Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 12:22

Afficher l'image d'origine

 

 

             On prend les mêmes et on continue ! Faisant suite à L’Appel du Coucou, ce roman policier reprend les personnages principaux, à savoir Cormoran Strike, détective privé, toujours estropié, un peu rustre mais sensible et intelligent, et Robin, sa secrétaire à temps plein.

              Une femme mariée vient demander à Strike son aide : il faut qu’il retrouve son mari. Disparu une quinzaine de jours auparavant, Owen Quine, cet écrivain au comportement étrange, avait l’habitude de s’isoler sans prévenir ou de retrouver une maîtresse. Pourtant, sa femme trouve son absence vraiment trop longue. Après quelques recherches dans l’univers de l’édition et de l’écriture, Strike trouve le cadavre d’Owen Quine dans une maison inhabitée qui lui appartenait. L’homme a été éviscéré et placé dans une situation digne des pires films d’horreur. Mais cerise sur le gâteau, c’est que la scène représentée autour du cadavre, les procédés utilisés sont décrits comme tels dans le roman de Quine qui devait paraître sous peu…

              Secondé par Robin qui fait comprendre de manière de plus en plus pressante qu’elle a très envie de devenir détective à son tour, Strike va être confronté à des personnes bizarres, qu’il s’agisse d’éditeurs, d’écrivains ou d’amies et maîtresses de Quine. 

              Commençons par le positif : j’ai encore une fois passé un excellent moment avec ce livre audio. Cette Madame Rowling a le don de savoir décrire et faire évoluer ses personnages subtilement et tout en nuances. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé le couple Strike-Robin, le maître et l’élève, la belle et la bête. L’auteur nous plonge également dans une capitale britannique tout en saveurs et en couleurs, il y neige, il fait froid, on accompagne les protagonistes dans les différents bars de Londres. Pourtant, j’ai moins aimé ce tome que le précédent. Les suspects se confondent et se mélangent (dans ma tête en tous cas), les citations en début de chapitre m’ont paru complètement superflues et, particularité de la version audio, Robin, dans la bouche de Philippe Résimont, a une voix de greluche (tout le problème des voix de femmes faites par des hommes.) Pourquoi ne pas avoir gardé le même lecteur que pour L’Appel du Coucou, Lionel Bourguet qui était un Strike idéal? Dommage. Je m’empresserai tout de même de lire ou d’écouter la suite puisque suite est prévue.

 

Partager cet article
Repost0
5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 15:04

 

 

              Mon chagrin de quitter Manu Larcenet à la fin du Retour à la terre a été atténué lors de la découverte de cette série, avec ce premier tome très prometteur.

              Le héros de cet album s’appelle Marco, il est photographe mais a préféré faire une pause dans son métier de reporter. Il vit seul à la campagne et connaît régulièrement des crises d’angoisse. Pourtant, il a fait le choix de quitter le psy qui le suivait depuis huit ans. Marco a aussi un frère avec qui il fume de « gros pétards », un chat très méchant (Adolf !) qui lui fait malgré tout des câlins (j’ai le même à la maison !) et des parents qu’il ne voit pas souvent pour cause d’incompatibilité.

               Le « combat ordinaire », c’est celui de la vie de tous les jours ou comment vivre avec les autres, comment établir une relation stable et épanouissante avec sa nouvelle copine (la vétérinaire qui a soigné son chat), comment accepter que le gentil pêcheur à qui on se confie est un ancien tueur (et ce personnage a une ressemblance très forte avec l’ermite du Retour à la terre) ou comment supporter un voisin très con.

               Moins drôle que Le retour à la terre, l’album se veut plus sérieux, plus introspectif, plus pessimiste aussi à travers une vision sombre de la société actuelle. Il me tarde de découvrir la suite.

»   18/20   »

Partager cet article
Repost0
2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 19:22

 

          Après le choc de Sukkwan Island, je m’étais sérieusement interrogée sur mon avenir avec ce David Vann qui sait faire parler de lui. Ma décision est prise : je vais continuer à le lire !

