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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 20:05

 

Encore une belle découverte audio qui a distrait mes trajets voiture !

Au départ, cinq potes de longue date : Marc, célèbre photographe plein aux as ; Lucas, l’infirme en chaise roulante, ardent défenseur de la cause tibétaine et heureux en ménage avec une femme beaucoup plus jeune ; Marlène, galeriste et bisexuelle à ses heures perdues, Jean-Claude, gérant d’hôtel, éperdument amoureux de son ex-femme et en haine totale de sa fille qui aurait fait capoter son mariage, « Bany », orphelin, assistant et homme à tout faire de Marc.

La première surprise est de taille : Marc annonce à ses amis qu’il se marie avec une Chinoise de 19 ans, Yun-Xiang. Lui, l’homme à femmes aussi infidèle qu’instable ? Oui, il semble fou amoureux en plus de cela ! Et demande à ses copains, tout naturellement, de devenir les témoins des mariés. Surprise numéro 2 qui, de loin, dépasse la première : Marc est retrouvé mort, calciné dans sa voiture, quelques heures avant son mariage… Non seulement, les quatre amis doivent accepter ce deuil mais ils doivent aussi s’occuper de cette fiancée chinoise qui s’apprête à atterrir à Paris. Et ils décident, au début, de lui taire la vérité. Marc est parti en reportage-photo, il ne va pas tarder à rentrer.

Mais Yun-Xiang n’est pas n’importe qui ! Douée, vive, polyvalente, intelligente, elle va très vite apprivoiser et séduire les quatre copains avant de comprendre que Marc est mort. Elle a su gratouiller le point faible de chacun, toucher leur sensibilité. Cette dimension de « femme qui sait tout faire » m’a agacée, cette Chinoise est tout simplement un prodige ! Mais l’histoire va un peu plus loin, se fait plus ambiguë, propose une réflexion sur l’amitié, la mort, l’amour… sur l’identité culturelle, même, puisque Van Cauwelaert le dit lui-même dans l’entretien qui fait suite au récit : la jeune fiancée de Marc ne pouvait être que Chinoise.

Si les premiers instants d’écoute m’ont fait penser à certains récits d’Eric-Emmanuel Schmitt pour le côté fable, très vite, je me suis rendue compte que Les témoins de la mariée est une œuvre complexe et polysémique. Les personnages sont délicieusement bien dessinés (un chapitre = un personnage), le ton varie, l’humour n’est jamais absent. A découvrir, à écouter ou à lire !

Je me permets de vous rappeler mon premier coup de cœur cauwelaertien : Noces de sable !

« L'avantage d'avoir été privé d'enfance, c'est qu'on n'arrête jamais de se rembourser. »


« Si elle restaure le bonheur des autres, c'est pour s'y faire inviter. Mine de rien, elle pratique le feng-shui des sentiments : elle refait les intérieurs avant de les squatter. »


« C'est quand on a tout perdu qu'on se retrouve. »

 

Anis vous en parle bien mieux que moi, elle n’a pas écouté l’œuvre mais l’a lue !

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 19:48

Après mon enthousiasme à l’écoute de Meurtre dans un jardin indien, j’ai voulu découvrir l’œuvre qui a rendu cet auteur hindou si célèbre. Vous avez tous déjà entendu parler au moins du film, moi j’ai commencé par le roman.                                                                                
           L’intrigue est simple : un jeune garçon, Ram, orphelin, a gagné au célèbre jeu télévisé « Qui veut gagner un milliard de roupies ? »… et il a gagné le milliard. 
Le seul hic à ce merveilleux coup de chance : les producteurs de l’émission refusent de croire en son honnêteté, surtout, ils ne veulent sortir de leur poche le milliard tant convoité et ils le font arrêter. Smita, une jeune avocate, se décide de prendre la défense de Ram à la seule condition qu’il lui raconte comment lui, un pauvre hère sans éducation, a réussi à répondre aux douze questions.

Chaque explication de la réponse à une question difficile pour un ignorant va de soi : Ram a rencontré des gens fascinants dans sa vie, il a connu des événements invraisemblables qui, bien plus qu’un professeur d’école, lui ont enseigné un tas de choses. Et le hasard a fait le reste.

