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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 13:27

limonade.jpg        Taguée par L’Irrégulière pour la première fois dans l’histoire de ce blog, je réponds avec plaisir à ces quelques questions ça me touche d’autant plus que mon accès à internet sera plus que limité à partir de demain (pour cause de déménagement !) et que ce tag me permet d’en profiter encore un peu Merci ;-)

 

Signe particulier ?

Comme je n’en ai aucune idée (pourtant, je cherche, je cherche je me tripote bien les cheveux de manière frénétique, ça compte ?), je vais vous dire à quoi me fait penser le mot « limonade ». Nous étions dans le Jura avec mon cher et tendre, ça doit bien faire dix ans maintenant. Jeunes et amoureux, nous gravissions des monts à vélo, il faisait chaud, c’était éreintant, on suait, on peinait, enfin, vous voyez le tableau. On arrive au sommet et on découvre une petite bicoque qui fait office de bar. On se commande au hasard une limonade (on n’en boit jamais pourtant !) et on tombe sur LA limonade. Fabrication artisanale (juste à côté) d’une douceur et d’une fraîcheur incomparable ! Elle valait bien tout l’or du monde à cet endroit-là, dans ce contexte-là. Je n’en bois plus du tout depuis, j’ai bien trop peur d’être déçue !

Mauvais souvenir ?

J’en ai plein, certains pas « racontables » du tout ici, mais je dirais que mon hospitalisation pour ma première grossesse fut un choc assez rude. Deux mois pour permettre à Timothée de grandir en toute quiétude (ce qu’il ne s’est pas privé de faire !). Sinon, pour le mauvais souvenir tout récent et rigolo, le dernier cours avec mes 3èmes à qui j’ai laissé un peu trop de liberté et qui se sont permis de faire la chenille dans la salle de classe ! L’horreur ! Mais je ne les reverrai plus ces gugusses-là null

Défauts ?

Bah, tellement ! Colérique (mais je me soigne), timide, un peu rustre même, j’ai du mal à flatter les gens juste pour leur faire plaisir ou pour obtenir quelque chose (oui, c’est une caractéristique bien utile dans l’Education nationale !)

 

Film bonne mine ?

J’ai la particularité (ah tiens ça correspond à la première question !) de ne jamais regarder un film deux fois. Je n’aime pas. Et je regarde de moins en moins de films, faute de temps. Par contre, pour lutter contre la morosité du soleil qui ne veut pas se pointer début juin, j’use et abuse des séries télé…

 

Souvenirs d'enfance ?

Mon premier voyage en avion, à 8 ans. Un émerveillement total. "On vit comme des rois" fut ma réponse à l'hôtesse de l'air qui m'apportait le plateau repas (c'est marrant, cette phrase-là ne me vient plus du tout à l'esprit quand je reçois ma collation aérienne...).

 

 

 

Mission accomplie ! Je me suis un peu dévoilée, si Lilibook, Alex ou encore Edelwe veulent maintenant s’y coller, la bouteille de limonade est ouverte, reste plus qu’à se servir ! Tchin tchin !

 

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 12:38

 

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Après Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates , un autre livre tendance. Je vais commencer par dire que j’ai adoré ! Dommage qu’il ne fasse que 243 pages, j’aurais bien continué les aventures des deux tourtereaux ! Tendresse, émotion, humour, dépaysement, tout y est pour me plaire ! L’écriture est originale et parvient vraiment à mêler humour, justesse de ton et romantisme.
           L'histoire se passe en Suède. Benny et Désirée se rencontrent au cimetière. Benny vient fleurir la tombe de ses parents, Désirée elle, se recueille sur celle de son mari parti trop tôt. Rien ne les prépare au choc qui va suivre, et loin de s’apprécier, les deux se jaugent de manière malveillante et méprisante. Désirée se moque de l’accoutrement de paysan du trentenaire et Benny est gêné par la pâleur et la fadeur de sa voisine de cimetière. Ils auraient donc aimé ne pas se trouver l’un à côté de l’autre
jusqu’à ... ce qu’un enfant les fasse sourire. « Lui aussi souriait. Et Impossible de décrire ce sourire-là sans plonger dans le monde merveilleux des vieux standards de bal-musette. Dedans, il y avait du soleil, des fraises des bois, des gazouillis d’oiseaux et des reflets sur un lac de montagne. » Mais ce couple atypique, la citadine cultivée et le paysan rustre, uni par une forte attirance physique et charnelle, aura du mal à tenir sur la longueur. « On va aussi bien ensemble que la merde et les pantalons verts, comme disait mon grand-père. »     

