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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 14:27

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Coraline  a été élu livre préféré par les élèves de mon collège. Je comprends maintenant pourquoi il a tant plu. Frissons, suspense et épouvante sont au rendez-vous et on sait bien que nos jeunes gens aiment se faire peur.


Coraline est une petite fille relativement ordinaire : elle aime les frites, n’aime pas les recettes trop cuisinées de son père, a deux parents très occupés  et surtout adore explorer tout ce qu’elle ne connaît pas.

Elle est comblée avec la maison dans laquelle ses parents et elle viennent d’emménager, « très vieille […] avec un grenier sous le toit, une cave en sous-sol et un jardin à l’abandon plein d’arbres très grands et très vieux. » Elle part à l’aventure mais ne trouve rien de très intéressant jusqu’au jour où… elle découvre une porte condamnée dans le salon. Parvenant à l’ouvrir grâce à une petite clé noire subtilisée à ses parents, elle pénètre dans un endroit très étonnant puisqu’il s’agit d’une copie de son propre appartement : « Sous ses pieds, le tapis était le même que chez elle. Le papier peint était identique. Le tableau accroché au mur avait son exacte contrepartie dans le couloir de son appartement. » La surprise est encore plus grande lorsque Coraline aperçoit sa mère, ou plutôt une personne qui lui ressemble beaucoup « sauf qu’elle avait la peau blanche comme un ligne. Sauf qu’elle était plus grande et plus mince. Sauf que ses doigts étaient trop longs, qu’ils n’arrêtaient pas de bouger, et que ses ongles rouge sombre étaient pointus et recourbés. » Les yeux sont des boutons noirs et luisants. Son « autre père » est aussi une copie difforme du vrai. Il semble tous les deux tenir à ce que Coraline reste avec eux. Elle se méfie tout en trouvant cela relativement intéressant. L’héritage de Lewis Carroll est incontestable quand apparaît ce formidable chat noir qui parle. Lui aussi a le pouvoir de disparaître et de réapparaître quand bon lui semble et comme le chat d’Alice au pays des merveilles, il se montre égocentrique et sarcastique.

Coraline revient dans son monde familier mais un problème l’inquiète : ses parents sont absents : un jour, une nuit, une journée encore. Que peut-elle faire ? Elle rejoint « l’autre mère » en cachant sa peur de son mieux. Les personnages et endroits rencontrés se font de plus en plus étranges et inquiétants, l’autre mère mange des cafards, ne se reflète pas dans la glace, traverse les miroirs et accepte le défi que lui lance la jeune fille : Coraline sera libre et retrouvera ses parents si elle réussit à trouver l’âme des enfants emprisonnés par la mégère. Commence alors une quête essoufflée et dangereuse ; c’est grâce à un caillou percé que Coraline retrouve trois billes symbolisant l’âme des trois enfants séquestrés. C’est grâce à son courage et à la ruse qu’elle se sortira des situations les plus épouvantables. La mégère perd petit à petit son pouvoir, l’univers qu’elle a créé de toutes pièces s’effondre et Coraline rentre chez elle, triomphante. Elle retrouve ses parents qui, bien sûr, n’ont pas remarqué qu’ils avaient perdu deux jours de leur existence. Elle engage une dernière bataille contre la mégère et parvient à l’enfermer dans un puits (encore un écho au texte de Carroll).

Un des nombreux passages qui fait frissonner :

« Elle enfonça la main dans la blancheur visqueuse de la chose sur le mur. Il y eut un crépitement, comme le bruit d’un minuscule feu. La substance adhéra à sa peau et à sa manche comme une toile d’araignée ou une barbe à papa. Elle tendit le bras vers le haut et entra en contact avec une main froide qui, s’aperçut-elle, tenait au creux de sa paume une autre bille de verre. La peau de la créature était glissante, comme enduite de gelée ».

