Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 07:53

 

               Quel plaisir de retrouver Cerise, sa maman, ses amies, ses carnets et son désir de rendre les gens heureux !

               Cerise est désormais une jolie adolescente qui va au collège. C’est l’hiver, et, pour s’occuper et  mieux se retrouver, Line, Erica et Cerise participe à un atelier de reliure. C’est Sandra qui accueille les jeunes filles ; relieuse et fille de relieur, elle leur parle de presse à percussion, elle leur montre comment collationner les livrets et les coudre ensemble avant d’encoller le livre et d’arrondir le dos avec un « marteau à endosser ». Au détour d’une conversation, les filles s’interrogent sur une petite pièce au fond de l’atelier, c’est un débarras dans lequel Sandra autorise Cerise et ses amis à fouiner. Erica y trouve un mystérieux petit coffre, apparemment destiné à Sandra et rempli de partitions prêtes à être reliées. C’est le début d’un jeu de piste qui va conduire Sandra chez son ancienne prof de piano, puis chez la grand-mère d’Erica mais aussi chez le psychiatre qui suivait Erica pendant son enfance et enfin… dans la maison même de Cerise. Un retour dans un passé blessé qui va rapprocher Cerise et Sandra.

               C’est encore une belle aventure humaine que nous proposent les deux auteurs. Voir des adolescentes animées de bonnes intentions et désireuses de faire le bien autour d’elles, c’est appréciable. Ma fille a beaucoup aimé la quête des trésors… et je remercie les auteurs d’avoir parlé du Père Noël avec subtilité, sans en dévoiler sa non-existence. Pour ma part, ce sont les féériques paysages hivernaux qui m’ont plu, cette neige à Noël qu’on n’a, le lac gelé, la cabane sous les blancs flocons.

 

Je vous souhaite, à toutes et à tous, des très belles fêtes de Noël !!!

 

»  19/20   »

Partager cet article
Repost0
22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 14:43

          Cette version audio ne comporte que neuf nouvelles du recueil version papier qui en contient douze. Je l’avais lu, ce recueil, en 2004, avant la création de ce blog et, même si j’en ai gardé un bon souvenir, j’ai été incapable de me remémorer une seule nouvelle.

          Anna Gavalda évoque le quotidien : un ado qui emprunte la voiture de son père et ça tourne mal, un type qui tombe fou amoureux de sa pimpante collègue, deux vieux époux qui ne savent plus se parler, un homme qui a un mal fou à mettre une croix sur son premier amour, une femme enceinte de six mois qui apprend que son bébé est mort.

          C’est Anna Gavalda qui lit ses propres textes, et j’ai envie de dire que ça change tout. A la lecture traditionnelle, on aurait pu trouver certaines nouvelles relativement banales, voire sans intérêt. L’écrivain rajoute un second degré tout à fait savoureux, elle prend de la distance avec ses personnages, s’en moque parfois, leur donne un petit truc en plus. Elle lit avec un tendre cynisme (oxymore ?) et sait, en plus, admirablement lire (ce n’est pas le cas de tous les auteurs), sait changer de ton, faire des pauses, varier le rythme. Pourquoi n’a-t-on pas droit à la totalité du recueil ? Je suis bien incapable de le dire. Par contre, je suis sûre que ce livre audio plaira à tous. Sa brièveté peut permettre à un débutant de s’y mettre enfin. Cadeau parfait pour Noël (il n’est jamais trop tard !)

 

 

« Cet homme et cette femme sont dans une voiture étrangère. Cette voiture a coûté trois cent vingt mille francs et, bizarrement, c’est surtout le prix de la vignette qui a fait hésiter l’homme chez le concessionnaire. »

« C'est une des raisons pour laquelle j'ai choisi un métier manuel. Je préfère que ce soit mes mains qui réfléchissent. C'est plus simple. »

« Il sait parfaitement qu'il n'a aimé qu'elle et qu'il n'a jamais été aimé que par elle. Qu'elle a été son seul amour et que rien ne pourra changer tout ça. Qu'elle l'a laissé tomber comme un truc encombrant et inutile. Qu'elle ne lui a jamais tendu la main ou écrit un petit mot pour lui dire de se relever. Pour lui avouer qu'elle n'était pas si bien que ça. Qu'il se trompait. Qu'il valait mieux qu'elle. Ou bien qu'elle avait fait l'erreur de sa vie et qu'elle l'avait regretté en secret. Il savait combien elle était orgueilleuse. Lui dire que pendant douze ans elle avait morflé elle aussi et que maintenant elle allait mourir. »

Partager cet article
Repost0
19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 11:14

 

D’après les souvenirs d’Alan Ingram Cope.

