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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 11:10

 

Voilà un bien bel album qui mérite amplement le Prix du Public reçu en 2011 à Angoulême.

Clémentine est une jolie lycéenne dont la vie va être chamboulée par une rencontre : Emma. Une attirance irrépressible et surtout incompréhensible pour cette jeune adulte aux cheveux bleus l’empêche de vivre une histoire d’amour avec le beau Thomas. Clémentine se pose des questions, rejette ce qui, pourtant, saute aux yeux : elle est amoureuse d’Emma.  Se liant d’amitié avec elle qui a pour réputation de fréquenter le milieu gay, Clémentine va voir s’éloigner certains de ses amis. Emma a une amoureuse mais les sentiments très forts qui la lient à Clémentine vont dominer.

Lorsque les parents de Clémentine découvrent la liaison homosexuelle de leur fille, ils le renient et la chassent de la maison familiale. Elle n’a que 17 ans. Des ruptures et des réconciliations vont ponctuer la vie des deux jeunes femmes… jusqu’à l’annonce d’une maladie qui condamne Clémentine, à 30 ans.

La lecture de cet album est prenante, quasi magnétique. Les dessins très beaux aux traits précis mettent en valeur cette couleur bleue qui symbolise l’amour pour Emma mais peut-être aussi la différence que représente encore l’homosexualité. Malgré ses grandes qualités, je formulerai deux reproches : le premier concerne l’excès de pathos associé au choix du dénouement, le deuxième est beaucoup plus personnel : j’ai lu Macaron citron il y a peu de temps et l’intrigue, vraiment similaire, ne m’a pas tant séduite, ou disons que j’ai tout autant aimé le petit roman de Claire Mazard et qu’il a le privilège d’avoir été ouvert avant cette BD ! Pour ces raisons, j’attribue la note de :

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 13:33

 

 

Faut-il vivre reclus dans une ferme pyrénéenne pour ne pas avoir entendu, au moins entendu, ce titre !

            Dans un futur imprécis et plutôt inquiétant, Katniss, 16 ans, a appris à se débrouiller seule. Après la mort de son père qui a engendré une dépression maternelle, elle a contribué à nourrir sa sœur, sa mère et elle-même. Comment ? en chassant, en se livrant au braconnage, en vendant son gibier et le résultat de ses cueillettes au marché noir. Car dans cette région des Etats-Unis, la vie est difficile et souvent synonyme de privation et de terreur. Le comble de l’injustice et de l’horreur revient à ce jeu, « the hunger games », le jeu de la faim qui consiste à choisir au hasard 24 jeunes ados, à les placer dans une arène hostile et à les voir s’entretuer … car il ne doit rester qu’un seul survivant.

Quand Katniss entend le prénom de sa jeune et fragile sœur qu’elle aime tant désignée par le sort, elle n’hésite pas un instant et se porte volontaire pour être une sorte de candidat de la mort. Katniss a cependant bien des atouts, elle est vive, elle est sait tirer à l’arc, elle sait vivre dans la nature sauvage mais c’est sans compter de rudes adversaires, souvent plus forts physiquement. C’est sans compter Peeta, l’autre adversaire issu du District 12, comme elle. Il est amoureux de Katniss et leur sponsor commun veut faire d’une histoire d’amour entre les deux adolescents une chance de s’en sortir.

Ce roman, complètement addictif, est rudement efficace. Suspens, peur, découverte d’un monde où la télé-réalité revêt son plus immonde manteau sont les principaux ingrédients de ce livre. J’ai aimé mais je ne lirai pas la suite, effleurer quelques résumés des tomes 2 et 3 m’a suffi. Ce n’est pas trop ma tasse de thé mais je dois avouer que rouvrir le gros bouquin pour poursuivre ma lecture a, à chaque fois, été un grand plaisir. Un petit reproche : on tue facilement et sans scrupules et, pour une lecture destinée à des jeunes, c’est dérangeant.