J’avoue tout, j’ai lu le livre d’une traite un soir d’orage, seule dans une grande maison… et j’en ai eu la chair de poule. C’est un roman très efficace qui nous embarque rapidement dans un univers fantastique proche du conte. Je n’ai qu’une seule envie : lire autre chose de ce fameux Neil Gaiman !

 

 

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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 08:38

Certains sont déjà partis, d'autres pas encore, certains ne partiront pas, d'autres ne rentreront pas de si tôt...

 

 

Le blog Doucettement fait une pause d'une durée indéterminée.

 

 

BONNES VACANCES à vous tous !

 

 

 

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 16:14

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J’ai démarré ma lecture avec un a priori relativement négatif. J’avais rencontré Joseph Joffo lors d’un salon du livre, il m’a presque forcée à acheter ses bouquins en s’en vantant de manière outrancière. Gardant un souvenir ému d’un Sac de billes (qui ne l’a pas lu ?), je me suis résignée à attaquer ce roman-ci. Plutôt qu’un roman, je dirais qu’il s’agit d’un ensemble de nouvelles, de contes et de fables.

Liza, personnage d’un tableau, parle à l’auteur/narrateur. Elle a vécu de multiples vies et lui explique que « l’amour est à la portée de tous » ; elle illustre son propos par divers exemples qui constituent le livre lui-même. La plupart des textes sont des contes ou des fables :

-          Le dialogue de sourd entre une pie voleuse et un grand duc.

-          La princesse qui trouve l’amour par hasard.

-          Le rouge-gorge qui, à l’image de Jésus, se fait houspiller par les siens parce qu’il prône la paix et sème la bonne parole.

-          La conversation entre le point et la virgule, toujours en rivalité.

-          Le récit d’un musicien savant et fou à la recherche de la « huitième note » qu’il trouvera dans le battement de cœur de sa bien-aimée. « Quelle jolie musique que celle du cœur d’une femme amoureuse ».

-          Le complexe vite oublié d’un homme par rapport à son frère jumeau « parfait ».

-          Le prince d’une galaxie, qui, trop gâté, finit par voir disparaître son père métamorphosé en statue de chocolat.

-          Des jeux de mots autour de la notion « être con ou ne pas être con » (qui a un sacré arrière-goût d’un sketch de Raymond Devos.)

-          Des réflexions sur le choix entre polygamie et monogamie.

 

Une grande variété donc, de genre, de thème mais aussi de qualité. J’ai apprécié les textes en général, de petites histoires plaisantes parfois édifiantes, mais le lien que Joffo fait entre ces textes m’a paru très artificiel. Cette Liza conteuse qui sort du tableau (on devine facilement de qui il s’agit quand on l’associe au titre) a un rôle de sage ou de sainte, et on ne sait pas trop pourquoi. Personnellement, je n’ai pas compris ce choix et ça m’a gênée.

 

        Les contes revêtent un parfum oriental tout à fait agréable et prennent une dimension populaire (sans que cela soit péjoratif). L’héritage de La Fontaine plane sur quelques pages :

« -C’est sûr, ses excès de langage, son verbiage risquent de semer la perturbation dans la population ! avait déclaré le faucon.

  -Absolument, avait surenchéri la buse, qui était pourtant dans l’opposition. Celui-ci va bientôt nous faire une révolution… Qui peut dire où cela risque de nous entraîner ?

-Que peut donc vouloir cet oiseau de malheur ? avait ajouté le vautour qui, comme toujours, parlait sans détour. »

           Même s’il manque un peu d’originalité, le livre aurait pu me plaire pour de bon si Joffo avait fait dans la simplicité.

         Je termine par cette affirmation terrible que j’aimerais pouvoir vérifier : Les juifs pieux disent chaque matin dans leurs prières : « Merci mon Dieu de ne pas m’avoir fait femme »     !

