Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 10:16

 

Jean Dupont se rend à l’Office Central de Contrôle et de Vérification. Chômeur, il a besoin d’obtenir un certificat de contrôle et de vérification. Il se heurte à une administration antipathique qui ne peut répondre à sa demande car « il est déjà dix-sept heures huit ».  Le bon citoyen implore la bonté du fonctionnaire, il doit revenir la semaine d’après,  et après quelques mois de supplications, reçoit enfin le précieux papier… qu’il se fait voler dans la rue. Jean Dupont pète un câble et séquestre sa femme de ménage pour obtenir un duplicata. Les forces de l’ordre se voient obligés d’incendier sa maison.

            Au ministère, c’est la séduisante et sexy Domitille qui est nommée pour redéfinir l’Office Central de Contrôle et de Vérification. Elle fait le choix de l’informatique (d’où le titre de l’album…), découvre des absurdités qu’elle compte bien réformer : les employés avaient l’habitude de se régaler pendant leurs longues pauses et de s’offrir un repas gargantuesques mitonné par le chef de l’Office lui-même. D’une main de fer, Domitille impose des nouveaux règlements mais la révolte gronde au sein de l’entreprise.

            Voilà une satire de l’administration bien corsée. Si les auteurs pointent du doigt la difficulté à moderniser certaines institutions, tout le système est mis à mal. On se croit parfois dans une science-fiction tout en sachant bien que la réalité actuelle n’est pas si loin…

            C’est drôle, sarcastique mais la fin est un peu fouillis-fouillis d’après moi. Les auteurs collent une histoire d’amour avec un stagiaire russe à la jolie Domitille et hésitent entre retour en arrière et vraie réforme durable.  Très hachuré et sombre, le dessin mime assez bien le côté délirant de l’intrigue.

 

»   13/20   »

 

Partager cet article
Repost0
23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 07:45

Moi qui avais pour projet de m’envoyer toute la série des Rougon-Macquart devant les mirettes en 2012, m’en voilà à mon 2ème tome seulement !

Renée, enceinte sans être mariée, épouse Aristide Rougon devenu Saccard. C’est ce même Aristide Rougon qu’on avait rencontré dans le premier tome, le journaliste opportuniste qui n’hésitait pas à profiter de chaque occasion pour s’enrichir. Il va continuer ici, et de plus belle. La spéculation immobilière va l’amener à s’enrichir, son mariage et l’appauvrissement progressif de Renée à son insu  va contribuer à agrandir sa fortune également. Si Aristide représente l’argent, son frère, Eugène Rougon, « monté » à Paris peu avant lui, représente le pouvoir. La sœur n’est pas en reste, elle complote, elle spécule, elle joue l’entremetteuse. Ce personnage m’a beaucoup amusée, discrète et constamment vêtue de noir, elle joue cependant un rôle essentiel dans la réussite de chacun.

Mais c’est bien Renée le personnage central, une Renée égoïste, coquette, blasée, capricieuse. Née riche, elle ne se complaît que dans le luxe. Pourtant, l’oisiveté et l’opulence créent chez elle l’ennui. Ennui égayé par la venue de Maxime, le fils d’Aristide et d’Angèle (décédée au début du tome… les personnes bonnes et aimables ne font pas long feu chez Zola !). Le jeune homme, efféminé et espiègle distrait Renée et devient vite son compagnon de tous les jours. Elle le materne, il la conseille, elle le dorlote, il l’amuse. La routine reprend ses droits et Renée, se cherchant une nouvelle distraction… tombe dans les bras de son beau-fils. Cet inceste la stimule tous les jours et l’excite. . « Quand Maxime allait au Bois, pincé à la taille comme une femme, dansant légèrement sur la selle où le balançait le galop léger de son cheval, il était le dieu de cet âge, avec ses hanches développées, ses longues mains fluettes, son air maladif et polisson, son élégance correcte et son argot des petits théâtres. Il se mettait, à vingt ans, au-dessus de toutes les surprises et de tous les dégoûts. Il avait certainement rêvé les ordures les moins usitées. Le vice chez lui n'était pas un abîme, comme chez certains vieillards, mais une floraison naturelle et extérieure. Il ondulait sur ses cheveux blonds, souriait sur ses lèvres, l'habillait avec ses vêtements. Mais ce qu'il avait de caractéristique, c'était surtout les yeux, deux trous bleus, clairs et souriants, des miroirs de coquettes, derrière lesquels on apercevait tout le vide du cerveau. Ces yeux de fille à vendre ne se baissaient jamais; ils quêtaient le plaisir, un plaisir sans fatigue, qu'on appelle et qu'on reçoit. » Le trio vit sous le même toit, mari et femme ayant depuis longtemps accepté l’absence d’amour dans leur relation, Maxime jetant une bouffée de jeunesse dans la maison et Saccard ignorant tout des coucheries entre sa femme et son fils.

