J’avais déjà lu ce recueil de nouvelles, je m’en suis rapidement rendu compte (moi qui pensais n’avoir jamais lu Murakami !) mais l’écriture est telle que je me suis laissée embarquer sans aucun problème pour un second périple japonais. Le recueil contient six nouvelles :
- « Un ovni a atterri à Kushiro » est la nouvelle qui m’a sans doute le plus marquée. Komura, un homme beau, séduisant se retrouve seul. Sa femme l’a quitté après avoir regardé des jours entiers les images des dégâts du tremblement de terre à la télé. Un peu chagriné tout de même, il accepte une étrange mission : aller livrer un colis à l’autre bout du pays. Dans ce colis, se trouve « son intérieur ». Komura est désormais vide, sans « contenu ».
- Dans « Paysage avec fer », c’est une discussion autour d’un feu qui réunit Junko, une jeune fille et Miyake, un quarantenaire solitaire. Là encore il est question de la substantifique moelle de la vie. Comme une évidence, une banalité, Junko se rend compte qu’elle pourrait mourir avec Miyake, là, maintenant. « Je ne pourrais sans doute pas vivre avec lui, songea Junko. Parce que je ne crois pas que je pourrais pénétrer dans son cœur. Mais mourir avec lui, ça, je peux peut-être le faire ».
- « Tous les enfants de Dieu savent danser » se place encore une fois du côté du spirituel. Yoshiya est un jeune homme sans père. Sa mère lui a juste dit qu’à son géniteur, il manquait un lobe d’oreille. Devenu adulte, le jeune homme croise dans le métro un homme de quarante-cinq ans environ à qui il manque un lobe d’oreille. Il se met en tête de le suivre, se demandant petit à petit ce que ça peut lui apporter, et se retrouve seul sur un terrain de base-ball.
- « Thaïlande » : une femme médecin se rend seule en vacances. Elle se laisse guider par Nimit, son chauffeur qui, sachant qu’elle aime nager, la conduit tous les jours à une immense piscine. Cette image s’est gravée en moi. Elle nage des heures durant dans cette grande étendue d’eau avec le ciel bleu sur sa tête. Avant de se plonger dans son passé et de tenter de tuer les démons qui la hantent.
- « Crapaudin sauve Tokyo » contient une part de fantastique. Crapaudin, comme son nom l’indique, est un immense batracien qui vient parler, un soir, à Katagiri, un employé de banque ordinaire. La demande du crapaud n’est pas banale : il s’agit de l’aider à combattre Lelombric, un monstre vivant sous le bâtiment de la banque. « Le tremblement de terre de Kobe le mois dernier l’a brutalement réveillé du sommeil profond et confortable où il était plongé. Sa rage lui a inspiré une sorte de révélation : il a décidé que son tour était venu de provoquer un tremblement de terre sur Tokyo, un énorme tremblement de terre.»
- Dans « Galette au miel », il est question de couple mais aussi de chance à saisir au moment opportun.
C’est le tremblement de terre dévastateur qui constitue le fil directeur de ce recueil, il est parfois omniprésent, et pour d’autres nouvelles, n’est qu’une toile de fond lointaine. Le style est simple mais accrocheur. Le texte amène le lecteur à réfléchir, le dénouement reste souvent ouvert, les personnages ne sont pas enfermés dans un carcan mais susceptibles de mener leur vie comme bon leur semble. Une jolie note d’optimisme qui relativise les soucis minuscules du quotidien.
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