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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 09:50

 

Encore une fois, j’ai oublié mes sources mais, malgré de petites déceptions deci delà, je suis contente d’avoir découvert ce roman.

Rose est une centenaire qui vit à Marseille et qui nous raconte sa (forcément) longue vie. Elle a tout vécu, et c’est le cas de le dire ! Née en Arménie, elle a connu le génocide arménien et a vu toute sa famille mourir. C’est son petit fiancé de l’époque, Mustapha, qui l’a cachée dans un tas de fumier et qui, ainsi, lui a sauvé la vie. Lui, n’a pas eu cette chance puisque quand elle est sortie du fumier, elle l’a découvert la gorge tranchée. Elle n’avait que huit ans.

C’est ensuite son extrême beauté qui lui a permis d’avoir la vie sauve. Salim Bey, son maître turc la prostitue avant de la prêter à un ami obèse, Nazim Enver qui emmène la fillette alors âgée de dix ans sur un bateau. A Marseille, Rose réussit à s’enfuir. Elle devient une mendiante sous le jouc de Chapacan Ier. A 11 ans, elle mène enfin une vie un peu plus douce puisqu’un couple de fermiers, les Lempereur, la recueille et l’adopte.

En 1924, Rose a 17 ans et perd brutalement ses parents adoptifs. Les héritiers des Lempereur, Anaïs et Justin, débarquent à la ferme et considèrent d’emblée Rose comme une moins que rien, la traitant plus bassement que leurs chiens. Cette fois-ci, c’est l’amour qui sauve Rose : avec Gabriel, castreur, c’est le coup de foudre réciproque. Les deux tourtereaux s’enfuient pour Paris où un oncle du jeune homme les héberge à condition de rédiger pour lui un traité nazi.  Rose et Gabriel acquièrent enfin leur indépendance, fondent un foyer, achètent un restaurant baptisé « La Petite Provence » et voient naître leurs deux enfants, Edouard et Garance.

Lorsque les Nazis prennent le pouvoir, Gabriel est suspecté d’être juif alors qu’à part son nom, rien ne le prouve. Lui et les deux enfants sont rapidement arrêtés et conduits au Vel d’Hiv. Himmler débarque un jour au restaurant de Rose et attiré par sa cuisine, la phytothérapie où désormais elle excelle mais aussi par les charmes de la jeune femme, il l’embauche en tant que cuisinière, ce qui lui permet plus facilement de la prendre pour amante… En pleine guerre et malgré son dégoût, Rose tente de survivre, à sa manière. Elle abandonnera un enfant de père nazi, elle partira vivre à New-York, elle rencontrera Sartre et Beauvoir après la guerre, elle tombera follement amoureuse d’un Chinois avant de préférer la compagnie d’une jolie femme. Rajoutons encore qu’épisodiquement, Rose prend un malin plaisir à éliminer les personnes qui lui ont causé du tort, c’est thérapeutique, elle se sent bien mieux après s’être vengée.

Je suis partagée, j’ai adoré certains passages, notamment la première moitié du roman. On se laisse très vite emporter par les aventures de ce personnage haut en couleur (un peu comme chez Teulé parfois !), toujours optimiste. C’es très romanesque, rocambolesque, dynamique. Deux gros points noirs cependant : la deuxième partie part dans tous les sens et dès que Rose s’est demandé si elle allait tuer Sartre ou non, j’ai décroché, agacée par le grotesque des situations. Autre point : malgré certaines critiques et une Rose qui nous répète qu’elle ne savait pas tout ce qu’il se passait pendant la Deuxième Guerre, l’auteur rend parfois les Nazis attachants, en tous cas, il nous en livre une image adoucie, et ça, c’est insupportable !

Enfin, si vous adorez qu’un personnage fictif se glisse dans l’Histoire (et la chamboule même quelque peu !), vous serez comblé en lisant ce livre mais aussi Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson !

