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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 22:42
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        Que les choses soient dites tout de suite : j’ai adoré ! Cette adaptation du Petit Prince en BD est délicieuse !

        Est-ce que simplement le fait d’avoir relu cette petite œuvre magique ? Est-ce dû aux planches dessinées par Joann Sfar ? Sincèrement, je ne saurais répondre ni trancher.

         Je me suis attachée à ce petit être fragile qu’est le Petit Prince, à cet aviateur-dessinateur mi-adulte mi-enfant, mi-Sfar mi-Saint-Exupéry. J’ai été éblouie par cette petite femme-rose, attendrie par tous les autres personnages, le vaniteux, le roi, l’ivrogne, le businessman, l’allumeur de réverbères ou encore le géographe.

Quelques pétales si célèbres…

ü Il est bien plus difficile de se juger soi-même que de juger les autres. Si tu réussis à bien te juger, c’est que tu es un véritable sage.

ü C’est véritablement utile puisque c’est joli.

ü  -      Mais si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde.

-         Je commence à comprendre. Il y a une fleur… je crois qu’elle m’a apprivoisé.

ü On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.

ü C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.

ü Les étoiles sont belles à cause d’une fleur que l’on ne voit pas.

ü On risque de pleurer un peu si on s’est laissé apprivoiser.

       Sfar a gardé le texte original. Pour les sceptiques, je précise que la couverture m’avait un peu rebutée, les deux premières pages m’ont surprise mais je me suis très vite laissé emporter. L’auteur rend ici un bel hommage au texte classique.

Pour une première (mon premier Sfar), c’est une réussite !

et la tête du bonhomme pour fêter ça :
 


  ... quelques planches ...


 





et une vraie question : j'ai lu deci delà que cette BD était proche du manga... quelqu'un voudrait bien m'expliquer pourquoi? Je ne m'y connais absolument pas en manga!

et une question plus futile : pourquoi y'a-t-il toujours une clope dans les histoires de Sfar? 

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 17:24


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          Une BD drôle et très étrange
 ou quand une demoiselle anglaise tombe amoureuse d’une momie ! « Trente siècles les séparent et pourtant, ils s’aiment »

          Imhotep IV est sorti de son sarcophage et veut épouser Liliane Bowell, la fille du professeur qui a découvert le pharaon. Mais Liliane empoisonne deux de leurs poursuivants, par inadvertance. Les deux amoureux, d’abord emprisonnés, finiront par recouvrer la liberté grâce au père du pharaon, Imhotep III.

Ces pages sont plaisantes et donnent le sourire. Quelques paroles du Pharaon :

-          Oui, je suis une antiquité. J’appartiens au pays de celui qui m’a sauvé.

-          Comme un esclave, alors ?

-          Comme un mobilier, pour être exact.

-          Nous trouvons cela très humiliant.

_____________

-          J’aime Liliane, professeur et nous allons nous marier.

-          Vous êtes la propriété du British Museum, vous êtes mort. Restez en dehors de tout ça !

-          Revenez bon sang ! Etes-vous devenus fous ?

-          Imhotep, où m’emmenez-vous ?

-          Au Caire.


        C’est aérien et délicat, poétique et drôle. J’ai vraiment beaucoup apprécié et il me tarde de découvrir enfin le Joann Sfar dessinateur (ici, il est scénariste). Pour avoir vu le film Gainsbourg, vie héroïque, que j’ai bien aimé, je dirais qu'on retrouve cet univers loufoque, quelque peu surréaliste mais empli de respect. Les aquarelles de Guibert sont exquises, élégantes même, les jeux d'ombre se mêlant au sépia, dominant.


       Parue en 1997, La fille du professeur  reçut des critiques élogieuses en plus d'être ré­com­pen­sée du prix
René Goscinny et de l'Alph'Art coup de cœur au festival d'Angoulême.