       Réflexions amusantes sur la vie de couple, sur les différences entre les deux hurluberlus (tout aussi têtus l’un que l’autre), sur les concessions qu’il faudrait faire sans qu’aucun ne cède pour autant. De l’humour on passe à quelque chose de plus profond et ça doit être le premier livre qui me fait éclater de rire et quelques pages plus loin, me donne des picotements dans  la gorge. « D’ailleurs, je n’ai jamais vraiment eu confiance en ces « mariages d’amour », ceux qui commencent lors d’un bal quand on se noie dans un décolleté. Ensuite, si le décolleté a l’âge et l’état civil qui conviennent, on poursuit avec les rituels d’accouplement habituels, du cinéma, des repas de famille, Ikea et vacances à Rhodes et ensuite on réserve une date pour l’église dans la commune où on habite et après ça roule sur des rails jusqu’à ce que le conseiller conjugal ait à intervenir. »

Ce n’est pas de la grande littérature non plus mais c’est divertissant et ça donne la pêche !

 

 

 

Pour finir, de petites fraîcheurs suédoises …

 

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 10:25

 

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Rebelote : les éditions Alzabane (que je remercie !!! ) m’ont fait parvenir un nouvel album du même auteur que j’avais déjà commenté pour Ils ne sont pas comme nous.

Même style : la part de l’image est aussi importante que celle prise par le texte.

        C’est un conte à destination des enfants (la notice qui accompagne le livre précise d’ailleurs qu’il s’adresse aux CM2, 6ème et 5ème.) : le Roi Monde est malade. Il s’isole et renvoie les principaux acteurs de sa cour : le Magistrat, « tour à tour législateur, gratte-papier et avocat, ce diseur de grec et de latin savait tout, connaissait tout, comprenait tout », l’Alchimiste qui ne fait que soigner le mal par le mal, l’Archiprêtre, le Calculateur, l’Automate ou encore la Harpie Madone (la coquette). Ces personnages errent dans un univers fantasque et coloré en tentant de se nourrir et de survivre sans les privilèges de la cour. Le Monde s’apparente à un géant trop gras, trop gros et trop grand. La petite chute finale met le fils du Monde sur le trône, un petit garçon fluet, le « Nouveau Monde » qui demande simplement du lait pour grandir mais « nos experts en catastrophe s’enfuirent dans la forêt. Ils n’apportèrent jamais le lait, mais le Nouveau Monde,  parvint tout de même à grandir ».

Les illustrations sont vraiment le point fort du fascicule, les dessins sont travaillés et mettent en scène des personnages dignes de la commedia dell’arte, burlesques, maquillés, stéréotypés.

Deux remarques cependant :

Ø  J’ai été bluffée par Ils ne sont pas comme nous mais ce livre m’a beaucoup moins happée que le précédent. Même si la parenté avec Molière (cité en exergue : « Entendez-les parler : les plus habiles gens du monde. Voyez-les faire : les plus ignorants de tous les hommes ») et avec Voltaire est évident et louable, je n’ai rien trouvé de nouveau ni d’original dans l’histoire racontée.

Ø  Ce livre n’est pas fait pour les jeunes enfants ! Ni pour son côté satirique (qu’on commence à aborder en 5ème et qui relève déjà d’une réflexion plus mûre), ni et surtout pour le ton résolument pessimiste et angoissant. Oui pour informer les jeunes de l’état de la société, non pour les alarmer dès le plus jeune âge. La morale de la fable n’est d’ailleurs pas si limpide que cela.

 

J’ai donc passé un moment brièvement agréable (que le livre se lit vite !), j’en recommande la lecture mais pas l’achat null (13.50 euros!)

 

 

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 12:47

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        Nathan Zuckerman est écrivain. Suite à des menaces de mort, il s’en va se terrer dans la campagne profonde des Etats-Unis.  A 71 ans, il décide de ressurgir à la surface et se rend à New York. Le voyage a un but thérapeutique : il se fait opérer dans l’espoir d’améliorer une incontinence persistante (conséquence malheureuse d’un cancer de la prostate). Sur un coup de tête, il répond à la petite annonce d’un couple d’écrivains en acceptant d’échanger sa maison perdue contre un appartement new-yorkais. Contre toute attente, il tombe éperdument amoureux de la jeune femme qui a 40 ans de moins que lui, et qui lui inspirera une série de dialogues intitulée « Elle et lui ». Mais il va aussi rencontrer Richard Kliman, un jeune homme aux dents longues qui tente d’extorquer à Zuckerman des révélations sur un autre auteur décédé, Lonoff, dans le but d’écrire sa biographie. Puis, ce sera le tour d’Amy Bellette, l’ex-compagne de Lonoff, d’entrer en scène. Vieille elle aussi, elle lutte contre un cancer du cerveau et ne vit que dans le souvenir de son amour pour Lonoff.