Quelques citations que je n’ai pas pu m’empêcher de relever :

  • « Ce sont nos folies qui nous maintiennent debout »

  • « La générosité, c’est des cadeaux qu’on se fait à soi-même. Y’a pas mieux pour se sentier bien. »

  • « Ici-bas, il n’y a que la vie et les livres qui nous permettent de la vivre mieux. C’est mon père  qui m’a appris ça. Il est instituteur. Ma mère, elle, est maraîchère. Je tiens des deux. Du ciel et de la terre. »

  • « Mon obsession est toujours de recycler, mes plats, mes déchets, mes joies, mes chagrins. »

  • Prendre une autre femme, c’est « renouveler sa monture nocturne »…

 

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 16:55

C’est extraordinaire, la première partie de ce diptyque était vraiment très bien, prenante, agréable à lire mais la suite est carrément géniale !

L’album s’ouvre sur une image fantastique : Philippe, désormais grand-père, se promène dans la rue avec son bébé porté en bandoulière. Attiré par la vitrine d’une librairie, il se laisse inviter par Robert, le libraire, à entrer. Robert est un bonhomme obèse amoureux de deux choses : le vin et la littérature. Et il allie les deux ! Il lit à Philippe un extrait de Proust en buvant un verre de Sauternes 1989, il déguste un Côtes de Castillon 1998 en lisant un extrait de Notre-Dame de Paris. Bien sûr Philippe sort ivre de ce petit tête-à-tête (oui, je vous l’accorde, quand on est responsable d’un petiot, ça le fait pas …) et se rend directement chez le proviseur de son benjamin, Arnaud, qui lui annonce que son fils est renvoyé du lycée et qu’il faudrait qu’il trouve un autre établissement.

C’est en accompagnant Arnaud dans le Bordelais, dans un lycée hôtelier, que Philippe va avoir une idée de génie : les gens s’ennuient dans le train, pour pallier cette perte de temps, pourquoi ne pas se faire couper les cheveux ? Certes, Philippe n’a qu’une petite expérience en la matière et n’a pas son CAP coiffure mais il est super motivé et met très vite son plan à exécution. Alors que les premiers ratés lui minent le moral, c’est la barmaid du train qui va lui inculquer les bases de la coiffure et par la même occasion… le séduire !

On pourrait reprocher l’excès de bons sentiments à cet album mais on n’y arrive pas, les personnages sont plus attachants les uns que les autres, même le gros paresseux d’Arnaud trouve enfin sa vocation dans le domaine de la cuisine. Les personnages secondaires comme la mère de Philippe sont attendrissants aussi : bénévole aux Restos du cœur, elle ne sait toujours pas que son fiston est au chômage.

C’est bon enfant, bien tourné, avec quelques moments vraiment excellents. A lire !

»   19/20   »

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 18:00

Encore une idée de bouquin dénichée je ne sais plus où…  J’ai classé cette lecture dans « récits » sans être pour autant convaincue !

Les deux auteurs (c’est un couple) d’origine russe et naturalisés allemands évoquent leurs pérégrinations dans les pays de l’Est, ces pays « socialistes » à travers le prisme de la gastronomie. Chaque chapitre est construit de la même manière : un pays, une brève présentation de ce pays d’un point de vue historique, politique et sociale ; des anecdotes personnelles et le rapport des auteurs à ce pays et enfin quelques recettes emblématiques de ce pays.

Alors, qu’est-ce qu’on apprend ? que la cuisine géorgienne ne peut presque se passer de noix (aubergines et noix feraient bon ménage !), les Biélorusses ne jurent que par les pommes de terre (galettes de pommes de terre à la confiture en dessert…), en Ukraine, si on n’aime pas l’ail, il vaut mieux passer son chemin. Des points communs ? beaucoup de viande et de vodka ! Les auteurs s’emploient aussi à étudier les clichés : pour la vodka, elle coule à flots, c’est clair, par contre le caviar n’est pas aussi répandu qu’on peut le penser, et c’est l’ananas qui serait l’aliment de luxe pour les millionnaires russes.

