Encore une belle découverte audio qui a distrait mes trajets voiture !
Au départ, cinq potes de longue date : Marc, célèbre photographe plein aux as ; Lucas, l’infirme en chaise roulante, ardent défenseur de la cause tibétaine et heureux en ménage avec une femme beaucoup plus jeune ; Marlène, galeriste et bisexuelle à ses heures perdues, Jean-Claude, gérant d’hôtel, éperdument amoureux de son ex-femme et en haine totale de sa fille qui aurait fait capoter son mariage, « Bany », orphelin, assistant et homme à tout faire de Marc.
La première surprise est de taille : Marc annonce à ses amis qu’il se marie avec une Chinoise de 19 ans, Yun-Xiang. Lui, l’homme à femmes aussi infidèle qu’instable ? Oui, il semble fou amoureux en plus de cela ! Et demande à ses copains, tout naturellement, de devenir les témoins des mariés. Surprise numéro 2 qui, de loin, dépasse la première : Marc est retrouvé mort, calciné dans sa voiture, quelques heures avant son mariage… Non seulement, les quatre amis doivent accepter ce deuil mais ils doivent aussi s’occuper de cette fiancée chinoise qui s’apprête à atterrir à Paris. Et ils décident, au début, de lui taire la vérité. Marc est parti en reportage-photo, il ne va pas tarder à rentrer.
Mais Yun-Xiang n’est pas n’importe qui ! Douée, vive, polyvalente, intelligente, elle va très vite apprivoiser et séduire les quatre copains avant de comprendre que Marc est mort. Elle a su gratouiller le point faible de chacun, toucher leur sensibilité. Cette dimension de « femme qui sait tout faire » m’a agacée, cette Chinoise est tout simplement un prodige ! Mais l’histoire va un peu plus loin, se fait plus ambiguë, propose une réflexion sur l’amitié, la mort, l’amour… sur l’identité culturelle, même, puisque Van Cauwelaert le dit lui-même dans l’entretien qui fait suite au récit : la jeune fiancée de Marc ne pouvait être que Chinoise.
Si les premiers instants d’écoute m’ont fait penser à certains récits d’Eric-Emmanuel Schmitt pour le côté fable, très vite, je me suis rendue compte que Les témoins de la mariée est une œuvre complexe et polysémique. Les personnages sont délicieusement bien dessinés (un chapitre = un personnage), le ton varie, l’humour n’est jamais absent. A découvrir, à écouter ou à lire !
Je me permets de vous rappeler mon premier coup de cœur cauwelaertien : Noces de sable !
« L'avantage d'avoir été privé d'enfance, c'est qu'on n'arrête jamais de se rembourser. »
« Si elle restaure le bonheur des autres, c'est pour s'y faire inviter. Mine de rien, elle pratique le feng-shui des sentiments : elle refait les intérieurs avant de les squatter. »
« C'est quand on a tout perdu qu'on se retrouve. »
Anis vous en parle bien mieux que moi, elle n’a pas écouté l’œuvre mais l’a lue !
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