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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 21:51

Immersion totale dans l’univers de cet auteur qui m’était complètement inconnu et qui, pourtant, est l’un des plus grands écrivains espagnols contemporains.

Victor, scénariste pour la télévision, assiste un soir, bien malgré lui, à la mort d’une jeune femme, Marta. Invité dans son appartement alors qu’il ne connaissait rien d’elle quelques jours auparavant, il flirte avec cette femme mariée mais doit aussi se montrer patient car son fils de deux ans, Eugenio, est présent et sa mère tente plusieurs fois de le coucher pour entamer une liaison avec Victor. Et c’est à ce moment-là, quand le garçonnet dort enfin et que les amants s’embrassent et se déshabillent, que Marta demande à se reposer. Elle se sent de plus en plus mal, ne veut pas d’aide mais du calme et finit, au bout d’un moment assez court, par mourir. Désemparé, Victor ne sait que faire, il essaye de prévenir le mari en voyage d’affaires à Londres, en vain. Après avoir laissé un peu de nourriture bien en évidence pour le moment où Eugenio se réveillera, il fuit l’appartement comme un voleur.

Bien sûr, cet événement va bouleverser son quotidien, il va d’abord fouiner dans les journaux à la recherche du faire-part de décès de Marta, il va aussi épier les fenêtres de son appartement et enfin, il va tout faire pour se rapprocher de la famille de la défunte : rencontrer son mari, son père, sa sœur.

L’idée de départ est hallucinante et très déstabilisante. Victor est le narrateur mais, dans certains passages comme dans l’extrait ci-dessous, c’est la voix de Marta qui va bientôt mourir qu’on entend. Les causes de la mort n’ont pas d’importance, ce qui compte c’est la rapidité, la brutalité, la dimension presque « ridicule » de l’événement. Marta et Victor s’apprêtaient à faire l’amour quand elle décède. Victor cache ce lourd secret pendant des jours et des jours avant de se confier à la sœur de Marta puis au mari de la défunte. Contre toute attente, lui aussi va révéler un secret à Victor, ce qui leur permettra de se rejoindre dans le malheur.

L’écriture de Javier Marias demande du temps, elle se laisse apprivoiser tout en douceur, lentement, patiemment. Les phrases sont très longues, les paragraphes quasi absents, les digressions fréquentes, … qu’on se le dise. Malgré ces difficultés, l’atmosphère chargée et quelques épisodiques soupirs, j’ai pris plaisir à la lecture de ce roman, si dense, si riche, si dépaysant. Je continuerai la découverte de cet auteur, un jour où je serai très en forme !

 

 

Marta : « Je n’ai pas fait mon testament, je n’ai pas grand-chose à laisser, et je n’ai jamais beaucoup pensé à la mort qui pourtant semble venir et d’un seul coup fausse et bouleverse tout, ce qui était utile et faisait partie de l’histoire de chacun devient en un instant inutile et sans histoire, personne ne sait pourquoi, comment, ni quand ce tableau a été acheté ou cette robe, ni qui m’a offert cette broche, d’où ou de qui me vient ce sac ou ce foulard, quel voyage ou quelle absence l’a apporté, s’il fut la compensation d’un attente, l’ambassade d’une conquête ou l’apaisement d’une mauvaise conscience ; tout ce qui avait un sens et laissait une trace les perd en un instant et toutes mes affaires se figent, incapables soudain de révéler leur passé et leur origine ; quelqu’un les entassera et avant de les envelopper ou de les mettre dans des sacs de plastique mes sœurs ou mes amies décideront peut-être de garder quelque chose en souvenir ou pare que ça peut servir, ou de conserver la broche pour que mon fils, quand il sera grand, puisse l’offrir à une femme qui n’est sans doute pas encore née. »

Le livre a reçu le Prix Femina étranger 1996.

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 21:38

Les personnages de la première de couverture avertissent le potentiel lecteur qu’il risque d’entrer dans un monde fantastique… qui n’est pas mon genre de prédilection mais la finesse et la beauté des traits m’ont convaincue.

            Aristide est un petit garçon qui vit avec son père, spécialiste et observateur d’oiseaux très particuliers. Un jour, en apercevant une authentique lurette, ce magnifique oiseau très rare, le vieil homme glisse en s’accrochant au nid de l’oiseau. Avant de tomber pour de bon, il avale un œuf qu’il a eu le temps d’attraper, un œuf magique...