Ames sensibles, s’abstenir … la preuve :

« J’ai dans la bouche un goût infect, que l’eau ne suffit pas à faire passer. Je rampe jusqu’au buisson de chèvrefeuille. J’en détache une fleur, j’arrache délicatement l’étamine et je dépose la goutte de nectar sur ma langue.  Le goût sucré se répand dans toute ma bouche, au fond de ma gorge, me réchauffant avec des souvenirs d’été : je revois la forêt par chez nous, et Gale à côté de moi. »

« Ma réception brutale sur le dos chasse l’air de mes poumons. Mon sac n’amortit pas grand-chose. Heureusement, mon carquois s’est pris au creux de mon coude, ce qui épargne aussi bien mes flèches que mon épaule, et je n’ai pas lâché mon arc. Le sol tremble encore sous les explosions. Je ne les entends pas. Je n’entends plus rien du tout. Mais les pommes ont dû déclencher suffisamment de mines pour que les éclats fassent sauter les autres. Je me protège le visage avec les bras, tandis qu’une pluie de terre et de fragments incandescents s’abat autour de moi. Une fumée âcre se répand – pas le plus indiqué pour une fille qui essaie de respirer de nouveau. »

Je ne sais pas ce qu’a donné l’adaptation cinématographique de ce premier opus… je veux bien cueillir vos avis !

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 16:17

Il n’y a pas d’erreur dans le titre, il ne s’agit pas de braquer une banque mais bien de la voler, de voler toute la banque !

John Dortmunder, petit truand ou grand voleur, on ne sait pas trop, passe son temps à faire du porte à porte pour vendre aux gens des encyclopédies qui n’existent pas. Victor, quant à lui, est un ancien agent du FBI qui n’a toujours connu que les côtés plats et soporifiques de ce service de police et qui rêve d’action, comme dans les films. Kelp, c’est l’oncle de Victor et c’est de lui que vient l’idée de voler une banque… Herman est le serrurier responsable d’ouvrir le coffre-fort. Murch est le chauffeur génialissime qui sait conduire et surtout voler n’importe quelle voiture, n’importe quel camion. Deux femmes complètent la fine équipe.

Et la banque alors ? En attendant que la grande et vieille banque ressemblant à un « temple grec » soit refaite à neuf, un mobile home a été aménagé, en face, pour faire office de banque de remplacement… Vous devinez la suite,  nos voyous vont mettre au point un plan infaillible : tracter cette banque par un camion jusqu’à un endroit secret et tranquille où Herman aura tout le temps de percer le coffre-fort. Bien entendu, le plan ne fonctionne pas comme sur des roulettes…

J’ai pris mon pied avec ce livre aux personnages rôles et attachants, à la fois vernis et guignards. Il y a un côté Ocean’s Eleven en plus folklo et en moins classe. C’était donc une agréable et divertissante lecture, et je remercie Caroline et :

 !!!

Un petit extrait qui se situe au début, après l’inspection de la « banque mobile » :

« - Oui, je l’ai vue, répondit Murch, soudain extrêmement sérieux. Je l’ai examine très attentivement et j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.

-         La mauvaise d‘abord, dit Dortmunder.

-         Non, dit Kelp. La bonne d’abord.

-         D’accord, dit Murch. La bonne, c’est que la banque possède un anneau de remorquage.

-         Et la mauvaise ? demanda Dortmunder.

-         Elle n’a pas de roues.

-         Eh bien, ça m’aura fait plaisir de te parler, conclut Dortmunder. »

Donald Westlake, que je ne connais absolument pas est un écrivain américain « prolifique et éclectique » (dixit Wiki) qui s’est tout de même spécialisé dans les histoires de casse et de cambriolage. Avis aux amateurs !

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 20:19

 

Je viens de découvrir le théâtre de Courteline à travers la lecture de quelques pièces et saynètes. Cet homme aux multiples talents (tour à tour journaliste, conteur, romancier, chroniqueur) a connu un grand succès à son époque, à la fin du XIXème siècle. Il n’était pourtant jamais content de lui, toujours à ronchonner et à se remettre en question. En 1899, il reçoit la légion d’honneur et est admis à l'Académie Goncourt en 1926. Il meurt peu après, amputé des deux jambes.