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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 22:34

Tout est singulier dans cette BD : le titre, la couverture, les couleurs, le sujet, le nombre de pages Qu’est-ce que le rébétiko d’abord ? Un ensemble de chansons simples, que chantait depuis la fin du XIXème siècle le peuple grec, les gens pauvres, mais surtout les opprimés, les révoltés, les blessés. Cette musique semble avoir pris ses racines dans les chants populaires traditionnels, chants d’églises byzantines, chansons populaires de tavernes, de la vie des prisonniers grecs de cette époque, des tekes (pièces où se cachaient les hommes à l’époque pour fumer du cannabis). C’était à l’époque, et c’est encore mais un peu moins de nos jours, plus qu’une musique à la mode, mais plutôt une philosophie de vie ; ces hommes au bouzouki (instrument de musique de la famille du luth) vivaient souvent pauvrement et racontaient dans leurs chansons toutes les épreuves que la vie leur infligeait, la mort, la prison, la pauvreté, l’amour bien sûr, mais aussi les mauvaises récoltes, la faim Les Grecs qualifient cette musique de « blues grec ».

                           

         L’action se situe à Athènes en octobre 1936. Année sombre où la dictature domine comme dans tant d’autres pays. Le général Metaxas interdit le rébétiko, jugé musique trop orientaliste. Le lecteur suit un petit groupe de musiciens qui tentent, malgré la censure, de faire vibrer leur voix et leur âme au son du bouzouki et du baglama. Les Rébètes ont besoin des fumées de haschich, de la danse, de la nostalgie pour nourrir leur musique.

Le dessin est simple, souvent sombre malgré les couleurs chaudes, les êtres semblent avoir été dessinés au charbon, ils sont bruts, authentiques.

Un album vraiment original qui a le mérite de créer un dépaysement et une atmosphère très particulière. On n'oublie pas.

Une jolie citation : « Si vous pouviez entendre la musique que j’ai dans la tête elle respire jusqu’à La Poli [Constantinople] suit les chemins byzantins revient ici, repart ».

Le lien suivant permet d’écouter ce rébétiko qui vaut le détour : http://bderebetiko.blogspot.com/

 

Un grand merci à Laurence et Nicolas sans qui je n’aurais sûrement pas découvert cette BD

 

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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 23:17
http://www.livraddict.com/biblio/couverture/couv10507710.jpg

Âmes sensibles, s’abstenir. Amateurs de sensations fortes, ce livre est pour vous.

 

Premier ingrédient : un commissaire, pas mal amoché par la vie. Il a perdu sa femme et sa fille, décédées devant ses yeux dans un accident de voiture.
Deuxième ingrédient : un fou à lier qui multiplie les meurtres les plus atroces.

Troisième ingrédient : une arme du crime démente, les insectes.

Quatrième ingrédient : un récit à la première personne, une écriture effrénée, un rythme endiablé, un style coup de poing.

 

Le commissaire Sharko fait une macabre découverte : le cadavre d’une femme agenouillée dans une église, nue, entièrement rasée. Cette vision d’horreur est le point de départ d’une course aux énigmes qui poussera le commissaire dans ses derniers retranchements.
           Je découvre Franck Thilliez et j’avoue que ce thriller m’a scotchée. Les trente-cinq chapitres de livre sont autant de bolides lancés à 200 à l’heure. Le lecteur est happé par la multitude de rebondissements, par l’efficacité du suspens. Un livre énergique, haletant, palpitant et qui présente quelques similitudes avec la série américaine 24h chrono.

J’ai non seulement adhéré au fond mais aussi à la forme. La ponctuation, les métaphores, le vocabulaire, les analogies, les sonorités ne font qu’un avec l’histoire.

 

Un extrait après deux dernières remarques qui vous convaincront peut-être définitivement : la scène se passe en France, ce n’est pas si courant dans les thrillers ; et le livre a son effet cathartique, pointant nos angoisses les plus ancestrales… comme ici, lorsque le commissaire plonge dans une cuve d’eau de 30 mètres de profondeur avant d’y découvrir un homme agonisant.

