir séparées les deux facettes de sa personnalité : tantôt il parlait avec la virile urbanité de l’hôtelier qu’il avait été, tantôt il sortait de sa poche une paire de castagnettes et se mettait à chanter des malagueňas. »

 

           Encore un aperçu de la vie au début du XXème siècle : « Les bains de mer commençaient à se répandre chez les jeunes gens, francomanes, et faisaient grand scandale. Comme presque personne ne savait nager, le nombre de noyés était proportionnellement élevé chaque année. Les curés alléguaient dans leurs sermons cette triste statistique comme preuve de la colère divine. »

 

 

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Le parc Güell et le port…

 

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La plage, un mardi fin octobre… et la plage… le lendemain !   

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 19:19

  

Encore une fois la théorie du best-seller qu’on découvre trop tard et qui déçoit a malheureusement fonctionné ici… (j’ai d’ailleurs vu The Artist hier soir, oui, « enfin », ceux qui me connaissent savent que j’ai un sacré nombre de trains de retard cinématographiques… donc, je n’ai pas été déçue par le film mais je suis loin de le considérer comme un chef d’œuvre ! )

Mexique - il y a quelques dizaines d’années. Tita et Pedro s’aiment mais, afin de suivre une coutume ancestrale, la terrible mégère de mère de Tita l’empêche de se marier sous prétexte qu’elle doit veiller sur sa mère. Pedro, dans l’espoir de se rapprocher de sa bien-aimée, épouse sa sœur. Mais la mère veille au grain, les amoureux ne font que se frôler, se désirer secrètement, s’épier.

L’originalité du livre, ce sont les recettes qui rythment l’année. Tita est une excellente cuisinière et elle laisse une partie de son âme dans ses compositions gastronomiques. Les convives qui y goûtent ressentent des émotions particulières allant de la crise nymphomane à l’exaltation joyeuse, en passant par la maladie qui fait rendre les tripes. Le dépaysement est assuré et la joie de vivre côtoie continuellement la tragédie.

Je ne sais pas pourquoi je ne suis pas entrée complètement dans cette ferme mexicaine. L’histoire d’amour, même, ne m’a pas convaincue. Assez banale, elle réunit les amants maudits à la fin, comme on le devine d’entrée de jeu.

Les recettes, quant à elles, m’ont émoustillée (la gastronomie fonctionne toujours sur moi, à la perfection !), elles vont chercher loin dans l’originalité (piments aux noix, bouillon de queue de bœuf, cailles aux pétales de roses, …).

            Vous avez peut-être compris, mon avis est mitigé et je crois que c’est un livre que je relirai un jour (je ne dis pas souvent ça !) pour l’apprécier mieux.

Une image qui m’a plu : « Ce regard ! Elle s'avançait vers la table, un plateau de crèmes caramel dans les mains quand elle le sentit, ardent, lui brûler la peau. Elle tourna la tête et ses yeux croisèrent ceux de Pedro. Elle comprit ce que ressentait un beignet au contact de l'huile bouillante. »

Et une histoire de phosphore… : « Nous possédons en nous-mêmes les éléments nécessaires pour produire du phosphore. Ma grand-mère avait à ce sujet une théorie très intéressante : elle disait que nous naissons tous avec une boîte d'allumettes en nous, mais que nous ne pouvons pas les allumer seuls : nous avons besoin d'oxygène, comme dans l'expérience que nous venons de faire, et d'une chandelle. L'oxygène provient, par exemple, de l'haleine de la personne aimée ; la chandelle peut être n'importe quoi : un aliment, de la musique, une caresse, une parole ou un son. C'est le déclencheur. L'allumette s'enflamme et, l'espace d'un instant, nous sommes éblouis. Il se produit en nous une agréable chaleur qui disparaît peu à peu, au fil du temps, jusqu'à ce qu'une nouvelle explosion vienne la raviver. Chacun a ses propres détonateurs qu'il doit découvrir. La combustion qu'ils entraînent procure de l'énergie à l'âme : en d'autres termes, cette combustion est la nourriture de l'âme. »

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 21:06

C’est le Général de Gaulle qui, bien après avoir lancé son plus que fameux appel du 18 juin, se repose sur les plages bretonnes en compagnie de son fidèle aide de camp, Le Bornec. Sa femme et son fils le suivent aussi, mais leur rôle est moindre. Ce qui détonne dès le début de l’album ce sont ses tongs « prises sur l’ennemi viêt ». et toute la BD est du même acabit.

