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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 07:35

BD couleur piscine…

C’est l’histoire d’un type qui doit aller nager, son kiné lui a dit, c’est indispensable pour le bien-être de son dos. Oui, mais le type n’aime pas trop ça et nage médiocrement… Il se rend dans cette immense piscine monochrome et froide, regarde avec dégoût les gros vieux, manque de s’étouffer, déteste les quelques longueurs qu’il parcourt mais revient la semaine suivante. Il fait la connaissance d’une belle et svelte nageuse qui excelle dans ce sport. Petit à petit, un lien se tisse entre le nageur maladroit et la presque professionnelle… et il va progresser, trouver du plaisir à nager.


            Jusque là, j’ai aimé cette histoire archi simple parce que moi aussi je suis une adepte des longueurs. Tout ce bleu-vert  a un côté envoûtant, à la fois répulsif et attirant. Mais la fin… ben, il n’y a pas de fin ! et je suis restée sur ma faim ! Le type sait désormais nager le crawl, il sait parcourir une longueur complète sous l’eau et tout ça, grâce à sa nouvelle amie. Et picétou !

Une grosse déception finale qui justifie ma petite note.

»   12/20   »

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 10:58

En manque de lecture policière, j’ai dégoté, au fond de ma PAL, cette très vieille édition (1971 –  yétais même pas née !) d’un roman d’Agatha Christie sans doute pas très connu.

            Dans un gros bourg où tout le monde connaît tout le monde, Mrs Drake donne une « fête du potiron ». Réservée aux enfants, cette réunion leur offre différents jeux, notamment celui de la pomme : une pomme dans une bassine d’eau qu’il s’agit d’attraper avec ses dents… fous rires garantis ! sauf que… une jeune fille, Joyce, est retrouvée morte noyée, la tête dans la bassine, à la fin de la soirée ! Une des invitées, Ariadne Oliver, court appeler son ami Hercule Poirot à l’aide.

Avec son flegme légendaire, Hercule Poirot va enquêter, interroger les différents invités de la soirée. Il découvre vite que Joyce s’est vantée, peu avant sa mort, avoir été témoin d’un meurtre. C’est cette piste qu’Hercule Poirot va suivre même si toutes les personnes qu’il interroge affirment que Joyce était la plus grande des menteuses, qu’elle aimait se mettre en avant en racontant quantités de bobards !

Les romans d’Agatha Christie, c’est du petit-lait, on s’en délecte, ça se lit si bien qu’une fois le livre fermé, on en redemande ! Et celui-ci tombe à pic pour la période d’Halloween. Avis aux amateurs !

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 21:04

                Ouh, qu’il est trognon ce petit bonhomme !

        Pico est un garçon qui se distingue par sa folle chevelure indomptable mais aussi par son esprit, sa répartie, ses fantaisies. Sa petite sœur, elle aussi, est à croquer et ses petits copains d’école ne sont pas en reste. Résultat : une BD savoureuse, drôle, tendre, subtile.

        Le dessin est vraiment sympa, à la fois sauvageon et très travaillé, utilisant toutes les nuances de couleurs même si le pastel domine. Les enfants sont de tout petits êtres pourtant intelligents et très malins. Le lecteur ne manquera pas de sourire, voire de rire ! J’ai pensé au petit Nicolas bien sûr mais aussi  à Louis de Delisle… le personnage du petit garçon à la fois rusé et innocent n’est donc pas nouveau et pourtant, c’est si frais, si doux, si léger que je vous en recommande la lecture. N’ayons pas peur des mots et balançons un COUP DE CŒUR !

Deux extraits pour vous mettre l’eau à la bouche :

Ø  Pico et papa sont sur le canapé, tandis que papa lit, Pico est couché, tête vers le sol :

-         Au lit, Pico.

-         Une minute. J’ai trop lu. Je suis en train de vider ma tête.

-         Tu l’as assez vidée. Elle est dans le rouge comme mon compte en banque. Allez ! file au lit !

-         Qu’est-ce que tu fais quand ton compte en banque est dans le rouge ?

-         Je vais dormir.

-         Menteur ! Tu vas raconter des histoires à ton banquier pour l’endormir. Raconte-moi une histoire qui m’endormira !

 

Ø  Maman et Pico qui revient vraisemblablement du jardin :

-         Tu as la figure toute sale, Pico.

-         C’est pas sale, maman. C’est des mûres.