Ce roman a été un bon divertissement même si le côté répétitif m’a parfois un peu (très peu !) lassée. J’ai une grosse préférence pour Meurtre dans un jardin indien où les surprises emplissaient le livre avec un humour sans faille. Les points communs des deux livres en font certainement le style de Vikas Swarup : le nombre incalculable de rebondissements ; la place laissée à la chance ; l’hésitation entre la notion de super héros et celle, antinomique, d’anti-héros ; l’Inde, vive, colorée, bigarrée, multiforme et toujours si surprenante !

Quant au film aux 8 oscars… j’ai été encore plus déçue que par le roman ! Je me suis ennuyée, je n’ai pas aimé les changements que le réalisateur a opérés par rapport à l’histoire initiale, certains éléments ont totalement disparu comme l’avocate, par exemple. L’histoire d’amour est défigurée et on obtient une histoire mièvre et banale. L’ensemble est terriblement américanisé, moi qui pensais découvrir un pan du cinéma de Bollywood, j’en ai pris pour mon grade. Tant pis. N’oubliez pas, néanmoins de sauter sur Meurtre dans un jardin indien ! (c’est du bourrage de crâne ? naaaan !)

 

 

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 11:25

 

 

 

Voilà un livre, BD, album, appelez-le comme vous voulez, qui s’adresse à tous. Mes enfants l’ont reçu et je n’ai pas boudé mon plaisir, avec eux, en lisant quelques pages, chaque soir, de ce merveilleux ouvrage.

La vie, l’homme, la Terre sont à l’honneur. Comme le titre l’indique, il s’agit de voir un peu qui sont ces sept milliards de Terriens. Tour d’horizon des silhouettes, des visages, des nez, des cheveux, des vêtements, des loisirs, des habitations, des animaux de compagnie, des fêtes, des aliments, des religions, des métiers, des langues, des personnages célèbres. L’image prime, mes enfants ont adoré chercher, s’interroger, s’émerveiller, s’étonner très souvent de la variété des cultures.

Le livre termine sur ces belles phrases : « certains vont jusqu’à en haïr d’autres parce qu’ils ne leur ressemblent pas. Parce qu’ils sont différents. Ils oublient qu’eux aussi paraissent différents aux yeux d’autrui. »

Foisonnement, richesse, couleurs, diversités, différences, variations, mosaïque… et il en résulte une grande émotion d’appartenir à cette grande famille !

 

 

 

 

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 16:16

 

Récit autobiographique qui nous emmène en Chine, à Shenzhen plus précisément, où l’auteur-narrateur a passé un séjour professionnel de quelques mois. Seul, il découvre la ville mais également un pays, des gens, des habitudes, le tout complètement étranger à ce que nous connaissons. Ce regard neuf  extrêmement enrichissant vaut un voyage pour de vrai.

Cette expérience semble avoir été pour Delisle assez douloureuse : la barrière de la langue l’a empêché de communiquer, d’apprendre, de connaître, de s’exprimer comme il l’aurait voulu, les mœurs l’ont souvent décontenancé : pays où on peut dormir sur son bureau au travail, où un couple ne s’échange guère plus de dix mots en une soirée, où gaieté, plaisir, couleurs, décorations, fantaisie, semblent être des mots inconnus.

La Chine est aussi un pays étrange pour ses plats complètement insolites pour nous : tofu mais aussi chien, tête de coq baignant dans un bouillon, poumon de chèvre au poivre. Un ami de notre dessinateur, Cheun, commande du serpent dans un restaurant, « le serveur revient avec deux verres. Dans le premier, il y a un peu d’alcool mélangé avec le sang du serpent. D’aspect c’est pas très ragoûtant, mais c’est buvable. […] Dans le deuxième verre flotte un peu d’alcool, un organe (la vessie, je crois) de notre serpent. Avant de boire, Cheun l’écrase avec une cuillère. Un jus verdâtre s’en échappe donnant au contenu une jolie couleur d’absinthe. »

Si Delisle se sent sans cesse en complet décalage, s’il compte les jours qui le séparent de son retour, il ne juge jamais, essaye toujours de comprendre, goûte, teste, ose, s’interroge, note, constate… et dessine. Cette absence de condamnation est vraiment appréciable, jamais Delisle ne se place au dessus des Chinois, il enregistre les différences entre leur culture et la sienne et note aussi que certaines de ces différences sont des gouffres infranchissables.

La lecture de cet épais roman graphique fut un vrai plaisir, dépaysant et instructif.

A découvrir !

