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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 13:17

 

 

Ce n’est pas dans mes habitudes de lire ce genre de BD mais, puisque les amateurs de vin pullulent à la maison (même les enfants, en fourrant le nez dans le verre de rouge s’exclament « fraise, framboise, cassis ! »), la BD est tout naturellement entrée chez nous…

N’auront plus de secrets pour vous : les origines de la vigne et du vin, leur histoire ; la dégustation du vin, les différentes appellations (AOC, « vin délimité de qualité supérieure », « vin de pays », « vin de table »), la décantation, les accords mets et vins, la conservation du vin (cave ou armoire à vin) ou encore un tour d’horizon des vins à travers le monde. Bien sûr, c’est loin d’être exhaustif (peut-on l’être dans ce domaine ?) mais c’est drôle et ça peut être une bonne approche pour qui veut commencer à connaître et apprécier les bons vins. Les jeux de mots foireux et les associations d’idées douteuses m’ont fait sourire plusieurs fois. Même si je n’ai pas appris grand-chose, la BD ne raconte pas n’importe quoi et le vocabulaire, en fin d’album pourra guider les plus perdus…

Y’a Dédé qui déterre la panneau « Pauillac » pour que ses vignes en fassent partie, y’a la petite ménagère de moins de quarante ans qui s’inquiète de ne pas voir de bac à légumes dans sa nouvelle armoire à vins, y’a ce couple de dégustateurs :

 « -   Alors, c’est lequel que tu préfères ?

-         J’sais plus… j’ai oublié l’goût du premier ! »

 

Tout le cérémonial et le vocabulaire qui entourent la dégustation du vin sont tournés en dérision… pour notre plus grand plaisir !

»   15/20   »

   

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 13:37

Transporté dans un avenir proche, le lecteur est amené à faire la rencontre des Servantes, cette caste de femmes destinées à procréer.

A travers le témoignage de Defred qui a vécu la vie d’avant, notre temps, notre société, on découvre très progressivement un nouveau mode de fonctionnement qui régit un monde terrifiant. La liberté n’existe plus. Tout le monde s’épie, chacun soupçonne l’autre, la confiance n’est plus qu’un mot dénué de sens. Defred fait partie de ces Servantes, ces femmes convoquées pour s’accoupler avec un Commandant, un homme puissant dont la femme ne peut lui donner d’enfant. Si la Servante est choyée, tout est mis en œuvre pour qu’elle puisse donner la vie, son existence et son quotidien sont extrêmement contrôlés et surveillés. Les divertissements, les plaisirs, le rire ont disparu de cette société. Et pourtant, on se révolte très doucement, des soirées clandestines sont organisées, le Commandant lui-même invite Defred à … faire des parties de scrabble !

Le plus intéressant dans ce roman réside dans le rapport au passé. Defred se souvient de son mari, de sa petite fille dont elle est séparée, de son amie, l’audacieuse Moira ; elle se remémore sa vie antérieure (notre présent) et loue ce bonheur qu’elle n’estimait pas à sa juste valeur. C’est une réflexion sur le totalitarisme et les libertés dont on dispose dans ce présent où on passe son temps à se plaindre, vraiment très intéressante.

Je ne suis pas une grande fan des dystopies qui ont toujours le chic de me foutre la trouille (c’est un peu le but me direz-vous…)  mais ce roman-là est bien fichu. Le trait est parfois forcé : malgré la « formation » via cette abominable tante Lydia et le lavage de cerveau qui l’accompagne, on se demande à plusieurs reprises comment ces gens peuvent accepter cette situation. Et on finit par se dire que la vie qu’on mène actuellement est une des plus sympas que l’être humain n’ait jamais connue !

Ce roman ne manquera pas de plaire aux amateurs du genre, pour ma part, lu cet été, il m’a plutôt paru froid et déprimant…

 

Un petit rappel du passé regretté : « Elle va à l’évier, se passe rapidement les mains sous le robinet, les sèche au torchon. Le torchon est blanc avec des bandes bleues. Les torchons sont comme ils ont toujours été. Quelquefois ces éclairs de normalité m’arrivent de côté comme des embuscades. L’ordinaire, l’usuel, un rappel, tel un coup de pied. Je vois le torchon, hors de son contexte, et je retiens mon souffle. Pour certains, à certains égards, les choses n’ont pas tellement changé. »

Une partie de scrabble chez le Commandant : « C’était comme utiliser un langage que j’avais su un jour, mais que j’avais presque oublié, un langage relatif à des coutumes qui avaient depuis longtemps disparu de ce monde : café au lait à une terrasse, avec une brioche, de l’absinthe dans un grand verre, ou des crevettes dans un cornet de papier ; des choses que j’avais lues autrefois,  mais jamais vues. »

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 21:55

            Le premier tome de ce diptyque racontait une histoire d’amitié entre quatre enfants et l’étrange lien qui les unissait.

