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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 20:19

 

Je viens de découvrir le théâtre de Courteline à travers la lecture de quelques pièces et saynètes. Cet homme aux multiples talents (tour à tour journaliste, conteur, romancier, chroniqueur) a connu un grand succès à son époque, à la fin du XIXème siècle. Il n’était pourtant jamais content de lui, toujours à ronchonner et à se remettre en question. En 1899, il reçoit la légion d’honneur et est admis à l'Académie Goncourt en 1926. Il meurt peu après, amputé des deux jambes.

La peur des coups raconte une scène de ménage. « Elle » et « Lui » se disputent parce que l’épouse s’est plus ou moins laissé séduire par un militaire. Il lui reproche sa conduite de « fille », elle lui reproche d’avoir laissé faire, de ne pas être intervenu par « peur des coups ». Un homme couard et hypocrite et une femme maligne et coquine.

Ces quelques pages m’ont fait passer un excellent moment. Quand l’époux tente de s’imposer, sa femme trouve la petite faille qui le fera reculer. Une chambre à coucher, deux personnages, des dialogues drôles.

-         Lui : Donc, tu peux te le tenir pour dit : la moindre allusion à ce monsieur, la moindre ! c’est clair, n’est-ce pas ? et ce n’est plus une lettre qu’il recevrait de moi.

-         Elle : Qu’est-ce qu’il recevrait ?

-         Lui, très catégorique: Mon pied.

-         Elle : Ton pied ?

-         Lui : Mon pied en personne, si j’ose m’exprimer ainsi.

-         Elle, pouffant de rire: Pfff.

-         Lui, qui saute sur son pardessus et l’endosse : Veux-tu que j’y aille tout de suite.

-         Elle, froidement: Je t’en défie.

-         Lui, son chapeau sur la tête: Ne le répète pas.

-         Elle : Je t’en défie.

-         Lui : Fais attention.

-         Elle : Je t’en défie !

-         Lui : Pour la dernière fois, réfléchis bien à tes paroles. Solennel, la main sur le cœur.Devant Dieu qui me voit et qui m’entend, nous nagerons dans la tragédie si je passe le seuil de cette porte. 

 

 

Lui : j’ai le regret de t’apprendre que le jour où l’esprit et toi vous passerez par la même porte, nous n’attraperons pas des engelures.

 

9/12 pour le challenge de Bladelor

 

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commentaires

M

Je n'ai jamais lu de Courteline encore... Je vois que tu avances bien pour le challenge théâtre, de mon côté, ça traîne un peu ! J'ai dévoré trop de romans pendant les vacances ;-)
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V


je vais te dire : le théâtre ne convient pas à la période estivale, c'est ce que j'ai remarqué. Il faut un bon feu de cheminée et une tisane brûlante pour apprécier les répliques... :-)