D’emblée, je savais que cet album allait me plaire… il parle de bonne bouffe !
Alain Passard est un grand chef, propriétaire d’un restaurant parisien trois étoiles, « L’Arpège » (je n’y ai bien sûr et hélas ! jamais mis les pieds). Christophe Blain, dessinateur et scénariste « étoilé » dans son domaine se propose de nous dévoiler une partie du travail titanesque de Monsieur Passard.
Si le thème de l’album est original, la forme n’est pas en reste. La page de gauche est réservée à une recette, celle de droite à la réalisation de cette recette par Passard dessinée par Blain. Bien sûr, les recettes sont originales et surprenantes puisque nous dégustons (trop virtuellement à mon goût !) un cœur de chou nous veau « à cru » au parmesan, des galettes de pomme de terre « façon pizza » aux crudités et parmesan, une émotion « pourpre » au miel d’acacia ou encore des fraises aux « éclats » de berlingots à l’huile d’olive.
Ce qui ressort de ces planches culinaires et gastronomiques, c’est l’amour du chef cuisinier pour son métier. Il regarde amoureusement les légumes et les fruits qu’il choisit minutieusement, il dresse souvent un « tableau » des produits crus, les observe, les scrute, les dispose à la manière d’un peintre devant sa toile. C’est bien un art. Un art sensuel et généreux.
Quelques intermèdes nous emmènent loin des fourneaux, dans le potager de Sarthe ou encore dans celui de Normandie. Passard s’entoure des meilleurs jardiniers, sa cuisine s’apparente même parfois à un laboratoire où l’on compare, par exemple, le navet dans trois terroirs différents. Cette minutie peut faire sourire mais lorsqu’on suit le cheminement d’un grand chef, elle est logique.
Un hommage à un grand cuisinier donc, et plus généralement à un métier souvent ingrat qui s’approche du sacerdoce, Passard nous dit dans la dernière page que ses journées vont de 7 à 3h du matin… et il conclut en s’exclamant : « Hahahaha on a la belle vie ! »
Une belle lecture gourmande que je ne peux m’empêcher de comparer à Le gourmet solitaire que j’ai tant aimé qui est, il me semble, un brin supérieur à cet album par son intrigue. Le côté répétitif de Blain peut déplaire à certains. Je ne manquerai pas de tenter l’une ou l’autre recette et vous en ferai peut-être part.
Le fameux « cœur de chou » : « C’est beau, ça, c’est des p’tits cœurs de bœuf. C’est tendre comme la rosée. Ce que j’aime, c’est presque créer le truc. Réunir les ingrédients. Jouer avec les couleurs. Regarde. J’ai fait mon marché. C’est beau, non ? Tony, viens voir. Regarde, c’est beau, non ? »
C’est une première, voici ma note pour cet album… note que je transmettrai à Yaneck, comme tous mois : 18/20


