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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 14:41

 

 

Je n’ai jamais vraiment aimé l’œuvre de Pagnol… Pourquoi ? par méconnaissance sans doute, par déception (« le Château de » ou « la Gloire de » ne me laissent que des souvenirs d’un univers désuet). Au fond de moi, je savais bien que je me trompais. C’est pour cela que je m’attaquai, pleine d’espoir, au théâtre de ce natif d’Aubagne.

L’action se passe dans un bar sur le port de Marseille. César, ventripotent et bruyant est au bar, le beau et jeune Marius son fils, le seconde, et la jolie Fanny vend des coquillages. Il y a un va-et-vient continu et joyeux.

Panisse,  veuf et riche, s’est mis en tête d’épouser Fanny. Elle, secrètement amoureuse d’un Marius qui ne bouge pas le petit doigt pour la séduire, s’apprête à accepter le mariage. Marius se déclare, vexé d’avoir été doublé. Pourtant, il ne cesse d’affirmer à Fanny que malgré son amour pour elle, il « ne peut » l’épouser… en effet, ce grand rêveur n’a qu’une envie : partir en mer pour découvrir le vaste monde. A la fin de la pièce, Fanny pousse son amoureux à vivre sa passion et à embarquer à bord de « La Malaisie ». 

J’ai été très agréablement surprise par cette pièce en trois actes où on ne s’ennuie pas une seconde. Le rythme est enlevé, les personnages attachants et somptueusement dessinés, les quiproquos jamais trop lourdauds, le voyage à Marseille garanti. On sourit beaucoup, notamment lorsqu’on apprend qu’il a fallu à peine trois mois à Panisse pour se remettre de son deuil, quand la mère de Fanny, Honorine, apprend que ce n’est pas elle que Panisse veut épouser mais sa fille, on rit carrément pendant la partie de cartes de quelques tricheurs, on s’attendrit quand César et Marius se querellent avant de se lancer quelques mots d’amour…

Un extrait de la dispute entre Panisse et Marius, pour obtenir les faveurs de Fanny :

PANISSE (avec une grande noblesse)

Marius, fait un peu attention à qui tu t’adresses.

MARIUS

Je m’adresse à vous, et je vous dis que ça me fait mal au cœur de vous voir.

PANISSE

Tu n’as qu’à tourner l’œil de l’autre côté.

MARIUS

Et puis je n’aime pas qu’on me regarde d’un air sur deux airs !

PANISSE

Moi, je te regarde d’un air sur deux airs ?

FANNY

Tu deviens fou mon pauvre Marius !

PANISSE

Un pauvre fou !

MARIUS

Faites attention ! Il y a des fous dangereux, j’en connais un que la main lui démange e vous envoyer un pastisson !

FANNY

Marius !

PANISSE

A moi, un pastisson ! (Avec une commisération infinie.). Ô pauvre petit !

MARIUS

Allez, sortez un peu de la banquette, avancez si vous êtes un homme !

PANISSE

Si je te pressais le nez, il en sortirait du lait !

 

Et je continue à participer au challenge de Bladelor  avec cet étonnant score (mais j'aime ça!) :   13/12 !

 

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 09:37

 

J’ai peu lu l’œuvre d’Olivier Adam mais il me semble que ce livre fait somme, est un aboutissement de ses écrits passés, une démonstration de force aussi et un forage de son être, de sa carrière d’écrivain.

Paul Steiner est un écrivain à succès mais malheureux : sa femme tant aimée, Sarah, l’a quitté, ses deux enfants, Clément et Manon lui manquent énormément et il essaye de faire face à ce qu’il appelle la Maladie, une dépression qui le coupe du reste du monde. Viennent s’ajouter au tableau une mère malade, un père froid et distant comme il l’a toujours été, un frère incompréhensif et hautain.

