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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 21:20

            Voilà, c’est fini… Dernier tome de cette magnifique série !

Nous l’avons appris à la fin de l’opus précédent, Marie est enceinte. Sous l’œil ému de son mari défunt, elle respire le bonheur, elle s’en fiche que le bébé n’ait pas de père car Serge veut bien revêtir ce rôle. C’est tout à fait épanouie qu’elle vit sa grossesse et il faut dire que sa plénitude est contagieuse puisque les femmes du village se sentent plus légères depuis quelque temps, elles se souviennent de leurs vingt ans et ont envie de retrouver un peu de leur jeunesse. Indirectement, le curé Réjean les aide un peu puisque, en pleine crise de doute il refuse de célébrer la messe. Rares sont les paroissiens qui râlent pour ne plus avoir à se lever aux aurores pour aller à l’église ! C’est donc dans ce climat joyeux et presque révolutionnaire que nous quittons ces personnages auxquels on s’est tant attaché ! J’ajouterai qu’il est tout à fait surprenant pour deux auteurs de bande dessinée de clore une longue série par ce sous-titre : « Les femmes ». Bravo à eux !

N’y a-t-il pas de suite prévue ? Il y en aurait encore, des choses à raconter ! J’aimerais voir le petit ourson grandir, rencontrer le petit de Marie, voir les hommes revenir à la maison, découvrir Serge dans son rôle de papa, savoir comment Réjean gère sa nouvelle vie… !

C’est avec émotion que j’ai commencé cette longue série de huit tomes, et c’est avec émotion que je la termine. Moi qui me tourne toujours de préférence vers les one-shots, suivre les mêmes personnages pendant deux ans de leur vie a été un délice sans cesse renouvelé. Les points forts et les originalités de Magasin général sont nombreux : un contexte dépaysant avec cette contrée perdue dans la neige, des personnages plus attachants les uns que les autres, une humanité, une tolérance et une sensibilité hors du commun pour des gens qu’on pourrait qualifier de rustres de prime abord, une douce vision de la mort (avec le défunt époux de Marie qui répand toujours un peu de sa présence discrète mais rassurante), une pensée positive (oui !), de la joie de vivre et une constante envie d’aller de l’avant, une humilité et une simplicité qui font de cette série, une Grande série… si tous ces arguments ne vous ont toujours pas convaincu, allez lire ces BD pour vous faire votre propre avis J !

»   20/20   »

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 22:12

Conquise par l’émotion de Simple et par l’humour de  Baby-sitter blues, j’avais envie de découvrir un autre roman jeunesse de cet auteur.

Louis est en 3ème, il doit choisir un lieu de stage. C’est sa grand-mère qui lui dit qu’elle veut bien en parler à sa coiffeuse, la patronne de Maïté Coiffure. S’en fichant un peu, Louis accepte de passer une semaine au salon. Contre toute attente, il se découvre une véritable passion pour la coiffure. Il apprend aussi les difficultés du métier, les soucis de chaque employé, les problèmes de la patronne mais, au bout de la semaine, il n’a plus qu’une idée en tête : devenir coiffeur ! Et pour cela, il prend de hauts risques, il fait l’école buissonnière pour se rendre tous les jours au salon de coiffure où il prétend que les profs sont en grève.

Le père de Louis, un chirurgien très réputé ne veut même pas entendre parler de ce métier pour analphabètes et cette peur du père conduira l’adolescente à raconter mensonges sur mensonges. Bien sûr, ça finit bien, même très bien, Louis devient un grand coiffeur et se réconcilie avec son père.

Ce que j’aime chez Murail, c’est que c’est toujours un peu plus complexe qu’il n’y paraît d’abord. Il est question de coiffure, de vocation, mais aussi d’homosexualité, de relation fils-père, d’orientation, d'affirmation de soi… Un joli petit roman qui plaira sans doute aux jeunes, notamment à ceux qui estiment qu’ils n’ont plus rien à faire sur les bancs de l’école. Personnellement, j’étais parfois aux bords ce grand lac appelé Ennui, j’ai préféré les deux autres romans de l’auteur.

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 15:13

            C’est l’automne au village, on y cueille des champignons et on les met en conserve, Serge prouve encore une fois que ses connaissances sont nombreuses quand il explique au curé ce qu’est une phalloïde et qu’il ne faut pas y toucher parce qu’elle est très vénéneuse.