« De l’air ! … La bouche ! Inspire par la bouche, souffle par le nez… Encore. Recommence… Écoute ton cœur… boum boum… boum boum… boum boum… Inspire, expire, inspire, expire… inspire, expire… Voilà… Respire profondément… Tu vis encore.
L’homme gisait sous moi, en combinaison, les membres entravés par une épaisse corde reliée à des mousquetons soudés aux parois. Je ne l’apercevais que par saccades, au gré de ma torche. Il respirait à présent sans discontinuer, lâchant des traîneaux argentés de bulles. A ses côtés, deux bouteilles d’oxygène, deux étincelles de vie où serpentait un détendeur
. »



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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 09:36
      Cette BD fait partie d'une série intitulée Tendre banlieue destinée aux jeunes et qui tente d'embrasser les problèmes et les thèmes chers aux ado. Le chômage, la violence, l'amitié, la drogue, le suicide, l'école sont quelques-uns des sujets abordés.
C'est grâce à ma chère documentaliste que je découvre ce tome 14, Appel au calme

                            

       Un jeune Black est racketté dans un train de banlieue. Il ne se laisse pas faire quand les trois racailles essayent de lui prendre son portable et son blouson. Les autres prennent la mouche et l'agressent. Trois contre un, ça termine mal. D'abord dans le coma, le jeune Martiniquais finira par mourir. Son frère, Neiss, et ses amis, réclament justice, mais la violence engendre la violence et certains collégiens veulent s'en prendre physiquement aux agresseurs. Les journalistes débarquent et ne sont pas intéressés par cette histoire qui ne bouge pas assez, qui ne pourra faire la une de leur canard.
L'auteur lutte contre les clichés de la banlieue véhiculés par les médias. Il nous promène au coeur de l'action, à côté des protagonistes qui réfléchissent au thème de la violence.

La BD est intéressante pour les élèves car elle est simple, réaliste, actuelle.

J'ai un peu moins adhéré au dessin, les personnages ont tous la même tête... et l'histoire d'amour vacillante entre le collégien et sa copine arrive comme un cheveu sur la soupe.
    Et puis, est-ce que mes petits campagnards d'élèves seraient sensibles à ce genre d'histoire?
à voir....

           

La série Tendre banlieue existe depuis 1983 et l'auteur, Tito, présente régulièrement de nouveaux tomes.

Les éditions Castermann proposent sur leur site une recherche d'album par thème : http://tito.casterman.com/
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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 17:58
                                     

Je ne suis pas de ceux qui courent acheter le Goncourt et… c’est tout aussi bien comme ça. Bon, c’est avec un certain retard que je vous présente le Goncourt 2005. Un livre que j’ai trouvé bien ennuyeux.

François Wegergans (l’auteur) raconte la vie d’un écrivain malheureux, François Wegergraf qui raconte lui-même les déboires d’un de ses personnages écrivain, François Graffenberg qui écrit un livre dont le héros s’appelle François Weyerstein… François Weyergraf a le projet d’écrire un livre intitulé Trois jours chez ma mère. C’est le jeu des poupées russes. Un parfait exemple de mise en abyme, accompagné, forcément, de réflexions sur l’écriture, sur l’angoisse de la page blanche, mais aussi d’anecdotes diverses (dont on s’en fout), de récits des nombreuses frasques sexuelles du héros (et on finit par s’y perdre avec tous ces François…).
Donc, non. La fin m’a un peu plus touchée, elle honore le titre du livre et cible quelques vérités. Quelques passages sont certes, un peu drôles, mais pas de quoi en faire un roman.

La plume de Weyergans n’est pas déplaisante mais son livre est un fourre-tout. Je me suis mise à la place de tant de gens (je suppose), des « petits » lecteurs qui se précipitent sur le dernier Goncourt en se disant qu’ils auront au moins lu un bon bouquin cette année… c’est à les dégoûter de la lecture !