-         Et ton tee-shirt, il n’est pas sale ?

-         Non, il est pas sale. C’est de la terre.

-         Et le cambouis sur ton pantalon ?

-         C’est pas sale. C’est composé des trucs qui viennent de la nature.

-         Mais qu’est-ce que ça veut dire, pour toi, « sale » ?

-         Au sens propre, rien.

 

»   20/20   »

 

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 07:27

 

Plusieurs fois conseillé sur différents blogs pour sa dimension drôle et divertissante, ce roman était dans mon sac de plage. Et je dois dire que c’est l’endroit idéal pour lire ce genre de livre.

Patrick nous raconte sa tante, c’est elle qui donne son titre au roman, c’est elle le centre de – des intrigues, elle est à la fois le personnage principal et les personnages secondaires.  Patrick, à 10 ans, se retrouve orphelin et confié à la sœur de son père. Oui mais tante Mame se lève tous les jours à 13h, elle est excentrique, moderne et surprenante, ne croit qu’aux écoles où on se promène nu, elle s’entoure d’artistes fantasques qui mènent, comme elle, une vie folle et insolite. N’oublions pas que nous sommes dans les années 20, à New York. Patrick se coule dans le moule tout en gardant une petite part de l’austérité paternelle.

Ainsi défile la vie de tante Mame, tantôt ruinée, tantôt femme d’affaires, tantôt actrice, tantôt bonne épouse, tantôt veuve, ce sacré bout de bonne femme montre différents visages mais certains motifs perdurent : sa grande originalité, sa générosité, sa joie de vivre, son entrain et son éternelle jeunesse.

J’avoue avoir voulu abandonner ma lecture au bout d’une trentaine de pages, l’univers décrit par ce neveu admiratif de sa tante m’a semblé trop léger et un peu surfait mais finalement, je me suis laissé prendre par les deux mains de ce personnage haut en couleurs, j’ai aimé découvrir à quel point elle savait rebondir, à quel point elle savait enrichir sa vie. Quand le roman est terminé (à 60 ans passés, elle se balade encore à dos d’éléphant en Inde), on se dit qu’elle peut mourir heureuse et rassasiée. Une petite leçon de vie, un bon divertissement et quelques passages assez drôles. A lire si vous avez besoin de lecture aérienne et futile…

« En fait, tante Mame et moi apprîmes à nous aimer sans la moindre difficulté, et en un temps record. Que sa personnalité incroyable dût me séduire, comme elle en avait séduit des milliers d’autres, était chose prévisible. Son charme turbulent était célèbre, après tout, et elle était également la seule vraie famille que j’eusse jamais connue. Mais qu’elle pût accorder une quelconque importance à un gamin de dix an, insignifiant, sans intérêt, demeurait pour moi une surprise constante, une source d’émerveillement et de ravissement. »

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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 13:17

 

 

Ce n’est pas dans mes habitudes de lire ce genre de BD mais, puisque les amateurs de vin pullulent à la maison (même les enfants, en fourrant le nez dans le verre de rouge s’exclament « fraise, framboise, cassis ! »), la BD est tout naturellement entrée chez nous…

N’auront plus de secrets pour vous : les origines de la vigne et du vin, leur histoire ; la dégustation du vin, les différentes appellations (AOC, « vin délimité de qualité supérieure », « vin de pays », « vin de table »), la décantation, les accords mets et vins, la conservation du vin (cave ou armoire à vin) ou encore un tour d’horizon des vins à travers le monde. Bien sûr, c’est loin d’être exhaustif (peut-on l’être dans ce domaine ?) mais c’est drôle et ça peut être une bonne approche pour qui veut commencer à connaître et apprécier les bons vins. Les jeux de mots foireux et les associations d’idées douteuses m’ont fait sourire plusieurs fois. Même si je n’ai pas appris grand-chose, la BD ne raconte pas n’importe quoi et le vocabulaire, en fin d’album pourra guider les plus perdus…

Y’a Dédé qui déterre la panneau « Pauillac » pour que ses vignes en fassent partie, y’a la petite ménagère de moins de quarante ans qui s’inquiète de ne pas voir de bac à légumes dans sa nouvelle armoire à vins, y’a ce couple de dégustateurs :

 « -   Alors, c’est lequel que tu préfères ?