Autre tableau : un pays où on a perdu le nord, au sens propre. Subissant les conséquences de cette « perte », un navigateur parti deux auparavant et pensant enfin atteindre et annexer une terre nouvelle, accoste sur son île de départ, Ponduche. Le roi du pays, s’est, quant à lui, amouraché d’une splendide princesse orientale et il s’entête à exaucer ses dix-sept caprices, comme le veut le rituel du pays de la jeune femme. Or, il s’avère que cette jeune femme est connue : le peintre du bateau ne peignait qu’elle, la vénérant et la haïssant tout à la fois. L’accusant d’être une voleuse de crônes, une vieille monnaie du royaume de Ponduche, le peintre conduit la belle devant les juges Hyacinthe et Absinthe mais avant même d’entendre le verdict, la superbe créature va s’envoler d’une manière pour le moins originale.

Tout est original, extraordinaire, ahurissant dans cette BD ! Les personnages sont souvent mi-humains, mi-animaux ou mi-humains, mi-autre chose (les « saugres » sont des êtres étranges, enfants des « clepsigrues ») et les situations sont plus absurdes les unes que les autres. L’intrigue tourne autour d’un seul thème : le temps. Avant la première planche, les auteurs nous présentent les « Chronoptères », ces insectes et oiseaux possédant un pouvoir magique lié au temps : la « Libellule Mémorantèle » permet à l’eau qu’elle boit de garder prisonnier un reflet, l’ « Abeille Rétromèle » produit un miel qui permet de revivre « de manière fugace un souvenir que l’on croyait enfoui ».

Moi qui ai failli bouder cet album, je ressors ravie de ce voyage à la fois absurde, comique et merveilleux ! Les dessins sont d’une beauté à couper le souffle, il faut examiner à la loupe chaque détail, finement ciselé. J’ai hâte de découvrir la suite !

 

»   18/20   »

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 18:31

Le choix de mes livres audio est toujours long et réfléchi. J’avais repéré celui-ci il y a quelques mois déjà, j’hésitais, mais comme un ami blogueur en avait fait un coup de cœur (qui ? qui ? bien sûr, je ne sais plus qui !!!), j’ai sauté le pas et je ne l’ai pas regretté.

Moscou, en 1953. Léo, un officier du MGB, traque les criminels et surtout ceux qui tentent d’aller à l’encontre des idées du parti. Officier exemplaire, il n’hésite pas à torturer et tuer les suspects. Pourtant, la cruauté va petit à petit faire place au doute : il y a d’abord cet enfant retrouvé mort près d’une gare : les autorités concluent à un accident mais sa famille ne cesse d’affirmer qu’il s’agit d’un crime. Ensuite, il y a ce vétérinaire qui a prouvé son innocence mais qui se fait torturer et tuer. Lorsqu’on lui demande de pister son épouse Raïssa, Léo, après un temps de soumission, refuse de la condamner. Tombé en disgrâce, Léo doit s’exiler avec sa femme, devenir milicien et perdre tous les privilèges qu’il avait obtenus auparavant. D’autres morts sont retrouvés près de gares, et cela, dans tout le pays, mais on ne veut croire à un tueur en série (les fous n’existent pas sous Staline…). Léo, passé du statut de « méchant » à celui de « héros », réussit à reconquérir la confiance de sa femme, et, avec elle, va mener l’enquête de manière tout à fait clandestine.

Résultat : c’est le meilleur livre audio que j’ai lu depuis bien longtemps. Est-ce dû à la qualité de la lecture faite par Frédéric Meaux, ou par l’intrigue elle-même ? je ne saurais le dire, mais c’est un roman pour lequel l’adjectif « passionnant » prend tout son sens. Non seulement, la partie thriller, menée tambour battant, est parfaitement maîtrisée mais la dimension historique est également très intéressante : le régime stalinien et ses conséquences, l’obéissance absolue des sous-fifres (quitte à dénoncer sa propre femme de trahison !), …

 

 Une vraie descente aux enfers, avec tout ce qu’il y a de plus noir dans l’espèce humaine. Une œuvre de qualité, à découvrir, avec les oreilles ou avec les yeux ! Le roman a été adapté au cinéma par Ridley Scott et le film devrait sortir « prochainement » (je n’en sais pas plus !).