Il y a tellement mieux quand même…

 

J’ai tout de même collecté quelques extraits :

-       La mère d’un voisin qui s’essaie régulièrement aux percussions et casse les oreilles du narrateur : « En Afrique, on dit qu’un village sans musique est un village mort », m’a répondu la mère d‘Art Blakey. Qu’elle aille donc piler du manioc dans un village africain, pour voir, au lieu de faire ses courses chez Lafayette Gourmet. Apprendra-t-elle à son fils que la musique, chez les Dogons par exemple, encourage le rapprochement sexuel ?

-       « Le vrai voyageur est impulsif. Il part pour partir. Il ne sait pas ce qui l’attend. Il ressemble au romancier qui, au fur et à mesure qu’il rédige, se méfie de ses plans. Le bon voyageur devient romancier, ce qui n’empêche pas les voyages d’être poétiques, mais quand même les voyages relèvent de la prose. »

-       « Je me disais qu’on n’écrit que pour sa mère, que l’écriture et la mère ont partie liée, qu’un écrivain dédie ses pages non pas à celle qui a vieilli quand il est lui-même en âge d’écrire et de publier, mais à la jeune femme qui l’a mis au monde, à celle dont on l’a séparé le jour de sa naissance. »

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 15:04

Un petit fascicule surprenant, déroutant, dérangeant.
                                  

       La présentation est originale, le texte est accompagné d’illustrations sépia, mêlant différentes techniques notamment celle du collage et du montage photos. L’ensemble est structuré comme
un court métrage et change régulièrement de personnages et de points de vue. Chaque page ou séquence est datée. L’histoire commence le 8 juin 1938 pour finir par rejoindre la Grande Histoire en janvier 1940, elle se déroule dans un asile psychiatrique. Au début de la nouvelle, un homme y est conduit, on croit d’abord qu’il est journaliste avant de comprendre qu’il est fou.


        Le contexte historique et la folie nazie prennent vite le dessus. Les « fous » seront les premiers gazés, c’est eux qui inaugureront cette épouvantable extermination. Il est vrai qu’on oublie trop souvent que les Juifs n’étaient pas les seules victimes, il y avait aussi les malades mentaux, les homosexuels, les tziganes, les communistes…

Les illustrations (de José Ignacio Fernandez) font froid dans le dos car les personnages s’apparentent à des pantins, on dirait une vaste comédie où rien n’est réel, mais pourtant, il s’agit de réalité historique.


Au moment de l'arrestation :
" - Vous croyez qu'ils ont peur ou qu'ils se doutent de quelque chose? demanda Schoënber.
L'autre SS qui avait fini de compter, éclata de rire en fermant bruyamment son registre.
- Ah ! Ah ! Pensez-vous mon colonel ! Ce sont des fous, ils sont comme des animaux. Ils ne
comprennent rien, ils ne sentent rien... Ce sont des dégénérés.
- Oui, certainement ... fit Schoënber, pensif.
- Nous rendons service à leur famille... Vous savez, conclut l'officier comptable, ce ne sont pas des humains!
Le colonel SS observait, impassible, ces fantômes apeurés défiler devant lui comme du bétail. On commençait à entendre de plus en plus de pleurs et de grognements. Wolf était déjà loin devant. Il sanglotait : "Mon lapin! Mon lapin!"
- Oui, ce sont des fous, c'est vrai... dit Schoëner toujours songeur. Ils ne sont pas comme nous ! "

Un livre édifiant, qu'on pourrait envisager d'étudier en classe de 3ème. Un petit bémol : le prix (13.50 euros quand même…)

 



Merci aux éditions Alzabane. C’est ma première critique dans le cadre du programme Masse Critique. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, le site Babelio propose d’envoyer, par le biais des éditeurs, un ou plusieurs livres, gratuitement, en échange d’une critique.