-         J’sais plus… j’ai oublié l’goût du premier ! »

 

Tout le cérémonial et le vocabulaire qui entourent la dégustation du vin sont tournés en dérision… pour notre plus grand plaisir !

»   15/20   »

   

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 13:37

Transporté dans un avenir proche, le lecteur est amené à faire la rencontre des Servantes, cette caste de femmes destinées à procréer.

A travers le témoignage de Defred qui a vécu la vie d’avant, notre temps, notre société, on découvre très progressivement un nouveau mode de fonctionnement qui régit un monde terrifiant. La liberté n’existe plus. Tout le monde s’épie, chacun soupçonne l’autre, la confiance n’est plus qu’un mot dénué de sens. Defred fait partie de ces Servantes, ces femmes convoquées pour s’accoupler avec un Commandant, un homme puissant dont la femme ne peut lui donner d’enfant. Si la Servante est choyée, tout est mis en œuvre pour qu’elle puisse donner la vie, son existence et son quotidien sont extrêmement contrôlés et surveillés. Les divertissements, les plaisirs, le rire ont disparu de cette société. Et pourtant, on se révolte très doucement, des soirées clandestines sont organisées, le Commandant lui-même invite Defred à … faire des parties de scrabble !

Le plus intéressant dans ce roman réside dans le rapport au passé. Defred se souvient de son mari, de sa petite fille dont elle est séparée, de son amie, l’audacieuse Moira ; elle se remémore sa vie antérieure (notre présent) et loue ce bonheur qu’elle n’estimait pas à sa juste valeur. C’est une réflexion sur le totalitarisme et les libertés dont on dispose dans ce présent où on passe son temps à se plaindre, vraiment très intéressante.

Je ne suis pas une grande fan des dystopies qui ont toujours le chic de me foutre la trouille (c’est un peu le but me direz-vous…)  mais ce roman-là est bien fichu. Le trait est parfois forcé : malgré la « formation » via cette abominable tante Lydia et le lavage de cerveau qui l’accompagne, on se demande à plusieurs reprises comment ces gens peuvent accepter cette situation. Et on finit par se dire que la vie qu’on mène actuellement est une des plus sympas que l’être humain n’ait jamais connue !

Ce roman ne manquera pas de plaire aux amateurs du genre, pour ma part, lu cet été, il m’a plutôt paru froid et déprimant…

 

Un petit rappel du passé regretté : « Elle va à l’évier, se passe rapidement les mains sous le robinet, les sèche au torchon. Le torchon est blanc avec des bandes bleues. Les torchons sont comme ils ont toujours été. Quelquefois ces éclairs de normalité m’arrivent de côté comme des embuscades. L’ordinaire, l’usuel, un rappel, tel un coup de pied. Je vois le torchon, hors de son contexte, et je retiens mon souffle. Pour certains, à certains égards, les choses n’ont pas tellement changé. »

Une partie de scrabble chez le Commandant : « C’était comme utiliser un langage que j’avais su un jour, mais que j’avais presque oublié, un langage relatif à des coutumes qui avaient depuis longtemps disparu de ce monde : café au lait à une terrasse, avec une brioche, de l’absinthe dans un grand verre, ou des crevettes dans un cornet de papier ; des choses que j’avais lues autrefois,  mais jamais vues. »

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 21:55

            Le premier tome de ce diptyque racontait une histoire d’amitié entre quatre enfants et l’étrange lien qui les unissait.

Istanbul. Vingt plus tard, Lisa fait venir à elle les trois garçons. Tous plus ou moins amoureux d’elle, accourent au plus vite. Enceinte, elle vient de perdre son bébé et elle demande à ses amis de l’accompagner au Costa Rica pour retrouver son amant et père de l’enfant perdu, Thomas. Les trois hommes acceptent le défi sans bien comprendre de quoi il en retourne.

C’est un voyage dans le monde qui nous est offert avec ce grand périple dans la jungle sud-américaine mais aussi un voyage dans le temps. Il est question de vies antérieures, de liens très forts que peuvent tisser des personnes entre elles… par-delà les siècles. L’album est bouleversant, assez baroque et emprunt d’un surnaturel qui avait déjà été amené, doucement, dans le tome 1. Ce n’est pas la dimension tragique qui rend ces deux albums tristes mais l’imperturbable cycle de la vie, ce trop bref parcours… D’autres y verront peut-être un élan d’optimisme, un espoir.