Marie accueille Ernest dans son lit mais console également Mathurin de la même manière. La voix off du défunt mari ose à peine s’exprimer encore « Tabarnouche, Marie… ça s’arrêt où ton affaire ?... »

Les villageoises cousent des robes et se maquillent, les hommes tentent d’élire un maire et pour cela, passent des soirées très joyeuses à boire et à s’amuser. On danse le charleston, la musique accompagne les rires et la bonne humeur ambiante. On se laisse prendre en photo, on court après l’ourson Roger-Roger et on finit par proclamer officiellement « la non-élection du maire de Notre-Dame-des-Lacs » ! L’album se clôt avec une jolie surprise qu’on pouvait déjà deviner dans les dernières pages…

Cet album est un véritable coup de cœur, il respire la joie de vivre, il est touchant de beauté et de sincérité. Contrairement aux précédents tomes, celui-ci ne s’intéresse pas à un être en particulier mais à tous les villageois et cette insouciance, cette liesse collective est contagieuse ! Certaines cases se passent de texte, lorsque les hommes s’en vont pour l’hiver, par exemple, les derniers instants passés ensemble et les premiers adieux sont muets.  Point déjà en moi la nostalgie de devoir quitter pour toujours ce joli village puisque c’était l’avant-dernier tome…

»   19/20   »

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 14:56

 

Pour une fois que je me souviens de mes sources : c’est chez Jostein et Saxaoul que ce livre m’avait fait de l’œil. Elles sont d’accord pour dire que le roman valait bien qu’on s’y intéresse et elles ont bien raison.

Andreas Kuppler est un journaliste sportif. En 1936, il couvre les Jeux Olympiques d’hiver. L’homme est sérieux, passionné par le sport mais un sentiment le malaise le poursuit depuis quelques années, depuis l’avènement du Troisième Reich, en fait. Le boycottage des commerçants juifs qui s’en suivit ou encore l’autodafé de livres organisé par Goebbels qui mit le feu à des milliers de livres « anti-allemands » révolta profondément Andréas. Il s’en voulait de ne pas être d’accord avec la grande majorité, il essayait de suivre le mouvement lui aussi, il avait pris sa carte au NSDAP bien que contraint par son patron.

Dans sa vie privée, c’est le chaos également. Andreas s’est éloigné de son épouse, Magdalena, principalement parce qu’ils n’arrivent pas à faire un bébé. Magdalena ayant abandonné son métier de laborantine pour fonder une famille, sombre petit à petit dans une dépression qui la coupe du monde. Les discours nazis l’aident cependant à garder un peu d’espoir, en effet, peu importe la manière dont l’enfant est conçu, l’essentiel est de créer une famille, selon Hitler. La jeune épouse finit par prendre ce discours à la lettre et, une nuit, rejoint clandestinement un nazi.

Andreas comme Magdalena ont été manipulés, ils le découvrent bien trop tard. Dans ce roman, le mécanisme fourbe et vicieux de l’idéologie nazie est démontré : il fallait suivre, il fallait faire comme les autres, les êtres différents étaient pointés du doigt. Il faut beaucoup de courage à Andreas pour seulement admettre qu’il pense différemment ; quant à sa femme, l’idéologie d’Hitler est un refuge qui la rassure ; comme tant d’autres elle préfère la sécurité à l’honnêteté, le confort à la prise de risque.

Même si c’est une fiction, l’auteur, on le sent bien, tente de comprendre ne serait-ce qu’un peu, l’endoctrinement qui a contaminé les esprits allemands dans les années 30. Grâce au personnage d’Andreas, on se met à croire que le doute avait germé dans certaines têtes mais que, par peur de représailles nazies, il n’est pas allé jusqu’à une tentative de rébellion.

Un beau livre passionnant, qui, dans un grand élan romanesque, mêle vie privée, problèmes de couple et événement historique.

« Les services de Goebbels donnaient chaque jour des directives très précises sur la façon dont l’information devait être traitée : quels étaient les événements, les thèmes qu’il convenait d’aborder, quelle couleur dominante donner aux articles en unes et aux couvertures, quelles nouvelles passer sous silence ou traiter dans l’optique du régime, quels articles devaient être illustrés de photographies… Aucun domaine n’échappait à ces instructions, encore moins le sport en cette année olympique où chaque record, chaque médaille mettait en jeun l’image du Reich. La quasi-totalité des rédactions appliquaient avec zèle ces dispositions. »

 

 

Un roman qui m’a beaucoup rappelé  La Femme de nos vies de Didier van Cauwelaert.

 

 

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 15:54

     

Entre la longue nouvelle et le roman très concis, ce petit récit nous propose la vision d’un couple, un couple en particulier, ou, au contraire, comme il en existe tant et tant.