Mon avis est mitigé, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre divertissant, souvent amusant et appétissant (enfin, pas tout hein, la salade de poires aux noix et aux cornichons – pour moi qui déteste les cornichons – de Géorgie, me laisse un mauvais goût à la bouche rien qu’à la lecture de la recette !), on fait un petit tour d’horizon des ex-pays d’Union Soviétique, on voyage un peu mais en fait, pas assez à mon goût. Plutôt que de survoler tous les pays, je crois que j’aurais préféré que les auteurs insistent sur trois ou quatre. Ça manque un peu de profondeur et je crois qu’il ne va pas me rester grand-chose de ce livre d’ici quelques mois, même si j’ai noté quelques recettes ! Quand j’ai lu sur la quatrième de couverture que Wladimir Kaminer est « à la fois écrivain en vogue et icône de la scène alternative berlinoise », j’ai mieux compris, disons que le bonhomme n’avait plus besoin de faire ses preuves…

« Le Sibérien moyen, homme ou femme, est grand et fort. Les gens grandissent plus vite dans le froid tout simplement parce qu’ils ont besoin d’une bonne santé et de meilleurs défenses naturelles pour braver les conditions climatiques rigoureuses. (…) Je crois que dans le cas de  la Sibérie, la taille est une réaction naturelle aux conditions de vie très dures. Les gens sont aimables et discrets. Mais il faut dire qu’ils ne se font  quasiment jamais agresser. A quoi bon chercher des noises à un homme qui a des mains aussi grosses que des lunettes de toilettes ? »

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 22:06

Je m’étais fait la promesse de ne pas en rester au  Vol du corbeau en ce qui concerne le beau coup de crayon de Gibrat… Ici, il n’a fait qu’écrire le scénario, c’est Durieux qui a fait les dessins !

Alors que Philippe fête ses 53 ans, qu’il admire son vélo tout neuf reçu pour l’occasion, un bref coup de fil lui annonce qu’il a été viré. Oui, mais son boulot, c’était toute sa vie, 27 ans de sacrifice et de dur labeur. Sans chômage et sans retraite, Philippe se voit même confisquer sa maison qui n’était qu’un logement de fonction. Ses trois enfants s’inquiètent pour cet homme qui sombre dans l’alcoolisme et dans la déchéance. Heureusement que son meilleur ami est là pour l’héberger. Une nuit de cuite, les deux compères ont d’ailleurs une idée lumineuse. Madelin, nouvellement patron d’une pizzéria, a embauché Philippe comme serveur. Il profite de la faiblesse de son nouvel employé pour l’exploiter. La vengeance ne va pas tarder et la ruse ourdie par Philippe et son pote va rapporter quelques milliers d’euros…

J’ai complètement craqué sur la couverture de ce merveilleux album. L’intrigue est bien ficelée, riche en rebondissements, les personnages sont attachants, l’émotion est au rendez-vous mais on sourit aussi parfois et la chute est délicieuse… Sans doute pour la grosse dose d’humanité, j’ai pensé à Davodeau, Zidrou ou encore  Leçon de choses de Mardon que j’avais adoré. Seul petit point noir : le manichéisme des personnages, le pote est vraiment super généreux, Philippe remonte très vite (trop vite ?) la pente et Madelin, avec l’huissier de justice, représentent les gros méchants de la société. Mais on aime, on prend tout !

La fin de l’album pourrait être une vraie conclusion à l’histoire mais, belle surprise, un tome 2 existe, que je vais m’empresser de lire !

»   16.5/20   »

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 16:02

 

 

J’avais découvert cet auteur avec  Cœur de chien, un court roman axé sur le fantastique mais non dénué  d’humour, me voilà comblée avec cette biographie romancée du grand  et génialissime dramaturge et comédien français, Molière.

            Je ne vous raconterai pas la vie de Molière que certains connaissent sans doute sur le bout des doigts mais ce qui m’a frappée dans l’œuvre de l’écrivain russe et ce que j’avais oublié.