 

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 13:43

 

Oyé, oyé, la lecture de ce roman marque la fin de ma pause polars ! (Qui a tout de même duré six mois.)

Point de courtoise introduction, le roman nous plonge dans l’action dès la première page : Benoît, flic, marié-un enfant, 35 ans, se réveille enfermé dans une minuscule cave sombre. Sa geôlière est une magnifique rousse qui le prive de nourriture et le condamne à la solitude et au froid. Benoît ne comprend pas pourquoi il est retenu. Lydia, la rousse, lui révèle enfin qu’elle veut se venger : il aurait violé et tué sa sœur jumelle, quinze ans plus tôt, et elle veut qu’il lui montre l’endroit où se trouve son cadavre. Problème : Benoît est innocent. C’est une lettre anonyme envoyée à Lydia qui a accusé le flic… Qui en veut à ce point au policier ? comment convaincre Lydia de son innocence ?

            L’auteur nous sort de temps en temps de cet obscur huis clos pour faire la connaissance de la femme de Benoît, Gaëlle, une épouse aimée mais trompée, de ses collègues flics, de l’enquête qui piétine…

            Une tortionnaire cinglée, des sévices abominables, des histoires de vengeances, une écriture qui tient le lecteur sur le qui-vive, voilà les ingrédients qui font de ce livre un thriller efficace et haletant, que j’ai dévoré en un rien de temps ! Je me suis régalée ! Un polar qui comble mes attentes du genre : une histoire qui fait frissonner sans pour autant hanter mes nuits de cauchemars.

Varoise à peine plus âgée que moi, Karine Giebel a été maintes fois récompensée pour ce polar : prix SNCF, prix Intramuros, prix du festival international du Roman Noir… à suivre !

 

« La faim et le froid ne l’atteignent même plus. On s’habitue à tout. Ou presque. Benoît s’enfonce lentement dans une sorte de marécage vaseux. Plus on s’agite, plus on coule paraît-il. Alors l bouge le moins possible. Une technique comme une autre. »

« Sa mémoire l’a pris par la main, le conduisant sur des chemins qu’il pensait avoir effacés de la carte de son existence. Des trésors enfouis dans les alvéoles de son cerveau, cachés derrière des portes que l’on ouvre rarement. Ces images du passé abandonnées dans un coin, que l’on croit perdues à tout jamais. Et un jour, lorsque la mort se dresse en face, on les ressort pour les passer en revue. »

 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 10:43

Partie à Florence quelques jours, j’ai emporté avec moi ce roman, qui, m’avait-on dit, je ne sais où, évoquait la ville toscane.

            A part quelques allusions à l’Arno et au Ponte Vecchio, Florence n’est qu’un personnage très extérieur à cette histoire aux consonnances tragiques.

            Ce sont trois voix qui s’entremêlent, se succèdent, se croisent : celle de Luca, un mort retrouvé sur les rives de l’Arno, celle d’Anna, sa compagne depuis cinq ans, et celle de Leo, un jeune prostitué qui, on l’apprend rapidement, a été l’amant de Luca.

            On ne sait pourquoi Luca est mort mais plus que les circonstances et les raisons de son décès, c’est son passé qui intrigue Anna. Elle croyait le connaître et découvre petit à petit, à la manière d’une pelote de laine qu’on déroule lentement et inexorablement, l’existence de ce mystérieux Leo, celui que Luca voyait si fréquemment.      

Faire parler un cadavre, c’est original, et ici, drôlement réussi. Si le thème de ce livre peut paraître morbide, le ton révèle une grande douceur, un incommensurable respect envers l’homme. L’amour homosexuel est traité avec sobriété, mettant en valeur les ambiguïtés du cœur humain.

Si je n’ai rien découvert sur la ville florentine, j’ai en revanche beaucoup apprécié ce roman qui, tout en soufflant un air de tragédie antique, ouvre une nouvelle porte aux vastes suppositions de l’insondable sujet qu’est la mort. Un romancier que j’ai envie de connaître davantage.

