Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 18:31

C’est la guerre 14 – 18. Dans les tranchées, la 17ème compagnie d’infanterie a été rebaptisée les « Folies Bergère ». Là-bas, comme ailleurs, les hommes tentent de vivre avec la mort, avec les morts qui jonchent le sol tout autour d’eux. Certains ne cessent de penser à leur femme, d’autres s’inventent des noms de mets délicieux pour qualifier la bouillie qu’ils sont obligés d’avaler, d’autres encore dessinent pour enregistrer l’horreur qui n’en épargne aucun. Aucun ou presque… Rubinstein a été fusillé mais, ô miracle, il ne meurt pas, il ne garde que des cicatrices là où la balle a troué sa peau. Peu de temps après, on distingue, sur le champ de bataille entre Français et Allemands, une fillette… une fillette qui cherche son papa qui n’est autre que Rubinstein.

Bon sang, quelle claque ! Cette BD est un concentré du pire, tout ce que la guerre a produit de plus sombre, de plus noir. Même si le dessin est réaliste, il est, la pour la majorité des planches, aussi noir et torturé que l’intrigue. Du sépia, du noir et du blanc et quelques touches de couleurs presqu’incongrues .Toutes les peurs sont représentées, celle qui fait que le soldat se pisse dessus, la peur du monstre, la peur du diable… et cette peur omniprésente de mourir dans un endroit où la vie ne vaut pas tripette…  L’horreur côtoie le beau : loin des tranchées, Claude Monet en personne peint ses nénuphars alors qu’un petit garçon s’obstine à lui rappeler qu’il a oublié de peindre les grenouilles…

C’est un album aux allures cauchemardesques qui déménage, qu’on n’oublie pas, et qui, en dénonçant les horreurs de la guerre propose une réflexion bien plus large sur la brièveté de la vie. A lire donc, absolument.

Noukette rend joliment justice aux deux auteurs dans son billet.

 

»   19/20   »

Partager cet article
Repost0
7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 20:52

Bartle, un Américain de 21 ans, s’est porté volontaire pour aller représenter son pays en Irak et combattre l’ennemi en 2004. Là-bas, il se lie d’amitié avec Murphy âgé de 18 ans seulement. Bartle a fait la promesse un peu stupide de ramener son copain à sa mère, vivant. Bien sûr, Murphy va se faire tuer. Bartle va rentrer au pays, tenter de vivre avec ses affreux souvenirs et réparer la « faute » commise en Irak.

C’est un roman sur la guerre et qui, en gros, dénonce les horreurs de la guerre et plus précisément les désastres psychologiques qu’elle entraîne (petit exemple : Bartle, même en civil, aura longtemps le réflexe de serrer un fusil –imaginaire- dans ses mains). Comment dire… en pacifiste convaincue, je savais tout ça et je n’avais pas besoin d’une démonstration en 248 pages avec force de descriptions de corps disloqués, de soldats qui se font pipi dessus parce qu’ils crèvent de trouille, de tympans perforés à cause du bruit des tirs, d’innocents tués. Très américain.

L’alternance des chapitres est intéressante : tantôt le lecteur se trouve en Irak dans le feu de l’action, tantôt il accompagne Bartle, quelques mois plus tard, dans le Richmond. Les chapitres consacrés à « l’après » m’ont paru justes et plus pertinents, empreints d’un certain lyrisme, d’une belle poésie, ils racontent aussi la rencontre entre Bartle et la mère de Murphy.

Si je reprends les critiques de la quatrième de couverture, oui c’est « dévastateur », oui c’est « envoûtant », oui, c’est « puissant et émouvant » mais pour moi, ce livre pêche par son inutilité. Sauf si un éventuel lecteur pense encore que la guerre, c’est sympatoche…

Je vais me faire allumer par tous mes amis blogueurs adorateurs de ce roman (est-ce d’ailleurs un « roman » puisque l’auteur a participé lui-même la guerre d’Irak ?) sauf peut-être Saxaoul qui semble de mon avis.