Molière bégayait et, enfant, adorait observer - on l’avait d’ailleurs surnommé « le contemplateur ». C’est son grand-père maternel qui emmène le jeune Jean-Baptiste au théâtre, et le garçon éprouve déjà un vrai penchant pour les farces. Quand, à vingt ans, Molière décide de suivre Madeleine Béjart sur les planches et de renoncer à ses études de droit, son père, un grand tapissier, le prend très mal et le jeune homme est contraint de rendre le titre de valet de chambre du roi que son père lui avait donné.

Les débuts théâtraux sont catastrophiques : Molière s’entête à jouer des tragédies, le public est absent et les créanciers se déclarent de tous côtés, Poquelin père paye toujours au final et à contrecœur évidemment.

C’est en province et grâce à des pièces comiques que la troupe de « L’Illustre Théâtre » commence à faire salle comble, elle connaît son premier triomphe avec L’Etourdi. Molière n’a que 26 ans quand il joue pour la première fois devant le roi et sa cour, d’abord une tragédie qui ne recueille que de « maigres applaudissements » puis « Le Docteur amoureux que Molière avait écrit au cours de ses nuits d’insomnie vagabondes. ». C’est le succès : « Le regard du médecin amoureux s’illumina d’un coup. Il se rendait compte que c’était là un bruit qu’il avait déjà entendu. Et pendant qu’il ménageait entre les répliques les pauses nécessaires à l’écoulement des vagues de rires, il se rendait compte qu’il avait affaire au bruit intraduisible, bien connu et toujours annonciateur du succès qui avait reçu dans la troupe le nom de « brouhaha » ! Un frisson délicieux courut sur la nuque du grand acteur comique. Il pensa : « Victoire ! » et se donna tout entier. Et les mousquetaires qui montaient la garde devant les portes, et qui ne devaient en aucun cas se départir de leur impassibilité, se mirent à leur tour à hoqueter de rire. »

Molière bénéficiera presque toute sa vie du soutien de Louis XIV, il en aura bien besoin car l’hostilité constante du clergé, les nombreuses censures, les remontrances des hauts personnages qui se sentent pointés du doigt dans les comédies de Molière et les médecins qui lui en voudront jusqu’à l’heure de sa mort, vont être des obstacles qui mettront la carrière et la santé du dramaturge et écrivain en péril.

Molière se fait aussi connaître par et à cause de sa vie personnelle : après avoir quitté Madeleine Béjart, il se marie, en 1662, avec Armande qui se fait passer pour la sœur de Madeleine. En réalité, Armande est la fille de Madeleine… et peut-être même la fille de Molière ! Une fois mariée, Molière est trompé par sa femme, il passe pour le personnage du cocu qu’il dépeint si bien dans ses propres farces. Le moral est au plus bas, heureusement que ses amis, Boileau et La Fontaine sont là.

La fin de Molière est connue, il meurt après avoir joué Le Malade imaginaire et sans le secours d’un seul médecin.

Cette lecture fut un grand plaisir pour moi, on sent l’attachement profond de l’auteur russe à l’écrivain et comédien français, son regard tendre, humble et amusé nous livre un Molière plus vivant et plus proche que jamais. Le récit est simple et passionnant à la fois, il devrait être une lecture obligatoire pour tous les lycéens et étudiants.

« Le bruit courut que Jean-Baptiste père, outre son commerce de fauteuils et de tapisseries, s’occupait également de prêts d’argent à des taux confortables. Je ne vois rien là de blâmable chez un homme de commerce. Mais les mauvaises langues affirmèrent que Poquelin père avait tendance à saler quelque peu les intérêts et qu’en peignant l’horrible grigou Harpagon le dramaturge Molière ne fit que mettre en scène son cher père. Cet Harpagon-là est celui qui essaya de refiler à compte d’argent à l’un de ses clients un impressionnant bric-à-brac où l’on trouvait entre autres une peau de crocodile bourrée de foin qui, de l’avis d’Harpagon, pouvait être avantageusement pendue au plafond en guise d’ornement.

Je ne veux pas croire ces ragots de bonne femme ! Le dramaturge Molière n’a pas Sali la mémoire de son père, ce n’est pas moi qui le ferai. »

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 17:16

 

C’est chez Noukette que j’avais découvert cette BD et comme je garde un bon souvenir du livre du Camus, j’ai craqué !