Je n’ai pas réussi à savoir quelle était réellement la dimension autobiographique de ce livre qu’on appelle « roman », il me semble que l’écrivain se livre énormément, offre aux lecteurs les parts les plus secrètes de ses pensées. Au-delà du parcours d’un écrivain maudit (parce qu’il y a un peu de ça, celui qui ne mêle qu’avec difficulté aux autres, celui qui a besoin de s’isoler dans une Bretagne-refuge, celui qui sent toujours « à la périphérie » n’étant jamais vraiment présent, jamais vraiment absent…), donc au-delà des tribulations de l’auteur incompris, se dresse un portrait de la France actuelle. L’histoire se passe en 2011, l’accident nucléaire de Fukushima et la campagne présidentielle française sont évoqués non sans prise de position : L’auteur clame haut et fort ses positions politiques, fustigeant les propos de « la Blonde », dépeignant un tableau des banlieues précis et inquiétant.

Je suis partagée. J’ai beaucoup aimé la justesse de certains passages, l’ironie de l’écrivain qui parle de l’écrivain (comme le montre l’extrait ci-dessous), son attachement très fort à la famille qu’il s’est créée, son retour dans la ville d’Essonne de son enfance qu’il déteste. Je me suis trouvé pas mal de points communs avec ce type ! Mais certains passages m’ont fait l’effet d’une logorrhée mal maîtrisée, il s’étale sur la vie de ses anciens copains de lycée, s’apitoie sur son sort aussi… en tant que femme, je crois qu’on en peut réprimer un sourire face à ce grand gamin impulsif et trop sensible qui s’étonne d’avoir été foutu dehors par son épouse.

C’est un livre à lire, je le conseille ne serait-ce que pour son approche sociologique. J’ai souvent pensé à  Rien ne s’oppose à la nuit que j’ai lu l’an dernier à la même époque, qui lui aussi faisait partie des rentrées littéraires attendues, qui lui aussi parlait famille et écriture. Eh bien, il n’y a pas le coup de cœur ici que j’ai eu pour le roman de De Vigan.

 

Lorsque le mari de l’ancienne copine de lycée (avec qui l’auteur a couché sans en avoir vraiment envie mais il l’a fait quand même… hein…) lui dit ce qu’il pense de son œuvre :

« Il martelait que mes livres lui avaient fait du mal, beaucoup de mal. Non parce que j’en étais l’auteur mais du fait même de leur contenu. Mes livres et ceux de mes confrères n’aidaient nullement les gens, au contraire, ils enfonçaient les plus fragiles, les plus inaptes, ils les confortaient dans leurs humeurs les plus noires, leur maintenaient la tête sous l’eau, dans l’étang poisseux de la dépression, la vase verdâtre de la mélancolie. . Ils glorifiaient la tristesse et les éclopés, la défaite et la désillusion, la fuite et la désertion, comme s’il était plus noble d’être de ce côté-là que de celui de la vie et de la lumière. »

Pensée-réponse du narrateur : « Toutes ces années je ne m’étais jamais posé la question. J’écrivais pour me tenir en vie, pour ne pas chuter. J’écrivais ^parce que c’était la seule manière que j’avais trouvée d’habiter le monde. Mais je n’avais jamais pensé aux lecteurs. »

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 10:27

C’est parti pour un an de découvertes et de dépaysement avec ce cher Guy ! Encore une fois, le choix de la destination est original et audacieux.

             Ce qui m’a surpris dès le départ, c’est que notre dessinateur-aventurier ne part plus seul et célibataire mais en famille ! Affublé d’une femme médecin travaillant pour MSF, d’un Louis de 5ans et d’une Alice presque encore bébé, cette donne va quelque peu modifier le séjour… il va souvent jouer au père au foyer, débordé par les questions de courses, de gestion de femme de ménage, de balades quotidiennes qu’il faut pouvoir diversifier. Et c’est assez drôle !