Réflexions sur la vieillesse et décrépitude. Nathan perd sa virilité, sa continence mais petit à petit sa mémoire flanche, elle aussi. Le livre retrace d’ailleurs le chemin sinueux de son cerveau empli de doutes, d’hésitations, d’incertitudes.

Cet état « finissant », ce passage de la vie à la mort est raconté de manière tantôt cruellement ironique :

« L’instrument jadis rigide de la procréation était maintenant comme l’extrémité d’un tuyau qu’on voit sortir d’un champ, quelque part, un bout de tuyau incongru qui goutte et gicle par intermittence, qui crache de l’eau sans aucun but, jusqu’au jour où quelqu’un pense à donner à la valve le tour de vis supplémentaire qui va arrêter cette foutue écluse. »

« Qui eût cru que Nathan Zuckerman n’était pas de taille à résister ? Et pourtant c’est le cas, il est kaputt, un pauvre petit être isolé, un évadé à bout de forces qui  se retrouve dans le pire état où il ait jamais été. Maintenons-le dans un état de confusion mentale, continuons à le harceler, et cette espèce de vieillard cacochyme va s’effondrer. »

tantôt avec une émotion certaine, empreinte de nostalgie et de tristesse :

« Vous lui disiez : « Oh, Manny, nous pourrions être si heureux à Florence ». Apprendre ça lui a causé une joie immense. « Mon Dieu, mais quel voyou ! Quoi d’autre ? Quoi d’autre ? Avoir un témoin de quelque chose qui s’est passé il y a si longtemps – quelle bénédiction ! Dites-moi ce que vous avez entendu, voyou ! Racontez-moi tout ! » Racontez-moi, me disait-elle, racontez-moi, s’il vous plaît, ce moment intime avec cette personne irremplaçable que j’aime et qui est morte, racontez-moi cela le jour où j’apprends le retour de la tumeur… »

Philip Roth fustige également les critiques et la presse et évoque le devenir post-mortem d’un écrivain et de son œuvre.

Un grand livre pour lequel il y aurait tant à dire, bien écrit et juste mais un roman difficile qui met à nu nos craintes les plus profondes, les plus intimes. Ce n’est pas très gai en définitive

Avec ce neuvième tome des aventures de Nathan Zuckerman, Roth clôt un cycle débuté en 1979.

 

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« être incapable, au bout de quelques minutes à peine, de me rappeler grand-chose de la page précédente »

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 13:39

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Je l’avais déjà dit pour ma précédente lecture gudulesque ( ?!), il faut que j’arrête avec ces histoires d’ado amoureux. J’ai réitéré malgré moi avec Le Petit théâtre de sang.

 Le titre m’a attirée. Louise est une adolescente de 15 ans, lycéenne sans histoire, qui tombe éperdument amoureuse de Nino, un saltimbanque plus âgé qui joue de la musique dans la rue. Pour Nino, la musique est un gagne-pain, la comédie est sa véritable passion. Avec trois autres amis, ils investissent un petit théâtre abandonné, le retapent pour y jouer des saynètes sur le thème de l’épouvante. Louise les accompagne de loin dans leur projet tout en poursuivant sa folle histoire d’amour avec son Nino. 

 Mais, des phénomènes étranges inquiètent les jeunes gens : de la nourriture disparaît. Ils découvrent vite qu’ils ne sont pas seuls dans ce petit théâtre labyrinthique : Serenata, une jeune femme très étrange, s’y cache. Ils finissent par « l’apprivoiser », elle montera même sur les planches avec la troupe. Louise se sent bouffée par la jalousie, Serenata tourne un peu trop autour de son Nino. Notre lycéenne, après maintes ruptures immédiatement suivies de retrouvailles enflammées, mène l’enquête sur sa rivale qui raconte qu’elle a perdu la mémoire. Et découvre qu’elle est à l’origine du suicide d’un adolescent.

La fin est heureuse, l’amour entre les deux jeunes gens semble promis à l’éternité, les adultes sont comme d’habitude soit trop nuls soit extrêmement généreux et indulgents. Après, Gudule ne l’a pas écrit pour moi ce livre mais pour des demoiselles pubères qui se reconnaîtront certainement dans le personnage de Louise ou tomberont amoureuses de Nino.