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 11:13

Luce est une petite fille toute mignonnette qui passe quelques jours de vacances chez son papi, à la campagne. Entre le bistro où on lui sert son habituel coca et le marché où elle aide son grand-père à vendre fruits et légumes, Luce finit par connaître les habitants du village, leurs habitudes, leurs défauts, les commérages qui les entourent.

Ce qui différencie cette fille des autres enfants, c’est qu’elle voit régulièrement un homme nu décharné accompagné d’une petite fille de sa taille recouverte d’un long drap noir déambuler dans les allées du marché ou dans les rues. Il semble qu’elle est la seule à voir ces sinistres personnages. Peu après le suicide d’un ami de son papi, Luce comprend que ces deux êtres fantomatiques représentent la mort et la petite fille voilée est une voleuse d’âme.

Les dessins sont en noir et blanc, le trait gras retransmet bien ce passage de la vie d’enfant aux questionnements plus graves. Car Luce se pose des questions sur la mort de ses proches, sur sa propre mort et des réponses, elle en a peu. C’est très sombre, sinistre, voire pessimiste (mais ainsi va la mort, me direz-vous…), je n’ai pas été emballée par cette BD parce que la mort qui erre dans les rues, la mort seule vue par un enfant, ce n’est pas une nouveauté. Mais c’est une belle « BD initiatique » (le terme existe-t-il ? une « BildungsBD » ?), entre l’innocence et la maturité, entre la vie et la mort.

A éviter quand on est déprimé…

 

 »   14.5/20   »

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 14:40

                Le hasard fait parfois si bien les choses… je me disais que ça faisait bien longtemps que je n’avais pas lu de nouvelles et pim, pam, poum, voilà un joli recueil de nouvelles qui atterrit dans mon casier du collège. Merci à la prêteuse !

Ces nouvelles évoquent surtout la vie quotidienne : les relations d’un enfant avec son père, une histoire d’amour, une partie d’échecs, le premier job d’un adolescent. Ce qui surprend dès la première page, c’est l’écriture. Coup de poing, elle se révèle puissante, originale, pétillante, hors du commun. Malgré les thèmes triviaux, l’auteur a tout fait pour sortir de la banalité. Ça explose, ça surprend à chaque page et surtout, ça fait sourire ; l’auteur fait preuve d’un humour cynique, ironique, complètement délicieux !

Petit aperçu de « La pêche aux hippocampes », la première nouvelle : le narrateur est un pauv’type qui traîne pitoyablement dans son appart’ depuis des jours et des jours entre « un matelas éventré, de la vaisselle sale, une vieille lettre que je n’avais pas eu le courage d’affranchir, du linge entassé, des livres ouverts, une lampe de chevet hors-service, des plantes arrachées à leurs pots, des boîtes de thon, une multitude de boîte de thon vides disséminées à travers la pièce. » Un copain vient lui annoncer qu’une certaine Fanny cherche à prendre des cours de guitare. Et notre homme des cavernes est guitariste. Il se rend chez elle, tombe amoureux d’elle et perd tous ses moyens : « Elle n’était pas jolie, ni belle, c’était pas tellement ses yeux, ni son petit cul, ça n’avait rien à voir avec toute chose comparable, elle aurait méritée d’être répertoriée, épinglée comme un papillon exotique, recouverte de papier-bulles, statufiée sur les grandes places. Pourquoi n’y avait-il pas de sirènes quand elle se mettait à sourire, de feux d’artifice, de suicides collectifs, de jours fériés ? La poésie ne pouvait même pas lui faire de mal, elle était imperméable au lyrisme, bullet proof, il faudrait inventer autre chose. Je ne comprenais pas comment faisaient les murs pour rester debout. »

Que la nouvelle qui porte le titre du recueil est jolie elle aussi ! C’est une petite fille qui se fait promener par son père… en laisse. Un jour de fête foraine, elle réussit à briser sa laisse (avec une dent trouvée par terre !), à détourner l’attention de son ivrogne de père et à s’enfuir au milieu des barbes à papa et des manèges. Un jeune homme la prend dans son auto-tamponneuse, lui raconte son enfance et lui offre une montre  qu’elle donnera à son père.

N’en disons pas plus, il faut lire ce savoureux recueil de nouvelles qui donnent le vertige !

 

Petite question : pourquoi Arnaud Modat est-t-il fâché avec les accents circonflexes ? ... « il traine » et « il apparait »… ne vaut-il pas mieux « traîner » et « apparaître » ?

 

 

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 12:22

Voilà un cadeau que je me suis fait il y a presque un an.