La peur des coups raconte une scène de ménage. « Elle » et « Lui » se disputent parce que l’épouse s’est plus ou moins laissé séduire par un militaire. Il lui reproche sa conduite de « fille », elle lui reproche d’avoir laissé faire, de ne pas être intervenu par « peur des coups ». Un homme couard et hypocrite et une femme maligne et coquine.

Ces quelques pages m’ont fait passer un excellent moment. Quand l’époux tente de s’imposer, sa femme trouve la petite faille qui le fera reculer. Une chambre à coucher, deux personnages, des dialogues drôles.

-         Lui : Donc, tu peux te le tenir pour dit : la moindre allusion à ce monsieur, la moindre ! c’est clair, n’est-ce pas ? et ce n’est plus une lettre qu’il recevrait de moi.

-         Elle : Qu’est-ce qu’il recevrait ?

-         Lui, très catégorique: Mon pied.

-         Elle : Ton pied ?

-         Lui : Mon pied en personne, si j’ose m’exprimer ainsi.

-         Elle, pouffant de rire: Pfff.

-         Lui, qui saute sur son pardessus et l’endosse : Veux-tu que j’y aille tout de suite.

-         Elle, froidement: Je t’en défie.

-         Lui, son chapeau sur la tête: Ne le répète pas.

-         Elle : Je t’en défie.

-         Lui : Fais attention.

-         Elle : Je t’en défie !

-         Lui : Pour la dernière fois, réfléchis bien à tes paroles. Solennel, la main sur le cœur.Devant Dieu qui me voit et qui m’entend, nous nagerons dans la tragédie si je passe le seuil de cette porte. 

 

 

Lui : j’ai le regret de t’apprendre que le jour où l’esprit et toi vous passerez par la même porte, nous n’attraperons pas des engelures.

 

9/12 pour le challenge de Bladelor

 

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 23:00

 

TROIS !

Les trois Grâces, les trois Parques, les trois rois mages, les trois Mousquetaires, les trois petits cochons, … et maintenant, les trois ans de ce blog, rien que ça !

Sans faire de bilan, un constat : tout en continuant à prendre du plaisir à nourrir ce blog, je sens parfois aussi une petite lassitude voire une once de paresse à la rédaction de certains billets avec une vilaine voix qui me susurre méchamment : à quoi ça sert ?

Mais comme la lecture est pour moi une troisième jambe, bien fichée à moi pour le restant de mes jours, je crois que je vais encore bloguer pour un petit moment !

 

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 13:05

Ce titre bien étrange était en vogue sur la blogosphère à une époque. Je me suis donc précipitée dessus quand je l’ai vue à ma bibliothèque préférée.

Il s’agit d’un roman graphique qui, contrairement aux BD classiques, contient énormément de texte et sa lecture équivaut à celle d’un court roman.

Gemma Bovery est une Londonienne qui rencontre son futur mari, Charlie, lors d’une soirée où, plaquée par son petit ami Patrick, elle se réfugie dans une histoire de grippe pour pouvoir être hébergée par Charlie. Charlie et Gemma ne sont d’abord que de simples amis et petit à petit, la jeune femme s’éprend de ce restaurateur de vieux meubles, de « sa nonchalance, sa fierté professionnelle, son absence de matérialisme, l’odeur du vernis, la sciure dans ses vêtements, ses ongles endeuillés d’une crasse honnête ». Un os vient assombrir leur liaison : Charlie a été marié, il a deux enfants, et son ex-femme ne lui fiche pas la paix.

C’est lorsque Gemma arrive à le convaincre de partir vivre en Normandie, à Bailleville, qu’elle se sent réellement heureuse, amoureuse de la vie campagnarde. Evidemment, ça ne durera pas. L’ennui l’envahit, le côté rustre et malpropre de son mari l’horripile. Quand on a un nom qui ressemble tant à l’héroïne de Flaubert, quel autre choix que celui de prendre un amant ? Ce sera  Hervé, plus jeune qu’elle, qu’elle retrouvera dans une superbe villa qui appartient aux parents du bellâtre pour assouvir ses désirs. Pourtant, on l’épie : c’est Raymonde Joubert, le boulanger qui a remarqué les allées et venues du couple adultérin et qui, jaloux, tente à sa manière d’y mettre fin.