           En Alaska, Irene et Gary sont un couple vieillissant dans tous les sens du terme. Ils se disputent, ils ont du mal à se supporter et pourtant, en bonne épouse, Irène va suivre son mari dans son nouveau projet : construire une petite cabane sur un îlot isolé et privé de vie humaine (avec un nom qui se suffit à lui-même : « Caribou Island »). Gary est maladroit, incompétent, râleur et têtu, Irene le lui reproche assez mais des maux de tête insupportables créent une tension encore plus forte dans le couple. D’autant plus qu’aucun médecin ne trouve ni cause ni explication aux douleurs lancinantes et perpétuelles d’Irene. Rajoutez à cela des conditions climatiques désastreuses, c’est la fin de l’hiver et ses impressionnantes tempêtes et vous obtenez deux êtres qui ne se supportent plus.

          Du côté de leur fille Rhoda, ça ne va guère mieux. Elle attend patiemment que son dentiste de compagnon la demande en mariage mais sent bien qu’elle devrait plutôt le quitter. Si elle allait jusqu’au bout de son intuition, elle se rendrait compte qu’elle a raison, Rhoda, car Jim la trompe effrontément avec la première jeunette qui passe.

           L’atmosphère lourde et tragique est à l’image de l’environnement hostile, froid et austère. Vann adore isoler ses personnages, les confronter à une solitude physique qui permet de mettre en lumière leur solitude mentale. Comme si on en avait encore besoin, il nous prouve que la nature ne nous est d’aucun réconfort, pire, qu’aucun être humain ne nous comprendra jamais. J’ai adoré. J’aime quand on est à trois mille lieues des bons sentiments, quand ça racle, ça vente, ça bouscule, ça met en éveil, ça glace. Plus subtil que Sukkwan Island et bien meilleur d’après moi…

 

« Le mariage n’était qu’une autre forme de solitude. » 

« L’eau bien plus qu’un simple moyen d’expression, bien plus qu’une vague temporaire. Elle semblait abrasive contre sa peau. Elle prenait corps, elle avait un impact. C’était douloureux de rester ainsi malgré l’engourdissement. C’est ce qui le poussa à ramper jusqu’à la rive, enfin. Il ne tenait plus sur ses jambes. Les rochers lui blessaient les genoux, même à travers le jean. Il rampa hors des vagues, sur la plage, à travers les touffes d’herbe pointue et rugueuse, et à tâtons retrouva sa chemise, son pull et son ciré. »

Partager cet article
Repost0
2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 11:17

 

              Après l’enthousiasme familial pour Les carnets de Cerise, j’ai eu envie de suivre le travail de son scénariste, Joris Chamblain, qui  a changé de collaboratrice pour une nouvelle série jeunesse.

             Dans un village situé on ne sait où, une gargouille de l’église a un comportement bizarre : elle se tourne toutes les nuits. Résultat : elle arrose les passants, les mariés qui sortent de l’église, le curé. Igor, le sonneur de cloches, a une idée : il fait appel à une vétérinaire très particulière. En effet, la jeune, la très jeune Enola soigne les « animaux extraordinaires ». Avec son assistant, le chat Maneki, Enola mène l’enquête. Elle se rend compte que la gargouille se tourne toujours dans la même direction. Serait-elle malheureuse sur le toit de cette église ? Enola la fait placer sur une fontaine mais la gargouille poursuit son étrange rotation. En réalité, cette gargouille mâle se tournait vers ... mais vers quoi ou qui? Tâchez donc de le découvrir !

                 Une jolie petite histoire destinée aux jeunes enfants (de 4 à 8-9 ans je dirais) avec tout ce qui va avec : des animaux personnifiés, une héroïne de petite fille, un hélicoptère digne des projets de Leonard de Vinci, des mystères à résoudre , une histoire d’amour et des dessins ronds et colorés. J’ai beaucoup aimé et ma fille de 6 ans aussi. Il ne reste plus qu’à attendre la suite pour se faire un avis plus précis.