Si le lecteur assiste à la progression financière d’Aristide, au crescendo amoureux de Renée, la deuxième partie du roman met en scène la dégradation morale et physique (et même financière !) de la jeune femme. Maxime va épouser une jeune fille de son âge (non par amour mais pour son argent, et on retrouve l’épais fil de l’hérédité !) et quitte Renée. A trente ans, elle se retrouve, seule, vieillie et ruinée.

Les cinquante premières pages du roman m’ont ennuyée, je l’avoue, les histoires immobilières m’ont aussi lassée mais lorsqu’on arrive au cœur du roman avec cette histoire d’amour qui porte le sceau de l’interdit, qu’en parallèle, un reflet si net de la bourgeoisie parisienne sous le Second Empire nous est offert, on retrouve tout le talent de Zola, son admirable écriture qu’on ne saurait imiter, ses métaphores, sa polysémie et sa richesse.

 

Je n’aurais pas pu ne pas choisir l’extrait qui cloître nos deux amants dans la serre,  cette serre tropicale qui fait rêver et qui voit éclore leur amour.

« S’ils avaient fermé les yeux, si la chaleur suffocante et la lumière pâle n’avaient pas mis en eux une dépravation de tous les sens, les odeurs eussent suffi à les jeter dans un éréthisme nerveux extraordinaire. Le bassin les mouillait d’une senteur âcre, profonde, où passaient les mille parfums des fleurs et des verdures. Par instants, la Vanille chantait avec des roucoulements de ramier ; puis arrivaient les notes rudes des Stanhopéa, dont les bouches tigrées ont une haleine forte et amère de convalescent. Les Orchidées, dans leurs corbeilles que retenaient des chaînettes, exhalaient leurs souffles, semblables à des encensoirs vivants. Mais l’odeur qui dominait, l’odeur où se fondaient tous ces vagues soupirs, c’était une odeur humaine, une odeur d’amour, que Maxime reconnaissait, quand il baisait la nuque de Renée, quand il enfouissait sa tête au milieu de ses cheveux dénoués. Et ils restaient ivres de cette odeur de femme amoureuse, qui traînait dans la serre, comme dans une alcôve où la terre enfantait.

D’habitude, les amants se couchaient sous le Tanghin de Madagascar, sous cet arbuste empoisonné dont la jeune femme avait mordu une feuille. Autour d’eux, des blancheurs de statues riaient, en regardant l’accouplement énorme des verdures. La lune, qui tournait, déplaçait les groupes, animait le drame de sa lumière changeante. Et ils étaient à mille lieues de Paris, en dehors de la vie facile du Bois et des salons officiels, dans le coin d’une forêt de l’Inde, de quelque temple monstrueux, dont le sphinx de marbre noir devenait le dieu. Ils se sentaient rouler au crime, à l’amour maudit, à une tendresse de bêtes farouches. Tout ce pullulement qui les entourait, ce grouillement sourd du bassin, cette impudicité nue des feuillages, les jetaient en plein enfer dantesque de la passion. C’était alors au fond de cette cage de verre, toute bouillante des flammes de l’été, perdue dans le froid clair de décembre, qu’ils goûtaient l’inceste, comme le fruit criminel d’une terre trop chauffée, avec la peur sourde de leur couche terrifiante. »