Deux qualités indéniables : rendre le banal et le commun relativement intéressants pour les ados  La scène amoureuse, par exemple :

« Nos yeux sont moins coincés que nous. Ils communiquent, eux, même quand nous, on n’ose pas. Les siens, noirs, perçants et légèrement étirés vers les tempes, me brûlaient. J’ai pensé aux westerns où les cowboys marquent les chevaux au fer rouge. Ou aux rayons laser des films de science-fiction. Son regard me faisait le même effet : chaque parcelle de ma peau sur laquelle il se posait devenait incandescente. A part que là, ce n’était pas douloureux. »

et soigner la fin de ses livres, comme je l’ai déjà dit. Je suis toujours à deux doigts d’abandonner le roman au bout de 20 pages, mais on se prend au jeu, et finalement, on parvient à entrer dans l’histoire.

Le genre de passage, par contre, qui me fait soupirer : (fugue nocturne) « Rien que d’imaginer la tête de mes parents s’ils me surprenaient, j’en aurais pissé dans mon froc ».

Thèmes abordés : le théâtre – l’amour – la jalousie – la voyance – le suicide  - l’épouvante.

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 22:02

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Un roman très court qui aurait pu s’appeler « Vengeance ». Trois hommes retrouvent Manuel Roca dans une ferme isolée. Ils le tuent sauvagement et s’acharnent également sur son jeune fils. Le père a pourtant eu le temps de cacher sa fille dans une trappe. Elle assiste à toute la scène. La deuxième partie du livre narre la rencontre entre la fillette devenue une vieille femme et un des trois meurtriers. On s’attend à une vengeance, Tito l’ancien guerrier aussi, mais l’histoire se termine par une histoire d’amour.

L’intrigue a l’air peu plausible racontée ainsi, mais le style de Baricco est accrocheur et nous fait passer du mode western à la tragédie sans perdre de vue le côté moral de l’histoire. Pourquoi se venger ? La vengeance entraîne la vengeance. Le personnage de Tito est intéressant car il nous propose une réflexion sur la vie d’un tueur, qui n’est pas dénuée de remords, de regret et où la conscience du châtiment est bien présente. « Nous avons bouleversé la terre d’une manière si violente que nous avons réveillé la férocité des enfants ».

Pourrait-on rapprocher cette fable de la célèbre citation de Hugo : « Se venger est de l'individu, punir est de Dieu » ?

J’ai apprécié cette lecture même si je l’ai trouvée vraiment trop brève.

 

Je ne résiste pas : Senza sangue est le titre original.

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 22:07

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Voilà un livre qui figure parmi les meilleures ventes des derniers mois.

Le titre est attirant et énigmatique, la couverture est jolie, bref, je me laisse tenter.

La déception n’est pas immense car à vrai dire, je ne m’attendais pas non plus à un chef-d’œuvre, mais, j’aurais aimé être happée par cette lecture ; ce n’était pas le cas.

C’est un roman épistolaire. Des habitants de l’île de Guernesey, les participants et créateurs du fameux Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates correspondent avec Juliet Ashton, un écrivain en devenir. Contexte : l’après-guerre, 1946.

Alors oui : à l’enveloppe, à l’idée, à la coque, à la forme du roman. J’ai aimé que ça se passe à Guernesey, c’est original et aussi vivifiant que l’air iodé de cette île. Pour ma part, cela faisait un sacré moment que je n’avais plus lu de roman par lettres, donc, encore une fois, j’ai apprécié le procédé. Mais pour le reste…

Juliet Ashton qui débarque à Guernesey et s’émerveille de tout et de tout le monde, moi j’ai pensé au remake de Martine va à Guernesey.
Les personnages, trop nombreux, sont à peine esquissés, je les aurais préférés moins nombreux et plus travaillés. Certaines lettres sont archi courtes et inintéressantes au possible : « Chère amie, je ne pourrai venir lundi – oh c’est dommage. J’en suis désolé, blabla ».

Certes, la petite communauté des habitants de l’île peut toucher le lecteur par son humanité contrastant avec la lourdeur de l'occupation allemande. Le personnage d’Isola m’a plu et m’a fait sourire, mais l’histoire de la fillette qu’on adopte en deux temps trois mouvements, l’histoire d’amour qu’on devine au bout de quelques pages… c’est léger, bien trop léger !

J’ai lu quelque part que le livre constituait un remarquable hymne à la lecture. Oui, on parle de livres, oui ce sont des gens qui n’ont jamais lu qui tombent en extase devant une Brontë ou un Shakespeare. Mais encore une fois, le sujet est à peine abordé, et pourtant en 394 pages, il y aurait eu de quoi faire !

Pas de vraie déception, juste un décalage entre les qu’en-dira-t-on et ma propre opinion.