Meursault est un homme froid et insensible. Il a bien une petite amie, Marie, mais il lui dit qu’il ne l’aime pas. Il n’éprouve aucun sentiment non plus à la mort de sa mère. C’est avec une grande indifférence encore qu’il observe un homme battre sa femme. Et enfin, c’est sans scrupules qu’il abat un Arabe de cinq balles dans la poitrine.

S’en suit le procès de Meursault, celui qui n’a pas pleuré à l’enterrement de sa mère, celui qui aurait tué avec préméditation, celui qui est allé au cinéma le lendemain des obsèques de sa mère…

La BD se découpe en deux parties : la première va jusqu’au meurtre qu’on ne comprend pas et que Meursault attribue tout simplement à la grosse chaleur. Dans cette partie, on se met très vite à détester l’homme, l’aridité des paysages (n’oublions pas qu’on est à Alger) reflète parfaitement l’aridité de son cœur. Dans la seconde partie, c’est sous les verrous que nous accompagnons le personnage, dans ses pensées, dans son absence de religion et de croyance qui choque tout le monde et enfin, dans sa condamnation à mort. Et là, on ne peut s’empêcher de s’apitoyer sur son sort, de lui souhaiter un revirement heureux, de haïr avec force la peine de mort.

Le récit est intense, prenant. L’absurde ouvre les portes de la réflexion sur la vie, sur la mort, sur les relations humaines. Le dessin élégant et minutieux est magnifique, j’ai par-dessus tout apprécié les couleurs pastel et les paysages algériens. Aucune planche n’est identique à la précédente dans la disposition des cases, et c’est donc une découverte à chaque page.  Camus peut dormir tranquille… je n’ai d’ailleurs qu’un regret : ne pas avoir relu le roman avant d’ouvrir l’adaptation BD !

 

« J’écoute mon cœur, je ne peux pas imaginer que ce bruit qui m’accompagne depuis si longtemps puisse cesser. »

»   18/20   »

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 20:30

Je ne sais plus pourquoi et comment je suis tombée sur ce bouquin. Toujours est-il que le titre m’inspirait puisqu’il m’arrive, hélas ! de soupirer avec exaspération « Ahhh, les gosses ! » au sujet des deux miens !

La narratrice est une mère de trois enfants, divorcée, qui, à 42 ans, se pose des questions sur sa vie, sur sa jeunesse qui est en train de foutre le camp, sur ses gamins qui lui échappent et sur ses rides qui sont de plus en plus marquées.

Plutôt que de nous raconter une histoire, l’auteur brosse le portrait de cette famille qui se veut une famille-type du XXIème siècle. La mère travaille à la maison, elle est dessinatrice mais se trouve sans cesse interrompue par ses enfants. L’aîné de la fratrie est le roi de la glande, à 18 ans, il a décidé d’arrêter les études et de se chercher du boulot mais il ne tient pas plus de quelques jours de travail que ce soit dans un supermarché ou dans un restaurant. Autres particularités : il mange des tonnes de nourriture, est souvent retrouvé en position horizontale et vit au gré de sa vie sentimentale. Il y a la grande sœur qui, à 16 ans, joue les super coquettes, critique sa mère du matin au soir parce qu’elle est démodée, qu’elle s’habille mal, qu’elle est vieille ! Il y a enfin la petite dernière qui, à 9 ans, sauve un peu la face de la famille car elle est encore douce et naïve, elle trouve sa maman très jolie et l’aime très fort. Sa passion pour un lapin domestique va tout de même chambouler l’équilibre – si équilibre il y a – familial…

Il y a l’ex-mari qui tente de récupérer sa femme alors qu’il s’est mis en ménage avec une femme plus jeune qu’elle. Et enfin, il y a le beau voisin, peut-être un futur compagnon pour la mère esseulée !