Le deuxième extrait renvoie au cotillon, cette danse-jeu qui amusait tant les bourgeois au XIXème siècle… ou quand le luxe se mêle au ridicule…

« M. de Saffré plaçait le duc de Rozan, le dos contre le mur, dans un angle du salon, à côté de la porte de la salle à manger. Il mit une dame devant lui, puis un cavalier dos à dos avec la dame, puis une autre dame devant le cavalier, et cela à la file, couple par couple en long serpent. Comme des danseuses causaient, s'attardaient :
- Voyons, mesdames, cria-t-il, en place pour les « Colonnes ».
Elles vinrent, les « colonnes » furent formées. L'indécence qu'il y avait à se trouver ainsi prise, serrée entre deux hommes, appuyée contre le dos de l'un, ayant devant soi la poitrine de l'autre, égayait beaucoup les dames. Les pointes des seins touchaient les parements des habits, les jambes des cavaliers disparaissaient dans les jupes des danseuses, et, quand une gaieté brusque faisait pencher une tête, les moustaches d'en face étaient obligées de s'écarter, pour ne pas pousser les choses jusqu'au baiser. Un farceur, à un moment, dut donner une légère poussée ; la file se raccourcit, les habits entrèrent plus profondément dans les jupes ; il y eut de petits cris, et des rires, des rires qui n'en finissaient plus. On entendit la baronne de Meinhold dire : « Mais, monsieur, vous m'étouffez ; ne me serrez pas si fort ! » ce qui parut si drôle, ce qui donna à toute la file un accès d'hilarité si fou, que les « colonnes », ébranlées, chancelaient, s'entrechoquaient, s'appuyaient les unes sur les autres, pour ne pas tomber. M. de Saffré, les mains levées, prêt à frapper, attendait. Puis il frappa. A ce signal, tout d'un coup, chacun se retourna. Les couples qui étaient face à face, se prirent à la taille, et la file égrena dans le salon son chapelet de valseurs.
Il n'y eut que le pauvre duc de Rozan qui, en se tournant, se trouva le nez contre le mur. On se moqua de lui. »

Partager cet article
Repost0
20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 09:45

En gastronomie, on revisite le pot-au-feu ou les spaghettis bolognaises, en littérature, c’est la mythologie grecque qui est revue au goût du jour.

Lo est une jeune et jolie nymphe qui s’éprend d’un beau berger, Daphnis. Problème : Daphnis lui est reconnaissant de lui avoir sauvé la vie (elle a sucé le venin d’un serpent qui l’avait mordu) mais est amoureux de Chloé. Lo, souvent accompagnée de son ami, le satyre Pip, va tenter le tout pour le tout pour conquérir le cœur de Daphnis. Elle va adopter un chien violet, Chagrin (qui le suivra partout), elle rencontrera Bacchus ou encore Zeus qui tout en essayant de la séduire se rendra compte qu’il est le propre père de Lo, elle se fera aider de tante Isadora, qui lui donnera de la poudre d’Eros. « Une fois que la personne de  ton choix dort profondément, tu lui mets une pincée de poudre sur chaque paupière. Quand il se réveillera, il tombera amoureux de la personne qu’il verra. » Le plan fonctionne à merveille jusqu’au réveil de Daphnis qui se retrouve nez-à-nez avec Pip. Il tombe éperdument amoureux du satyre et Chloé, qu’il devait épouser le jour même, tente de se suicider.

On passe un bon moment avec cet album. C’est drôle, frais et ça nous permet de réviser notre mythologie. Les nymphes sont de sacrées coquines et les orgies de Bacchus s’apparentent à des parties de jambes en l’air collectives version toges et grappes de raisin. Malgré toutes ses qualités, je ne suis pas tombée sous le charme et je me demande si ce n’est pas dû au personnage central, Lo. Elle m’a trop fait penser à une héroïne de Pénélope Bagieu, très « girly »… Puisqu’on en est aux similitudes, le dessin de Lucie ressemble énormément à celui de Joann Sfar.