Les auteurs nous proposent un voyage dans le temps et dans la peinture. Dit autrement, l’album nous résume l’évolution de la peinture européenne depuis les grottes préhistoriques jusqu’à la fin du XVIIème siècle. C’est une petite fille et un chat très malin qui nous prennent par la main et nous emmènent suivre un fil rouge, ce fameux fil de l’art.

L’album se divise en dix chapitres, chacun commençant par une brève biographie et présentation de l’artiste et se poursuivant avec quelques planches consacrées à une ou plusieurs anecdotes de la vie du peintre. On rencontre donc successivement les grottes de Lascaux, Leonard de Vinci, Michel-Ange, Dürer, Brueghel l’Ancien, Rubens, Velasquez, El Greco, Rembrandt et Vermeer.

J’ai appris pas mal de choses, j’ai pris plaisir à entrer dans les appartements de ces artistes et à mieux les connaître. J’ai particulièrement apprécié La Ronde de nuit, cet immense tableau de Rembrandt qui, selon les scénaristes, aurait fait reculer, à lui tout seul l’armée espagnole. On voit donc la grande toile de 5 mètres sur 3.87 déambuler sur les ponts d’Amsterdam.

Certes, c’est très scolaire ; avec la fillette et le chat, ça s’apparente à un ouvrage destiné pour les jeunes, mais le voyage artistique vaut le détour pour qui aime la peinture. Un deuxième volume devrait paraître cet été et il me tarde de le découvrir puisqu’il s’agit de la suite chronologique de ce premier tome.

 

»   16/20   »

La Ronde de nuit : 

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 17:17

            Brett Bohlinger est une belle jeune femme de 34 ans qui voit sa vie basculer le jour de la mort de sa mère. Non seulement, elle doit surmonter son incommensurable chagrin (car elle adorait cette mère idéale) mais elle doit encore faire face à un testament pour le moins original. Au lieu de lui léguer l’immense entreprise de cosmétique qu’elle dirigeait et dans laquelle Brett travaillait déjà, sa mère la licencie et ne lui offre son héritage qu’à certaines conditions : réaliser les rêves de jeune fille que Brett, quelque vingt ans plus tôt, avait consignés sur une liste d’objectifs à atteindre dans sa vie. Le testament ne laisse à Brett qu’un an et la jeune femme, abasourdie par ces conditions, se sent très éloignée de ses vœux d’adolescente : avoir un cheval, enseigner, avoir un chien, avoir un bébé, « rester amie avec Carrie Newsome pour toujours », tomber amoureuse, …

C’est un très bel et jeune avocat, Brad, qui va s’assurer que Brett respecte, à la lettre, les vœux de sa mère. Retrouver ses projets d’adolescente va remuer la vie de Brett, elle va finir par redevenir celle qu’elle a toujours été, généreuse, amoureuse des animaux, avide de joies simples…

Oh my God !!! C’est de la guimauve plein partout, des kilos de guimauve, que dis-je, des charrettes remplies de guimauve ! Brett est trèèèès belle, elle ne rencontre que des hommes trèèèès beaux, intelligents, aimants, attentionnés. Elle veut tenter le métier de prof ? Qu’à cela ne tienne, en trois jours, elle est devant une classe ! Ça ne lui plaît pas trop ? pas de problème, le lendemain, là voilà enseignante de cours particuliers… dans un quartier difficile, certes, mais dans un endroit où l’amour est plus fort que tout !

Je me moque, je me moque, mais j’ai dévoré ces 453 pages en deux jours. Je pensais à Brett en me brossant les dents, en fermant les volets, en travaillant, en conduisant … du grand n’importe quoi ! Je redeviens sérieuse deux minutes, le coup de la maman qui, sur le point de mourir, pense à l’avenir de sa fille chérie, c’est adorable. J’avoue aussi que j’ai pensé à ma liste-à-moi-de-quand-j’avais-quinze-ans et je me demande où elle peut bien se trouver.

Sinon, c’est niais à souhait, dégoulinant de bons sentiments, aussi américain que Desperate Housewives (en moins subtile quand même). J’avais, durant la lecture, le même sourire béat que ma fille de cinq ans quand le prince et la princesse s’embrassent, à la fin du conte. Car c’est bien d’un conte qu’il s’agit, moderne, gai et reboostant. On en sort avec un grand sourire aux lèvres, qu’on le veuille ou non !