Istanbul. Vingt plus tard, Lisa fait venir à elle les trois garçons. Tous plus ou moins amoureux d’elle, accourent au plus vite. Enceinte, elle vient de perdre son bébé et elle demande à ses amis de l’accompagner au Costa Rica pour retrouver son amant et père de l’enfant perdu, Thomas. Les trois hommes acceptent le défi sans bien comprendre de quoi il en retourne.

C’est un voyage dans le monde qui nous est offert avec ce grand périple dans la jungle sud-américaine mais aussi un voyage dans le temps. Il est question de vies antérieures, de liens très forts que peuvent tisser des personnes entre elles… par-delà les siècles. L’album est bouleversant, assez baroque et emprunt d’un surnaturel qui avait déjà été amené, doucement, dans le tome 1. Ce n’est pas la dimension tragique qui rend ces deux albums tristes mais l’imperturbable cycle de la vie, ce trop bref parcours… D’autres y verront peut-être un élan d’optimisme, un espoir.

Si je devais choisir entre les deux opus, mon cœur pencherait pour le premier avec ses rires, ses jeux et son innocence.

A lire en tous cas, rien que pour ces belles illustrations, pleines de couleurs (si je n’ai rien contre le noir et blanc -si présent en BD !-  mais qu’il est agréable de retrouver de belles couleurs, les nuances, le rouge qui représente les retours dans le passé, les différents teintes de vert de la forêt, le bleu de ce ciel immuable… J’ai pensé à Sambre  bien souvent !

 

»       17/20   »

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 21:06

Encore une saynète de ce dramaturge ! Ici, il n’est point question d’amant dans le placard mais de la vie de travail, de l’assiduité d’un employé.

Monsieur Badin est convoqué chez le directeur. Pourquoi ? Parce que Monsieur Badin ne vient jamais faire son travail ! Il trouve prétextes et excuses bidon et le directeur lui donne le choix : « la présence ou la démission » ! L’employé essaye d’apitoyer son patron en lui parlant du stress qu’il endure rien qu’à l’idée de venir travailler –et il part boire un coup pour se donner du courage, et au bout de quelques verres, se dit que ce n’est plus la peine d’aller bosser… Et le patron est à deux doigts de s’attendrir quand le culotté Badin lui demande une augmentation.

Encore une fois, c’est drôle, frais, simple, court, actuel même.

 

Un joli passage :

« Monsieur Badin : - Monsieur, je vais vous expliquer. J'ai été retenu chez moi par des affaires de famille. J'ai perdu mon beau-frère...
Le directeur : - Encore !
Monsieur Badin : - Monsieur...
Le directeur : - Ah çà ! monsieur Badin, est-ce que vous vous fichez de moi ?
Monsieur Badin: - Oh !...
Le directeur : - À cette heure, vous avez perdu votre beau-frère, comme déjà, il y a trois semaines, vous aviez perdu votre tante, comme vous aviez perdu votre oncle le mois dernier, votre père à la Trinité, votre mère à Pâques ! Sans préjudice, naturellement, de tous les cousins, cousines, et autres parents éloignés que vous n'avez cessé de mettre en terre à raison d'au moins un la semaine. Quel massacre ! non, mais quel massacre ! A-t-on idée d'une boucherie pareille !... Et je ne parle ici, notez bien, ni de la petite sœur qui se marie deux fois l'an, ni de la grande qui accouche tous les trois mois. Eh bien ! monsieur, en voilà assez. Que vous vous moquiez du monde, soit ! mais il y a des limites à tout, et si vous supposez que l'Administration vous donne deux mille quatre cent francs pour que vous passiez votre vie à marier les uns, à enterrer les autres, ou à tenir sur les fonts baptismaux, vous vous mettez le doigt dans l'œil ! »

11/12 pour le challenge de Bladelor

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 20:42

 

Le bras extirpeur a choisi ce livre qui prenait la poussière dans ma PAL. Allez savoir pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ? Il est des livres qui distraient, d’autres qui font réfléchir, qui font peur, qui amusent, qu’on oublie très vite… ce roman fait partie de ceux qui marquent profondément.