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 17:05

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On continue à voyager. Faute de pouvoir y aller pour de vrai, je me suis engouffrée dans l’univers québécois. La littérature, ça sert à ça aussi finalement : s’évader tout en restant chez soi à déballer des cartons (oui, nouvelle maison mais sans connexion internet, pour l’instant !).
Je vous livre la quatrième de couv’ : « Installé au cœur de Québec, un écrivain public mène une existence heureuse en compagnie de son amie Kim. Un jour, il reçoit la visite d’un homme âgé, d’allure étrange, qui lui demande d’écrire une lettre à sa femme avant de disparaître mystérieusement. Jack ressent le besoin de retrouver sa trace et commence une filature discrète dans les rues de la Vieille Capitale. Au terme de sa quête, sa vie prend une direction à laquelle il ne s’attendait plus. »

Si vous connaissez un minimum ce blog, vous saurez que si je m’en tiens au résumé du dos du livre, c’est que le bouquin ne m’a pas emballée plus que ça. C’est le cas ici. J’ai aimé découvrir le métier d’écrivain public, la présence quasi constante des chats, j’ai aimé les descriptions de Québec et aussi les références à certains auteurs que je goûte régulièrement (Sepulveda, Irving, Hemingway) mais j’ai trouvé que les personnages manquaient parfois de profondeur voire de cohérence. Le protagoniste est souvent « énervé », on ne sait pas toujours bien pourquoi ; la relation qui le lie avec son amie Kim est plutôt incertaine et l’atmosphère brumeuse qui règne dans le roman devient gênante au bout d’un moment. Je me suis demandée ce que cherchait à dire l’auteur.

Malgré tout, cette brume persistante doublée d’une belle sobriété a parfois son charme et n’est pas sans rappeler le spleen baudelairien. Disons que c’est un livre qu’on n’oublie pas de sitôt.

          Ecrivain intimiste, Jacques Poulin est un « grand » puisqu’il a reçu le prix Athanase-David, la plus haute distinction accordée par le gouvernement du Québec à un artiste pour l'ensemble de son œuvre.

 

Je ne peux résister à l’envie de vérifier la splendeur québécoise :

 le Vieux Québec

 

le lac Sans Fond         (http://www.visoterra.com/voyage-alpes-et-jura-et-autres/le-lac-sans-fond.html )

 

 

 et encore le Vieux Québec ...

 

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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 07:46

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« Les plaines de Mars. Couleur : rouge sang. A l’horizon, les premiers feux du soleil achèvent de mettre l’aube en lambeaux. Notre vaisseau file au-dessus du désert, loin du Bunker, loin du cratère, loin du lac Noir et de la pyramide. Notre paradis n’est plus qu’un souvenir. »

L’incipit donne le ton. Un ton qui ne me seyait guère. Je n’aime pas la science-fiction, mais ce manque d’intérêt est à prendre avec des pincettes : je n’ai pas lu grand-chose en la matière et ce que j’ai lu m’a, il est vrai, peu tentée de renouveler l’expérience.

            Projet oXatan est un roman de littérature de jeunesse qui se présente sous forme de journal. Arthur nous raconte ses journées. Journées un peu particulières puisque lui et ses trois compagnons, Phyllis, Jester et Diana, vivent dans un endroit isolé, dans un cratère sur la planète Mars. Il leur est interdit de sortir de leur maison (le « Bunker ») seuls. Et cette maison est cernée d’un marécage infesté d’alligators. Le contexte se veut déjà inquiétant et ça ne s’arrange pas lorsqu’on apprend le pourquoi du comment de leur venue sur Mars. Les quatre jeunes sont pris en charge par une sorte de gouvernante, Mademoiselle Grâce, mystérieuse et froide, qui leur a raconté qu’ils ont perdu leurs parents respectifs vers l’âge de trois ans et qu’elle a eu l’immense bonté de les recueillir et de les éloigner de la Terre, planète en danger puisque hyper polluée (et voilà le genre d’élément que je n’apprécie pas dans la SF).

Les jeunes se sentent prisonniers, ils ont bien la possibilité de surfer et de voyager virtuellement sur leur naviborg mais ils veulent découvrir l’extérieur dont MG leur interdit l’accès.