 

« 16.5/20 »

 

 

Partager cet article
Repost0
30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 12:28

 

 

            Petit livre dont le titre est assez explicite. Jean-Louis Fournier répertorie tout ce qui l’énerve, ce qui le contrarie et l’agace au quotidien. Ça va des pigeons au soleil en passant par les poubelles à roulettes et les accordéonistes du métro. C’est drôle, souvent sarcastique. On se retrouve facilement dans certains de ses dires même si on peut regretter le refrain un peu trop lancinant du « C’était mieux avant ». Nostalgie mise à part, on constate très vite que l’auteur est allergique au bruit car il évoque souvent la « pollution sonore », créée par les poubelles à roulettes (« L’ingénieur qui a conçu la poubelle à roulettes a dû se poser la question suivante : comment faire le plus de bruit possible avec une poubelle ? Il a utilisé la poubelle comme une caisse de résonnance. Fallait y penser, il y a pensé »), par les aspirateurs de feuilles mortes (et les balayeurs qui «se prennent pour Supercopter ») ou encore par la voisine qui passe son karcher à longueur de journée.

            Certains passages sont très drôles et très justes, notamment celui qui évoque les précautions prônées par le Ministre de la Santé : « L’été, quand il fait très chaud, vous nous dites qu’il faut boire des boissons fraîches, nous mettre à l’ombre, utiliser un ventilateur, surtout quand on est vieux. C’est gentil, Monsieur le ministre, de penser aux vieux, parce que quand on est vieux, on ne pense plus et on serait bien capable de se mettre torse nu au soleil, quand il fait 50 degrés. Vous devriez aussi, Monsieur le ministre, prévenir les vieux quand il pleut, qu’ils ne sortent pas parce qu’ils vont être mouillés, ou alors qu’ils mettent un imperméable et prennent un parapluie, des choses auxquelles on ne penserait pas quand on est vieux. Parce que, quand on est vieux, on ne pense plus. »

              Toujours au Ministre de la santé : « Tous les jours, j’entends à la radio des campagnes de dépistage, des statistiques effrayantes. Il faut que j’aille faire des examens, des analyses, des scanners. Il faut que j’en parle à mon médecin, à mon pharmacien, sinon… Sinon, quoi ? Je vais mourir ? Pour ne rien vous cacher, je m’en doutais un peu, c’est une tradition dans la famille. Mon arrière-grand-père est mort, mon grand-père est mort, mon père est mort, je crois que c’est héréditaire. Actuellement, vous me proposez un dépistage du cancer colorectal. Vous m’en parlez tous les jours à la radio. J’ai, comme tout le monde, une peur panique du cancer. Je crains tous les cancers. Le colorectal, c’est un nouveau, je n’y pensais pas. Maintenant, grâce à vous, j’y pense. Ça me fait une nouvelle inquiétude. »

            Même si j’ai aimé ce très court livre, je me permets de rajouter mon petit grain de sel : quand on ouvre un bouquin, qu’on le termine en vingt minutes et qu’on a l’impression d’en n’avoir lu qu’un seul chapitre tellement ledit livre est court… ça m’agace !

Partager cet article
Repost0
27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 20:27

 

 

           Découvert en livre audio, ce roman m’a permis de colorer, encore une fois, mes longs trajets en voiture. 18h23 d'écoute, c'est parfait pour se changer les idées !

            Lula Landry est un très célèbre mannequin londonien. Noire, elle a été adoptée petite. Poursuivie par les médias, elle vit une histoire d’amour mouvementée avec un acteur à la mode… jusqu’au jour où elle est retrouvée sur le trottoir, sous la fenêtre de son luxueux appartement. Elle se serait suicidée en se jetant du balcon du troisième étage.