En résumé, pas de coup de cœur mais je suis persuadée que beaucoup adoreraient cette bande dessinée.

»   14/20   »

Partager cet article
Repost0
17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 09:39

            J’avais testé les nouvelles d’Olivier Adam, puis le roman pour la jeunesse, est enfin venu le tour du roman pour adultes.

            Claire est une jeune femme seule. Elle vit seule, elle est caissière, n’a pas de réels amis et surtout elle est en manque de son frère, Loïc, disparu soudainement quelques mois plus tôt. Elle et lui ont toujours été très proches. Malgré ses deux ans de moins, il la devançait, la guidait, prenait les décisions pour eux deux. Puis subitement, il part… sans laisser de nouvelles. Alors Claire tombe dans une profonde dépression, maigrit, dépérit. Et un jour, une carte postale de Loïc adressée à Claire, comportant peu de mots dont ceux-ci « Je vais bien, ne t’en fais pas », lui remonte un peu le moral. Quelques jours semaines plus tard, une autre carte d’un autre endroit de France, lui permet de sortir de son cocon… et ainsi de suite.

Je ne veux pas tout raconter, il y a deux surprises dans ce court roman. Intense en émotions, c’est la relation frère-sœur, si fusionnelle, presque honteuse et incestueuse, qui est d’abord intéressante, mais aussi la lente renaissance de Claire. Ses maladresses, son désir de s’en sortir,  ses efforts maigres mais constants en font un personnage touchant. L’écriture d’Olivier Adam est efficace, les phrases sont courtes, simples, parfois brutales.

Une belle découverte que je conseille.

 

Un extrait qui évoque Julien, un autre personnage que j’ai apprécié et qui va entrer dans la vie de Claire. Julien ne va pas bien, sa vie c’est l’écriture, monologue :

« Tu te barres dans le Cotentin et tu écris. Tu prends des avions, des trains ou des chemins. Des lignes de fuite. Tu prends du temps. Tu en voles. Sans rien dire à personne. Contrebandier. Sale gosse. Tu emmerdes le travail, tu encules la vie active. Tu l’as toujours dit : eu es pour la vie passive. »

 

Merci Nesto !!!

Partager cet article
Repost0
14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 09:26

Sous-titre : « Changement d’herbage réjouit les veaux ».

            Il m’a fallu quelques pages de lecture pour me rendre compte qu’il s’agissait de la BD qui a inspiré le spectacle très connu de Michèle Bernier. Si vous connaissez ce one-woman show, vous savez de quoi il retourne dans cet album dont le titre est explicite.

 Une nana, mariée, la quarantaine, voit son mec se barrer avec son assistante, Jeanine, sa « fée maîtresse » qui a, forcément, toutes les qualités : « elle m’écoute, elle me comprend… je suis amoureux comme je ne l’ai jamais été… je commence une phrase et elle la finit… ». Conséquence logique pour la femme trompée : coup de massue !

Elle se souvient du début de leur amour, de leur couple qu’ils croyaient si original et si fusionnel, de la routine qui s’installe. Elle se remémore aussi avec horreur tous les mensonges de son mari excusant ses retards. Après la phase abattement où elle n’est plus qu’une loque humaine dormant, ne sortant sans ses lunettes de soleil, complexant, culpabilisant (« c’est ma faute ! ch’suis bête, ch’suis moche ! ch’suis con, stupide, j’me suis laissée aller… ch’suis grosse ! tarte… niquedouille… pathétique… boudin »), s’en suivent les conseils des bonnes copines, il faut sortir, il faut collectionner les amants (le jeune, le vieux, le compréhensif, l’ex, le mufle, le maladroit, …), les tentatives de rabibochage du mari qui tournent au fiasco.