Après maintes péripéties, évasions, rencontres avec des ogres mais aussi avec un Terrien, explorations de la jungle qui entoure le marécage, nos héros découvrent qu’ils sont à l’origine d’un projet nommé oXatan : « Nom de code : projet oXatan. But : concevoir des enfants artificiels améliorés et en assurer le développement physique et intellectuel jusqu’à l’âge de trois ans, sans la moindre intervention humaine ».

Je n’ai pas lâché le livre, j’ai été subjuguée par la description des paysages (qui n’est pas sans rappeler celle du film Avatar), captivée par l’intrigue bien ficelée. Un vrai plaisir, ce bouquin ! J’avais déjà entendu beaucoup de bien de l’auteur, Fabrice Colin, qui signe ici son premier roman de science-fiction. De quoi me donner le goût de continuer sur le chemin futuriste de la SF.

Le roman est parfois étudié en 4ème, si certains lecteurs de ce blog veulent m’en dire plus, je suis toute ouïe ! (même si je n’ai pas eu de 4ème depuis fort longtemps).

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 13:27

limonade.jpg        Taguée par L’Irrégulière pour la première fois dans l’histoire de ce blog, je réponds avec plaisir à ces quelques questions ça me touche d’autant plus que mon accès à internet sera plus que limité à partir de demain (pour cause de déménagement !) et que ce tag me permet d’en profiter encore un peu Merci ;-)

 

Signe particulier ?

Comme je n’en ai aucune idée (pourtant, je cherche, je cherche je me tripote bien les cheveux de manière frénétique, ça compte ?), je vais vous dire à quoi me fait penser le mot « limonade ». Nous étions dans le Jura avec mon cher et tendre, ça doit bien faire dix ans maintenant. Jeunes et amoureux, nous gravissions des monts à vélo, il faisait chaud, c’était éreintant, on suait, on peinait, enfin, vous voyez le tableau. On arrive au sommet et on découvre une petite bicoque qui fait office de bar. On se commande au hasard une limonade (on n’en boit jamais pourtant !) et on tombe sur LA limonade. Fabrication artisanale (juste à côté) d’une douceur et d’une fraîcheur incomparable ! Elle valait bien tout l’or du monde à cet endroit-là, dans ce contexte-là. Je n’en bois plus du tout depuis, j’ai bien trop peur d’être déçue !

Mauvais souvenir ?

J’en ai plein, certains pas « racontables » du tout ici, mais je dirais que mon hospitalisation pour ma première grossesse fut un choc assez rude. Deux mois pour permettre à Timothée de grandir en toute quiétude (ce qu’il ne s’est pas privé de faire !). Sinon, pour le mauvais souvenir tout récent et rigolo, le dernier cours avec mes 3èmes à qui j’ai laissé un peu trop de liberté et qui se sont permis de faire la chenille dans la salle de classe ! L’horreur ! Mais je ne les reverrai plus ces gugusses-là null

Défauts ?

Bah, tellement ! Colérique (mais je me soigne), timide, un peu rustre même, j’ai du mal à flatter les gens juste pour leur faire plaisir ou pour obtenir quelque chose (oui, c’est une caractéristique bien utile dans l’Education nationale !)

 

Film bonne mine ?

J’ai la particularité (ah tiens ça correspond à la première question !) de ne jamais regarder un film deux fois. Je n’aime pas. Et je regarde de moins en moins de films, faute de temps. Par contre, pour lutter contre la morosité du soleil qui ne veut pas se pointer début juin, j’use et abuse des séries télé…

 

Souvenirs d'enfance ?

Mon premier voyage en avion, à 8 ans. Un émerveillement total. "On vit comme des rois" fut ma réponse à l'hôtesse de l'air qui m'apportait le plateau repas (c'est marrant, cette phrase-là ne me vient plus du tout à l'esprit quand je reçois ma collation aérienne...).

 

 

 

Mission accomplie ! Je me suis un peu dévoilée, si Lilibook, Alex ou encore Edelwe veulent maintenant s’y coller, la bouteille de limonade est ouverte, reste plus qu’à se servir ! Tchin tchin !