Quant à Jérusalem, de  ces 333 pages (c’est beaucoup !), il me reste un mot : confusion. Que c’est compliqué dans cette ville ! Les trois grandes religions se mêlent allègrement mais toujours pacifiquement : Juifs, Chrétiens et Musulmans. Un très haut mur sépare la Palestine du territoire israélien, mur qui oblige toujours à faire d’immenses détours. Je me suis un peu perdue dans ce mélange de religions, de subtilités (dans une même religion, il y a différentes autres religions qui ne sont pas toujours d’accord les unes avec les autres : Samaritains, catholiques romains, Arméniens apostolique, Ethiopiens orthodoxes, Coptes orthodoxes, et j’en passe et des meilleurs !). Les contrastes sont également frappants entre le luxe et la modernité d’un côté, la pauvreté de l’autre. Il y a un hétéroclisme assez impressionnant…

Quelques découvertes drôles ou insolites :

-         En période de Ramadan, on décore les bâtiments d’enseignes de Noël, il n’est donc pas impossible de voir un gros flocon de neige clignotant… sous un soleil de plomb et 30° !

-         On se promène avec un flingue sans problème. C’est même ne pas en avoir qui est original. Un homme qui se fraie un passage dans une foule, son pistolet à la main, n’effraie donc personne.

-         Les imbroglios du calendrier : « Louis termine à 14h30 avec un week-end samedi et dimanche (juif+ chrétien), Nadège travaille toute la journée avec un week-end vendredi et samedi (musulman + juif), Alice termine à 13h avec un week-end vendredi, samedi et dimanche (musulman + juif + chrétien). »

-         Le pain ne doit pas être jeté, ni chez les Juifs, ni chez les Musulmans… alors on le met dans des sachets qu’on suspend un peu partout… ou on pose des pains rassis sur des rebords de fenêtres. Etrangement, cette coutume n’a pas lieu d’être chez les Chrétiens pour qui le pain représente quand même le corps du Christ !

-         « Une famille arabe loue des croix à qui veut se rejouer la passion du Christ ».

 

Ma note ne frôle pas le 20 en raison de l’épaisseur de l’album, j’aurais aimé plus de simplicité !

»   15/20   »

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 19:57

 

 

Ma première découverte d’Ibsen,  Les Revenants, m’avait laissé un petit goût amer … J’ai bien fait de m’entêter et d’aller lire Maison de poupée !

            Nora et Torvald Helmer forment un couple très heureux. Lui s’apprête à être directeur de la société de banque dans laquelle il travaille déjà, elle, passe son temps à dépenser l’argent qu’il gagne. Entourés de leurs trois enfants, ils s’adorent, lui surnomme son épouse « mon petit panier percé », « mon alouette », « mon écureuil » ou encore « mon étourneau », elle est si fière d’avoir un mari qui lui apportera enfin le grand confort dont elle semble rêver depuis toujours.

Lorsque son amie d’enfance, Kristine Linde, la pauvre veuve, arrive, Nora déballe son bonheur avec un peu trop d’effervescence. Kristin lui reproche de n’avoir jamais connu aucun souci ; Nora raconte alors son secret : il y a quelques années de cela, son mari était très malade, pour le soigner, il fallait s’exiler au soleil. L’argent faisait défaut et Nora  contracta un emprunt à un personnage peu recommandable, Krogstad, et imita la signature de son père, faisant croire que l’argent provenait de lui. Le père mourut et Krogstad refit surface, menaçant Nora de tout révéler à son mari si elle ne le poussait pas à l’embaucher dans sa banque.