J’ai été captivée par cette histoire ! Subtile, drôle, riche, cet album atypique m’a complètement enchantée ! C’est à la fois une adaptation du célèbre Madame Bovary mais c’est aussi tout autre chose ! Je suis fan et je le clame bien haut, c‘est un coup de cœur !

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 09:26

C’est tête baissée que j’ai foncé en choisissant ce livre car je connaissais un peu les textes destinés à la jeunesse écrits par Yak Rivais.

Ne tournons pas autour du pot : je n’ai pas aimé ce livre, je me suis fait violence pour arriver au terme de cette lecture.

Vitellius, président autocrate d’un pays indéterminé, le jour des élections, refuse sa défaite. Non, ce n’est pas Vespasien qui a été élu avec 53%, d’ailleurs l’opération « Coup-de-Jarnac » dont Vitellius est l’instigateur porte ses fruits : dans de nombreux bureaux de vote, des militants ont glissé une trentaine de bulletins au nom de Vitellius… qui ne bouge pas d’un iota.

            Il est question de putes (Vitellius a de nombreuses érections qui arrivent sans prévenir, il a besoin de se soulager très vite !), de latrines bouchées qui puent, de meurtres (Vitellius n’hésite pas à employer les grands moyens pour parvenir à ses fins). C’est caricatural, ubuesque, truculent et pourtant, je n’ai pas ri. Peut-être parce que cette farce n’est pas si éloignée d’une certaine réalité ? j’avais lu les deux premières pages, j’avais tout lu. Ce n’est que mon humble opinion…

Avis aux amateurs du genre vitriolesque (oui, j’ai envie, parfois, d’inventer des mots), ce court (heureusement pour moi, « court ») roman appelé « roman bouffe », vous plaira sans aucune doute.

Vitellius qui prêche la bonne parole (ça sent le « vrai », me direz-vous) : « Mais c’est le peuple, l’adversaire ! Cet abruti tentaculaire et aveugle qu’on appelle le peuple ! Pas seulement le parti de Vespasien. C’est tout cette bande de moutons débiles ! Ce troupeau de beaux prêts à suivre qui leur promettra du fric et la lune sans fatigue. L’adversaire, c’est un ramassis de canailles ! Ils ne combattent par l’injustice, ils rêvent de l’exercer à leur avantage ! Ils ne combattent pas l’iniquité, ils rêvent de l’exercer à leur avantage ! Ils ne combattent pas la misère, ils rêvent d’être admis au club des Friqués avec nous ! »

 

Merci à Caroline pour cet envoi et à  

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 08:55

Le sous-titre de ce court roman destiné aux jeunes collégiens aurait pu être « Une famille nombreuse en 1968. »

Ils sont cinq garçons, Jean-A l’aîné, Jean-B le narrateur, Jean-C , Jean-D et Jean-E pour les suivants. Leur père leur a attribué le prénom de leur grand-père accompagné d’une lettre…. car il n’a pas bonne mémoire ! Ils ont entre 2 et 10 ans et habitent Cherbourg avec leur mère « très organisée » et leur père médecin et mauvais bricoleur.

La vie d’un gamin –ou plutôt de cinq gamins !-  est décrite avec ses bonheurs et ses malheurs : la séance hebdomadaire à la piscine, les vacances ratées à la montagne, l’envie d’avoir un chien, le camp scout, le rêve de posséder une télé et surtout l’arrivée d’un 6è enfant qui ne peut être, évidemment, qu’une fille qu’on appellerait Hélène. La fameuse recette de l’omelette au sucre est inventée par le père maladroit qui ne sait pas cuisiner et qui régale, pourtant, les garçons, le soir où la maman est à l’hôpital et s’apprête à donner naissance… à Jean-F !