            Brodeck est un villageois qui sait écrire. Dans cette période de l’après-guerre, ce talent est rare et c’est pour cela qu’il a été choisi pour rédiger un certain rapport. Ce rapport concerne les circonstances de la mort de l’Anderer, un « étranger » venu vraisemblablement troubler l’équilibre du village. Le roman va bien au-delà que le simple rapport des faits. Il revient sur la guerre, la déportation de Brodeck, sa miraculeuse survie, son nom qu’on a effacé du monument aux morts, du « chien » qu’il a joué à être pour satisfaire les officiers allemands dans le camp d’extermination, le boulot de « nettoyeur de merde » qu’il a endossé sans rechigner et qui l’a sans doute permis de sortir vivant du camp. Brodeck raconte aussi sa rencontre avec son épouse, le viol qu’elle a subi pendant la guerre, la fille qui est née et que Brodeck a adoptée.

Je ne dirais pas que ce livre m’a plu, il est effrayant, extrêmement violent et bouleversant. Il dépeint la vie d’un village habité par des hommes qui n’ont rien d’humain, mus par une même volonté : faire disparaître celui qui est différent, celui qui est étranger, celui qui, peut-être, symbolise leur conscience, la vérité ou une pureté absente de leur vie depuis toujours.

Les quelques passages concernant les camps sont évidemment terrifiants, être rescapé de l’horreur n’est pas un cadeau, et, en sus des souvenirs, l’enfer continue dans ce petit village qu’on pourrait situer en Autriche, en Suisse ou encore en Alsace. La méfiance est un poison qui tue les hommes, la culture, l’art et la réflexion sont des sources de méfiance chez ces habitants ignares et ivrognes. Malgré tout, une lueur d’optimisme point à la fin du roman, véhiculée par ce magnifique personnage qu’est Brodeck, un exemple d’humilité, de bonté et d’espoir en un avenir meilleur.

Ø  Les aveux du prêtre du village, Peiper : « "Les hommes sont bizarres. Ils commettent le pire sans trop se poser de questions, mais ensuite, ils ne peuvent plus vivre avec le souvenir de ce qu'ils ont fait. Il faut qu'ils s'en débarrassent. Alors, ils viennent me voir car ils savent que je suis le seul à pouvoir les soulager, et ils me disent tout. Je suis l'égout, Brodeck. Je ne suis pas le prêtre, je suis l'homme-égout. Celui dans lequel on peut déverser toutes les sanies, toutes les ordures pour se soulager, pour s'alléger. Et ensuite, ils repartent comme si de rien n'était. Tout neufs. Bien propres. Prêts à recommencer. Sachant que l'égout s'est refermé sur ce qu'ils lui ont confié. Qu'il n'en reparlera jamais, à personne. Ils peuvent dormir tranquille, et moi pendant ce temps, Brodeck, moi je déborde, je déborde sous le trop-plein, je n'en peux plus, mais je tiens, j'essaie de tenir. Je mourrai avec tous ce dépôt d'horreur en moi. Vois-tu ce vin ? Eh bien c'est mon seul ami. Il m'endort et me fait oublier, durant quelques instants, toute cette masse immonde que je transporte en moi, ce chargement putride qu'ils m'ont confié. Si je te dis cela, ce n'est pas pour que tu me plaignes, c'est pour que tu comprennes... Tu te sens seul de devoir dire le pire, moi, je me sens seul de devoir l'absoudre."

 

Ø  « L'idiotie est une maladie qui va bien avec la peur. L'une et l'autre s'engraissent mutuellement, créant une gangrène qui en demande qu'à se propager. »

 

Ø  Cette magnifique réflexion sur l’écriture : « Ce récit, si jamais il est lu, le prouve assez, où je ne cesse d’aller vers l’avant, de revenir, de sauter le fil du temps comme une haie, de me perdre sur les côtés, de taire peut-être, sans le faire exprès, l’essentiel. Quand je relis les pages précédentes de mon récit, je me rends compte que je vais dans les mots comme un gibier traqué, qui file vite, zigzague, essaie de décroûter les chiens et les chasseurs lancés à sa poursuite. Il y a de tout dans ce fatras ? J’y vide ma vie. Ecrire, soulage mon cœur et mon ventre…. »

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 21:47

 

 C’est sur une terrasse ensoleillée que j’ai débuté la lecture de ce diptyque… endroit idéal pour s’imprégner du cadre et de l’ambiance estivale de ce premier tome !

1902. William, le narrateur, est un garçon d’une dizaine d’années qui débarque de Londres avec sa famille dans un petit village italien. L’endroit rappelle une station de vacances, le ciel est bleu, la mer côtoie montagnes et rochers. Le père de William a décidé d’acheter un gros bateau pour pêcher le plus de poissons possible au large. Mais les pêcheurs du village voient ça d’un mauvais œil, après des œillades menaçantes, une attaque de la voiture du père, le bateau est incendié.