Torvald apprend la vérité, sa colère éclate car son honneur est mis en jeu. Nora s’attendait à une autre réaction et elle décide de prendre les voiles : « Vous ne m’avez jamais aimée. Vous vous amusiez seulement à être amoureux de moi. » Incarnant la parfaite poupée, Nora se rend compte qu’elle ne sait pas élever ses enfants, qu’elle n’a aucune personnalité, qu’elle n’a appris qu’à dire oui et à jouer la potiche…

« Oui c'est ainsi Torvald. Quand j'étais chez papa, il me faisait part de toutes ses opinions, et donc je les partageais. Et si j'en avais d'autres, je les cachais parce que ça ne lui aurait pas plu. Il m’appelait sa petite poupée et il jouait avec moi comme je jouais avec mes poupées. Puis je suis venue dans ta maison. »

 

J’ai vraiment bien aimé cette pièce qui est une œuvre novatrice et moderne pour la fin du XIXème siècle. A la manière de Zola, la question de l’hérédité est cependant encore très présente, les parents menteurs ne créent que des délinquants, par exemple. « J'aurais dû me douter que quelque chose de ce genre arriverait. J'aurais dû le prévoir. Avec la légèreté de principes de ton père ... Tais-toi! et de ces principes, tu as hérité. Pas de religion, pas de morale, pas de sens du devoir ... » et ces thèmes encore actuels aujourd’hui de la place de la femme dans la famille, de ses devoirs, de ses aspirations, de la notion de bonheur conjugal m’ont semblé bien traités.

 

« Non. J'ai été joyeuse, voilà tout. Et tu as toujours été si gentil pour moi. Notre foyer n'a jamais été rien d'autre qu'une salle de récréation. Ici, j'ai été ton épouse-poupée, tout comme à la maison, j'étais l'enfant-poupée de papa. Et mes enfants, à leur tour, ont été mes poupées. Je trouvais divertissant que tu te mettes à jouer avec moi, tout comme ils trouvent divertissant que je me mette à jouer avec eux. Voilà ce qu'a été notre mariage, Torvald. »

 

La petite cerise sur le gâteau, c’est l’humour. D’abord le décalage entre les noms d’oiseaux donnés à la femme par le mari et la décision finale de Nora, mais aussi celui du récit de Mme Linde qui obligée de travailler car sans un sou qui s’oppose radicalement aux paroles puériles, capricieuses et frivoles de Nora qui ne semble écouter sa grande copine que d’une oreille.

Allez, une dernière p’tite citation pour finir :

 

« HELMER

Tu es d'abord et avant tout épouse.

NORA

Cela, je ne le crois plus. Je crois que je suis d'abord et avant tout un être humain, au même titre que toi – en tous cas je vais essayer de le devenir. Je sais bien que les gens te donneront raison, Torvald, et qu’on trouve ces idées-là dans les livres. Mais je ne peux plus me contenter de ce que disent les gens et de ce qu’on trouve dans les livres. Je dois réfléchir toute seule, et essayer d’y voir clair. »

et me voilà au bout du challenge de Bladelor : 12/12 ! que fait-on maintenant? ;-)

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 08:43

 

 

Attention, immense COUP DE CŒUR !!!

 

 

 

- Tome 1 -

 

A 48 ans, Hiroshi Nakahara est marié, il a deux filles. Un jour, il se trompe de train en allant bosser et se rend, comme par hasard dans sa ville natale. Il en profite pour se rendre sur la tombe de sa mère. Et là, il se passe une chose extraordinaire : il s’endort et se réveille dans la peau de ses 14 ans ! Tout en gardant son vécu, son expérience, ses 48 ans, il se retrouve projeté dans sa vie d’adolescence. Il est heureux de revoir sa maman vivante, il prend du plaisir à étudier (et réussit, forcément, avec une facilité déconcertante), à faire du sport. Sa vie de presque quinquagénaire ne lui manque guère, il a surtout un objectif : comprendre pourquoi, cette année-là, son père a disparu. Leur famille semble pourtant heureuse et unie. La grand-mère maternelle finit par lui raconter l’histoire de ses parents : sa mère, mariée une première fois, a perdu son mari à la guerre. C’est Yoshio, le père de Hiroshi, qui est venu annoncer la mort de son ami et de celui qui lui a sauvé la vie. Petit à petit, les deux âmes esseulées se sont rapprochées.