La fin propose plusieurs dénouements, soit le maîtresse tombe enceinte, soit elle fait amie-amie avec l’épouse, soit se recase avec l’épouse et lui fait un petit dernier, soit « il fait un enfant aux deux, et prend une troisième maîtresse qui peut se retrouver enceinte, bien sûr… »

Qu’est-ce que j’ai pu rire en lisant cet album ! Il faudrait citer toutes les bulles, pouvoir reproduire tous les dessins… ça sent le vécu, c’est réaliste, parfois caricatural et surtout, tellement drôle ! Hommes et femmes en prennent pour leur grade, leurs relations sont décortiquées pour notre plus grand plaisir.

 

Allez encore deux petits pour la route :

L’extrait archi célèbre :

-         Tu as une maîtresse ?...

-         Une quoi ?!!

-         Une liaison ! une amoureuse ! une chérie ! une pouffe ! une grosse ! une gerce ! une gisquette ! une morue !

Les différents amants qu’elle a pu rencontrer :

« celui qui vous colle le malaise au réveil, le jeune : « J’te taxe un yébi de 200 pour mon domac et la néci ce soir ! ok », le vieux [qui n’en finit plus de ronfler], le « classieux » qui baise mal et fait courir le bruit que vous êtes un mauvais coup. »

Dorénavant, j’attribuerai directement sur le billet BD la note que je donne et transmets à Yaneck tous les mois pour Top Bd des Blogueurs

Logo Top bd 2012

»       17.5/20   »

Partager cet article
Repost0
11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 17:58

Comme le titre l’indique, l’histoire se passe à San Francisco. A la fin des années 70. Les personnages se croisent, s’acoquinent, se disputent, s’enivrent, fument, s’aiment, se détestent… tout ça sur un air seventies, avant-gardiste, coloré et décadent.

Il y a Mary Ann qui, venant de Cleveland, fait figure de provinciale débarquant dans la grand ville. Fraîche et naïve, elle s’offusque, s’étonne, découvre et apprend les méandres de la vie de San Francisco qu’elle finit par apprécier plus que tout. Il y a sa logeuse, Mme Madrigal, toujours là pour donner un joint, toujours là aussi pour materner ses locataires. Il y a Michael, le chômeur homosexuel et Brian, l’homme à femmes. Les deux se retrouveront pour chasser la chair fraîche ensemble… L’humour et l’insouciance entourent ces personnages que de drôles de coïncidences finiront par réunir un soir de Noël.

Je me suis bien marrée à plusieurs reprises. La dimension fofolle du roman est sans doute sa plus grande qualité. Les personnages se démarquent tous par leur originalité et Mary Ann pourrait représenter le mât central, toujours droit mais qui tangue tout de même au plus fort de la tempête.

Léger et divertissant, ce roman est suivi de sept autres romans qui, d’après leur titre, comprennent les mêmes personnages que ce premier tome. Même si ce livre m’a plu, je ne suis pas sûre de vouloir poursuivre la série.

o   « la drague […] ressemblait beaucoup à l’auto-stop : il valait mieux s’habiller comme les gens par qui on voulait être pris. »

o   Dialogue entre Beauchamp et DeDe, ce couple où l’amour semble usé par le temps :

-         Maman doit être plus morte que vivante.

-         Arrête d’essayer de me remonter le moral.

 

 

Partager cet article
Repost0
7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 21:08

 

Petit recueil qui fait mouche sur les blogs en ce moment. Moi aussi je l’ai trouvé dans mon casier, je l’ai d’abord grignoté pour l’avaler d’une seule et grande bouchée !

… une histoire de bébés souris qu’on ne peut se résoudre à tuer,

une petite fille pauvre qui voit son rêve de se réaliser un matin de Noël,

une élève de 5ème en banlieue qui passe son mois de juillet à préparer son cartable et son mois d’août à attendre la rentrée parce que « l’école est l’endroit où on s’alarme quand ils ne sont pas là, où on a de l’ambition pour eux, l’endroit où la loi de la jungle est tenue à distance. »

le temps qui s’en va,

la générosité des pauvres ou des riches,

la force du souvenir qui recrée le présent,

un papa qui se plie en quatre pour faire renaître le sourire sur le visage de sa fille malheureuse…

 

Ces nouvelles sont remarquables par leur tendresse, leur simplicité, leur douceur, leur optimisme.