Un petit extrait pour ne pas avoir l'air de faire la fine bouche :

"Cee Cee avait raison de s'extasier sur St. Peter Port. La ville semble littéralement jaillir des eaux. C'est dans nul doute l'un des plus beaux ports du monde. Les vitrines des magasins de High Street et du Pollet sont étincelantes de propreté et commencent à se remplir de marchandises. Le gris domine et les bâtiments auraient besoin d'être rénonvés, mais St. Peter Port n'a pas l'air aussi exténué que notre pauvre Londres ".

et un autre (les habitants de l'île louent sans cesse une certaine Elizabeth, et là, c'est Remy, une jeune femme qui l'a rencontrée dans un camp de concentration, qui en parle) :

"Un soir, elle est venue à moi et elle m'a appelée par mon prénom : Rémy. (...) j'ai couru avec elle à l'arrière du bloc. Il y avait une fenêtre cassée refermée par des bouts de papier. Elle les a enlevés, nous l'avons escaladée et nous avons couru jusqu'à la Lagerstrasse - la rue principale du camp. Là, j'ai compris ce qu'elle voulait dire par une merveilleuse surprise. Le ciel qui apparaissait au-dessus des murs était comme en feu avec ses nuages rouge et violet bordés d'or sombre au-dessous. Ils changeaient de forme et de teinte en traversant le ciel. Nous sommes restées là, main dans la main, jusqu'à ce que la nuit tombe".

Et enfin, des photos de Guernesey parce que pour ça les deux auteurs sont très forts : le nombre des touristes a sans doute déjà explosé depuis la parution du livre !

 

 

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 21:54

 

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J’inaugure une nouvelle rubrique aujourd’hui, celle des livres audio. Pourquoi ? Une seule raison pour moi : rentabiliser les longs trajets en voiture.
Mon premier choix s’est porté sur une œuvre que je n’ai jamais lue et qui m’a toujours un peu effrayée. Je n’ai aucun regret.

Le livre audio permet une autre approche de l’œuvre. On nous raconte une histoire comme maman le faisait avant le coucher du soir. Chaque mot résonne, et même si l’attention peut faiblir, elle est rapidement happée par la Voix. C’est Jean-Claude Rey qui lit Les Mémoires d’Hadrien ; sa voix d’homme mûr, sûre et posée a magnifiquement rendu la noblesse de l’œuvre et a donné vie aux souvenirs de l’empereur défunt tout en rendant le texte de Yourcenar accessible.


           Marguerite Yourcenar a écrit une autobiographie fictive de l’empereur romain Hadrien. Autobiographie fictive basée sur des faits réels, un travail de recherche et d’érudition.

Les Mémoires d’Hadrien sont ainsi un roman historique mais aussi un livre philosophique. En effet, l’empereur évoque de nombreux thèmes tels que la mort, l’amour, les livres, les femmes, la nourriture, le sommeil, les rêves, la solitude, la politique, le suicide, l’euthanasie. Il nous livre un regard empli de sagesse et d’humanité sur la vie. Celui pour qui le vrai « luxe est d’être seul » nous raconte son ascension au pouvoir, son règne et surtout son amour, son unique Amour éprouvé pour ce jeune garçon, Antinoüs, un Bithynien qui a vécu peu de temps puisqu’il s’est donné la mort, jeune.

Pour Hadrien, rien que trois manières de connaître la vie (prenez note !) : l’étude de soi - l’observation des hommes – les livres.

 

Certains extraits sont devenus célèbres ou en tous cas, méritent de l’être.

 

    « Je savais que le bien comme le mal est affaire de routine, que le temporaire se prolonge, que l'extérieur s'infiltre au dedans, et que le masque, à la longue, devient visage. »

 

  « Le véritable lieu de naissance est celui où l'on a porté pour la première fois un coup d'œil intelligent sur soi-même: mes premières patries ont été des livres. »

    « La mémoire de la plupart des hommes est un cimetière abandonné, où gisent sans honneurs des morts qu'ils ont cessé de chérir. »

 

 

    L’art et la beauté : « À chacun sa pente : à chacun aussi son but, son ambition si l'on veut, son goût le plus secret et son plus clair idéal. Le mien était enfermé dans ce mot de beauté, si difficile à définir en dépit de toutes les évidences des sens et des yeux. Je me sentais responsable de la beauté du monde.  

Je voulais que les villes fussent splendides, aérées, arrosées d'eaux claires, peuplées d'êtres humains dont le corps ne fût détérioré ni par les marques de la misère ou de la servitude, ni par l'enflure d'une richesse grossière ; que les écoliers récitassent d'une voix juste des leçons point ineptes ; que les femmes au foyer eussent dans leurs mouvements une espèce de dignité maternelle, de repos puissant ; que les gymnases fussent fréquentés par des jeunes hommes point ignorants des jeux ni des arts ; que les vergers portassent les plus beaux fruits et les champs les plus riches moissons.