            Ce gros album, étonnant, riche et dense raconte une partie de la vie d’Alan Cope. Emmanuel Guibert l’a croisé par hasard à trente ans, Alan en avait soixante-neuf et les deux hommes sont devenus amis. C’est le talent de conteur de l’Américain qui a décidé le Français à faire de ses souvenirs un livre.

             Alan a dix-huit ans en 1942 quand il a été appelé, comme tous les jeunes Américains, à défendre son pays, les Etats-Unis, contre l’Allemagne. Il ne sait pas trop ce qui l’attend et c’est le jour de ses vingt-ans, le 19 février 45, qu’il foule, pour la première fois, le sol français. Il arrive au Havre, ville détruite, après un entraînement long et intensif aux Etats-Unis.

             C’est donc la guerre vue par Alan qui nous est contée. De guerre, au final, il n’en aura pas fait grand-chose mais ce voyage à travers la France puis l’Allemagne puis la Pologne lui permettra surtout de faire de belles rencontres. Au quotidien, la vie d’un GI peut se révéler difficile : se dépatouiller avec des morpions mal placés, conduire des chars trop lourds, manger des rations de campagne peu ragoûtantes, passer des nuits blanches, … mais Alan connaît aussi des moments très agréables : il est souvent bien accueilli par l’autochtone et scelle des amitiés qui vont durer longtemps.

           Ce qui m’a frappée, c’est l’absence d’action à partir du moment où les GI avaient mis le pied sur le sol européen. Les soldats ne font rien à part avancer avec leurs chars. Ils risquent leur vie à plusieurs reprises mais pas dans le sens où on s’y attend. Alan tombe de la lucarne d’une grange parce qu’on y avait ôté l’échelle, un autre soldat se fait écraser par le char qui lui suivait parce qu’il a fait du surplace, certaines jeeps sont tombées dans le vide à cause de ponts soudainement brisés. L’absurdité et l’inutilité des faits et gestes des GI est effarante. Alan n’en reste pas moins un homme cultivé, bon et sincère. Son récit (car on suppose que Guibert a repris presque telles quelles les paroles de l’Américain) simple et chronologique, laisse une grande place à la candeur. Alan dit quand il a été très bon, il avoue aussi ses torts à plusieurs reprises. On n’a pas l’impression que l’homme est parti faire la guerre, il n’évoque presque jamais l’ennemi ni le nazisme qu’il est censé combattre.

          Moi qui me plains souvent de la brièveté des BD, j’en ai eu pour mon compte cette fois-ci avec ce volume qui contient trois tomes et pas moins de 298 pages. Il sommeillait depuis un moment dans ma PAL parce que je craignais de m’ennuyer avec un tel sujet. Ça n’a pas été le cas, cette lecture a été un plaisir. Le noir et blanc ne m'a pas du tout dérangée. Plus qu’un récit de guerre, c’est une leçon de vie qu’on trouve parmi toutes les aventures et pérégrinations d’Alan. Voilà le résultat de deux philanthropes : Guibert qui rend merveilleusement hommage à un homme qui n’est plus et Alan qui s’est toujours souvenu de toutes ses rencontres avec une remarquable précision, car c’est l’Homme qui compte le plus ici.

 

18/20

 

Partager cet article
Repost0
16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 20:58

          A la sortie de ce roman, je me suis fait la promesse de le lire … un jour. Ce jour est arrivé et j’avoue avoir été rarement aussi partagée !

          Carole est une prof qui habite Saint-Etienne. Un certain 3 décembre, elle se rend dans son village natal, dans le massif de la Vanoise. Pourquoi ? parce qu’elle a reçu, encore une fois, une boule de verre de son père, Curtil, une de ces boules où il neige quand on les retourne. Dans ce village montagnard, Carole retrouve son frère Philippe et sa sœur Gaby. La boule a été envoyée à chacun des trois et elle est censée annoncer la venue de Curtil qui a toujours usé de ce procédé pour anticiper ses arrivées. Oui, mais Curtil n’arrive pas et ce séjour qui devait être court se prolonge. Carole s’occupe en traduisant un livre, en prenant la jolie serveuse du bar d’à côté en photo quand elle secoue ses draps, en retrouvant Jean, son amour de jeunesse, en discutant avec la Môme, cette adolescente que Gaby a recueillie. Finalement, Carole va rester jusqu’au 20 janvier. Les jours se ressemblent tous, évoluent légèrement au gré des caprices météorologiques : la pluie, la neige, le froid. Carole pose des questions autour d’elle, notamment concernant l’incendie qui a dévasté la maison familiale quand elle était enfant mais les non-dits ont la vie longue dans ce petit village. Elle en sortira tout de même grandie, changée.