William s’est épris d’une jeune fille de son âge, Lisa. Brune, jolie et sauvageonne, elle va l’intégrer dans son groupe d’amis. Etrangement, les quatre enfants sont nés le même jour et lorsqu’ils font une « réunion », ils sont souvent en proie aux mêmes visions inquiétantes. Pourtant, William est heureux.

L’album s’achève sur le départ de la famille de William. Le garçon quitte l’Italie mais il quitte surtout ses trois amis.

Un bien bel album, lumineux et frais qui sent bon le sud et le soleil et qui met en scène des amitiés enfantines. Des cases teintées de rouge sont annonciatrices d’événements plus noirs. J’ai tout lu d’un coup, avec plaisir et envie de découvrir le second tome…

 

»       18/20   »

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 17:03

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             C’est grâce à Leiloona qui l’a fait voyager, que j’ai pu recevoir et lire ce livre, au mois de juillet dernier.

Stjepan est un jeune militaire de vingt ans qui se réveille après une explosion d’obus, en pleine nature, dans un pays inconnu. Il est le seul survivant, ses camarades gisent morts à ses côtés. Un peu plus loin, Stjepan trouve une voiture qui a subi le choc de l’explosion, à son bord, une jeune femme morte et un bébé pendu à son sein. Le bébé est vivant. Sans trop se poser de questions, le jeune homme emmène le bébé qu’il baptise Skoda (de la marque de la voiture).

Il erre, se cache des véhicules militaires, rencontre un douanier qui le viole en échange d’un peu de lait pour Skoda. Il sera ensuite hébergé par une famille où il ne reste que des femmes, les hommes étant partis faire la guerre. La mort est au rendez-vous chaque jour mais certaines personnes rencontrées font encore preuve de générosité.

Ce petit roman est difficile et beau. Pointant du doigt les atrocités de la guerre, il met en lumière la brièveté de la vie mais aussi la magie de certaines rencontres. Pour Stjepan, s’occuper de ce bébé est une évidence, il se sent comme son père, il le couve et le protège.

Les phrases sont simples, l’auteur ne s’encombre pas de fioritures ni de sentimentalisme. La cruauté de la vie autant que celle de la mort poignarde et happe le lecteur à chaque page. Puissamment efficace !

 

« Stjepan ne sait même pas si c’est un garçon ou une fille ; ce n’est pas le moment de regarder. Cette fois, il part. Mais il réfléchit à ce problème : garçon ou fille. La voiture qu’ils ont abandonnée, ça lui revient tout à coup c’était une Skoda. Stjepan n’est pas très certain que Skoda soit un vrai prénom, mais ça sonne comme. Et ça peut aller aussi bien pour nu garçon que pour une fille.

« Salut Skoda ! »

 

Je remercie encore Leiloona de m’avoir permis de découvrir ce roman !

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5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 21:26

 

Après  Le Démon de Midi où une épouse voyait son mari partir pour une femme plus jeune qu’elle, nous retrouvons notre Noémie divorcée, mère de deux grands ados. Accompagnée de deux copines avoisinant elle aussi la cinquantaine, elle se remémore le temps passé, elle se plaint des ravages du temps sur son corps, elle parle mecs surtout, toujours et encore.

C’est la digne suite des premières aventures de Noémie, teintée de nostalgie, de souvenirs et même de rétrospective de l’histoire de la Femme : contraception, avortement, statut de la femme, ménopauses, etc.

Encore une fois, j’ai pris un grand grand plaisir avec cet album. J’ai rigolé, souri avec compassion et tendresse. Si je n’ai pas encore 50 ans, j’ai su percevoir l’authenticité des propos, comme on dit, « ça sent le vécu » !

Alors, si vous voulez faire la connaissance de la quinqua en jogging qui estime que la vraie liberté c’est de ne plus désirer et de ne plus être désirée, si vous souhaitez rencontrer la divorcée qui aimerait « bien être terrassée encore une fois par une belle histoire d’amour » mais qui doit se contenter d’écouter les frasques de sa fille de 20 ans au corps de rêve, si vous voulez découvrir la nana adepte des thérapies de couple, indulgente face aux liaisons extra-conjugales de son mari et qui reste avec lui… pour leur fille … qui a tout de même 25 ans…. Cet album est pour vous !