 

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 12:38

 

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Après Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates , un autre livre tendance. Je vais commencer par dire que j’ai adoré ! Dommage qu’il ne fasse que 243 pages, j’aurais bien continué les aventures des deux tourtereaux ! Tendresse, émotion, humour, dépaysement, tout y est pour me plaire ! L’écriture est originale et parvient vraiment à mêler humour, justesse de ton et romantisme.
           L'histoire se passe en Suède. Benny et Désirée se rencontrent au cimetière. Benny vient fleurir la tombe de ses parents, Désirée elle, se recueille sur celle de son mari parti trop tôt. Rien ne les prépare au choc qui va suivre, et loin de s’apprécier, les deux se jaugent de manière malveillante et méprisante. Désirée se moque de l’accoutrement de paysan du trentenaire et Benny est gêné par la pâleur et la fadeur de sa voisine de cimetière. Ils auraient donc aimé ne pas se trouver l’un à côté de l’autre
jusqu’à ... ce qu’un enfant les fasse sourire. « Lui aussi souriait. Et Impossible de décrire ce sourire-là sans plonger dans le monde merveilleux des vieux standards de bal-musette. Dedans, il y avait du soleil, des fraises des bois, des gazouillis d’oiseaux et des reflets sur un lac de montagne. » Mais ce couple atypique, la citadine cultivée et le paysan rustre, uni par une forte attirance physique et charnelle, aura du mal à tenir sur la longueur. « On va aussi bien ensemble que la merde et les pantalons verts, comme disait mon grand-père. »     

       Réflexions amusantes sur la vie de couple, sur les différences entre les deux hurluberlus (tout aussi têtus l’un que l’autre), sur les concessions qu’il faudrait faire sans qu’aucun ne cède pour autant. De l’humour on passe à quelque chose de plus profond et ça doit être le premier livre qui me fait éclater de rire et quelques pages plus loin, me donne des picotements dans  la gorge. « D’ailleurs, je n’ai jamais vraiment eu confiance en ces « mariages d’amour », ceux qui commencent lors d’un bal quand on se noie dans un décolleté. Ensuite, si le décolleté a l’âge et l’état civil qui conviennent, on poursuit avec les rituels d’accouplement habituels, du cinéma, des repas de famille, Ikea et vacances à Rhodes et ensuite on réserve une date pour l’église dans la commune où on habite et après ça roule sur des rails jusqu’à ce que le conseiller conjugal ait à intervenir. »

Ce n’est pas de la grande littérature non plus mais c’est divertissant et ça donne la pêche !

 

 

 

Pour finir, de petites fraîcheurs suédoises …

 

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 10:25

 

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Rebelote : les éditions Alzabane (que je remercie !!! ) m’ont fait parvenir un nouvel album du même auteur que j’avais déjà commenté pour Ils ne sont pas comme nous.

Même style : la part de l’image est aussi importante que celle prise par le texte.

        C’est un conte à destination des enfants (la notice qui accompagne le livre précise d’ailleurs qu’il s’adresse aux CM2, 6ème et 5ème.) : le Roi Monde est malade. Il s’isole et renvoie les principaux acteurs de sa cour : le Magistrat, « tour à tour législateur, gratte-papier et avocat, ce diseur de grec et de latin savait tout, connaissait tout, comprenait tout », l’Alchimiste qui ne fait que soigner le mal par le mal, l’Archiprêtre, le Calculateur, l’Automate ou encore la Harpie Madone (la coquette). Ces personnages errent dans un univers fantasque et coloré en tentant de se nourrir et de survivre sans les privilèges de la cour. Le Monde s’apparente à un géant trop gras, trop gros et trop grand. La petite chute finale met le fils du Monde sur le trône, un petit garçon fluet, le « Nouveau Monde » qui demande simplement du lait pour grandir mais « nos experts en catastrophe s’enfuirent dans la forêt. Ils n’apportèrent jamais le lait, mais le Nouveau Monde,  parvint tout de même à grandir ».