 

 

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 09:27
                                                    

J'avais tellement apprécié La bibliothécaire que je n'allais pas m'arrêter en si bon chemin. 

          Matt, 12 ans, accompagne ses parents en vacances en Équateur, mais ça ne lui plaît pas du tout, il aurait préféré rester en Ardèche avec ses copains. Contre toute attente, il se lie d'amitié avec un indigène rencontré au Gringo's bar (le bar des étrangers) répondant au nom de José. Matt pousse José à adhérer à ses convictions écologistes et à sa lutte pour la défense des animaux. Les deux garçons décident donc de libérer un léoncito, un petit singe attaché à une chaîne et destiné à appâter les touristes.
Sauver le singe et le ramener dans sa forêt d'origine, voilà la mission que se sont fixés les deux amis. Mais l'inconscience et l'ignorance de l'adolescence se heurtera à la férocité et à l'hostilité de la jungle, aux dangers des transports indiens!
Ils parviendront néanmoins à leur fin.

          Un petit livre très court agréable à lire, qui est destiné aux classes de 6ème/5ème. Gudule prouve encore une fois qu'elle sait allier simplicité et qualité.

Dépaysement assuré pour ce mini-roman d'apprentissage aux accents écolo.



 "La petite ville de Banôs, dans la cordillère des Andes, somnole sous la chaleur. Place de l'église, des groupes d'Indiens préparent des choklos (maïs bouilli), et des bananes grillées sur des braseros de fortune, à l'abri des parasols déteints. Couchés dans les coins d'ombre, les yeux fermés mais la truffe aux aguets, des chiens errants font le siège, dans l'espoir de grapiller quelques restes."
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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 22:59



Couverture_bd_2205054015-1-.jpg

 

       Quel ravissement de découvrir dans ma bibliothèque municipale une autre BD de Benacquista !

       Je l’ouvre et je découvre qu’il s’agit d’une adaptation de la nouvelle « La Culture de l’Elaeis au Congo belge », tiré du recueil La Machine à broyer les petites filles du même auteur.

       Eugène Rabier est un vieil homme qui vit seul dans un petit village, St Aubin. Il est connu parce qu’il a su planter et faire grandir une variété de palmier, l’élaeis, sur la place du village mais aussi détesté car il ne cède pas son terrain pour permettre la construction d’une usine. Sa culture, ses références, son expérience et son amour de l’Afrique font de lui un homme rejeté et isolé des villageois. On l’insulte et on le menace. Jusqu’au jour où il se fait violemment agresser chez lui par quatre hommes cagoulés et armés. Mais cette fois-ci, il ne s’agit pas d’usine… Lorsqu’Eugène lâche ses fidèles animaux domestiques, Médor, Fifi, Mistigri et Kiki… qui ne sont autres que des énormes serpents, le chef de la bande avoue tout. Il est le fils de René Lamprecht, un marchand d’armes qu’Eugène avait connu en Afrique. Ce Lambrecht avait volé six kilos de diamants mais poursuivi et arrêté par les soldats congolais, il s’est vu contraint d’enterrer les diamants sous un palmier de la palmeraie implantée jadis par Eugène. En bon fils, Lambrecht venait se renseigner sur l’endroit exact du trésor.

         Bien entendu, Eugène file illico récupérer les diamants, ramène dans ses bagages une femme qu’il a tant aimée autrefois, un fils qu’il découvre et quelques animaux de la savane. Il ouvre un « parc récréatif et culturel », une réserve abritant la faune et la flore africaine.

        C’est une jolie histoire, qui finit bien, les gentils sont récompensés et les méchants punis. Légèrement fadasse donc, mais très agréable à lire. Les aquarelles de Berlion sont grandes et colorées. C’est l’évocation de l’Afrique que j’ai préférée : le bistrot du coin s’appelle « Cafeteriat » et le bus affiche fièrement un « San fou la mort ». Une vision presque manichéenne : une France remplie de Blancs très cons, violents, vénaux et obtus et une Afrique souriante, colorée et sensible.