»       17/20   »

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 21:18

Ce livre aurait aussi pu s’intituler « Les Monologues du ventre » car il fonctionne un peu comme la pièce de théâtre, Les Monologues du vagin du même auteur.

            Eve Ensler déteste son ventre. Elle le trouve trop gros et ce premier constat débouche vite sur une réflexion plus générale sur le physique des femmes, sur ces défauts qu’on hait plus que tout, sur ces régimes qu’on ne cesse de commencer, d’interrompre, de reprendre et d’arrêter. J’emploie volontairement le « on » généralisant car toutes les femmes se reconnaîtront pour avoir subi cette tyrannie de l’apparence.
            Eve Ensler nous propose différentes visions, différents témoignages de femmes à travers le monde, comme elle l’avait fait pour son précédent livre. On a du mal à parler de « pièce de théâtre » d’ailleurs car, encore une fois, il s’agit de monologues et de quelques dialogues.

J’ai été un peu moins émue qu’à la lecture des Monologues du vagin, paradoxalement, ça m’a paru trop féministe, la femme comme une guerrière est une image qui ne me plaît pas tellement et puis finalement, cette  dictature du physique parfait, les hommes ne le subissent-ils pas aussi ?

A lire… mais c’est léger –et très vite lu aussi.

Un extrait touchant, celui où Eve raconte sa rencontre avec des femmes afghanes à qui il est formellement interdit de manger des glaces. Alors qu’elles risquent la flagellation voire la condamnation à mort, ces Afghanes se réunissent secrètement dans un restaurant :

« Les coupes de glace à la vanille arrivent sur la table (3 coupes). Sunita relève sa burqua, l’attache avec beaucoup de précautions sur sa tête comme si c’était un voile de mariée. Elle regarde longuement sa coupe. Elle attend que je commence la première. Tandis que les talibans encerclent le souk dans leurs camions Toyota, la glace cesse d’être mon ennemie. Sunita risque sa vie pour ce petit plaisir. Elle le partage avec moi. Je mange cette glace. Eve mange la glace. Cette douce vanille interdite se fond dans mon corps. »

Et la fin du livre… ou les évidences qu’il est bon de rappeler et nous aident à nous accepter :

-          Notre corps nous parle de toutes ces femmes  qui sont venues avant nus sue la terre.

-         Il nous parle de nous-mêmes.

-         Notre corps est notre chez-nous.

-         Un chez-nous où nous pouvons crier.

-         Ou nous pouvons nous reconnaître.

-         Nous montrer excessives.

-         Nous vider.

-         Nous remplir.

-         Notre corps est unique.

-         Notre corps est parfait parce qu’il est unique.

-         Nous sommes en parfait accord avec ce corps parfait.

-         Accord parfait.

-         Parfait accord.

-         Un corps parfait.

 

    10/12 pour le challenge de Bladelor

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 11:10

 

Voilà un bien bel album qui mérite amplement le Prix du Public reçu en 2011 à Angoulême.

Clémentine est une jolie lycéenne dont la vie va être chamboulée par une rencontre : Emma. Une attirance irrépressible et surtout incompréhensible pour cette jeune adulte aux cheveux bleus l’empêche de vivre une histoire d’amour avec le beau Thomas. Clémentine se pose des questions, rejette ce qui, pourtant, saute aux yeux : elle est amoureuse d’Emma.  Se liant d’amitié avec elle qui a pour réputation de fréquenter le milieu gay, Clémentine va voir s’éloigner certains de ses amis. Emma a une amoureuse mais les sentiments très forts qui la lient à Clémentine vont dominer.

Lorsque les parents de Clémentine découvrent la liaison homosexuelle de leur fille, ils le renient et la chassent de la maison familiale. Elle n’a que 17 ans. Des ruptures et des réconciliations vont ponctuer la vie des deux jeunes femmes… jusqu’à l’annonce d’une maladie qui condamne Clémentine, à 30 ans.

La lecture de cet album est prenante, quasi magnétique. Les dessins très beaux aux traits précis mettent en valeur cette couleur bleue qui symbolise l’amour pour Emma mais peut-être aussi la différence que représente encore l’homosexualité. Malgré ses grandes qualités, je formulerai deux reproches : le premier concerne l’excès de pathos associé au choix du dénouement, le deuxième est beaucoup plus personnel : j’ai lu Macaron citron il y a peu de temps et l’intrigue, vraiment similaire, ne m’a pas tant séduite, ou disons que j’ai tout autant aimé le petit roman de Claire Mazard et qu’il a le privilège d’avoir été ouvert avant cette BD ! Pour ces raisons, j’attribue la note de :

»   16/20   »

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