Ma préférence va à « Un peu de lenteur » de Timothée de Fombelle et à « La fille du déménageur » de Caroline Vermalle, un auteur dont je n’avais jamais entendu parler mais qui a su me faire fondre en quelques pages. J’en ai retenu deux petits passages :

 « la sagesse c’est de savoir faire la différence entre les choses qu’on peut changer et celles qu’on ne peut pas. »

« elle avait le cœur au bon endroit »

 

A lire sans modération !

 

Partager cet article
Repost0
4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 20:55

 

 

Ce roman était l’une des plus grosses gouttes de l’océan de ma PAL… avouez que 788 pages pour un polar, c’est énorme ! Ce fut aussi l’occasion de découvrir l’écriture d’Elizabeth George que je ne connaissais que de nom pour l’avoir vu, comme vous tous, dans toutes les librairies, en tête de gondole.

Les côtes de Cornouailles. Thomas Lynley est un flic malheureux : il vient de perdre sa femme enceinte, tuée par un gamin de douze ans. Pour évacuer sa douleur, il marche, seul. Au bout de quelques jours, il fait une macabre découverte : celle du cadavre de Santo Kerne, tombé du haut d’une falaise qu’il tentait, apparemment, d’escalader. Voulant alerter la police, il brise le carreau d’un cottage, celui de Daidre. Bea Hannaford est la femme flic qui chapeaute l’enquête : on remarque bien vite que le matériel de Santo, jeune homme séduisant, charismatique et coureur de jupons, a été trafiqué, c’est donc un meurtre. Zoom sur sa famille mais aussi sur celle de son ancienne petite amie, sur son passé sexuel.

Comment le dire simplement : 788 pages pour un récit policier qui, au final, n’a rien de transcendant, c’est trop long ! Le roman comporte pourtant de nombreux points positifs : le portrait des personnages est réussi car savamment complexe (en plus, ils sont tous – à l’instar d’Agatha Christie –  susceptibles d’être coupable à un moment donné), le décor planté dans cette belle région du sud de l’Angleterre fait saliver le lecteur, la dimension policière fait souvent place à une once de philosophie. Tout ça en quelques 300 pages, je crois que c’était possible aussi.

J’ai un autre roman du même auteur dans ma PAL, je ne vais pas me gêner pour le lire dans les prochains temps, afin de me faire un avis un peu plus aiguisé sur cette prêtresse du meurtre à l’anglaise…

Deux citations que j’ai relevées :

« Ils se dévisagèrent comme seuls peuvent le faire deux ex-amants. Comme des ethnologues passant un site au peigne fin, cherchant des traces d’une civilisation ancienne. »

« Cette femme était cinglée, ça sautait aux yeux. Malgré son désir d’appuyer ses lèvres sur diverses parties de son corps, Cadan savait reconnaître la timbritude quand il la voyait. Si le mot timbritude existait, ce dont il doutait. Mais si le mot n’existait pas, il aurait fallu l’inventer, car Dellen incarnait la timbritude. Elle était la personnification ambulante, parlante, respirante, mangeante et dormante de la timbritude, et si Cadan Angarrack était assez excité pour se taper un troupeau de moutons, il était aussi assez malin pour fuir la timbritude comme la peste. »

Je ne résiste pas à l’envie de mettre en images quelques endroits évoqués par le roman :

 

Trevaunance Cove

 

 

Partager cet article
Repost0
1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 11:05

 

 

Quelle jolie découverte !

Le début, pourtant, m’a refroidie assez vite. J’ai cru être face à une énième version de Daktari, vous savez, cette série animalière de quand-on-était-jeune. Une vie idyllique dans la brousse… eh bien non, on aboutit à un court roman fort et doux à la fois, intelligent et édifiant.