Même en vacances, De Gaulle reste De Gaulle :

« - Le combien sommes-nous, Lebornec ?

-         Le 18 juin, mon général !

-         Je vais lancer un appel. […] Ici le général de Gaulle qui vous parle depuis le poste de secours. J’invite ceux parmi vous qui possèdent un ballon à me rejoindre et à me suivre… »

Le fils De Gaulle complètement idiot, le chien Wehrmacht, la brèce apparition de Winston Churchill, … voilà autant d’éléments qui prêtent à sourire parce qu’il y a sans cesse un décalage, soit l’endroit est incongru, soit le comportement est inédit, soit c’est l’époque qui ne cadre plus avec la nôtre. La publicité pour la Renault Dauphine et les titres à scandale des journaux people (De Gaulle disparaît en mer !) en sont deux exemples.

Burlesque, farces, absurde… les procédés comiques ne manquent pas, j’ai souvent souri et pourtant je me suis vite lassée… Pourquoi ? je n’ai pas d’explication sauf peut-être mon âge … pour une fois, je ne me sens pas assez vieille pour apprécier l’album à sa juste valeur… J



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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 11:33

Histoire d’amour fatale…

Ruth est une très jolie jeune femme, très sexy, mariée à un rustre, indifférent à ses charmes et toujours épris de sa regrettée première épouse.

Judd est un charmant jeune homme, porté sur la boisson, marié et s’ennuyant dans sa vie de couple.

Les deux étaient faits pour s’éprendre mais Ruth a clairement attisé leur flamme. Elle a tant joué au jeu du chat et de la souris que Judd s’est révélé prêt à tout pour elle… même à tuer son mari ! Le meurtre, complètement amateur, a laissé traces et indices révélant la culpabilité des amants terribles. Comme nous sommes aux Etats-Unis à la fin des années 20, c’est la chaise électrique qu’on réserve à Ruth et à Judd.

L’histoire commence par le récit du meurtre du mari et lentement, l’auteur déroule l’écheveau de la rencontre, de l’idylle et des origines de cette idée de meurtre. Il s’agit donc surtout de raconter le pourquoi et le comment.

Du côté, « j’ai aimé », je mettrais l’ambiance de l’époque, proche de l’écriture de Fitzgerald. L’histoire est largement inspirée d’un crime qui a fait scandale aux Etats-Unis. Et la fin est saisissante, Ron Hansen nous livre un récit détaillé de ces deux condamnés à mort et le gouffre entre cette mise à mort électrique et les quelques heures la précédant et la légèreté, voire la frivolité des deux premiers tiers du roman est déstabilisant.
           Donc, dans la catégorie, « j’ai moins aimé », j’y mettrais cette très longue première partie où je me suis un peu ennuyée. On développe le thème de la fille aguicheuse et machiavélique qui met le grappin sur le gars naïf et lourdaud sans pour autant y apporter quelque chose de nouveau. Le fait divers a déjà été la trame du film Le facteur sonne toujours deux fois. Et j’ai rarement rencontré un type (Judd) qui boit autant de whisky dans un verre à dents…

J’aimerais bien pouvoir me souvenir comment mon choix s’est porté sur ce livre. Ca ne vous arrive-t-il pas souvent, d’oublier vos « sources » ?