Dans le Richmond, Bartle devient fou : « De vilaines corneilles croassaient, perchées sur la ligne électrique qu’elles ornaient de leur plumage noir, et leurs cris me rappelèrent les sifflements des obus de mortier au-dessus de ma tête, et là, dans mon jardin, je me mis en position de sécurité avant l’impact. Allez, bande d’enculés, me dis-je, vous m’avez finalement eu ; mais les volatiles s’envolèrent et je repris mes esprits jetant un œil par-dessus mon épaule, et apercevant ma mère qui me souriait par la fenêtre de la cuisine. » (pauvres mères de soldats d’ailleurs, pauvres mères !!!)

 

Encore une preuve que la-guerre-c’est-trop-moche : « … non pas que j’envisageais de me jeter de ce pont, mais je voulais m’endormir pour toujours car il n’y avait aucune excuse pour tuer des femmes, ou même regardes des femmes se faire tuer, ou tuer des hommes pour les mêmes raisons, leur tirer dans le dos, leur tirer dessus plus de fois que nécessaire afin de s’assurer de les avoir vraiment tués ; c’était comme si tu cherchais à tuer tout ce que tu voyais parfois parce que ton âme était rongée par l’acide, puis elle s’envolait. »

Partager cet article
Repost0
4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 10:09

            Ceci est le premier tome de cela.

Journaliste pour Le Monde, Guillaume Long est aussi un passionné de cuisine, de nourriture, de bouffe, de ripaille, de gueuletons et de tout ce qui va avec : il se prend d’amour pour les ustensiles de cuisine (oui, d’ « amour » !), il aime le bon vin et il s’efforce de dénicher les meilleurs restaurants.

L’album se découpe en quatre chapitres qui correspondent aux quatre saisons. Comme pour le tome 2, c’est très dense, que ce soit pour les recettes, les anecdotes, les histoires autour d’un légume ou d’un poisson, les récits de voyage, Guillaume Long en fait beaucoup, essaye d’être exhaustif à sa manière (les 16 tomates qu’il a « déjà goûtées » sont toutes dessinées), dessine et griffonne partout sur la planche. Il en faut du temps pour lire tout ça ! Mais j’avoue que j’y ai pris beaucoup de plaisir, l’humour et l’autodérision aidant beaucoup.

J’ai même appris des trucs, plus ou moins fiables d’ailleurs : pour fariner un poisson grillé, mettre de la farine dans un sac plastique, saler et poivrer le poisson avant de le mettre dans le sac, de fermer ledit sac et de le secouer vigoureusement… (encore faut-il trouver un sachet archi propre et sans trou, mais bon…). Une recette d’aubergine au four m’a beaucoup intéressée (l’aubergine est coupée en deux, quadrillée à l’aide d’un couteau et les fentes sont comblées de gousses d’ail ou d’herbes en tout genre – sel, poivre, filet d’huile d’olive et « hop ! au four dans un plat pendant bien 25 minutes, thermostat 6-7 ou 200°C »). A retenir, les tartines de comté au curry pour l’apéro ou encore le multi usage que fait Guillaume des artichauts en boîte (que je n’ai jamais achetés de ma vie !).

Guillaume Long nous emmène aussi en voyage : à Venise et à Budapest où j’aimerais bien mettre les pieds un jour pour découvrir une cuisine apparemment riche et goûteuse. Certaines planches sont plus soporifiques : à moins d’être archi nul en cuisine ou d’avoir 11 ans, la planche consacrées aux « quelques ustensiles utiles pour la cuisine » m’a justement paru bien inutile…

J’ai cependant été plus convaincue par ce tome que par le second, peut-être avais-je besoin de légèreté ou peut-être que la recette originale est bien meilleure que la revisitée ? M’enfin, goûtez-y vous-même, ça ne mange pas de pain !