 

La voix de Luca :

« La terre me pèse un peu, bien sûr, mais j’aime l’idée de ne plus faire qu’un avec elle, de me fondre en elle, d’être envahi par elle, de m’en retourner à elle. C’est curieux qu’on m’air redonné la bonne terre contre laquelle je reposais lorqu’ils m’ont repéré sur la rive de l’Arno. Au fond, on n’échappe pas à une manière de sort. »

« Dans ma perpétuité, je débusque au moins une consolation : moi, je suis voué à demeurer jeune à jamais, à posséder toujours le visage sans aspérités qu’on a eu la drôle d’idée d’accrocher au marbre de ma tombe. C’est étrange toutefois de se croire intact et impérissable lorsque la chair est devenue de la cendre, lorsque le lierre s’enroule autour de l’armature noircie et trouée. De se croire indissoluble quand on n’est plus qu’un amas de détritus. »

Je triche, les photos ne sont pas de moi !

 

 

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 19:59

 

 

J’apprécie Davodeau pour ce qu’il fait mais aussi parce que ses BD sont parmi les premières que j’ai découvertes alors que je n’y connaissais strictement rien à ce genre si vaste et si riche. Il me tardait donc de découvrir ce diptyque que je vais vous présenter en un seul billet, tout simplement parce que j’ai lu les deux tomes d’une seule traite.

Les deux tomes alternent un récit au présent autour d’une bande de potes assis, un soir, sur une terrasse, et un récit au passé des aventures de Lulu.
Alors qu’un entretien d’embauche vire une fois encore au fiasco, Lulu, mariée, mère de trois enfants, décide de prendre la poudre d’escampette, de ne plus rejoindre la maison familiale. C’est pour une nuit d’abord, elle ne sait que faire de cette liberté nouvellement acquise mais elle prolonge l’expérience en se rendant au bord de la mer. Puis elle rencontre Charles sur une plage. Tout ça, nous le savons grâce à un ami de la famille qui l’a retrouvée et l’a suivie. Charles et Lulu deviennent amants à la manière de deux adolescents que rien n’effraie et pour qui plus rien n’existe. Insouciante, Lulu continue son chemin en laissant Charles.

 

 

 

 

Dans le second tome, Lulu vadrouille toujours mais le narrateur de ses péripéties n’est plus le copain Xavier, mais Morgane, sa propre fille âgée 16 ans. Lulu, sans le sou, a tenté d’aller contre sa nature et d’agresser une vieille femme dans la rue pour lui chiper son sac à main mais l’incident tourne à la rigolade et au coup de foudre amical. Lorsque Marthe, la vieille dame, apprend l’histoire folle de Lulu, elle lui propose un marché : le toit et le couvert en échange du récit de ses journées. Lulu passe son temps à ne rien faire et décide, un jour, de permettre à une autre jeune femme, une serveuse, d’accéder à la liberté, comme elle l’a fait. Mais ça ne se passe pas tout à fait comme elle l’aurait souhaité et finalement, Lulu prend la direction de sa maison… en compagnie de Marthe ! La fin est tragique, je ne vous en dirai pas plus.

J’avoue avoir été un peu déçue. J’ai dévoré ces deux tomes qui se lisent avec aisance. Le thème me plaisait, une mère de famille qui s’enfuit, son entourage qui la regarde avec un œil nouveau, cette notion d’emprisonnement dans le quotidien, tout ça m’a parlé (on se demande bien pourquoi d’ailleurs…). Mais les bémols sont nombreux : elle pense peu (ou pas !) à ses enfants, est-ce vraiment crédible ? La fin est un peu bâclée aussi selon moi, on ne sait pas vraiment quelle « leçon » tirer de cette escapade. Et puis, il y a ce mari qui répond trop au cliché de l’époux soulard, paresseux et peu attentif à sa femme, ces trois enfants qui n’ont pas l’air de souffrir de la séparation. Et ces pensées de Lulu qu’on n’a pas ! elle paraît parfois insensée, sans cœur. Le fait que sa fille raconte sa deuxième partie d’errance et notamment ses frasques sexuelles m’a chiffonnée aussi, pourquoi elle, pourquoi ce choix ?

Pour terminer de manière positive, je salue la démarche de Davodeau, justement parce qu’elle vient d’un homme, un homme qui a compris une infime part de ce qui se passe dans la tête d’une femme. Un homme qui, avec sobriété, narre l’entreprise d’une femme qu’on pourrait juger indigne et lâche. Lui ne juge pas. Et puis les dessins sont magnifiques : l’ocre, le orange, le rouge, ces couleurs chaudes comme pour mieux encourager l’initiative de notre fuyarde. Les portraits sont très touchants aussi, réalistes et peu embellis, ils sont un juste reflet de la vraie vie.