 

L’histoire de ce retour dans le passé est complètement fascinante ! En plus de l’intrigue, Taniguchi nous fait découvrir, comme à son habitude, la vie et les mœurs japonaises. Les dessins en noir et blanc, bien travaillés, nous emmènent sur l’île nippone en un rien de temps !

 

« ce quartier autrefois familier, je l’avais cru lointain, à jamais enfoui dans ma mémoire. Je me tenais pourtant en son cœur, immobile et désorienté. »

 

» 20/20 »

_____________________________________________

 

 

- Tome 2 -

 

Hiroshi poursuit sa vie d’adolescent dans laquelle il se sent bien plus à l’aise qu’autrefois. Brillant à l’école, sportif émérite, il séduit et se rapproche de la belle Tomoko à qui il avait à peine osé adresser la parole trente ans auparavant. Il change donc le cours de sa vie, petit à petit… Il commet parfois des impairs en lançant des pronostics de résultats sportifs, en se montrant fin connaisseur des alcools forts ; il bluffe son petit monde. Hiroshi ne perd cependant pas de vue son objectif : comprendre pourquoi son père s’en va, ce 31 août de la même année, et tout faire pour le retenir.

 

La fin de l’album est jolie, philosophique, renvoie le personnage principal à sa propre ardeur à entrer si facilement dans cette vie d’avant en oubliant son épouse et ses enfants. J’ai adoré ce second tome mais la note est moindre à cause des raisons de la disparition du père, que je vous laisse découvrir.

 

Si vous n’aimez pas les BD et encore moins les mangas, lisez ces deux livres, on entre d’emblée dans l’univers japonais, l’intrigue est rondement bien menée et la lecture complètement addictive !

 

« Personne ne devient jamais vraiment adulte. L’enfant que nous avons été est toujours là, bien vivant, tout au fond de nous…Il est comme ce ciel… Avec le temps, nous croyons grandir… Mais la maturité n’est qu’un leurre, une entrave à notre âme libre d’enfant. »

» 18/20 »

mon autre coup de coeur Taniguchi : Le gourmet solitaire

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 15:32

            Christine est amnésique. Chaque matin, elle se réveille en pensant être dans la peau d’une jeune étudiante. Elle a pourtant presque 50 ans et se trouve couchée à côté d’un homme poilu et bedonnant du même âge. Cet homme, Ben, qui s’avère être son mari, lui explique tous les matins son histoire : elle a eu un accident de voiture, elle ne se souvient de rien, elle est mariée comme l’attestent les photos accrochées dans la salle de bain. Tout va bien, ils s’aiment. Mais Christine, une fois son mari parti au travail, reçoit un appel d’un certain Dr Nash qui lui dit de chercher son journal. Journal qu’elle a commencé à tenir quelques jours auparavant…

Je m’attendais à autre chose. On est en face d’un vrai thriller psychologique. Le lecteur lit le journal de Christine qui mène l’enquête à sa façon. Elle va découvrir que son amnésie ne vient pas d’un accident de voiture mais d’une agression, qu’elle a un fils mort à l’armée, que sa meilleure amie l’a laissé tomber… Elle note tout puisque une fois endormie, elle oublie tout. Alors qu’elle parvient à se persuader que l’homme qui dort son lit l’aime et qu’elle « se doit » de l’aimer, elle découvre des incohérences, des non-dits…

Ce (presque) huis clos promène le lecteur dans cette maison chaque jour nouvelle pour Christine. On oscille entre pitié, compassion et doute : Christine deviendrait-elle folle ? (elle a passé des années en hôpital psychiatrique !), Ben est-il un homme de confiance ? Pourquoi lui ment-il sur certains points de son passé ?

            Ce roman n’est pas à lire « avant d’aller dormir » ! J’ai été assez perturbée par cette histoire, on s’identifie très vite au personnage principal. Il y a forcément des répétitions (tous les matins, Christine doit se replacer dans son contexte de vie) mais l’écriture est fluide, l’intrigue efficace et la chute… ben, inattendue, comme toute chute digne de son nom !