Je voulais que l'immense majesté de la paix romaine s'étendît à tous, insensible et présente comme la musique du ciel en marche ; que le plus humble voyageur pût errer d'un pays, d'un continent à l'autre, sans formalités vexatoires, sans dangers, sûr partout d'un minimum de légalité et de culture ; que nos soldats continuassent leur éternelle danse pyrrhique aux frontières ; que tout fonctionnât sans accroc, les ateliers et les temples ; que la mer fût sillonnée de beaux navires et les routes parcourues par de fréquents attelages ; que, dans un monde bien en ordre, les philosophes eussent leur place et les danseurs aussi. »

    Son cher Antinoüs : « Je n'ai été maître absolu qu'une seule fois, et que d'un seul être. Si je n'ai encore rien dit d'une beauté si visible, il n'y faudrait pas voir l'espèce de réticence d'un homme trop complètement conquis. Mais les figures que nous cherchons désespérément nous échappent : ce n'est jamais qu'un moment… Je retrouve une tête inclinée sous une chevelure nocturne, des yeux que l'allongement des paupières faisait paraître obliques, un jeune visage large et comme couché. Ce tendre corps s'est modifié sans cesse, à la façon d'une plante, et quelques-unes de ces altérations sont imputables au temps. »

    La douleur de la perte de l’être aimé : « Autour de moi, je sentais qu'on commençait à s'offusquer d'une douleur si longue : la violence en scandalisait d'ailleurs plus que la cause. Si je m'étais laissé aller aux mêmes plaintes à la mort d'un frère ou d'un fils, on m'eût également reproché de pleurer comme une femme. La mémoire de la plupart des hommes est un cimetière abandonné, où gisent sans honneurs des morts qu'ils ont cessé de chérir. Toute douleur prolongée insulte à leur oubli »

    « Les idées grinçaient ; les paroles tournaient à vide ; les voix faisaient leur bruit de sauterelles au désert ou de mouches sur un tas d'ordures ; nos barques aux voiles gonflées comme des gorges de colombes véhiculaient l'intrigue et le mensonge ; la bêtise s'étalait sur les fronts humains. La mort perçait partout sous son aspect de décrépitude ou de pourriture : la tache blette d'un fruit, une déchirure imperceptible au bas d'une tenture, une charogne sur la berge, les pustules d'un visage, la marque des verges sur le dos d'un marinier. Mes mains semblaient toujours un peu sales. »

    « Moi- même, je me croyais à peu près calmé ; j'en rougissais presque. Je ne savais pas que la douleur contient d'étranges labyrinthes, où je n'avais pas fini de marcher. »

 

Un livre qu’il faudrait avoir lu au moins une fois dans sa vie.

 

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 20:49

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Peut-on décemment lire Zweig sans l’aimer ?

Quatre longues nouvelles.

-      Brûlant secret : « on apprend beaucoup et vite quand on a de la haine ».

           Un baron autrichien rencontre une femme mariée, une mère de famille qui n’est plus toute jeune, dans un hôtel. C’est le fils, Edgar, âgé de 12 ans qui va permettre au jeune fonctionnaire de se rapprocher de la femme convoitée. Ce n’est pas un réel amour qui unit les deux êtres mais un simple dérivatif à l’ennui.

Edgar, qui est d’abord comblé de savoir qu’un adulte s’intéresse à lui, s’aperçoit vite qu’il n’est qu’un intermédiaire : « Pourquoi maman évite-t-elle toujours mon regard, lorsque je le dirige vers elle ? Pourquoi cherchent-ils toujours devant moi à dire des plaisanteries et faire le polichinelle ? Tous deux ne me parlent plus comme ils le faisaient hier et avant-hier ; je pourrais presque dire que leurs visages ne sont plus les mêmes. Maman a aujourd’hui les lèvres toutes rouges ; elle doit se les être rougies, jamais je ne l’avais vue ainsi. Et lui a toujours le front plissé, comme si je l’avais offensé. Je ne leur ai pourtant rien fait ? Je n’ai dit aucune parole qui pût les choquer ? Non, ce n’est pas moi qui peux être la cause de leur changement, car ils sont eux-mêmes, l’un à l’égard de l’autre, tout différents de ce qu’ils étaient. On dirait qu’ils ont projeté une chose qu’ils n’osent pas me confier.  Ils ne parlent plus comme hier ; ils ne rient pas ; ils sont gênés, ils cachent un secret qu’ils ne veulent pas me révéler. Un secret qu’il faut que je connaisse. »