Découvrez ces deux albums, dites-moi ce que vous en pensez !

 

 

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 14:04

 

Maintes fois saluée, applaudie, voire encensée sur la blogosphère, c’est avec un réel empressement que j’avais envie de découvrir cet auteur… eh bien…eh bien… j’ai été déçue !

Dans une succession de très courts chapitres (qui heureusement se lisent très vite, sinon, j’aurais arrêté net !), défilent des personnages et leur petite vie. Je dis « petite » vie car ce sont des gens ordinaires mais à qui il arrive des trucs étranges : un employé des pompes funèbres se découvre une passion en photographiant des cadavres, un vieux couple incendie sa propre maison, un homme meurt, sa voiture ayant heurté un cerf, une jeune veuve pas du tout éplorée, découvre son homosexualité avec la maîtresse de son mari, un gamin est abandonné puis récupéré par sa mère, celle-là même qui s’est découvert un amour lesbien…

Je me suis ennuyée. La dimension loufoque ne m’a pas touchée, j’ai trouvé l’ensemble superficiel, le langage familier voire vulgaire un peu facile et la fin tellement prévisible… Une grosse déception. Dites-moi maintenant, chers fans de Constantine, si je dois poursuivre ma lecture avec un des autres romans de l’auteur ou s’ils ont tous le même goût !

Un extrait que j’ai relevé au début de ma lecture (qui prouve bien ma motivation, n’est-ce pas) : la recette du « faire croire ce qu’on veut » délivrée par le chat Bastos (oui, les chats nous parlent dans le livre) : « « Commencer par s’entraîner régulièrement à la technique dite du monologue. Je m’explique. Le monologue a la vertu, quand il est maîtrisé, d’hypnotiser en quelque sorte, le sujet auquel on le soumet. « saouler », « gaver », « gonfler », « prendre la tête », sont autant de moyens d’empêcher de réfléchir, de rêver ou de respirer sa victime. Le but ? Remplir si totalement son espace mental que rien ne put plus s’y insinuer : zéro doute + zéro remise en question = totale soumission ».

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 08:44

 

Oeuvre découverte en livre audio !

Algérie, années 30. Lorsque Younes a 9 ans, son père, paysan ruiné, se voit contraint de le confier à son frère, pharmacien et notable d’Oran. L’oncle l’accueille comme son propre enfant et avec sa femme catholique, Germaine, ils vont éduquer et faire grandir celui qui sera désormais appelé Jonas. Pourtant le jeune garçon n’a pas oublié ses parents et sa sœur. Il les perd de vue.

Adolescent, une histoire d’amour va changer sa vie, ou plutôt une double histoire d’amour. Jonas dit au revoir à sa virginité dans les bras de la mystérieuse Mme Cazenave qui lui fait vite comprendre qu’il n’y aura de suite à cette brève liaison. Quelques années plus tard, Jonas rencontre la magnifique Emilie, la fille de Mme Cazenave. La belle Emilie bouscule tous les cœurs des amis de Jonas mais elle fait comprendre à notre héros que c’est lui qu’elle a choisi. Mme Cazenave ne peut supporter l’idée d’une relation entre sa fille et celui qui fut son amant. Donc Jonas repousse les avances d’Emilie. Il le fera des années durant sans qu’elle n’y comprenne rien et la verra épouser un de ses meilleurs amis.

Cette histoire d’amour ratée restera toute la vie ancrée dans le cœur de notre narrateur. C’est à Marseille que se termine ce triste récit.

A l’arrière-plan, l’histoire de l’Algérie éclate, broie les familles, éloigne les être chers. Le voyage que nous propose Khadra est réussi, je dirais même plus, on a envie de connaître ces villes et ces campagnes algériennes.

La fin du roman est bouleversante et je n’ai pu m’empêcher d’en cueillir des extraits, par sa profondeur, son bon sens et sa langueur, elle résume l’essence de la vie. Ce qui m’a moins plu, c’est cette histoire de rencontre ratée, j’avais bien envie de mettre des claques à l’indolent Jonas qui, vieillard, regrette ses choix passés. La lecture faite par André Pauwels est remarquable, il module sa voix en fonction du personnage qu’il incarne. Seul bémol : lorsqu’il prend la voix d’une femme, celle-ci a vraiment l’air d’une greluche à voix trop mièvre…

Si vous êtes féru d'histoires d'amour douloureuses et d'épopées amicales, n'hésitez pas à lire ce roman. Je le conseille aussi pour sa beauté finale et son écriture si élégante et raffinée même si certaines longueurs, au début, ont un peu ennuyé mes trajets en voiture. Je n’ai pu m’empêcher de relever quelques passages marquants (ne me demandez pas comment je peux retenir des extraits en voiture, ma technique restera secrète !)