 

Après le crime …  : « Les avocats de Judd obligèrent leur client à subir un radiographie du crâne afin de déterminer s’il existait une raison médicale au crime, puis à s’entretenir avec un jury de quatre aliénistes afin d’arrêter s’il était sain d’esprit. Entre autres tests, Judd dut fournir un échantillon sanguin à des fins d’analyse, marcher sur une ligne tracée à la craie et tourner sur lui-même jusqu’à ce qu’il s’écroulât. La psychiatrie en était encore à ses premiers pas. »

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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 14:50

 

Petit roman découvert en livre audio.

 

 La narratrice parle de sa grand-mère, cette jeune femme sarde qui a connu la guerre. Elle s’est mariée parce qu’elle était restée trop longtemps vieille fille mais elle n’aimait pas son mari. C’est en cure (pour soigner ses calculs rénaux, son « mal de pierres ») qu’elle rencontre le Rescapé. Coup de foudre. Elle rencontre enfin cet amour qu’elle avait idéalisé. Pourtant, elle retourne auprès de son mari, de ses enfants, elle connaît des satisfactions sexuelles avec son époux qui peuvent paraître surprenantes pour le lecteur. Et c’est ce qu’il est, ce petit livre, surprenant à bien des égards. Milena Agus ne va pas dans le même sens que les autres, elle étonne, elle ose évoquer les tabous, oui sa grand-mère lui racontait ses frasques sexuelles, oui elle prenait son pied avec ce mari qu’elle n’aimait pas, oui elle a recherché toute sa vie son Rescapé…

 

L’écriture est belle, ciselée, soignée. La touche dépaysante, c’est la Sardaigne et Milan, les couleurs italiennes ont charmé l’habitacle surchauffé de ma voiture. La voix de Sandrine Willems a été enchanteresse également. Pourtant, je crois que le livre audio n’est pas le meilleur support pour cette œuvre qui a besoin qu’on s’attarde, qu’on ne pose, qu’on revienne sur ce qui a été dit. Il me semble n’avoir pas su apprécier chaque détail à cause de ça. En tous cas, pour une première découverte de cet auteur à la mode, je suis comblée et je reviendrai vers elle, mais pour tourner les pages cette fois-ci !

 

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 14:37

 

 

 

La lecture de cette BD avait très mal démarré, j’ai failli l’abandonner. JP et Mike sont des gars de la cité, ils se font taper dessus, réussissent parfois à cogner à leur tour, se font traiter de pédés parce qu’ils sont solidaires. La mère de Mike ne jure que par les séries télé à l’eau de rose (et c’est assez drôle, on a de temps en temps une planche de Ryan déclarant son amour à Carmilla sur fond rose… histoire de bien montrer le gouffre entre l’univers trop sucré de la télé et la jungle de la cité). Les « Putain » à gogo et les crêtes de punk m’ont donné l’impression de m’engluer dans un univers sans issue possible.

L’histoire devient sympa quand Mike annonce qu’on a découvert le cadavre du père de JP. Celui-ci se défendait des coups paternels comme il pouvait et là, il pense que le frapper avec ses chaussures lui a été fatal. Les deux types partent donc en cavale, sans destination plus précise que le centre de la France, cet endroit où on peut toujours fuir de tous côtés.

Ils rencontrent un vendeur ambulant très particulier : bourru et tolérant, Basile vend des lunettes de soleil super démodées ; ça marche parce que les gens l’écoutent jouer des airs d’accordéon. Il les embarque avec lui, va jouer le rôle du père et de confident. Et pour finir, on obtient une BD touchante, tendre et parfois fantasque. Les immenses lunettes de soleil jouent un rôle à part entière invitant le lecteur à ne pas prendre tout ça trop au sérieux. Et la chute finale confirme la dimension loufoque de ce road-movie à la française qui constitue un récit initiatique original.

J’ai donc bien aimé, ce n’est qu’à la fin de la lecture que je me suis rendue compte que le dessinateur ne m’avait proposé que trois couleurs : le vert, le bleu, le rose. Et ça fonctionne plutôt bien !

»   16/20   »

 

 

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