J’ai vraiment pris plaisir à rencontrer cette famille qui, malgré leur nombre (qui personnellement, me fait froid dans le dos), les torgnoles distribuées trop fréquemment, les 1001 bêtises, émeut le lecteur. C’est drôle, tendre et ça respire la confiance en la vie (moins présente dans les années 2000 que dans les années 60 !)

On retrouve les aventures et mésaventures de la fratrie dans les titres évocateurs de Le Camembert volant et La Soupe de poissons rouges.

Et Le Collège fantôme est ici !

 

Avant la séance piscine : « Le samedi n’est pas un jour comme les autres.
D’abord parce que papa vient nous chercher à la sortie de l’école.

Quand on passe le portail, on l’aperçoit de loin, dans la foule des parents. Papa est si grand, qu’à côté, les autres pères paraissent des pères pygmées.

Tous nos copains sont jaloux. Même François Archampaut dont le père est riche et possède plusieurs usines.

François Archampaut dit que son père fait du karaté et qu’il est tireur d’élite, mais je l’ai vu une fois : un petit type tout chauve avec un costume à rayures qui attendait François, assis sur la banquette arrière d’une grosse DS 19.  Ses lunettes arrivaient à peine à hauteur de la fenêtre. Le chauffeur a ouvert la portière et François a sauté à l’intérieur comme s’il avait eu honte. »

Après la séance piscine : « Mais le mieux, c’est quand on rentre.

Avec toutes les tasses qu’on a bues, on a l’estomac qui pèse des tonnes. Dehors, il pleut parce que c’est l’hiver et qu’on est à Cherbourg, on grelotte à cause de nos cheveux mouillés et on se sent tout faibles d’avoir tant nagé.

Chaque samedi, quand on revient de la piscine, maman a préparé une gougère.

C’est une espèce de couronne en pâte à choux dorée, moelleuse et chaude comme une brioche qui embaume jusqu’en bas de la cage d’escalier. J’adore la gougère. C’est mon plat préféré. Le menu spécial du retour de la piscine. Une sorte de promesse dorée et succulente flottant au-dessus des courants d’air et de l’odeur de désinfectant de la piscine...

On commence par se faire gronder parce qu’on ne s’est pas bien séché les cheveux, on étend les maillots et les serviettes au-dessus de la baignoire, puis papa dit :

- Qu’est-ce qu’on mange de bon, ce soir ? J’ai une faim de loup !

- C’est une surprise, dit toujours maman. Un reconstituant pour mes grenouilles.

Quand elle apporte le plat du four, on pousse tous des cris émerveillés comme si on ne s’était douté de rien. Nos diplômes de 25 mètres brasse trônent sur la commode, on se gave de pâte à choux jusqu’à avoir l’estomac qui explose. La croûte craque sous la dent, la pâte chaude fond dans la bouche, on raconte nos exploits nautiques tandis que la pluie fouette les carreaux et que la corne de brume mugit dans le lointain. »

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 20:33

Je m’étais déjà régalée avec  Shenzen, ici le bonheur est encore plus grand parce qu’on a l’impression de pénétrer dans un antre interdit au monde entier, Pyongyang étant la capitale de la Corée du Nord.

Notre narrateur-auteur-personnage principal y passe deux mois. Bien sûr, il s’est préparé psychologiquement à vivre quelque chose de particulier mais les surprises sont grandes : voilà une ville où on ne flâne pas, où les portables sont interdits, les restaurants déserts, où les étrangers doivent se déplacer avec un interprète ou un guide, où la ferveur religieuse envers Kim Il-Sung, le « père de la nation », et son fils, est omniprésente, où le badge arborant l’un ou l’autre des deux communistes est obligatoire, où les habitants bossant 6 jours sur 7 et offrant un jour de volontariat au régime (repeindre un pont, par exemple) n’ont pas de temps libre. C’est toujours avec humour, autodérision et une sorte de naïveté qu’il nous décrit les coutumes d’un pays plus que surprenant aux yeux de l’étranger.