            John Bristow, le frère adoptif de Lula ne se satisfait pourtant pas de la thèse du suicide. Il veut en savoir plus et recourt aux services d’un détective privé, Cormoran Strike. D’une certaine manière, cette affaire tombe à pic pour le détective qui s’apprêtait à mettre la clé sous la porte. En faillite, brisé par une rupture amoureuse, Cormoran doit également vivre avec une prothèse, ayant perdu une jambe à la guerre. Sa secrétaire intérimaire qui débarque, Robin, s’avère être un point fort : efficace et intéressée, elle se montre très vite compétente.

             L’enquête est bien menée, les personnages hauts en couleurs et l’immersion dans cette high society londonienne est tout à fait délicieuse. Sans être extrêmement surprenant (j’avais trouvé le nom du meurtrier depuis belle lurette), c’est un bon polar, de facture classique, qui fleure bon Agatha Christie ou encore Elizabeth George. En version papier, je crois que certains passages m’auraient paru légèrement trop longs mais grâce à la très bonne lecture de Lionel Bourguet, ce fut un réel plaisir. J’ai adoré les protagonistes, à savoir Cormoran et son assistante de choc, Robin, qu’on devrait retrouver dans la suite, Le vers à soie, paru en octobre 2014. A quand la sortie en livre audio ?

           C’est sous ce pseudonyme, Robert Galbraith, que J.K. Rowling a publié ce roman policier en 2013.

Partager cet article
Repost0
24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 15:53

 

          Le hasard a encore une fois bien fait les choses. Cette première de couverture farcie de gens qui font la tête m’intriguait.

          Cet album est dédié aux malheurs de la vie, à l’ironie du sort, aux tournures fâcheuses que peut prendre l’existence de chaque homme. En deux temps trois mouvements, les auteurs se moquent de nos travers, les amplifie, et on obtient une vision satirique bien désastreuse sur la condition humaine, et pourtant c’est très drôle. Quelques exemples :

  • Un petit marchand de légumes vend ses biens dans une camionnette. Une case plus loin, il se pose dans une petite boutique, avant de s’agrandir en « Légumes World ». Enfin la marque devient internationale puisqu’elle recouvre camions et avions. Jusqu’au jour où l’homme d’affaires chanceux est victime d’une attaque cardiaque et devient… un légume !
  • C’est un ouvrier qui assemble des pièces de tondeuse… le lundi, le mardi, le mercredi, le jeudi, le vendredi… et qui tond le gazon les samedi-dimanche.
  • On suit un homme à toutes les étapes de sa vie, englouti par la ville, les bruits des rues, la pollution. Il n’a qu’un rêve : trois arbres symbolisant la nature et le calme. Il va les retrouver… quand il sera enterré, au cimetière.
  • C’est un petit Africain, presque nu, qui va remplir sa bassine à l’unique robinet du village. La remplir, il ne pourra pas car seules quelques gouttes en sortiront. La dernière case montre un père de famille qui asperge abondamment ses enfants jouant dans une piscine emplie d’eau.

           De l’humour noir à un cynisme délicieux, en passant par un humour pince sans rire, c’est la brièveté qui crée l’efficacité pour ces histoires très courtes, presque sans texte, dignes de figurer sur le site VDM. On se moque de tout, sans honte aucune, et ça fait du bien !

 

« 17/20 »

 

Partager cet article
Repost0
21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 10:27

 

                   C’est par l’intermédiaire d’un sujet légèrement éculé (!) que cet auteur prolifique (que je ne connaissais pas avant cette lecture) crée la surprise.

                  Le narrateur vient de mourir, il arrive aux portes du paradis. Ce n’est pas un moment douloureux pour lui puisqu’il en avait un peu assez de vivre. Ce n’est pas un moment surprenant non plus puisqu’il a l’impression d’être encore sur Terre, dans une sorte de hall d’aéroport, dans une vaste salle d’attente où les guichets auxquels il faut s’adresser sont bigrement nombreux.