Si je devais choisir entre les deux opus, mon cœur pencherait pour le premier avec ses rires, ses jeux et son innocence.

A lire en tous cas, rien que pour ces belles illustrations, pleines de couleurs (si je n’ai rien contre le noir et blanc -si présent en BD !-  mais qu’il est agréable de retrouver de belles couleurs, les nuances, le rouge qui représente les retours dans le passé, les différents teintes de vert de la forêt, le bleu de ce ciel immuable… J’ai pensé à Sambre  bien souvent !

 

»       17/20   »

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 21:06

Encore une saynète de ce dramaturge ! Ici, il n’est point question d’amant dans le placard mais de la vie de travail, de l’assiduité d’un employé.

Monsieur Badin est convoqué chez le directeur. Pourquoi ? Parce que Monsieur Badin ne vient jamais faire son travail ! Il trouve prétextes et excuses bidon et le directeur lui donne le choix : « la présence ou la démission » ! L’employé essaye d’apitoyer son patron en lui parlant du stress qu’il endure rien qu’à l’idée de venir travailler –et il part boire un coup pour se donner du courage, et au bout de quelques verres, se dit que ce n’est plus la peine d’aller bosser… Et le patron est à deux doigts de s’attendrir quand le culotté Badin lui demande une augmentation.

Encore une fois, c’est drôle, frais, simple, court, actuel même.

 

Un joli passage :

« Monsieur Badin : - Monsieur, je vais vous expliquer. J'ai été retenu chez moi par des affaires de famille. J'ai perdu mon beau-frère...
Le directeur : - Encore !
Monsieur Badin : - Monsieur...
Le directeur : - Ah çà ! monsieur Badin, est-ce que vous vous fichez de moi ?
Monsieur Badin: - Oh !...
Le directeur : - À cette heure, vous avez perdu votre beau-frère, comme déjà, il y a trois semaines, vous aviez perdu votre tante, comme vous aviez perdu votre oncle le mois dernier, votre père à la Trinité, votre mère à Pâques ! Sans préjudice, naturellement, de tous les cousins, cousines, et autres parents éloignés que vous n'avez cessé de mettre en terre à raison d'au moins un la semaine. Quel massacre ! non, mais quel massacre ! A-t-on idée d'une boucherie pareille !... Et je ne parle ici, notez bien, ni de la petite sœur qui se marie deux fois l'an, ni de la grande qui accouche tous les trois mois. Eh bien ! monsieur, en voilà assez. Que vous vous moquiez du monde, soit ! mais il y a des limites à tout, et si vous supposez que l'Administration vous donne deux mille quatre cent francs pour que vous passiez votre vie à marier les uns, à enterrer les autres, ou à tenir sur les fonts baptismaux, vous vous mettez le doigt dans l'œil ! »

11/12 pour le challenge de Bladelor

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 20:42

 

Le bras extirpeur a choisi ce livre qui prenait la poussière dans ma PAL. Allez savoir pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ? Il est des livres qui distraient, d’autres qui font réfléchir, qui font peur, qui amusent, qu’on oublie très vite… ce roman fait partie de ceux qui marquent profondément.

            Brodeck est un villageois qui sait écrire. Dans cette période de l’après-guerre, ce talent est rare et c’est pour cela qu’il a été choisi pour rédiger un certain rapport. Ce rapport concerne les circonstances de la mort de l’Anderer, un « étranger » venu vraisemblablement troubler l’équilibre du village. Le roman va bien au-delà que le simple rapport des faits. Il revient sur la guerre, la déportation de Brodeck, sa miraculeuse survie, son nom qu’on a effacé du monument aux morts, du « chien » qu’il a joué à être pour satisfaire les officiers allemands dans le camp d’extermination, le boulot de « nettoyeur de merde » qu’il a endossé sans rechigner et qui l’a sans doute permis de sortir vivant du camp. Brodeck raconte aussi sa rencontre avec son épouse, le viol qu’elle a subi pendant la guerre, la fille qui est née et que Brodeck a adoptée.

Je ne dirais pas que ce livre m’a plu, il est effrayant, extrêmement violent et bouleversant. Il dépeint la vie d’un village habité par des hommes qui n’ont rien d’humain, mus par une même volonté : faire disparaître celui qui est différent, celui qui est étranger, celui qui, peut-être, symbolise leur conscience, la vérité ou une pureté absente de leur vie depuis toujours.