Si j’ai bien compris, c’est censé être un livre drôle, la quatrième de couverture parle même de « fous rires »… pour ma part, j’ai oscillé entre agacement profond (qu’elle est casse-pieds cette mère qui se laisse envahir par ses gamins, elle leur obéit au doigt et à l’œil !) et sombre inquiétude : c’est ça avoir des gamins ados ?  Mon Dieu, quelle horreur ! J’ai trouvé la relation mère-enfants effrayante, les plus jeunes passent leur journée à critiquer la mère, se moquer d’elle, tout en se servant d’elle.

Malgré tout, j’ai lu ce roman très rapidement, le style est fluide, l’univers réaliste (malheureusement…), ça reste léger et divertissant (même si ça m’a par endroits angoissée, vous l’aurez compris…).  Je dirais enfin qu’il est parfait pour ceux qui ne veulent pas d’enfants, ce récit les confortera dans leur choix !

« Quand je suis dans la rue avec ma fille, la grande, elle marche toujours loin devant moi. Comme si on ne se connaissait pas. Il ne faut pas qu’on la voie avec sa mère, « ça fait pitié ». C’est comme si c’était la honte d’avoir des parents et encoe plus de les montrer. On veut bien les tolérer pour les courses, les repas, le linge, l’argent, mais il faut qu’ils restent cachés, bien planqués à la maison. Pourquoi ils auraient besoin de sortir d’abord ? Ils sont vieux. Ma fille marche devant moi, perchée sur ses talons compensés, cheveux au vent, longs et lissés, impeccable dans son leggings et sa petite veste cintrée. »

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 18:11

Quel plaisir de retrouver Kurt Wallander après l’avoir quitté, quelques six mois plus tôt !

Mon commissaire préféré, Wallander,  vieillit mal. Son histoire d’amour avec Baiba se termine, et même si le bonhomme y est un peu pour quelque chose, il souffre de se retrouver encore une fois seul. Sa fatigue perpétuelle, ses soifs incontrôlées et ses besoins fréquents d’uriner le conduisent à consulter un médecin : il est diabétique. Se promettant de faire du sport et de perdre du poids, Wallander doit aussi affronter une douloureuse nouvelle : son collègue et ami, Svedberg, est retrouvé sauvagement assassiné dans son appartement. Pourquoi ? Qui ?

Parallèlement et de façon épisodique, une autre affaire est évoquée : trois jeunes gens ont disparu depuis la nuit de la Saint-Jean… enfin, « disparus » n’est peut-être pas le bon terme puisque, régulièrement, des cartes postales sont parvenues à leurs parents, expliquant que les jeunes faisaient un petit tour en Europe et qu’il ne fallait pas s’inquiéter. Pourtant, une des mères n’est pas dupe, elle prétend que ce n’est pas sa fille qui a écrit la carte… et elle a bien raison !

Comme très souvent dans les enquêtes de Mankell, le lecteur en sait un peu plus que Wallander mais pas assez pour rompre un suspens ici haletant. Comme d’habitude aussi, le rythme est très lent, il pourra en exaspérer certains, moi il me subjugue complètement. J’adore quand Wallander nous raconte la petite histoire du pizzaïolo chez qui il a l’habitude de se ravitailler, quand on s’embarque avec lui sur une fausse piste, quand il croise le tueur sans savoir que c’est lui, quand on sent qu’il a le béguin pour la une femme qu’il n’a vue qu’une seule fois.

Je suis complètement gaga de cette série policière, j’ai dévoré le livre à toute allure. C’était mon 6è polar de l’auteur, et dans l’ordre s’il vous plaît. Le prochain, La muraille invisible est déjà tout en haut de ma PAL.

 Encore une réflexion sur le déclin de la Suède, ce qui me fait toujours sourire, comme si ce pays nordique était le seul en proie à la violence et aux dégénérés ! Wallander s’explique à un autre flic, plus jeune que lui : « Il y a quelques années, j’aurais été d’accord avec toi. Il n’y a pas de violence gratuite, toute violence a une explication, etc. Mais ce n’est plus le cas. On n’a rien vu venir, mais il y a eu un changement dans ce pays. La violence est devenue naturelle. On a franchi un cap invisible. Des générations entières de jeunes sont en train de perdre pied. Personne ne leur enseigne plus ce qui est bien ou mal. Il n’y a plus de bien ou de mal. Chacun revendique son propre droit. Quel sens y a-t-il alors à être policier ? »

 

 

 

N.B : quand on voit la tête de l’écrivain, on se dit qu’il n’est pas allé chercher bien loin pour décrire son « héros » !