« Ce matin, aux premières heures du jour, je me suis réveillée ; il étati allongé à mes côtés. Un étranger, à nouveau. La chambre était plongée dans l’obscurité, dans le silence. Je suis restée allongée, tétanisée par la peur, sans savoir qui j’étais, ni où je le trouvais. Je ne pouvais penser qu’à courir, me sauver, mais je ne parvenais pas à bouger. Mon esprit me semblait comme évidé, creux, puis des mots sont venus affleurer à la surface. Ben. Mari. Mémoire. Accident. Mort. Fils. »

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 07:35

BD couleur piscine…

C’est l’histoire d’un type qui doit aller nager, son kiné lui a dit, c’est indispensable pour le bien-être de son dos. Oui, mais le type n’aime pas trop ça et nage médiocrement… Il se rend dans cette immense piscine monochrome et froide, regarde avec dégoût les gros vieux, manque de s’étouffer, déteste les quelques longueurs qu’il parcourt mais revient la semaine suivante. Il fait la connaissance d’une belle et svelte nageuse qui excelle dans ce sport. Petit à petit, un lien se tisse entre le nageur maladroit et la presque professionnelle… et il va progresser, trouver du plaisir à nager.


            Jusque là, j’ai aimé cette histoire archi simple parce que moi aussi je suis une adepte des longueurs. Tout ce bleu-vert  a un côté envoûtant, à la fois répulsif et attirant. Mais la fin… ben, il n’y a pas de fin ! et je suis restée sur ma faim ! Le type sait désormais nager le crawl, il sait parcourir une longueur complète sous l’eau et tout ça, grâce à sa nouvelle amie. Et picétou !

Une grosse déception finale qui justifie ma petite note.

»   12/20   »

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 10:58

En manque de lecture policière, j’ai dégoté, au fond de ma PAL, cette très vieille édition (1971 –  yétais même pas née !) d’un roman d’Agatha Christie sans doute pas très connu.

            Dans un gros bourg où tout le monde connaît tout le monde, Mrs Drake donne une « fête du potiron ». Réservée aux enfants, cette réunion leur offre différents jeux, notamment celui de la pomme : une pomme dans une bassine d’eau qu’il s’agit d’attraper avec ses dents… fous rires garantis ! sauf que… une jeune fille, Joyce, est retrouvée morte noyée, la tête dans la bassine, à la fin de la soirée ! Une des invitées, Ariadne Oliver, court appeler son ami Hercule Poirot à l’aide.

Avec son flegme légendaire, Hercule Poirot va enquêter, interroger les différents invités de la soirée. Il découvre vite que Joyce s’est vantée, peu avant sa mort, avoir été témoin d’un meurtre. C’est cette piste qu’Hercule Poirot va suivre même si toutes les personnes qu’il interroge affirment que Joyce était la plus grande des menteuses, qu’elle aimait se mettre en avant en racontant quantités de bobards !

Les romans d’Agatha Christie, c’est du petit-lait, on s’en délecte, ça se lit si bien qu’une fois le livre fermé, on en redemande ! Et celui-ci tombe à pic pour la période d’Halloween. Avis aux amateurs !

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 21:04

                Ouh, qu’il est trognon ce petit bonhomme !

        Pico est un garçon qui se distingue par sa folle chevelure indomptable mais aussi par son esprit, sa répartie, ses fantaisies. Sa petite sœur, elle aussi, est à croquer et ses petits copains d’école ne sont pas en reste. Résultat : une BD savoureuse, drôle, tendre, subtile.

        Le dessin est vraiment sympa, à la fois sauvageon et très travaillé, utilisant toutes les nuances de couleurs même si le pastel domine. Les enfants sont de tout petits êtres pourtant intelligents et très malins. Le lecteur ne manquera pas de sourire, voire de rire ! J’ai pensé au petit Nicolas bien sûr mais aussi  à Louis de Delisle… le personnage du petit garçon à la fois rusé et innocent n’est donc pas nouveau et pourtant, c’est si frais, si doux, si léger que je vous en recommande la lecture. N’ayons pas peur des mots et balançons un COUP DE CŒUR !