Les illustrations sont vraiment le point fort du fascicule, les dessins sont travaillés et mettent en scène des personnages dignes de la commedia dell’arte, burlesques, maquillés, stéréotypés.

Deux remarques cependant :

Ø  J’ai été bluffée par Ils ne sont pas comme nous mais ce livre m’a beaucoup moins happée que le précédent. Même si la parenté avec Molière (cité en exergue : « Entendez-les parler : les plus habiles gens du monde. Voyez-les faire : les plus ignorants de tous les hommes ») et avec Voltaire est évident et louable, je n’ai rien trouvé de nouveau ni d’original dans l’histoire racontée.

Ø  Ce livre n’est pas fait pour les jeunes enfants ! Ni pour son côté satirique (qu’on commence à aborder en 5ème et qui relève déjà d’une réflexion plus mûre), ni et surtout pour le ton résolument pessimiste et angoissant. Oui pour informer les jeunes de l’état de la société, non pour les alarmer dès le plus jeune âge. La morale de la fable n’est d’ailleurs pas si limpide que cela.

 

J’ai donc passé un moment brièvement agréable (que le livre se lit vite !), j’en recommande la lecture mais pas l’achat null (13.50 euros!)

 

 

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 12:47

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        Nathan Zuckerman est écrivain. Suite à des menaces de mort, il s’en va se terrer dans la campagne profonde des Etats-Unis.  A 71 ans, il décide de ressurgir à la surface et se rend à New York. Le voyage a un but thérapeutique : il se fait opérer dans l’espoir d’améliorer une incontinence persistante (conséquence malheureuse d’un cancer de la prostate). Sur un coup de tête, il répond à la petite annonce d’un couple d’écrivains en acceptant d’échanger sa maison perdue contre un appartement new-yorkais. Contre toute attente, il tombe éperdument amoureux de la jeune femme qui a 40 ans de moins que lui, et qui lui inspirera une série de dialogues intitulée « Elle et lui ». Mais il va aussi rencontrer Richard Kliman, un jeune homme aux dents longues qui tente d’extorquer à Zuckerman des révélations sur un autre auteur décédé, Lonoff, dans le but d’écrire sa biographie. Puis, ce sera le tour d’Amy Bellette, l’ex-compagne de Lonoff, d’entrer en scène. Vieille elle aussi, elle lutte contre un cancer du cerveau et ne vit que dans le souvenir de son amour pour Lonoff.

Réflexions sur la vieillesse et décrépitude. Nathan perd sa virilité, sa continence mais petit à petit sa mémoire flanche, elle aussi. Le livre retrace d’ailleurs le chemin sinueux de son cerveau empli de doutes, d’hésitations, d’incertitudes.

Cet état « finissant », ce passage de la vie à la mort est raconté de manière tantôt cruellement ironique :

« L’instrument jadis rigide de la procréation était maintenant comme l’extrémité d’un tuyau qu’on voit sortir d’un champ, quelque part, un bout de tuyau incongru qui goutte et gicle par intermittence, qui crache de l’eau sans aucun but, jusqu’au jour où quelqu’un pense à donner à la valve le tour de vis supplémentaire qui va arrêter cette foutue écluse. »

« Qui eût cru que Nathan Zuckerman n’était pas de taille à résister ? Et pourtant c’est le cas, il est kaputt, un pauvre petit être isolé, un évadé à bout de forces qui  se retrouve dans le pire état où il ait jamais été. Maintenons-le dans un état de confusion mentale, continuons à le harceler, et cette espèce de vieillard cacochyme va s’effondrer. »

tantôt avec une émotion certaine, empreinte de nostalgie et de tristesse :

« Vous lui disiez : « Oh, Manny, nous pourrions être si heureux à Florence ». Apprendre ça lui a causé une joie immense. « Mon Dieu, mais quel voyou ! Quoi d’autre ? Quoi d’autre ? Avoir un témoin de quelque chose qui s’est passé il y a si longtemps – quelle bénédiction ! Dites-moi ce que vous avez entendu, voyou ! Racontez-moi tout ! » Racontez-moi, me disait-elle, racontez-moi, s’il vous plaît, ce moment intime avec cette personne irremplaçable que j’aime et qui est morte, racontez-moi cela le jour où j’apprends le retour de la tumeur… »

Philip Roth fustige également les critiques et la presse et évoque le devenir post-mortem d’un écrivain et de son œuvre.