      Planche_bd_2453_COEUR-20TAM-TAM-1-.jpg

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 09:50

J’ai passé d’excellents moments avec ce très bon roman d’espionnage.


Eté 1976. Oxford.

Ruth et son fils Jochen rendent visite à Granny, la grand-mère de Jochen. Ruth trouve le comportement de sa mère étrange, elle est aux aguets et se sent épiée. Devant les interrogations de sa fille, Sally Gilmartin lui remet simplement un dossier « L’histoire d’Eva Delectorskaya » en lui disant « J’aimerais que tu lises ça ».

            Ruth découvre avec consternation le passé de sa mère, son autre nom, sa vie d’espionne.

Tout a commencé à Paris en 1939. Eva assiste avec son père à l’enterrement de son frère, Kolia, sauvagement assassiné. Un homme mystérieux, élégant et sûr de lui l’aborde. Lucas Romer finit par lui expliquer que Kolia travaillait pour le gouvernement britannique et tentait d’infiltrer l’Action Française. Il était engagé dans la bataille contre le nazisme et contre la guerre à venir. Sur sa demande, Eva accepte de prendre la place de son frère pour se venger et rejoint la BSC.

    La-vie-aux-aguets[1]Elle suit d’abord un stage intensif dont les enseignements sont très variés : elle apprend à se débarrasser de son accent russe, fait régulièrement des exercices de mémoire, elle apprend le morse, « la sténo aussi, et l’usage d’un certain nombre d’armes à feu. Elle avait appris à conduire et passé son permis, elle savait lire une carte et utiliser un compas. Elle pouvait attraper dépecer et cuire un lapin et d’autres rongeurs. Elle savait recouvrir ses traces et en laisser de fausses. (…) On lui avait montré aussi comment trafiquer des documents, et elle pouvait désormais changer noms et dates de manière convaincante avec une quantité d’encres spéciales et de minuscules d’ustensiles pointus ; elle savait fabriquer, à l’aide d’une gomme sculptée,  un tampon officiel un peu flou. (…) on lui avait enseignée, lors de matinées fort animées dans ces petites villes inoffensives, l’art de suivre un suspect : seule, en couple, à trois ou plus. Elle avait été suivie elle-même et commençait à connaître les signes indiquant qu’on la filait et les différentes mesures à prendre pour éviter de l’être »… mais surtout, Eva Delectorskaya apprend à se méfier, à ne faire confiance à personne. Les choses vont un peu se compliquer quand elle devient la maîtresse de son « patron », Lucas Romer.

        Le lecteur suit la vie de la fille, Ruth, et en même temps, lit avec elle l’édifiante histoire de sa mère. Sally-Eva distille son histoire à sa fille par épisodes, comme un roman-feuilleton et elle avoue la raison de ces révélations : « Je crois que quelqu’un tente de me tuer ».

Le présent rejoint le passé, la fille devient complice de la mère.

La fiction rejoint aussi la réalité puisque la British Security Coordination (la BSC) a réellement existé pendant la Seconde Guerre Mondiale. Elle avait pour tâche principale d’amener par tous les moyens les Américains à changer d’idée quant à leur ralliement au conflit européen, et engager une guérilla politique contre les non-interventionnistes ou les organisations perçues comme anti-anglaises ou pro-nazies. La BSC instillait de la propagande pro-britannique dans les journaux américains, manipulait les nouvelles diffusées par les radios ; harcelait les ennemis politiques au Congrès et dans l’industrie et répandait de méchants bruits sur les buts et les intentions de l’Allemagne nazie.

 

Un roman palpitant ! Que l’espionne soit une femme ne gâche rien à l’histoire, bien au contraire. Il faudrait se prendre une nuit pour lire ce livre d’une traite. C’est un vrai délice. Pas de pauses, pas de temps morts, pas de répits pour cette espionne hors du commun. Un grand merci à Monsieur William Boyd !

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