 

»   17/20   »

Partager cet article
Repost0
1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 15:00

             De tous les romans lauréats du Prix Goncourt, j’en ai lu peu et j’ai souvent été déçue. J’avoue m’être presque fait un principe de ne plus les lire. Pourtant, j’ai dérogé à ma propre règle et j’ai bien fait !

            C’est la fin de la guerre 14-18. Sur un champ de bataille, trois hommes complètement différents vont être réunis par cette Grande Guerre. Albert Maillard tout d’abord qui, parce qu’il a surpris la cruelle stratégie de son chef, Henri Pradelle, va se retrouver prisonnier de la terre, enseveli vivant suite à l’explosion d’un obus. Henri, lui, veut profiter de cette fin de boucherie pour redorer son blason : il n’hésite pas à tirer sur des camarades pour arriver à ses fins. Mais Albert a tout vu, c’est ainsi qu’il se verra jeter dans un trou d’obus par Pradelle. Et c’est dans ce même trou d’obus qu’il voit la mort de très près, recouvert par quelque cinquante centimètres de terre, incapable de bouger. Si Albert est la victime, Henri un sombre bourreau, Edouard Péricourt tient, lui, le rôle de héros. Malgré une jambe en bouillie et un visage qui n’a plus rien d’humain, il a senti la présence d’un être vivant, là, sous la terre, et il creuse, il creuse sans s’arrêter et finit par extirper le corps, indemne, d’Albert.

            Bien sûr, Albert se sent redevable. A l’hôpital du camp, il ne quitte plus son sauveur d’une semelle et tente de surmonter la répugnance qu’il éprouve à le voir : le visage d’Edouard n’est plus qu’une plaie béante, la mâchoire inférieure a disparu… ce n’est qu’une dose importante de morphine qui l’empêche de gémir et de hurler. Face à ce désastre et alors que la guerre est finie, Edouard va demander à Albert de le faire passer pour mort. Albert, veule et malheureux, accepte tout. Il réussit à voler les papiers d’un soldat mort et envoie à la famille d’Edouard une lettre expliquant les circonstances de la mort d’Edouard.

N’en dévoilons pas trop. A Paris, on retrouve la famille Péricourt : Madeleine, la sœur du pseudo défunt qui s’éprend de Pradelle et le père, Marcel, qui, sachant son fils mort, commence enfin à l’aimer et à s’intéresser à lui… Le roman est dense, fait de retournements de situation et empli de personnages parfaitement portraiturés, il relate à la fois la petite histoire tragique de la famille Péricourt et une partie de la grande Histoire, le retour des Gueules Cassées à la vie civile. Tout le long de ma lecture, j’ai pensé à Zola qui, lui aussi, peignait une famille à la lumière d’un événement historique. L’intrigue passionnante fait passer le lecteur par divers sentiments. La haine de la guerre et de ses atrocités. La pitié pour les soldats « cassés ». La tendresse pour  Edouard qui utilise des masques loufoques pour cacher sa laideur mais aussi pour sa jeune compagne, Louise, qui devrait devenir l’héroïne du prochain roman de Lemaitre. L’indignation, la colère face au besoin de s’enrichir de Pradelle : les cercueils les plus courts sont les moins chers, les soldats se font donc inhumer dans des cercueils d’1m30, la confusion entre les noms des morts et leur tombe rend l’identification impossible…

Bref, un bien beau roman … et j’en fais un COUP DE CŒUR !