La femme est la  narratrice de l’histoire. On sent d’emblée que c’est elle la plus accrochée. Bruno, l’amant, souhaite être libre dans cette relation, il lui pose souvent des lapins, reste encore collé aux basques de son ex, vit sa petite vie d’homme, en fait. Du lard ou du cochon ? On ne sait pas toujours ! Tantôt, on rit parce que la narratrice est tout de même la reine des naïves, tantôt, on s’interroge en la plaignant. En filigrane, une réflexion plus générale sur le couple est amorcée : chacun est égoïste à sa manière. Si Bruno se réjouit de passer deux mois au Japon sans penser à elle une seule seconde, la narratrice rêve qu’un membre de la famille de Bruno parle d’elle. La référence à l’agrume, au citron et à l’orange est quasi omniprésente, Bruno en fait son obsession (il se surnomme l’Agrume). Il aime garder ces fruits à la maison jusqu’à les laisser durcir comme du cuir puis moisir.

L’auteur, en donnant à son personnage son propre nom, veut nous faire croire qu’il s’agit de pages autobiographiques, je ne le crois qu’à moitié. J’aime voir aussi, dans ce petit livre, une bonne dose d’ironie et un hommage au surréalisme, certains passages frisent l’incongruité, l’absurde.

« Nous étions allés nous promener vers le port, Bruno avait acheté des livarots. Le trajet du retour fut ralenti par les intempéries : la route était gelée. Nous fûmes bloqués au milieu du brouillard. Il se tourna vers ses fromages posés sur les fauteuils arrière et admira leur calme : ces bienheureux ne s’énervaient jamais, contents de n’avoir pas conscience de la situation. Nous n’avions qu’à les imiter. Il suffisait d’imaginer que nous étions des camemberts et rester impassibles. »

 « Après une longue absence, il proposa des retrouvailles au Petit Keller. Je préférai m’appuyer contre un mur sur le trottoir d’en face plutôt que de pousser la porte et dire j’attends quelqu’un. Il me semblait qu’on pouvait lire sur mon visage IL NE VA PAS VENIR. Le garde-fou de la fenêtre au rez-de-chaussée me sciait les omoplates et il n’y avait qu’un mince rebord en pierre glacée pour s’installer. »

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 16:06

Pour choisir un livre dans la sélection établie par les matchs de la rentrée littéraire de Priceminister, je me souviens avoir lu quelques résumés. Je n’ai retenu de Arrête, arrête que le thème de l’univers carcéral. Il y a pourtant bien plus dans ce court roman !

Vincent a presque fini de purger sa peine : 16 ans auparavant, il a été condamné pour meurtre. A la surprise générale, quelques mois avant sa libération, il coupe son bracelet électronique et s’évade. Les policiers viennent tout naturellement interroger son petit frère, médecin. Celui-ci ne sait rien et ça l’inquiète, Vincent s’est toujours plus ou moins confié à lui.
            Vincent est allé faire ses adieux à sa fille, Aure, lui a emprunté son Honda Civic avant de disparaître dans la nature. On le suit sans trop savoir quel est son objectif. Il se rend dans un club échangiste parisien et y rencontre une jeune femme, Anne-Gisèle, qui lui plaît d’emblée. Ce n’était pas dans ses plans. Son attitude mystérieuse, plutôt que de repousser la jeune femme, l’intrigue. Elle aussi a un passé douloureux. Ces deux êtres vont se retrouver, se reconnaître et s’aimer dans un contexte pesant.

Ce roman qui, par sa brièveté, pourrait aussi être une longue nouvelle, est un coup de poing qui prend la forme d’ une petite pépite. Mêlant le genre policier et la poésie, l’auteur parvient à nous happer dans cette évasion qui est aussi une course contre la montre… et contre la mort ! Vincent a passé son séjour en prison à faire du sport et à mémoriser des alexandrins qui vont donner le rythme à ce récit à l’allure effrénée. Cet amour final et éphémère est comme la boue de Baudelaire transformée en or…

J’ai beaucoup aimé ce petit roman, très efficace, prenant, riche, qui se termine en toute beauté par une parabole des tigres et du fraisier sauvage. Une réflexion sur la vie et sur la mort. A lire sans hésiter !

Mon choix a donc été très judicieux et j’attribue la note de 17/20 à ce roman sans oublier de remercier Priceminister!