            Commençons par le négatif : je me suis terriblement ennuyée au début du roman au point d’être tentée d’en abandonner la lecture. J’ai lutté. La simplicité et le style épuré de Gallay que j’aimais tant dans Les déferlantes et encore plus dans Seule Venise se sont transformés en platitude ici. Les jours se suivent et les banalités s’accumulent. La redondance de certaines tournures familières m’a agacée aussi.

           Pourtant, malgré ces gros bémols trop criards, j’ai aimé l’atmosphère que dégage ce roman. La vie dans ce village montagnard ressemble à un huis clos où les sons sont étouffés comme les pas dans la neige, où les secrets ont la vie longue, où les personnages sont bien plus intéressants que ce qu’il n’y paraît de prime abord… Le temps qui passe reprend ses droits, on attend beaucoup dans ce roman (celui qui ne viendra pas, d’ailleurs, serait-ce une allusion à Godot ?), on sait se taire, prendre le temps de manger, d’observer, de s’occuper des animaux, de regarder le paysage.

          Au final, le bilan est très positif, il me semble que Mme Gallay s’est lâchée et a écrit quelques paragraphes en trop mais elle a su, comme très souvent, donner une nouvelle saveur à la vie, une saveur oubliée ou méconnue, et rien que pour ça, ses livres méritent d’être lus, voire relus.

« Si tu veux être heureux, il ne faut dire du mal de personne, tenir les rênes longues et ne jamais cracher contre le vent. »

« ça servira à rien de venir sur la tombe, j’y serai pas. »

« Quelques flocons sont tombés derrière la vitre. C’était les premiers. Ils m’ont rendue brièvement heureuse » (une phrase que j’aurais pu faire mienne !)

« Vous avez remarqué, a-t-il dit, nous commençons tous notre vie en étant des œufs... Les oiseaux, les lézards, les insectes, on a le même départ. Pour la suite, c'est presque la même histoire, un petit espace à remplir entre la naissance et la mort. Et il faut parvenir à faire de cet espace un moment de grâce. »

« Ses lèvres hésitantes se sont attardées sur mon front, un baiser doux et chaud qui s’en est allé, tranquille, faire l’amour à mon âme. » (whaouhhhhhhhh)

Partager cet article
Repost0
13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 17:23

 

               Un roman graphique de Mathias Enard ? L’idée est stimulante, non ?

               Le narrateur est un artiste reconnu à qui on demande de créer un monument du souvenir pour la ville de Sarajevo. Il n’a jamais réalisé de mémorial et ne sait par où commencer. Il visite la ville, ses ruines, ses mosquée, ses cafés, ses maisons aux façades trouées. Il y rencontre Marina, une architecte qui travaille pour une ONG qui le guide dans cette ville qui a tant souffert, qui lui montre le site des Jeux Olympiques de 1984, c’était encore « avant »… Mais le narrateur ressent aussi le besoin de découvrir Belgrade, Cracovie, les rives du Danube, de marcher ce passé balkan pour savoir quelle forme prendra ce monument de mémoire.

                Marqué par les ombres de corbeaux et de loups, ce roman graphique est sombre et beau. Il se fait aussi réflexion sur l’art et la place de l’art dans le monde, sur la vanité des tombes et autres stèles commémoratives. Un combat entre la vie et la mort sans qu’on sache bien lequel des deux ressort gagnant…  Les illustrations de Pierre Marquès sont de toute beauté et mêlent les genres : photographies, aquarelles, peintures proches du photoréalisme qui figent l’instant tout en apportant une petite touche d’espoir. Un bien bel objet que ce livre surprenant et … nécessaire !

 

              Quand l’artiste s’interroge sur sa démarche : « Les vivants ou les morts ? S’adresser aux vivants pour les morts ? Les morts n’ont plus besoin de rien et les vivants veulent vivre en paix. La vie est le seul monument aux morts. Les histoires que les morts racontent aux vivants. »

19/20

 

Partager cet article
Repost0
10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 21:47

          

           J’avais découvert cet auteur avec la lecture de Twist, l’histoire d’une gamine kidnappée.

            Ici, rien à voir (dans tous les sens du terme!). Cabine commune dans emmène dans les cabines d’essayage d’une boutique de vêtements qui a décidé de rendre les cabines communes. Entre les commentaires des clientes, les remarques des vendeurs, les histoires de fripes, de silhouettes ou de tissus, on est de plain pied dans la société de consommation frénétique et souvent excessive.