 

            Madeleine n’est pas belle mais très lucide : « Avant-guerre, elle les avait démasqués de loin, les petits ambitieux qui la trouvaient banale vue de face, mais très jolie vu de dot. »

            Son père, M. Péricourt, se rend compte qu’il n’a jamais su aimer : « Le gardien du cimetière avait perdu son bras droit. En le croisant, M. Péricourt pensa : Moi, je suis un invalide du cœur. »

           Albert est un lâche qui manque de caractère, on l’a déjà dit. Dans son parcours chaotique, c’est la voix de sa mère qu’il entend le sermonner et qui ne l’encourage pourtant pas à s’endurcir … Lorsqu’il observe la jeune Louise : On aurait dit un petit insecte sortant de sa chrysalide, de plus en plus joli. Albert, parfois, la regardait en cachette et lui trouvait une grâce émouvante qui lui donnait envie de pleurer. Mme Maillard disait : « Si on le laissait faire, Albert passerait son temps à pleurer ; j’aurais pu avoir une fille, ç’aurait été pareil. »

 

            Une dernière citation qui nous ferait presque aimer les rides : « Lorsqu’il prendrait de l’âge, comment le verrait-on ? La béance occupait presque tout l’espace destiné aux rides, ne restait que le front. Edouard s’amusa à l’ide que les rides qui ne trouveraient pas leur place sur les joues absentes, autour des lèvres absentes, émigreraient toutes vers le front à la manière de ces rivières détournées qui cherchent une issue et prennent le premier chemin s’offrant à elles. Vieux, il serait un front labouré comme un terrain de manœuvres au-dessus d’une béance carmin. »

Partager cet article
Repost0
29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 23:00

Hum… me voilà bien embêtée. Je cherchais à tous prix un livre audio court… et c’est comme les ados qui veulent absolument lire le roman le moins long possible, ce n’est pas une réussite.

Rock Bailey est un très beau mec de 19 ans qui s’est fait la promesse de rester vierge jusqu’à ses vingt ans. Le pari est audacieux car le type a un corps de rêve et des occasions de conclure avec des bombes plus qu’il n’en faut. Pour couronner le tout, Rocky se fait enlever pour se retrouver enfermé dans une chambre d’hôpital avec une très belle jeune fille qui veut faire l’amour avec lui.

En réalité, le Dr Schutz fabrique des beaux, il ne veut que des êtres humains de qualité supérieure, ce qui explique le titre de ce très court roman. Rocky enquête avec quelques copains et il côtoie les créations forcément sublimes du Dr Schutz. Pastiche, satire, humour au 2è, 3è degré… tous ces bons ingrédients que, d’habitude, j’aime beaucoup et auxquels je n’ai pas du tout été sensible ici.

A vrai dire, je me suis terriblement ennuyée et je crois que le support audio y est pour quelque chose. La voix de Denis Podalydès convient très bien à cet auteur déjanté et à ce polar si proche de la science-fiction mais il mâche ces mots et j’ai passé 4h20 à tendre l’oreille. Je n’ai pas accroché et j’ai même l’impression d’avoir déjà tout oublié. Tant pis !

 

Un petit extrait pour me faire pardonner : « Prendre un coup de tête ce n'est rien. Être drogué deux fois de suite dans la même soirée, ce n'est pas trop pénible... Mais sortir prendre l'air et se retrouver dans une chambre inconnue, avec une femme, tous les deux dans le costume d'Adam et Ève, ça commence à être un peu fort. Quand à ce qui m'est arrivé ensuite... »

Partager cet article
Repost0
26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 18:35

« La bonne étoile»

Mamette me manquait, je dois bien l’avouer, et il me tardait de retrouver la petite fille que je préfère à l’espiègle mamie…

Mamette a deux prétendants : Jacques pour qui elle a le béguin, et Jeannot qui, sous prétexte de lui avoir offert une bague, l’appelle déjà sa « fianfée ». Les deux l’agacent parce qu’ils ont la bonne idée d’en venir aux mains pour se départager la jolie brunette.

Mamette revoit aussi son papa qu’elle pense définitivement de retour. Leur relation ne peut que toucher le lecteur : entre tendresse et retrouvailles, les deux apprennent tout simplement à se connaître. N’oublions pas que nous sommes à la campagne de notre enfance, que les hivers y sont rudes et enneigés, qu’il faut tuer le gros cochon de village pour fêter dignement Noël (et la généreuse Mamette prend les deux porcelets sous son aile, les emmène même dans son lit), qu’il faut trouver un sapin à abattre (et bien sûr, notre petit héroïne ne peut se résoudre à couper un arbre qui « aimerait vivre longtemps ») que le lac qui semble gelé peut être dangereux, d’ailleurs Mamette en fait les frais et manque d’y laisser la vie.