« Il souleva Anne-Gisèle, la prit dans ses bras et l’étendit au bord du lit, où il passa une bonne minute penché sur elle, à la dévisager : la peau d’un blanc de calamar, le grain de beauté de la tempe, les yeux grands ouverts aux paupières tombantes, les lèvres ambiguës ; il y lisait de la candeur, de la lascivité, de la désinvolture, de la passivité, de la malice aussi lorsqu’un sourire retroussait son nez et creusait les joues de fossettes profondes, invisibles autrement. »

« Il respirait fort, il haletait. Comme l’algue fugitive, se remémora-t-il, Sur quelque sable de la rive, la vague aura roulé mes os. »

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 11:50

Si le tome 5 nous a permis de découvrir Montréal des années 20, cet album nous emmène dans la belle forêt canadienne.

            Marie revient ! C’est l’événement et il était temps car les pénuries s’additionnent au petit village de Notre-Dame-des-Lacs. Sans elle, le magasin ne tournait plus malgré la bonne volonté de Serge. Mais Marie a changé, elle s’est fait couper les cheveux, elle porte une robe de la ville et du rouge à lèvres, et surtout, elle a décidé de n’en faire qu’à sa tête.

Mathurin, le frère d’Ernest Latulippe est mourant dans une cabane au fond de la forêt. Il s’est fait attaquer par une ourse et il faut le rapatrier d’urgence, en barque, auprès de Jacinthe et ses miraculeux cataplasmes et décoctions. Mathurin s’en sortira, en prime, l’ourson qui accompagnait sa maman sera recueilli par les habitants du village, à la plus grande joie de Gaétan.

Si le tome porte le nom d’Ernest, c’est que l’homme est contraint de dormir sous le même toit que Marie, les bigotes du village jasent une fois de plus… et c’est qu’Ernest est plutôt bel homme et que Marie, elle le clame haut et fort maintenant, vit sa vie comme elle l’entend : « pis ma vie, j’m’en vas la vivre comme ça me tente, pis pas comme ça tente au monde ! »

Encore un bel album : nature, émotions, humour, authenticité, dessins magnifiques, … que demander de plus ?

 

»   18/20   »

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 21:16

Purge fait partie de ces livres que j’ai choisis de découvrir en livre audio parce qu’ils m’attirent et à la fois ne me tentent pas trop… Face à l’indécision, j’opte pour l’écoute en voiture !

Estonie, 1992. La vieille Aliide vit seule dans la ferme qu’elle a toujours occupée. Survient une jeune femme bien habillée mais dans un mauvais état, Zara. Zara a besoin d’aide, Aliide se méfie d’abord mais finira par lui accorder le soutien moral et matériel dont la jeune femme a besoin.

Les nombreux retours en arrières nous permettent de comprendre l’histoire de chacune. Aliide a souffert toute sa jeunesse de s’être sentie inférieure à sa sœur Ingel. Ingel lui a piqué l’homme qu’Aliide aimait, sous ses yeux, sans le savoir. Aliide ne lui pardonnera jamais, se vengera. Zara, quant à elle, est une prostituée, embrigadée de force par un terrible proxénète.

Sur un fond historique effrayant se trame un drame humain et personnel. Le destin de deux femmes que la vie n’a pas gâtées, qui ont dû aller jusqu’à tuer pour survivre. Certains passages sont crus et très difficiles à entendre (et à lire, je suppose). La qualité du roman est indéniable mais la noirceur prend le dessus et lui confère une atmosphère pesante, proche du malaise. Les chapitres réservés aux femmes sont entrecoupés de pages du journal de Hans, le mari d’Ingel, celui qu’Aliide a toujours aimé, caché et protégé. Etrangement, ce sont ces courts passages au masculin qui donnent une lueur d’espoir à ce sombre tableau.

Je n’ai pas regretté mon choix du livre audio car les lecteurs, Frédéric Meaux et Marianne Epin, mettent tout en œuvre pour donner vie au texte et y réussissent avec virtuosité. C'est tout sauf plat et monocorde, bravo ! Malgré les atouts et la force de ce roman, je n’en garderai pas un bon souvenir.

 

 

L’extravagante Sofi Oksanen :

 

 

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 20:47

 

            Je me réjouissais à l’idée de lire un troisième roman de Kasischke, et pourtant… déception !

Trois amies américaines, Terri, Anne et Michelle, partent au Mexique pour fêter la fin de leurs études lycéennes et leur entrée à l’université. C’est un rituel aux Etats-Unis et, même si les filles sont encore jeunes, elles se retrouvent seules au milieu de centaines d’autres étudiants qui passent leur journée à boire, se dorer la pilule et draguer. D’emblée, Terri s’éloigne des deux autres en suivant le rythme de l’Hôtel del Sol : elle accumule les cocktails et les rencontres avec les garçons et rougit son corps sur la plage. Anne et Michelle sont plus timides. Elles ont toujours été les meilleures amies du monde, collées l’une à l’autre. Michelle a une histoire un peu particulière puisque son père n’est qu’un spermatozoïde, elle ne l’a jamais connu et sa mère a choisi de l’élever seule.