 

Attention, c’est beau : « Eleanor Roosevelt a dit un jour : Faites chaque jour quelque chose qui vous fait peur. Pousse-toi à réaliser les choses qui t’effraient, ma chérie. Prends des risques et vois où ils te mènent, car, grâce à eux, la vie vaut la peine d’être vécue. »

Scoop inégalable : « on a tous la capacité d’exaucer nos propres souhaits. Il faut juste trouver le courage nécessaire. »

Admirez la virtuosité de la narration : « « J’ai merdé, Brad. Je croyais aimer Andrew, l’homme le plus nombriliste que j’aie jamais rencontré. Mais pour une raison qui m’échappe, je ne parviens pas à éprouver la moindre émotion profonde pour ce type incroyable qui ferait n’importe quoi pour moi. ». Je m’empoigne deux mèches de cheveux. « Mais qu’est-ce qui cloche chez moi, Midar ?Est-ce que je cherche encore un home impossible à séduire, à l’image de Charles ? »

 

Mais que fait-elle avec ces deux mèches ???

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 16:16

Le Bois Sauvage.

Ma découverte des BD jeunesse continue avec ce très bel album apprécié de toute la famille.

C’est le printemps, la nature reprend des couleurs et Taupe en profite pour faire « une grande opération de nettoyage, dépoussiérage, astiquage et autre mots en « -age » tout aussi désagréables ». Pourtant, « l’appel du dehors était trop fort », Taupe se promène dans la campagne, regarde les oiseaux, les roseaux, la rivière. Il rencontre Rat qui lui propose un pique-nique au bord de la rivière et même si le compère est bavard, Taupe se prend immédiatement d’amitié pour lui. Autant de promenades que d’animaux rencontrés : une loutre rigolarde, un crapaud vantard, un blaireau plutôt difficile à atteindre.

Le point fort de cet album, vous l’aurez sans doute compris, ce sont les remarques dessins, de belles aquarelles vouant un magnifique hommage à Dame Nature. Les animaux personnifiés font penser à ceux de La Fontaine en plus naïf. Ça a été un succès total à la maison, surtout que le dernier chapitre sème le trouble : Taupe, contre l’avis de Rat (les deux amis ont fini par s’installer ensemble, ne cherchez pas à comprendre…) veut absolument rencontrer Blaireau. Pour cela, Taupe doit traverser le Bois Sauvage qui ne s’appelle pas ainsi pour rien : des dizaines de paires d’yeux le fixent, d’étranges bruits, craquements, bruissements le menacent sournoisement. Heureusement, Rat vient à point pour sauver son ami.

C’est délicieusement désuet, doux, coloré, plein de bons sentiments ! Un petit monde campagnard préservé. La BD est une adaptation du roman anglais de Kenneth Grahame (que je ne connais pas !) et ne compte pas moins de neuf albums, y’a de quoi faire…

 

»   17/20   »

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 21:34

Ce roman fait partie des préférés de la blogosphère en ce moment et, comme je suis extrêmement influençable (dieu merci, pour la lecture seulement, enfin je crois !), je me suis procurée dare-dare ce court roman…. qui n’est pas si loin du documentaire, de la poésie, bref, qui virevolte entre plusieurs genres.

Des jeunes filles japonaises au début du XXème siècle. Leur destin est le même : embarquer pour une longue traversée et rejoindre leur futur mari qu’elles n’ont vu qu’en photo, aux Etats-Unis. Certaines se réjouissent en s’attendant à voir leur vie s’améliorer, d’autres sont nostalgiques de leur petit village japonais mais toutes sont anxieuses, toutes se lancent vers l’inconnu. Pour exprimer cela, Julie Otsuka utilise le « nous » généralisant et l’associe au procédé de l’énumération pour être la plus exhaustive possible : « Sur le bateau nous conservions la photographie de notre époux dans un minuscule médaillon ovale suspendu à notre cou au bout d’une longue chaîne. Nous la gardions dans une bourse de soie, une vieille boîte à thé, un coffret de laque rouge, dans la grosse enveloppe marron qui nous l’avait apportée d’Amérique. »

Arrivées sur le sol américain, les jeunes Japonaises déchantent vite : le mari n’est ni beau ni riche, elles doivent trimer autant ou plus qu’elles ne l’auraient fait en restant au pays. Rares sont celles qui trouvent un homme aimant, rares sont celles qui s’épanouissent dans leur métier de bonne, de paysanne, de vendeuse. Elles travaillent et se taisent face au racisme ambiant. Elles enfantent aussi, parfois dans la joie, souvent dans la douleur, dans la peine. Enfin, elles connaissent la 2ème Guerre Mondiale et le bannissement total, les Japonais disparaissent, les uns après les autres.