            Le livre porte le titre de « roman » mais moi j’y ai vu du théâtre, un théâtre contemporain à la manière du Musée haut, musée bas de Jean-Michel Ribes, où les répliques s’enchaînent sans qu’elles aient forcément de lien entre elles, sans mise en scène ni intrigue bien ficelée. Ça m’a paru léger au début mais finalement j’ai pris beaucoup de plaisir à entrer dans ce grand magasin qui pourrait être une réécriture originale du Bonheur des Dames de Zola. Le cliché de la cliente vraiment trop agaçante (pour rester polie…) et de la vendeuse toujours polie mais qui n’en pense pas moins, fonctionne très bien ici, on s’en délecte et on en ressort vivifié !

 

- Bonjour, je cherche une robe. Je veux être HYPER HYPER sexy.

- C’est pour une occasion particulière ?

- Le mariage de mon ex.

 

- Bonjour… Ce pull, il n’existerait pas sans paillettes ?

- Si, regardez : le voilà.

- Ce n’est pas le même ! Ben non : il n’a pas de paillettes…

- Ah oui ! Mais du coup, ça n’a plus aucun intérêt…

Partager cet article
Repost0
7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 11:03

 

               Les deux auteurs évoquent si souvent ce titre dans Le retour à la terre que j’ai sauté sur cet album au tout petit format à peine l’avais-je entraperçu…

               Le personnage principal est un dessinateur au gros nez (on se demande bien qui il peut représenter…) qui se rend chez son Maître, un moine bouddhiste, un guide spirituel qui a pour tâche de critiquer ses dessins mais aussi, de manière plus large, de lui prodiguer des enseignements sur la vie. En arrivant, le dessinateur surprend le Sage en train de monter un banc Ikéa, il lui donne un coup de main, les deux ont du mal à s’en sortir… d’où l’admirable jeu de mots du titre. La plupart des planches sont constituées d’un dessin en noir et blanc de Celui-qui-a-encore-tant-à-apprendre, surnommé Demi-Lune,  accompagné d’une remarque de Celui-qui-sait-tout.

              Comme dans Le retour à la terre, les deux artistes exploitent la carte de l’auto-dérision. Le dessinateur est un être qui doute, qui se met facilement en colère, qui griffonne et parfois gribouille. L’humour toujours présent, donne à ce petit album carré (Jérôme me donnera-t-il le nom de ce format ^^?) une fraîcheur et une légèreté qui font un bien fou.

 

Deux petits extraits pour vous donner l’eau à la bouche :

- Celui-ci est très étrange !

- Je l’ai intitulé « Le chien qui boîte », Maître…

- Il boîte et n’a pas d’oreilles…

- Ah oui, tiens…

- Ce chien n’est –il pas pareil à l’être humain qui croit boiter alors qu’en réalité il est sourd ?

- Oui Maître.

 

- Pourquoi cherches-tu à enfermer tes peintures dans des cases, Demi-Lune ?

- Je ne sais pas, Maître… Tout petit déjà, je lisais « Les tuniques bleues » et c’était dessiné dans des cases.

- Ton trait doit ressembler au torrent de montagne qui dévale les pentes sans obstacle.

- Ben oui … Mais les cases, c’est important, ça, en B.D., les cases…

- Les cases sont des petites maisons en bambou qui empêchent le vent harmonieux de souffler sur ta page.

- Moi je veux bien, mais sans cases, les gens vont pas comprendre…

- Ton besoin de dessiner dans des cases est illusoire et correspond à la peur que tu éprouves à laisser parler en toi le Grand Tout…

 

19/20

 

Partager cet article
Repost0
4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 15:10

Ouf ! J’ai fini le roman !

              Ce livre est un complément à Mon traître, comme lui, il évoque la vie de cet homme, Tyrone Meehan, qui a combattu toute sa vie aux côtés de l’IRA… mais a aussi trahi son camp en révélant des informations aux Britanniques. Plus dense, ce roman raconte la vie complète de Tyrone, la manière dont il s’est engagé, les événements qui l’ont poussé à devenir un espion. Dans Mon traître, le narrateur était l’ami français, Antoine, qui s’était pris d’amour pour la cause irlandaise. Ici, c’est Tyrone qui parle, homme ambigu car courageux et lâche, fort mais faible, virulent mais pacifiste. La trahison qui apparaît aux yeux de tous à la fin du roman est plus compliquée que ce qu’il ne paraît d’abord. Tyrone a livré des informations aux ennemis mais elles étaient, pour la plupart, destinées à éviter des explosions, des attentats, des morts.