Malgré toutes ces péripéties, l’univers de Mamette, tant en ce qui concerne les dessins que le scénario est, comme pour les tomes précédents, doux, rond, coloré, innocent, appétissant et attendrissant. Je n’avais plus l’avantage de la surprise d’où la note légèrement plus basse que celle du tome 2. Question cruciale : existe-t-il un tome 4 ? non, je ne crois pas !

 

»   17/20   »

Partager cet article
Repost0
23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 14:22

Alex ne jure que par cet auteur et moi, quand ça me titille, je ne résiste pas longtemps !

            Madison, à 11 ans, se fait kidnapper. Malgré des recherches longues et poussées, famille, proches, enquêteurs et policier n’ont aucune piste. Et les jours passent. La mère de la fillette se morfond dans un désespoir sans issue. Pour ne pas perdre le lien avec sa fille adorée, elle lui écrit des lettres, dans sa maison basque proche de l’océan. Madison, quant à elle, écrit aussi. Elle a obtenu, après maintes supplications, un cahier de son ravisseur qui se fait appeler Raphaël. Celui-ci la séquestre dans la cave de sa maison. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, il ne lui fait aucun mal, il veut juste la garder pour elle, ne pas la laisser sortir, il veut qu’elle apprenne à l’aimer et qu’elle l’accompagne dans sa triste vie. Il y a Stanislas aussi, celui qui donnait des cours de tennis à Madison et dont elle était follement amoureuse comme on peut l’être à 11 ans. A 21 ans, le jeune homme a le coup de foudre pour Louison qui le mènera par le bout du nez.

            Ces trois voix se font entendre en alternance, chaque personnage étant enfermé dans sa prison. Quand on comprend que le ravisseur de Madison est foncièrement un « gentil » cinglé, le suspense prend de l’ampleur, on se demande si elle va pouvoir sortir, l’amadouer, le convaincre de la libérer. Ce qui est également intéressant, c’est l’évolution de Madison. A 11 ans, elle n’est encore qu’une petite fille, celle qui s’est fait embarquer « le-jour-de-la-Volvo noire », innocente, insouciante, gaie, fantasque. Quelques années plus tard, elle a mûri, elle a beaucoup lu (son geôlier a bien voulu lui permettre de lire la totalité de sa bibliothèque), elle s’est forgée sa propre opinion, loin des bobards de son ravisseur. Son langage s’est enrichi et elle sait ce qu’elle veut.

            J’ai beaucoup aimé ce roman, beaucoup, beaucoup. Surfant sur un thème plutôt aguicheur, l’auteur ne cède pas à la facilité du cliché. Le ravisseur n’est pas un violeur et Madison ne finit pas par s’attacher terriblement à lui. La vie, même en captivité, suit son cours. La vie des parents de Madison, malgré leurs terribles souffrances, continue elle aussi. Les chapitres consacrés à Stanislas m’ont d’abord laissée sceptique, le lien avec la jeune fille était mince et je n’en voyais pas le rapport avec ses histoires de fesses et de cœur, et pourtant Stanislas joue un rôle primordial dans toute l’histoire.

L’écriture fluide et simple m’a cependant surprise par ses métaphores et son langage juste ce qu’il faut de familier. Au final, j’ai été conquise et passionnée par ce roman !

L’espoir d’une mère : « Quelquefois, il suffit de regarder les choses en face pour qu'elles commencent à exister. Quelquefois, ce qui semble impossible est à portée de main. Alors ton retour, ma grande : je le regarde en face. Aujourd'hui, j'ai décidé de croire aux miracles. »

 « Rien n’est plus lâche au fond que d’être malheureux. »

 

« Un couple est une association à bénéfice réciproque. »

Partager cet article
Repost0
20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 23:42

Eh non, je n’ai jamais lu Spirou, allez, j’en ai peut-être feuilleté un il y a des siècles, mais j’avais envie de m’enfoncer dans l’univers de cet auteur.