Quand Anne et Michelle rencontrent le séduisant Ander, un cinquantenaire, en dépit de tout ce qu’elles avaient promis à leur mère respective, elles le suivent pour aller visiter les ruines de Chichen Itza, à quelques centaines de kilomètres de l’hôtel. C’est Michelle la plus enthousiaste à l’écoute de la légende du dieu Quetzalcóatl représentant un serpent à plumes et c’est justement cette fascination extrême qui fait peur à Anne et qui l’incite à faire le trajet retour avec un groupe de garçons de leur âge avec qui elle se sent plus rassurée. Michelle la suit à contrecœur. Ce n’était pas une bonne idée car les jeunes droguent Michelle au moyen d’une substance diluée dans l’eau de la bouteille qu’elle boit goulument.

Bon, ça ne finit pas très bien, vous l’aurez compris. C’est d’ailleurs annoncé dès les premières pages (c’est Terri qui avait une mauvaise intuition). Une lichette de fantastique colore le roman, mais, je suis allée jusqu’à vérifier sur la première de couverture qu’il s’agissait bien de l’auteur que j’aimais tant… Le style n’a rien d’extraordinaire et l’intrigue est sans intérêt sauf si vous tenez absolument à savoir à quoi s’adonnent les jeunes de 18-20 ans sur une plage en été et sans la surveillance des parents (eh non, ils ne lisent pas le dernier Goncourt en sirotant leur thé au miel… quelle surprise, n’est-ce pas ?!)

Une vraie déception ! Si le livre n’avait pas compté 228 pages et si ses chapitres n’avaient pas été très courts, j’aurais stoppé net au bout de dix pages. J’ai cru à un livre de jeunesse, il faut bien commencer par du moins bon pour s’améliorer progressivement, mais non, même pas, La couronne verte a été écrit un an avant  En un monde parfait et cinq ans avant  Esprit d’hiver.

Michelle et sa rencontre avec l’oiseau du paradis… ou de l’enfer : « Il y avait aussi un oiseau vert, une créature sauvage et hirsute avec une longue queue. Lui ne faisait que passer. Il perdit une plume qui tomba lentement vers elle. Elle tendit la main et tout en sachant qu’il faudrait être patiente – la petite plume était aussi légère que l’air qui la transportait -, elle était persuadée que la plume finirait par atterrir dans sa paume si elle la gardait ouverte assez longtemps. »

 

 

 

Le serpent vaut le coup d’œil, tout de même…

 

 

 

 

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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 19:49

Complètement enchantée par les quatre premiers tomes de la série, c’est avec une joie sans borne (oui, oui) que j’ai repris le chemin de la campagne québécoise des années 20.

Fin du tome 4, Marie avait affreusement gaffé puisqu’elle avait couché avec un jeunot, Marceau dont la fiancée prouve toute sa rage au début de ce tome 5. La rumeur gronde très vite dans le petit village et Marie est montrée du doigt, huée, même rejetée. Quand sa meilleure amie l’envoie sur les roses, son sang ne fait qu’un tour et sa décision, qu’elle annonce à Serge seul, est prise : elle va partir. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, elle prendre ses clics et ses clacs et rejoint Montréal avec Jacinthe qui vient de voir mourir sa grand-mère.

C’est donc sur deux tableaux que se joue ce cinquième opus : au village, rien ne va plus car, sans camion, Serge pourtant de bonne volonté, ne peut alimenter le magasin. On se demande aussi petit à petit si on n’a pas été un peu trop cruel avec cette indispensable Marie. Elle, de son côté, découvre la vie citadine, les sorties, la coquetterie, les rencontres, la fête. En voix off, beaucoup plus présent que pour les tomes précédents, c’est le mari décédé de Jeanne qui l’observe, voudrait être avec elle : « en te voyant aller, en te voyant rire pis avoir du fun de même, je revois la jeune fille avec qui je suis tombé en amour… ».

Mis à part les dessins toujours aussi somptueux, méticuleux, colorés comme j’aime, les personnages pleins de sensibilité sont tous plus attachants les uns que les autres. Et ce langage, ces mots venus d’ailleurs, ce dépaysement constant, quel bonheur ! Allez, vite au n° 6 !

»   18/20   »

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