              J’ai eu un mal fou à lire ce livre, à me faire à cette ambiance pesante et guerrière où une femme ne fait qu’attendre son mari en espérant qu’il revienne en un morceau et éduque son fils pour qu’il devienne, lui aussi, un militant. L’auteur doit vouer une passion démesurée pour l’Irlande pour mettre autant de ferveur dans deux de ses livres. Certes, quelques moments m’ont plus touchée que d’autres, lorsque Tyrone est en prison et qu’il étale, à la manière de tous les autres détenus, sa merde sur les murs en guise de révolte (!)... Lorsqu’il tue son ami par accident, ce qui déclenche le processus de trahison. Le lyrisme propre au style de Chalandon me plaît toujours autant mais le thème ici m’a presque rebutée. C’est un roman lourd, dur, qui colle à la semelle de la chaussure. Il me tarde de lire autre chose pour respirer un peu. Avec Le Quatrième mur, j’aurai lu tout Chalandon ! Et je ne me lasse pas de vous répéter que Le Petit Bonzi vaut vraiment le coup d’être lu !

 

 

            Lorsque Tyrone tombe amoureux de celle qui sera sa femme : « J’avais des éclats de Sheila sous les paupières. »

« Un soir, je me suis couché scout en culotte courte. Le lendemain au matin, j’étais ce vieillard. Et entre les deux, presque rien. Une poignée d’heures. Des odeurs de poudre, de merde, de tourbe, de brouillard. »

Partager cet article
Repost0
1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 11:29

 

             Ça y est, Manu est papa ! Comme tous les jeunes parents, Manu et Mariette voient leur vie chamboulée. La petite Capucine ne fait pas ses nuits, Manu est crevé, il fait des cauchemars, il est de mauvaise humeur avec sa compagne, il chante beaucoup pour calmer bébé, il la promène souvent en poussette. Quand Mme Mortemont vient la garder un soir pour que les parents puissent aller au cinéma, Manu n’est pas tranquille.

              Mais les parents restent des adultes, des adultes fragiles et influençables. Aussi, quand Christina Ignacio re-débarque dans la vie de Manu, une ancienne copine qui adorait tellement ses dessins, Mariette se venge à coups d’ex petit ami, Aymeric de Saintonge, qui lui offrait des fleurs, lui. Tout se détraque quand il se met à pleuvoir, à pleuvoir très fort, à pleuvoir sans cesse : le toit fuit, des copains raveurs se tapent l’incruste et Manu déprime. Comme par peur qu’il n’y en ait pas assez, il se promène tous les jours avec un gros paquet de couches roses….

              C’est toujours aussi bon et goûteux ! D’une incroyable justesse, les auteurs nous offrent des tranches de vie emplies de tendresse et d’humour. Snif snif, il ne me reste plus qu’un tome à lire et ce sera fini…

 

   19/20  

 

Partager cet article
Repost0
28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 14:46

                          

                                     

            Découvert en livre, le texte (abrégé) présente deux particularités qui en font ses points forts : il est lu  successivement par une lectrice, Valérie Karsenti, et un lecteur, Christian Gonon. La forte présence de la musique traditionnelle chinoise rend également le voyage en Asie complètement réaliste.

            Les années 30, en Mandchourie. Une lycéenne de seize ans est tiraillée entre les traditions séculaires chinoises et une terrible envie de révolte. Elle passe le plus clair de son temps à jouer au go, ce jeu qui oppose deux adversaires autour d’un plateau (le goban), de pierres noires et de pierres blanches, sur la Place des Mille Vents. Alors qu’elle a offert son corps à Min sans être mariée (et sans l’ombre d’une hésitation !), elle tombe amoureuse d’un inconnu qui vient se placer face à elle pour jouer au jeu du go. Cet homme, c’est un officier japonais éduqué et formé pour envahir la Mandchourie et pour tuer. Cette rencontre quotidienne autour du go va le bouleverser lui aussi.

            Une petite histoire très belle au milieu d’une grande Histoire, laide et meurtrière. L’amour impossible entre un Japonais et une Chinoise dessiné au fusain et chantonné doucettement. Les mots de Shan Sa sont de petits grains de riz brillants soigneusement triés. Comme tout texte poétique, j’ai eu du mal à y entrer au début (la version audio n’aidant pas) mais j’ai tout de même rapidement pris plaisir à cette écoute. Il faudra m'expliquer pourquoi trois CD étaient nécessaires alors que le livre audio ne fait que  quatre heures...

Merci à la prêteuse !

Partager cet article
Repost0