Maki est un petit lémurien qu’on force à aller en colo. Il pense avoir trouvé la solution pour y réchapper, il fugue ! Oui, mais quand on se cache sous le lit de sa propre chambre, on se fait vite démasquer. Pourtant, le petit lémurien avait bien raison de ne pas vouloir aller en colo. Entre les trois racailles qui menacent de le tuer, le mono superpacifiste parce qu’il a été battu dans son enfance, l’autre mono qui escroque les gamins et leur fait du chantage pour avoir la paix, les vacances ressemblent tout sauf à des vacances ! C’est sans compter un directeur absent qui ne dépense pas l’argent des parents pour pratiquer rafting ou équitation mais qui en profite pour s’envoyer en l’air avec une poule de luxe. Heureusement, Maki rencontre Alice, une magnifique jeune fille qui s’est pris d’affection pour lui… hélas ! pour de mauvaises raisons : elle « pratique » comme la mère de Maki, c’est-à-dire qu’elle fait partie de la même secte qui répète à tout bout de champ : « Nam Myo ho Rengé Kyo ».

C’est drôle, c’est frais, c’est bien trouvé et après la lecture, on se dit qu’il ne faut surtout jamais envoyer ses enfants en colonie de vacances… Les dessins m’ont d’abord un peu effrayée, les personnages animaliers sont tous relativement laids et terrifiants mais on s’habitue très vite et on s’attache à ces drôles d’êtres. Fabrice Tarrin s’est inspiré de son enfance, et c’est peut-être cette petite touche de vécu qui fait tout le charme de l’album. Je note encore une fois généreusement… J

 

18/20   »

Partager cet article
Repost0
17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 12:32

   

        En lecture (en lecture, je précise !), il m’arrive d’être très disciplinée. Je vous disais que j’allais déguster les romans de Chalandon dans l’ordre des plats, la mise en bouche (délicieuse !) fut Le Petit Bonzi, vint ensuite l’apéritif avec Une promesseet je vous présente aujourd’hui l’entrée, Mon traître.

            Antoine est un luthier français qui s’est pris d’amour pour l’Irlande du Nord. Au détour d’un pub, il s’est aussi pris d’amitié pour un homme plus âgé que lui, Tyrone Meehan. Cet homme franc, rustre, membre actif de l’IRA, sera un ami mais aussi un père, un confident, un frère. Chaque voyage permet à Antoine de connaître un peu plus ce pays fascinant, les habitudes de ses habitants, l’IRA qui tue, qui sauve, qui brise des vies et des familles, où Antoine s’engagera même ponctuellement. C’est surtout à travers Tyrone qu’Antoine avance dans sa connaissance du pays, tel un mentor ou un père spirituel, il va lui apprendre à admirer un lac, à écouter le silence de la nature, à porter la casquette large à chevrons noirs, typique des Irlandais du Nord. Et puis, des années plus tard, alors que Tyrone est un vieillard, on découvre l’ignoble vérité : il trahissait son peuple, ses camarades, sa famille, Antoine, depuis plus de deux décennies.

Le choix de l’Irlande a dû se faire naturellement pour Chalandon qui, en tant que journaliste pour Libération, s’y est rendu maintes fois pour faire des reportages. L’Irlande et ce contexte historique particulier occupent toute la place, il faut le savoir, et ça m’a donné envie d’en connaître plus. L’implication d’Antoine (il se dévoue corps et âmes à ce pays qui n’est pas le sien et quand il ne répare pas des violons, il est en Irlande) m’a paru un peu disproportionnée, l’admiration naïve pour Tyrone également, on aurait dit un gosse innocent, les yeux ronds et la bouche béante, face à un plus grand. Il n’en demeure pas moins que l’écriture de Chalandon nous transporte avec aisance et poésie au pays de la Guiness. Amitié, fidélité, franchise, questionnement sur soi (comme l’a dit l’auteur dans une interview : « Moi, je voulais que chacun voie le traître en soi ») sont les quelques thèmes forts du livre. Pour finir, la lecture fut intéressante et instructive mais c’est celle que j’ai le moins aimée jusqu’à maintenant.