 

 

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 16:12

Voilà une BD offerte par mon homme pour mon anniversaire ! C’est un fait relativement insolite pour être notifié J !

Paris, de nos jours. La BAP (Bureau des Affaires Publiques) est un peu à Paris ce qu’est X-Files aux Etats-Unis…  Le Bureau tente de résoudre les affaires mystérieuses ayant trait au surnaturel. Et Charles, le responsable du BAP, va être servi puisqu’un conseiller du ministère de la culture est retrouvé mort, défenestré. L’enquête révèlera rapidement qu’on a tiré le corps hors de la fenêtre, corps qui est recouvert de traces de griffes. Charles le vieux, va enseigner son savoir à Victor, le jeune surnommé « l’apprenti ».

Tout part de la Tour Saint-Jacques qu’on a restaurée. Les quatre gargouilles doivent être placées dans un ordre bien précis, sans doute qu’un griffon s’est vengé de ne pas avoir été placé correctement…

Si les dessins sont magnifiques, le style réaliste proche de celui de Gibrat la découverte de Paris plaisante, l’intrigue ne m’a pas convaincue, je suis restée en dehors de l’histoire pourtant intéressante au départ. D’accord pour le surnaturel mais je trouve qu’il est mal amené, que le suspens est absent, que l’ensemble est assez plat. Il faut aussi dire que l’album est court, on n’a onc pas vraiment le temps de s’attacher aux personnages. Une suite est prévue, je ne suis pas sûre de la lire.

»   13/20   »

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 12:36

Maria est une avocate espagnole qui est prête à tout pour réussir et se faire un nom. L’affaire qui lui permettra d’accéder à la notoriété est la suivante : un flic, César Alcala, a tabassé un petit voyou, Ramoneda, au point que ce dernier frôle la mort. Maria réussit à envoyer César en prison jusqu’à la fin de ses jours. Quelques années plus tard, Maria se rend compte qu’elle s’est peut-être trompée. Ramoneda est en réalité un dangereux psychopathe et si César l’a battu, c’est parce que Ramoneda détenait des informations sur l’endroit où est séquestrée sa fille, Marta, kidnappée.

Des retours en arrière nous permettent de comprendre que César paye pour une faute que son père n’a même pas commise : Publio, un phalangiste, avait fait accuser Marcelo du meurtre de son épouse, Isabelle. En réalité, c’est Gabriel, le père de Maria qui a tué la jeune femme qui était aussi son amante !

Quel bouquin ! Le thriller se mêle au genre historique, les histoires personnelles scarifiées sont toutes mêlées à l’Histoire de l’Espagne. Les destins se croisent, se heurtent les uns aux autres, la violence est partout, j’ai pensé à  La Ville rouge de Paolo Roversi, lu l’été dernier où le pastel n’a pas sa place non plus, à la tragédie grecque (personne ne sort indemne…) ou encore aux romans de Zafon puisque l’action se passe souvent à Barcelone. Si l’on cherche un policier original qui va un peu plus loin, ce roman est parfait.

César Alcala en prison : « Le temps s’écoulait de façon étrange, comme s’il n’existait pas. Tout était continuité, le même instant sans cesse répété. Les mêmes routines, les mêmes gestes, le même épuisement. A son insu, ou sans pouvoir s’y opposer, l’espoir d’Alcala s’estompait, comme celui de tous les hommes qui vivaient entre ces murs. Peu à peu, il oubliait le passé, sa vie antérieure, les odeurs de la réalité. Seuls ces mots qui lui parvenaient de temps en temps semblaient le ranimer, telle une goutte d’eau tombant sur une terre assoiffée. Mais cet effet vivifiant durait peu, et l’inspecteur replongeait dans sa léthargie habituelle. »

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