Un grand livre pour lequel il y aurait tant à dire, bien écrit et juste mais un roman difficile qui met à nu nos craintes les plus profondes, les plus intimes. Ce n’est pas très gai en définitive

Avec ce neuvième tome des aventures de Nathan Zuckerman, Roth clôt un cycle débuté en 1979.

 

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« être incapable, au bout de quelques minutes à peine, de me rappeler grand-chose de la page précédente »

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 13:39

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Je l’avais déjà dit pour ma précédente lecture gudulesque ( ?!), il faut que j’arrête avec ces histoires d’ado amoureux. J’ai réitéré malgré moi avec Le Petit théâtre de sang.

 Le titre m’a attirée. Louise est une adolescente de 15 ans, lycéenne sans histoire, qui tombe éperdument amoureuse de Nino, un saltimbanque plus âgé qui joue de la musique dans la rue. Pour Nino, la musique est un gagne-pain, la comédie est sa véritable passion. Avec trois autres amis, ils investissent un petit théâtre abandonné, le retapent pour y jouer des saynètes sur le thème de l’épouvante. Louise les accompagne de loin dans leur projet tout en poursuivant sa folle histoire d’amour avec son Nino. 

 Mais, des phénomènes étranges inquiètent les jeunes gens : de la nourriture disparaît. Ils découvrent vite qu’ils ne sont pas seuls dans ce petit théâtre labyrinthique : Serenata, une jeune femme très étrange, s’y cache. Ils finissent par « l’apprivoiser », elle montera même sur les planches avec la troupe. Louise se sent bouffée par la jalousie, Serenata tourne un peu trop autour de son Nino. Notre lycéenne, après maintes ruptures immédiatement suivies de retrouvailles enflammées, mène l’enquête sur sa rivale qui raconte qu’elle a perdu la mémoire. Et découvre qu’elle est à l’origine du suicide d’un adolescent.

La fin est heureuse, l’amour entre les deux jeunes gens semble promis à l’éternité, les adultes sont comme d’habitude soit trop nuls soit extrêmement généreux et indulgents. Après, Gudule ne l’a pas écrit pour moi ce livre mais pour des demoiselles pubères qui se reconnaîtront certainement dans le personnage de Louise ou tomberont amoureuses de Nino.

Deux qualités indéniables : rendre le banal et le commun relativement intéressants pour les ados  La scène amoureuse, par exemple :

« Nos yeux sont moins coincés que nous. Ils communiquent, eux, même quand nous, on n’ose pas. Les siens, noirs, perçants et légèrement étirés vers les tempes, me brûlaient. J’ai pensé aux westerns où les cowboys marquent les chevaux au fer rouge. Ou aux rayons laser des films de science-fiction. Son regard me faisait le même effet : chaque parcelle de ma peau sur laquelle il se posait devenait incandescente. A part que là, ce n’était pas douloureux. »

et soigner la fin de ses livres, comme je l’ai déjà dit. Je suis toujours à deux doigts d’abandonner le roman au bout de 20 pages, mais on se prend au jeu, et finalement, on parvient à entrer dans l’histoire.

Le genre de passage, par contre, qui me fait soupirer : (fugue nocturne) « Rien que d’imaginer la tête de mes parents s’ils me surprenaient, j’en aurais pissé dans mon froc ».

Thèmes abordés : le théâtre – l’amour – la jalousie – la voyance – le suicide  - l’épouvante.

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