A la déception incommensurable s’ajoute très vite la haine. Les deux adultes oublient, ignorent le garçon et iront jusqu’à le mépriser quand il tentera de se mêler d’un peu trop près de leur amourette. « L’inquiétude d’Edgar était passée. Enfin il éprouvait un sentiment net et bien clair : de la haine et une hostilité déclarée. Maintenant qu’il était certain qu’il les gênait, sa présence à côté d’eux devint pour lui une volupté cruellement compliquée. Il savourait l’idée de les troubler et de les affronter avec toute la force concentrée de son inimitié. »

La confrontation Edgar / le baron est brutale et sans appel. Edgar en arrive aussi à frapper sa mère. Il fugue. Lorsqu’on le retrouve, ses parents sont bouleversés, sa mère lui est surtout reconnaissante, muettement, de ne pas avoir révélé le « secret ».

Il a appris beaucoup en quelques jours : « Au-dehors, dans la nuit sombre, les arbres s’agitaient bruyamment au sein des ténèbres, mais il n’avait plus peur. Il avait perdu toute impatience en face de la vie, depuis qu’il savait combien elle était riche. Il lui semblait qu’aujourd’hui les choses s’étaient montrées à lui dans leur nudité – non plus enveloppées des mille mensonges de l’enfance, mais dans toute leur beauté redoutable et voluptueuse.  Il n’avait jamais pensé que ses jours pussent être si remplis, si pleins de changements, de souffrances et de joies multiples ; il était heureux en songeant qu’il avait encore devant lui une multitude de jours semblables,  que toute une existence l’attendait pour lui dévoiler son secret. »

 

-      Conte crépusculaire.  Récit enchâssé : un premier narrateur raconte l’histoire qu’un deuxième narrateur lui avait narrée jadis.

Bob fait une étrange rencontre amoureuse nocturne : une jeune femme, une « grande forme blanche » l’étreint fougueusement sans que Bob puisse l’identifier. Cette fusion passionnelle qui bouleverse Bob, se reproduira quelques nuits d’affilée. Dans le château où il vit, les soupçons de Bob se portent immédiatement sur Margot, une jeune femme froide et distante. L’imagination du jeune homme l’emporte sur la réalité : il aime Margot. Lorsqu’il découvre que sa fiancée nocturne est Elisabeth, la petite sœur de Margot, il est envahi par la déception.

Encore un fragment d’apprentissage, une expérience qui fait grandir le protagoniste : « Plusieurs années ont passé, Bob est devenu un homme. Mais cette première aventure est restée trop vivante en lui pour qu’elle puisse un jour se ternir. Margot et Elisabeth se sont mariées, il n’a jamais voulu les revoir : la pensée de ces heures troublantes s’est souvent emparée de lui avec une telle violence que sa vie ultérieure ne lui est apparue que comme un rêve, une illusion, comparée à la réalité du souvenir. Il est un de ces hommes qui ne peuvent plus trouver d’attrait à l’amour ni aux femmes ; lui qui à une heure de sa vie avait réuni si parfaitement ces deux sentiments, aimer et être aimé, aucun désir ne l’a plus jamais poussé à rechercher ce qui était si précocement tombé dans ses mains tremblantes et débiles de jeune adolescent. Il a parcouru de nombreux pays : c’est un de ces Anglais corrects et silencieux que beaucoup croient insensibles parce qu’ils sont taciturnes et que leur regard reste froid devant le visage et le sourire d’une femme. Qui penserait en effet que ces images sur lesquelles ils ont les yeux constamment fixés ils les portent en eux-mêmes, ensevelies au fond de leur cœur qui brûle pour elles d’une flamme éternelle comme un cierge devant une madone ? »

 

-      La nuit fantastique (Notes posthumes du baron de R…) :

La vie du narrateur a été ébranlée par un événement d’abord inconnu pour le lecteur (le génie de Zweig nous promène pendant des dizaines de pages), l’on ne sait s’il est heureux ou malheureux, l’on ignore sa teneur.

Le narrateur commence par nous expliquer que l’indifférence l’avait peu à peu gagné, pire même, l’insensibilité. Alors qu’il était un homme du monde, de la bonne société, qu’il aimait les femmes et était aimé d’elles, il se rendait compte que plus rien ne l’intéressait, plus rien ne l’excitait, ne le stimulait ou le gênait. Plus rien jusqu’à cette révélation du 7 juin 1913 : « j’étais vivant, j’étais un être humain, avec des envies mauvais et pleines d’ardeur ». Il trouve satisfaction auprès du rebut de la société, notamment au contact des prostituées. « C’était pour moi une sensation excitante que de descendre jusqu’au dernier cloaque de l’existence, de compromettre et de salir en un seul jour tout mon passé, et une audacieuse volupté spirituelle se mêlait à la jouissance grossière de cette aventure ». Les sentiments prennent une autre direction quand il se rend compte de l’immense pouvoir de la générosité et de la bonté.