Les quelques passages concernant les camps sont évidemment terrifiants, être rescapé de l’horreur n’est pas un cadeau, et, en sus des souvenirs, l’enfer continue dans ce petit village qu’on pourrait situer en Autriche, en Suisse ou encore en Alsace. La méfiance est un poison qui tue les hommes, la culture, l’art et la réflexion sont des sources de méfiance chez ces habitants ignares et ivrognes. Malgré tout, une lueur d’optimisme point à la fin du roman, véhiculée par ce magnifique personnage qu’est Brodeck, un exemple d’humilité, de bonté et d’espoir en un avenir meilleur.

Ø  Les aveux du prêtre du village, Peiper : « "Les hommes sont bizarres. Ils commettent le pire sans trop se poser de questions, mais ensuite, ils ne peuvent plus vivre avec le souvenir de ce qu'ils ont fait. Il faut qu'ils s'en débarrassent. Alors, ils viennent me voir car ils savent que je suis le seul à pouvoir les soulager, et ils me disent tout. Je suis l'égout, Brodeck. Je ne suis pas le prêtre, je suis l'homme-égout. Celui dans lequel on peut déverser toutes les sanies, toutes les ordures pour se soulager, pour s'alléger. Et ensuite, ils repartent comme si de rien n'était. Tout neufs. Bien propres. Prêts à recommencer. Sachant que l'égout s'est refermé sur ce qu'ils lui ont confié. Qu'il n'en reparlera jamais, à personne. Ils peuvent dormir tranquille, et moi pendant ce temps, Brodeck, moi je déborde, je déborde sous le trop-plein, je n'en peux plus, mais je tiens, j'essaie de tenir. Je mourrai avec tous ce dépôt d'horreur en moi. Vois-tu ce vin ? Eh bien c'est mon seul ami. Il m'endort et me fait oublier, durant quelques instants, toute cette masse immonde que je transporte en moi, ce chargement putride qu'ils m'ont confié. Si je te dis cela, ce n'est pas pour que tu me plaignes, c'est pour que tu comprennes... Tu te sens seul de devoir dire le pire, moi, je me sens seul de devoir l'absoudre."

 

Ø  « L'idiotie est une maladie qui va bien avec la peur. L'une et l'autre s'engraissent mutuellement, créant une gangrène qui en demande qu'à se propager. »

 

Ø  Cette magnifique réflexion sur l’écriture : « Ce récit, si jamais il est lu, le prouve assez, où je ne cesse d’aller vers l’avant, de revenir, de sauter le fil du temps comme une haie, de me perdre sur les côtés, de taire peut-être, sans le faire exprès, l’essentiel. Quand je relis les pages précédentes de mon récit, je me rends compte que je vais dans les mots comme un gibier traqué, qui file vite, zigzague, essaie de décroûter les chiens et les chasseurs lancés à sa poursuite. Il y a de tout dans ce fatras ? J’y vide ma vie. Ecrire, soulage mon cœur et mon ventre…. »

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 21:47

 

 C’est sur une terrasse ensoleillée que j’ai débuté la lecture de ce diptyque… endroit idéal pour s’imprégner du cadre et de l’ambiance estivale de ce premier tome !

1902. William, le narrateur, est un garçon d’une dizaine d’années qui débarque de Londres avec sa famille dans un petit village italien. L’endroit rappelle une station de vacances, le ciel est bleu, la mer côtoie montagnes et rochers. Le père de William a décidé d’acheter un gros bateau pour pêcher le plus de poissons possible au large. Mais les pêcheurs du village voient ça d’un mauvais œil, après des œillades menaçantes, une attaque de la voiture du père, le bateau est incendié.

William s’est épris d’une jeune fille de son âge, Lisa. Brune, jolie et sauvageonne, elle va l’intégrer dans son groupe d’amis. Etrangement, les quatre enfants sont nés le même jour et lorsqu’ils font une « réunion », ils sont souvent en proie aux mêmes visions inquiétantes. Pourtant, William est heureux.

L’album s’achève sur le départ de la famille de William. Le garçon quitte l’Italie mais il quitte surtout ses trois amis.

Un bien bel album, lumineux et frais qui sent bon le sud et le soleil et qui met en scène des amitiés enfantines. Des cases teintées de rouge sont annonciatrices d’événements plus noirs. J’ai tout lu d’un coup, avec plaisir et envie de découvrir le second tome…

 

»       18/20   »

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