Autre côté intéressant de l’album : le travail de Guy Delisle. Il reprend et corrige des séquences de dessins animés et ça peut donner ça concernant le coucou du grand-père nounours, par exemple : « On a l’impression qu’il essuie une fenêtre avec sa main. Ou plutôt qu’il essaie de se gratter la tempe en ayant un bras dans le plâtre. Ha ha ! Non ! Ou mieux ! Il fait un salut militaire prenant une décharge électrique ! »

Deux autres passages qui m’ont marquée :

-          lors du seul pique-nique dans la campagne auquel participe le narrateur, il apprécie la vue, « un paysage qu’on pourrait rencontrer un peu partout dans le monde. Mais à part un détail… sur environ 50 mètres de hauteur, a été sculpté et puis peint en rouge, un slogan qui a dégouliné le long de la paroi rocheuse, défigurant à jamais l’ensemble de e site. Le nom de Kim Il-Sung restera gravé à jamais dans le cœur de son peuple. »

-         Alors que le dernier film du studio de cinéma appartenant à l’armée est projeté, un collègue de Delisle ne s’y rend pas : « J’aime pas les films qu’on produit ici. Je les trouve ennuyants. » Réaction du visiteur déjà habitué au fonctionnement de ce doux pays : « de tout mon séjour, c’est ce que j’ai entendu de plus subversif de la bouche d’un Coréen. Et vu le contexte, son propos m’est apparu comme un acte de bravoure inouï. »

N’hésitez plus et lisez ce récit autobiographique illustré ! Malgré l’épaisseur du livre, ça se dévore avec délectation !

 » 18/20 »

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 16:12

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J’avais découvert cet auteur américain avec Le Rouge du péché qui m’avait plu sans que je considère cette lecture comme indispensable…

            Le sergent Barbara Havers est connu pour son originalité : toujours mal habillée, elle est laide, trapue et peu sociable. Là voilà affublée, pour son enquête, de l’inspecteur Thomas Lynley qu’elle n’aime pas parce qu’il est son opposé : beau, séduisant, riche, intelligent, sympathique. Elle le trouve snob et pourtant, parce qu’elle n’a pas envie de se retrouver à faire la circulation dans la rue, elle fait tout pour ne pas contrarier Lynley.

Nos deux Laurel et Hardy s’en vont dans un village du Yorkshire où un père de famille, William Teys a été retrouvé décapité. Le même sort avait été réservé à son chien et sa fille, Roberta, a été découverte sur les lieux du crime. Elle aurait avoué « C’est moi qui ai fait ça et je ne le regrette pas ». Très rapidement, les deux enquêteurs ont du mal à croire en sa culpabilité.

J’ai adoré ce polar ! Qu’est-ce qui m’a tant plu ? La relation entre les policiers occupe la première place du podium, c’est un couple atypique où le gars est beau, la femme un laideron, c’est aussi le début d’une histoire d’amitié plutôt maladroite et titubante. La deuxième place reviendrait à l’ordre de mes deux lectures. Ce roman se situe quelques tomes avant Le Rouge du péché et j’ai trouvé très intéressant de découvrir deux personnages en devenir, l’esquisse de ce qu’ils allaient être plus tard. Dans Le Rouge du péché, Lynley pleure son épouse décédée, ici, il n’est pas encore marié avec elle, la trompe et voit en elle plus une amie qu’une amante. Enfin, l’ambiance décrite, ce petit village où tout le monde se connaît, un père de famille trop pieux, une fille indigne qui s’enfuit pour ne jamais réapparaître, une petite sœur qui sombre dans la boulimie, en font des ingrédients d’une intrigue qui vaut le détour.

Réflexions du commissaire Webberly qui avait pris la décision (risquée) d’associer Barbara et Lynley : « Havers ressemblait à un hérisson, toujours prête à se rouler en boule à la moindre provocation. Pourtant sous ces dehors épineux se cachait une réelle et pénétrante intelligence. Le tout tait de savoir si Thomas Lynley serait suffisamment patient et bien disposé à l’égard d’Havers pour l’inciter à laisser ses facultés intellectuelles prendre le pas sur son caractère impossible. Un caractère qui l’avait empêchée de faire équipe avec qui que ce soit jusqu’alors. »

 

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