« Oh ! qu’il est facile, sentais-je, de créer de la joie et de s’en réjouir : on n’a qu’à ouvrir son être et le flot de la vie se répand d’humain à humain, se précipite des hautes classes vers les basses pour rejaillir dans l’infini ».

« Une fois que quelqu’un s’est trouvé lui-même, il ne peut plus rien perdre dans ce monde. Et dès que quelqu’un a compris l’être humain qu’il y a en lui il comprend tous les humains ».

« Désormais, je fais attention à tout, rien ne m’est indifférent ».

 

-      Les deux jumelles (conte drolatique) : c’est un apologue un peu plus léger que les nouvelles précédentes mais non dénuées de profondeur. Deux sœurs jumelles ne cessent de rivaliser, d’être en compétition.  Hélène a choisi de se démarquer en séduisant les hommes les plus riches et les plus charmants du pays.  A cette vie fastueuse et vénale, Sophie a décidé d’opposer une existence faite de privations, de vertu et de pauvreté. Les jumelles deviennent célèbres, leur beauté inégalable assouvit d’un côté les courtisans avec Hélène, d’un autre côté, les dévots grâce à Sophie. Mais Hélène tend un piège à sa sœur en la défiant de résister au plus beau jeune homme du pays. La vierge ne lutte pas longtemps et se laisse convaincre des plaisirs de l’amour et de la chair. Les années passent, la notoriété s’amenuise avec l’apparition des premières rides. La vapeur s’inverse, c’est la dévote qui triomphe de la courtisane. Les jumelles se retirent du faste et du péché pour demander pardon et se repentir de leurs péchés.

 

Que dire de Zweig ? Il y aurait tant à dire ! Quelle vérité dans ces descriptions de l’humain, dans l’analyse des sentiments, si fine, si juste ! Tout n’est que nuance, sobriété, humilité.

 

« J'ai personnellement  plus  de  plaisir  à  comprendre  les  hommes  qu'à  les  juger »

                    Stefan Zweig

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 08:16

 

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Lucie est une lycéenne qui a des parents vachement sympa puisqu’ils lui ont déjà « réservé » un studio au dernier étage de leur immeuble, un « studio sous les toits », pour sa majorité. La vie routinière de la jeune fille pétille le jour où elle recueille un chien, Cosette. Sur la médaille accrochée au cou du chien, un numéro de téléphone : un garçon inquiet et mystérieux répond à Lucie qu’il vaudrait mieux qu’elle garde le chien.

Au fil des pages du journal intime de Lucie, on comprend que Hugo, le maître de Cosette ne peut garder le chien parce que son père, alcoolique, frappe l’animal.
Hugo et Lucie vont se rencontrer et une histoire d’amour va démarrer sur les chapeaux de roue. Hugo, battu par son père, sera obligé de fuir la maison familiale et Lucie le cachera quelques jours dans son studio.

Cette histoire d’ado, les détails de leur captivante vie quotidienne m’a sacrément barbée cette fois-ci. Ca doit être lié à mes élèves, à cette période de l’année où ils pensent à tout sauf à travailler, où leurs histoires personnelles qu’ils me confient, rejaillissent tel un volcan trop longtemps éteint. Bref, c’était un peu trop redondant par rapport à mon boulot.

Gudule réussit sans doute à capter l’attention d’un jeune lecteur, mais moi j’ai trouvé cette intrigue trop romanesque, linéaire et prévisible. Des parents trop indulgents, des ados qui découvrent l’amour, un chien bondissant qui fait le trait d’union entre tous les protagonistes Banalité et trivialité. La preuve en extraits :

« J’ai été interrompue par maman, tout à l’heure. Elle voulait que je l’aide à plier le linge. Pour les draps et les housses de couettes, c’est plus facile à deux. »

« Impossible de dormir, je suis trop heureuse. Tout ce dont je suis capable, c’est écrire. Dire, crier, hurler mon bonheur. Et marquer des milliards de fois, sur toutes les pages de mon journal, qu’avec Hugo, on s’aime, on s’aime, on s’aime, ON S’AIME !!! »

« Hugo a voulu remercier mes parents, mais il était si ému qu’il a éclaté en sanglots. On l’a tous consolé, chacun à sa manière. Moi, en me pelotonnant contre lui, maman, en sortant la boîte de chocolats des grandes occasions, et Cosette, en lui léchant le visage avec une langue comme une serpillière. »

Thèmes abordés : l’alcoolisme – les animaux – les premières amours – la fugue – la confiance entre parents et enfants - la violence et la maltraitance.

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