                   Les chapitres qui suivent nous ramènent sur Terre, aux côtés de Simon Laroche, un haut fonctionnaire chargé de veiller sur les « libertés publiques ».  Trouvant sa vie très confortable légèrement monotone, marié à une femme qui ne jure que par la diététique et père d’un ado gothique et gauchiste, Simon se divertit en allant sur des sites porno. Sa préférence va au site des « poupées russes » où il aime admirer la sensuelle Natacha. Tout cet équilibre bascule le jour où Simon prononce une phrase malheureuse : «La cause des femmes ! La cause des gays ! J’en ai marre de ces agités qui s’excitent pour des combats déjà gagnés », nous sommes dans une société où cette remarque lui coûte cher.  Le lynchage médiatique que Simon va subir coïncide avec le « grand dérèglement ». En effet, les Terriens constatent un jour, avec effarement, que les mails des boîtes du monde entier ont en quelque sorte été mélangés. Mélangés de manière plutôt judicieuse (ou vicieuse !)  puisqu’une bonne épouse se voit recevoir des mails de la maîtresse de son mari destinés à son amant. Les apparences craquent, on réclame des explications qui n’arrivent pas.

               Bien sûr qu’il y a un lien très fort entre Simon Laroche et ce type fraîchement arrivé dans l’au-delà. La vision du Paradis et de l’Enfer selon Duteurtre est proche de ce qu’on trouve sur Terre. Ce qui ont du pognon peuvent accéder aux piscines des Tropiques, s’allonger sur des transats en sirotant des jus de fruits frais … et s’ennuyer profondément. Les « rejetés », condamnés à l’Enfer, ont droit à une vie archaïque, le tabac et l’alcool y sont autorisés, les repas sont copieux et peu diététiques, les rues sont dangereuses (« cyclistes et piétons ne portent ni casques, ni blousons fluorescents » !), bref, « l’enfer ressemble au temple des paresseux qui n’auront pas assez de l’éternité pour ne rien faire. Ils vivent au jour le jour, selon leur fantaisie, sans guère prendre en compte les intérêts de la société. »

              A travers un récit léger, quelques phrases mordantes et une vision plutôt caustique de la vie (et de la mort !), l’auteur nous propose aussi une réflexion sur notre quotidien, sur la modernité et ses travers, sur la nostalgie du passé bien présente dans le roman sans jamais être étouffante. J’ai beaucoup aimé, j’ai souvent souri, parfois ri et je recommande cette lecture divertissante, déculpabilisante et plutôt jouissive !

 

« L’Enfer est au paradis ce que la préhistoire est à la modernité. »

Partager cet article
Repost0
18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 20:33

 

 

         Voilà, c’est fini… Encore une série que j’achève dans les larmes et la souffrance (mon mari dit que j’ai un petit côté marseillais, naaan, à peine !)

          Manu se sent un peu seul. Certes, Capucine a grandi, elle est maintenant une adorable mignonette, mais elle est très occupée à faire des papouilles à ces pingouins en peluche et à poursuivre le chat (qui va parfois si loin !). Mariette s’affaire avec passion à ses cours à la fac. Alors Manu, en papa solo, gère tant bien que mal le repassage et la cuisine. Il essaye de chercher une nounou pour Capucine mais aucun n’est assez bien pour la mini-demoiselle. Il se change les idées en prenant part aux élections municipales et, attention, même si les Ravenelles est un petit bled paumé, il est aussi question de corruption, de fraude et de diffamation.

            Lorsque le couple Mariette et Manu se remet en question, c’est à cause de l’arrivée du pote Ferri, oui, le scénariste de la BD lui-même. Il se trouve que Mariette rit à ses blagues, le trouve drôle lui, et ça, Manu a du mal à l’accepter. Heureusement que son ermite est toujours là pour lui permettre de prendre de la hauteur (dans tous les sens du terme).