Le roman a reçu tous ces prix (rassurez-moi, vous ne les connaissez pas tous non plus ?) :Prix Jean-Freustié, Prix Joseph Kessel, Prix Marguerite Puhl-Demange, Prix Simenon, Prix Gabrielle d'Estrées, Prix Lettres Frontière 2008. 

La manifestation pacifiste des nationalistes à Pâques 1977 : « Je pleurais. Je n’avais rien senti. Ni le brûlant d’avant les larmes, ni leur chemin sur mes joues, ni leur goût triste. Je regardais ces ombres maussades, ces vêtements boueux, ces cheveux confus, ces bouches orphelines, ces dos fatigués, ces yeux privés de ciel. Et je me suis mis à pleurer. J’en avais besoin. C’’était ma façon de les applaudir. J’ai passé ma manche de blouson sur mes yeux. »

 

Lorsqu’Antoine apprend la trahison de son ami : « Je n’ai pas dormi. J’ai regardé l’obscurité. Au milieu de la nuit, la neige est retombée e pluie. Un froid de ville, qui coule au carreau comme une trace sale. J’ai gardé mes chaussures, mon manteau, je n’ai même pas songé à ouvrir les draps. Le regard de Tyrone. Son bras sur mon épaule devant le lac noir. Son empreinte. Ses mots. J’avais mal de lui. La fièvre. Je sentais une eau mauvaise glacer mes reins, ma nuque, couler le long de la jambe qui pendait hors du lit. J’étais couché sur le dos, mains jointes sur la poitrine. Je ne pensais à rien. Je laissais entrer. J’étais porte ouverte. »

Partager cet article
Repost0
14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 20:31

J’avais découvert ces deux auteurs avec Comédie d’amour, qui, comme son nom l’indique, était un album léger, divertissant, drôle. Quand j’ai vu la couverture de L’espace d’un soir, j’étais sûre que le Colonel Moutarde en était le dessinateur.

Pendaison de crémaillère dans un bel appartement parisien. Marlène et Frank étalent le luxe de leurs biens, lui explique en long en large et en travers comment il a demandé sa belle en mariage, elle se montre très honnête avec ses copines : « Si j’ai droit à un beau caillou, il sera idéal comme premier mari. » On apprend très vite que Marlène couche avec son patron invité également à la soirée et propriétaire du bel appartement. Ce même patron reçoit un coup de fil anonyme : son fils (adulte) a été kidnappé et on exige une forte somme d’argent pour le retrouver vivant. En parallèle, on retrouve la fraîche et jolie Jade déjà rencontrée dans Comédie d’amour. Ici, elle flirte avec l’architecte de l’immeuble, Pierre. Il y a aussi les enfants de la sœur de Jade à coucher et à veiller. Il y a aussi l’épouse du richissime patron qui comprend bien le manège de son mari et de son fils… car en réalité, l’idée du coup de fil demandant rançon n’est qu’une arnaque ourdie par le fils pour voler son père !

Comme pour Comédie d’amour, le début donnerait presque envie de refermer la BD : des dialogues assez niais, des dessins simplistes aux traits géométriques (et les filles font toutes du 34 !), une intrigue qui peine un peu. Et cependant, on s’attache vite aux personnages,  les histoires individuelles prennent de la couleur, l’intrigue adopte une allure d’enquête policière, certains passages sont drôles et donc, encore une fois, j’ai aimé ! Ça ne mange pas de pain mais permet de passer un agréable moment !

 

»   15/20   »

Partager cet article
Repost0