C’est un roman qui se lit d’une seule traite, d’un seul souffle, qui a la beauté des poèmes et l’esprit méditatif des prières. L’auteur rend un magnifique hommage à ces femmes silencieuses, mais, par le truchement de ce « nous », je veux y voir un hommage à toutes les femmes, et pourquoi pas un hymne à la gente féminine. Certains passages sont bouleversants et aucun ne nous laisse de marbre, je suis passée par toutes les émotions, bien scotchée à mon livre, happée par la vie de ces femmes si effacées et tellement hors du commun.

A lire !

Une hésitation, avant d’atteindre le sol américain : « Et souvent en nous endormant nous nous prenions  à penser à ce fils de paysan avec qui nous discutions chaque jour en rentrant de l’école – ce beau garçon du village voisin dont les doigts parvenaient à faire germer les graines les plus rétives -, et nos mères qui savaient tout, y compris lire dans nos pensées, nous regardaient comme si nous étions folles. Veux-tu passer le reste de ta vie accroupie dans un champ ? (Nous avions hésité, presque répondu oui, car n’avions-nous pas toujours rêvé de devenir notre mère ? N’était-ce pas là ce que nous voulions être à une époque?) »

 

 

Le chapitre consacré aux naissances m’a particulièrement émue : « Nous avons accouché de bébés qui souffraient de coliques. De bébés au pied-bot. De bébés bleus et maladifs. Nous avons accouché sans nos mères, qui auraient su exactement quoi faire. Nous avons accouché de bébés à six doigts et nous avons détourné les yeux quand la sage-femme a commencé d’aiguiser son couteau. Vous avez dû manger un crabe pendant votre grossesse. Nous avions attrapé une blennorragie dès la première nuit avec notre mari et nous avons eu des bébés aveugles. Nous avons eu des jumeaux, ce qui porte malheur, et nous avons demandé à la sagefemme que l’un d’eux se transforme en « visiteur d’un jour ». À vous de décider lequel. Nous avons eu onze enfants en quinze ans mais seulement sept ont survécu. »

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 22:37

Depuis peu de temps, mes enfants lisent des BD. Enfin, ma petite de 5 ans se contente de les feuilleter avec une minutieuse attention et mon grand de 8 ans trouve que tout est toujours moins bien que Max et Lili… J’ai donc fait l’acquisition de quelques BD destinées aux jeunes. J’avoue que ça m’a bien fait plaisir aussi de découvrir un autre univers.

Rebecca est une petite fille de six constamment malade à cause d’un système immunitaire défaillant. Elle se prend d’affection pour son propre virus qu’elle est la seule à voir, qui ne la quitte pas et qu’elle appelle Ernest. Ce petit bonhomme vert peut prendre différentes formes et il veille surtout à sa pérennité, il faut donc que Rebecca fasse tout pour rester malade : elle se roule dans la neige, sort dans le froid à moitié nue ou se voit déverser des glaçons dans le dos. Elle s’amuse avec son microbe qui lui donne des conseils de tous ordres. Rebecca doit également faire face à un problème de taille : ses parents, ne cessant de se disputer, finissent par se séparer. Avec sa grande sœur Coralie et surtout aidée de son fidèle complice, la petite fille fait tout pour les rabibocher, parfois avec succès, parfois trop maladroitement.

Ma fille qui adore le rose et s’est sans doute identifiée à l’héroïne, a adoré cet album. Mon fils l’a vraiment boudé, ce qui est plutôt rare. De mon côté, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher à cette histoire, à cette idée de se lier d’amitié avec un microbe. La maman que je suis a souvent été choquée par les conseils donnés par Ernest. Il faut tout de même admettre que le ton adopté lorsqu’il s’agit d’évoquer les conflits entre le père et la mère de Rebecca est assez juste et la répartie de Rebecca savoureuse. Les dessins m’ont plu aussi, c’est très girly, rose, violet, rond et mimi. C’est donc surtout ce microbe qui m’a bloquée, je n’ai pas compris l’intérêt de ce rajout. Je ne poursuivrai pas cette série (sauf si ma fille me supplie !)

 

»   13/20   »

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