            Au final, une BD attendrissante, attachante parce qu’elle est simple, parce qu’elle nous parle des problèmes quotidiens, parce que le narrateur-personnage principal-auteur sait pratiquer l’auto-dérision avec justesse et raffinement. J’ai l’impression d’avoir encore plus ri pour ce tome que pour les précédents. Ce sont de petits détails qui font le charme de cette BD si humaine, comme la chatière que Manu installe et que le chat refuse de prendre, comme le pull qu’il se commande sur Internet et qui est ridiculement trop grand et trop coloré. Il va me manquer ce Manu Larssinet… heureusement que j’ai encore du Manu Larcenet sous le coude !

 

»   19/20   »

Partager cet article
Repost0
15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 15:49

         

 

         Comme son titre l’indique, le roman s’ouvre sur une journée de samedi et se clôt aux premières heures du dimanche, le lendemain. En 2003, à Londres. Pour Henry Perowne, c’est une journée très particulière. Ce neurochirurgien se réveille en pleine nuit, sans raison apparente mais dans un état d’euphorie inexplicable. En regardant par la fenêtre, il aperçoit, au-dessus des maisons de Londres, un avion en feu. Cette image irréelle va le transformer insidieusement et va annoncer une journée étrange. Alors que sa femme et ses grands enfants adultes sont absents de la maison, Henry se prépare pour un match de squash avec un collègue anesthésiste. Sur le chemin, entouré de manifestants (contre la guerre d’Irak), la Mercedes bien confortable du chirurgien heurte une BMW. Cet accrochage bénin va faire voler en éclats une journée qui s’annonçait paisible car les types de la BMW vont vouloir se venger et s’en prendre à toute la famille Perowne.

          Sur fond d’introspection et de digressions, le lecteur accompagne cet homme, Henry Perowne, dans ses hésitations, dans ses inquiétudes mais aussi dans la maîtrise de son travail bien fait, dans sa faculté de pardonner. Alors que ce samedi aurait pu être banal et reposant pour cet homme riche, bien pensant et sommes toutes, heureux, la journée va révéler toute les fragilités de la vie, sa dimension éphémère, voire hypocrite.

           Je ne vais pas tourner longtemps autour du pot : je n’ai pas aimé ce roman. L’intrigue n’avançant pas, les pensées du personnage principal occupent les trois quarts du livre et m’ont souvent profondément ennuyée. Je ne remets pas en cause le talent de l’écrivain qui a su condenser en une journée les tourments et les satisfactions de toute une vie humaine, le lecteur lambda n’éprouve sans doute aucune difficulté à s’identifier au héros. Même si l’atmosphère est sombre, menaçante, des notes d’espoir parsèment le roman (l’extraordinaire amour qui lie Henry et sa femme m’a épatée, je dois bien l’admettre). Pourquoi n’ai-je pas aimé alors ? Les passages érudits (d’un côté la poésie anglaise à travers la fille d’Henry, poétesse ; d’un autre côté les descriptions chirurgicales d’une opération du cerveau … ou encore des pages entières consacrées au match de squash !) m’ont semblé superposés à l’intrigue initiale de manière superficielle. Et puis, je me suis ennuyée, voilà. Je n’ai pas trouvé le suspense dont parle la quatrième de couverture. Tant pis pour moi.

           Après mon engouement pour Sur la plage de Chesil et Opération Sweet Tooth, c’est ma deuxième déception avec Solaire. Je vais donc faire une petite pause avec ce cher Monsieur McEwan.

 

         Un petit passage m’a amusée : le beau-père d’Henry, a pris l’habitude de « payer » les récitations de sa petite-fille : « Partisan de faire travailler la mémoire, il était prêt à y mettre le prix. Shakespeare, Milton, la Bible : cinq livres sterling pour vingt lignes apprises par cœur dans les passages qu’il soulignait. Telle était la condition requise pour bien écrire la langue anglaise, en prose ou en vers. »

 

Partager cet article
Repost0