 

La guerre est « le succube de la mort, la concubine féconde du malheur ».

« La postérité n’a jamais rendu l’étreinte des tombes moins dure, elle a juste le mérite de modérer notre peur de la mort puisqu’il n’y a pas de thérapie mieux appropriée à notre inexorable finitude que l’illusion d’une belle éternité. »

 

« Ici nous ne disons pas nostalgie, nous disons nostalgérie. […] L’Algérie me colle à le peau […]. Des fois, elle me ronge comme une tunique de Nessus, des fois elle m’embaume comme un parfum délicat. J’essaye de la semer et n’y arrive pas. Comment oublier ? J’ai voulu mettre une croix sur mes souvenirs de jeunesse, passer à autre chose, repartir à zéro. Peine perdue ! Je ne suis pas un chat et je n’ai qu’une vie, et ma vie est restée là-bas, au bled. J’ai beau essayé de rassembler toutes les  horreurs pour le vomir, rien à faire : le soleil, les plages, nos rues, notre cuisine, nos bonnes vieilles cuites et nos jours heureux supplantent mes colères et je me surprends à sourire là où je me prépare à mordre. »

Et une des plus belles citations qui me soit donné de recopier :

« On ne retombe pas en enfance, on n’en sort jamais. Vieux, moi ? Qu’est-ce qu’un vieillard sinon un enfant qui a pris de l’âge ou du ventre. Ma mère dévale le tertre la poussière à ses pieds telle des milliers de constellations. Maman, ma douce maman.  Ce n'est pas seulement un être, une mère, même unique, ou bien une époque ; une mère, c'est une présence que ni l'érosion du temps ni les défaillances de la mémoire ne peuvent altérer. J'en ai la preuve tous les jours que Dieu fait, toutes les nuits quand la latence m'accule au fond de mon lit. Je sais qu'elle est là, qu'elle a toujours été auprès de moi à travers les âges, les prières avortées, les promesses résiliées, les absences intenables et les peines perdues. »

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 14:09

 

Patrick tient une boutique de farces et attrapes, vous savez là où on vend des objets rigolos et inutiles : des tabliers avec des seins, des fausses crottes, des masques de président,… L’humeur et l’état d’esprit de Patrick ne cadrent pourtant pas du tout avec l’endroit : il est dépressif, des dépressifs qui aiment s’enfoncer dans leur situation de looser. Il refuse les invitations de ses amis, se plaît à mal manger, à boire du mauvais vin, à ressasser ses malheurs…, il veut « déprimer tranquille ». Sa femme l’a quitté, et comme il le dit à son frère : « je suis l’homme d’un seul vagin ».

Si Patrick décide de végéter dans sa dépression, Clarisse en a décidé autrement : acrobate, elle l’invite à voir son spectacle au cirque et en profite pour le draguer. Patrick s’ouvre petit à petit mais lorsqu’il s’agit de s’engager un peu plus, c’est Clarisse qui se braque : le manque de confiance de son nouveau compagnon lui fait peur. « Apprends à t’aimer un minimum, la charge est trop lourde pour moi. » Patrick replonge mais la déprime sera de courte durée, il a retenu la leçon de vie de Clarisse qui l’a plus aidé en le quittant qu’en restant.

Cette BD est un vrai bonheur, l’histoire est simple mais optimiste. Ce que j’ai le plus apprécié, c’est ce décalage entre la dépression de Patrick et les objets qui l’entourent : il dort sur une couette à l’effigie de Bob l’éponge, il prend son bain avec un pénis flotteur, il porte des immenses pantoufles roses. Si le ton est léger et farcesque, le lecteur pourra y trouver une petite morale qui consisterait à choisir le rire aux pleurs, la joie à la tristesse.

Les couleurs sont plutôt pastel et l’auteur a choisi un ton par page, tantôt le jaune, tantôt le rose, tantôt le bleu.

Une belle découverte d’un auteur que je croyais avoir lu (mais non !) et qui est célèbre pour Les Petit Ruisseaux.

 

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