Deux extraits pour vous mettre l’eau à la bouche :

Ø  Pico et papa sont sur le canapé, tandis que papa lit, Pico est couché, tête vers le sol :

-         Au lit, Pico.

-         Une minute. J’ai trop lu. Je suis en train de vider ma tête.

-         Tu l’as assez vidée. Elle est dans le rouge comme mon compte en banque. Allez ! file au lit !

-         Qu’est-ce que tu fais quand ton compte en banque est dans le rouge ?

-         Je vais dormir.

-         Menteur ! Tu vas raconter des histoires à ton banquier pour l’endormir. Raconte-moi une histoire qui m’endormira !

 

Ø  Maman et Pico qui revient vraisemblablement du jardin :

-         Tu as la figure toute sale, Pico.

-         C’est pas sale, maman. C’est des mûres.

-         Et ton tee-shirt, il n’est pas sale ?

-         Non, il est pas sale. C’est de la terre.

-         Et le cambouis sur ton pantalon ?

-         C’est pas sale. C’est composé des trucs qui viennent de la nature.

-         Mais qu’est-ce que ça veut dire, pour toi, « sale » ?

-         Au sens propre, rien.

 

»   20/20   »

 

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 07:27

 

Plusieurs fois conseillé sur différents blogs pour sa dimension drôle et divertissante, ce roman était dans mon sac de plage. Et je dois dire que c’est l’endroit idéal pour lire ce genre de livre.

Patrick nous raconte sa tante, c’est elle qui donne son titre au roman, c’est elle le centre de – des intrigues, elle est à la fois le personnage principal et les personnages secondaires.  Patrick, à 10 ans, se retrouve orphelin et confié à la sœur de son père. Oui mais tante Mame se lève tous les jours à 13h, elle est excentrique, moderne et surprenante, ne croit qu’aux écoles où on se promène nu, elle s’entoure d’artistes fantasques qui mènent, comme elle, une vie folle et insolite. N’oublions pas que nous sommes dans les années 20, à New York. Patrick se coule dans le moule tout en gardant une petite part de l’austérité paternelle.

Ainsi défile la vie de tante Mame, tantôt ruinée, tantôt femme d’affaires, tantôt actrice, tantôt bonne épouse, tantôt veuve, ce sacré bout de bonne femme montre différents visages mais certains motifs perdurent : sa grande originalité, sa générosité, sa joie de vivre, son entrain et son éternelle jeunesse.

J’avoue avoir voulu abandonner ma lecture au bout d’une trentaine de pages, l’univers décrit par ce neveu admiratif de sa tante m’a semblé trop léger et un peu surfait mais finalement, je me suis laissé prendre par les deux mains de ce personnage haut en couleurs, j’ai aimé découvrir à quel point elle savait rebondir, à quel point elle savait enrichir sa vie. Quand le roman est terminé (à 60 ans passés, elle se balade encore à dos d’éléphant en Inde), on se dit qu’elle peut mourir heureuse et rassasiée. Une petite leçon de vie, un bon divertissement et quelques passages assez drôles. A lire si vous avez besoin de lecture aérienne et futile…

« En fait, tante Mame et moi apprîmes à nous aimer sans la moindre difficulté, et en un temps record. Que sa personnalité incroyable dût me séduire, comme elle en avait séduit des milliers d’autres, était chose prévisible. Son charme turbulent était célèbre, après tout, et elle était également la seule vraie famille que j’eusse jamais connue. Mais qu’elle pût accorder une quelconque importance à un gamin de dix an, insignifiant, sans intérêt, demeurait pour moi une surprise constante, une source d’émerveillement et de ravissement. »

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