Frank et Liselotte sont des Afrikaners qui ont installé leur ferme en pleine cambrousse namibienne. Perdue au milieu du veld sauvage et hostile, la maison du couple a tout naturellement été baptisée « la maison des Lointains ». Jan y est né, y a grandi, a traversé les phases classiques de l’adolescence : curiosité, révolte contre ses parents, peurs,… tout cela sur fond de chasse aux zèbres, d’appréhension des big five, de sécheresse. Frankie Hoocker est secondé par Kboko, un indigène de la tribu des Khoi-Khoi. Le Noir apprend à Jan quelques mots de sa langue maternelle, il lui enseigne les rudiments de la survie au contact des bêtes sauvages, il lui raconte son passé et les légendes qui l’ont bercé, enfant.

Cette routine est brisée le jour où Jan apprend la mort de ses parents, emportés par une rivière en crue, à Windhoek. Il est perdu. Ne sait que faire. Et part. Il va errer des jours et des jours, chassant, épiant les animaux sans pour autant craindre la mort, « marcher ainsi, sans autre désir que celui d’arriver à la mer. » Jan se rend compte qu’il est suivi. C’est une lionne qui respecte une distance de sécurité, de respect ;  qui l’accompagne dans son errance. S’établit alors une relation basée sur la tendresse, la protection, l’attention.

Ce roman d’apprentissage dépayse le lecteur, se fait tantôt drôle, tantôt émouvant. Il ne manquera pas de plaire aux adolescents, sollicitant leur sensibilité et leur permettant de s’identifier au jeune garçon. L’écriture est simple mais truffée d’un langage « pittoresque » qu’un petit lexique à la fin du livre explique. Oryx, springbok, karakul, gemsbok et autres animaux du veld n’auront plus de secret pour les lecteurs.

Un petit extrait qui se situe après l’attaque du strandwolf, la terrible hyène : « Elle l’avait traîné par le col comme elle l’eût fait pour l’un de ses petits, elle lui apportait chaque matin une part de sa chasse, le faisant lionceau pour le temps de sa convalescence. Elle lui assignait une place dans son monde, trouvant d’instinct la juste expression de son nouveau compagnonnage. »

 

 

Partager cet article
Repost0
28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 14:02

 

 

 

Polpette est un grand bonhomme, ancien cuistot pour l’armée, qui n’a qu’un seul désir : cuisiner tranquillement. C’est dans la mystérieuse auberge du « Coq Vert » qu’il va trouver son bonheur et mitonner ses petits plats.

Le Coq vert appartient à un comte, Fausto de Scaramanda, un jeune homme riche, joyeux et un brin enfant-gâté. Polpette et Fausto ne sont pas seuls dans cette auberge, quelques personnages secondaires viennent fleurir leur vie : Monsieur Biryani, précepteur et homme à tout faire du comte ; la belle Alméria, éleveuse de furets et responsable du chauffage ; Pérero, l’éleveur de cochons ; Andrew, le barman de l’auberge, et quelques clients résidents.

L’équilibre de cette petite société isolée du monde extérieur est mis à mal le jour où le comte apprend que son père, un valeureux homme d’armes, va venir lui rendre une petite visite. Ca fait 15 ans qu’il ne l’a pas vu, depuis que son père l’a éloigné de la vie sociale et de la guerre pour rejoindre cette retraite du Coq Vert. Il craint sa venue que toute l’auberge prépare fébrilement.

 

            C’est (« encore » dirais-je, mais, pour mon plus grand plaisir !) un album gourmand puisque les auteurs nous font part, de temps à autre, des recettes de Polpette. Cocktails, côtes de bœuf, sandwichs épatants, œufs aux foies de volaille… on se régale et on aimerait goûter en lisant !

            L’autre point super positif, c’est cette auberge située au pied d’une cascade dans un endroit paradisiaque, digne d’un conte de fée. On nous la montre sous toutes les coutures.

 

Voilà un album tendre, doux et qui donne faim. Il nous promet une suite. J’ai hâte !

 

Je remercie Soukee pour m’avoir tentée, ça valait le coup !

 

Partager cet article
Repost0