Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 09:50

J’ai passé d’excellents moments avec ce très bon roman d’espionnage.


Eté 1976. Oxford.

Ruth et son fils Jochen rendent visite à Granny, la grand-mère de Jochen. Ruth trouve le comportement de sa mère étrange, elle est aux aguets et se sent épiée. Devant les interrogations de sa fille, Sally Gilmartin lui remet simplement un dossier « L’histoire d’Eva Delectorskaya » en lui disant « J’aimerais que tu lises ça ».

            Ruth découvre avec consternation le passé de sa mère, son autre nom, sa vie d’espionne.

Tout a commencé à Paris en 1939. Eva assiste avec son père à l’enterrement de son frère, Kolia, sauvagement assassiné. Un homme mystérieux, élégant et sûr de lui l’aborde. Lucas Romer finit par lui expliquer que Kolia travaillait pour le gouvernement britannique et tentait d’infiltrer l’Action Française. Il était engagé dans la bataille contre le nazisme et contre la guerre à venir. Sur sa demande, Eva accepte de prendre la place de son frère pour se venger et rejoint la BSC.

    La-vie-aux-aguets[1]Elle suit d’abord un stage intensif dont les enseignements sont très variés : elle apprend à se débarrasser de son accent russe, fait régulièrement des exercices de mémoire, elle apprend le morse, « la sténo aussi, et l’usage d’un certain nombre d’armes à feu. Elle avait appris à conduire et passé son permis, elle savait lire une carte et utiliser un compas. Elle pouvait attraper dépecer et cuire un lapin et d’autres rongeurs. Elle savait recouvrir ses traces et en laisser de fausses. (…) On lui avait montré aussi comment trafiquer des documents, et elle pouvait désormais changer noms et dates de manière convaincante avec une quantité d’encres spéciales et de minuscules d’ustensiles pointus ; elle savait fabriquer, à l’aide d’une gomme sculptée,  un tampon officiel un peu flou. (…) on lui avait enseignée, lors de matinées fort animées dans ces petites villes inoffensives, l’art de suivre un suspect : seule, en couple, à trois ou plus. Elle avait été suivie elle-même et commençait à connaître les signes indiquant qu’on la filait et les différentes mesures à prendre pour éviter de l’être »… mais surtout, Eva Delectorskaya apprend à se méfier, à ne faire confiance à personne. Les choses vont un peu se compliquer quand elle devient la maîtresse de son « patron », Lucas Romer.

        Le lecteur suit la vie de la fille, Ruth, et en même temps, lit avec elle l’édifiante histoire de sa mère. Sally-Eva distille son histoire à sa fille par épisodes, comme un roman-feuilleton et elle avoue la raison de ces révélations : « Je crois que quelqu’un tente de me tuer ».

Le présent rejoint le passé, la fille devient complice de la mère.

La fiction rejoint aussi la réalité puisque la British Security Coordination (la BSC) a réellement existé pendant la Seconde Guerre Mondiale. Elle avait pour tâche principale d’amener par tous les moyens les Américains à changer d’idée quant à leur ralliement au conflit européen, et engager une guérilla politique contre les non-interventionnistes ou les organisations perçues comme anti-anglaises ou pro-nazies. La BSC instillait de la propagande pro-britannique dans les journaux américains, manipulait les nouvelles diffusées par les radios ; harcelait les ennemis politiques au Congrès et dans l’industrie et répandait de méchants bruits sur les buts et les intentions de l’Allemagne nazie.

 

Un roman palpitant ! Que l’espionne soit une femme ne gâche rien à l’histoire, bien au contraire. Il faudrait se prendre une nuit pour lire ce livre d’une traite. C’est un vrai délice. Pas de pauses, pas de temps morts, pas de répits pour cette espionne hors du commun. Un grand merci à Monsieur William Boyd !

Partager cet article
Repost0
16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 16:25

                              Les-pieds-nickeles-1-.jpg
           Honte à moi, je n’avais jamais lu un seul Pieds Nickelés ! Pourtant, le premier tome date ! Créée par Louis Forton et publiée pour la première fois en 1908, la série ne compte pas moins de 126 tomes et neuf auteurs successifs.

Trois personnages, Filochard, Croquignol et Ribouldingue sont les héros ou anti-héros et accumulent frasques illégales et escroqueries.

Au début de ce tome, Pas si mal logés !, les trois compères, en panne de logement, récupèrent une laverie automatique et inventent le « lave-hôtel ». Les clients viennent danser, jouer aux cartes, faire l’amour, se reposer, pendant que leurs habits subissent un nettoyage en règle. « Polonais taiseux, teufeurs en quête d’after, peu à peu, toutes les éponges du quartier échouent au « lave-hôtel », se faire rincer. »
Les trois filous qui brillent par leur indolence et leur goujaterie se vont très vite serrer par la police, mais ne se plaignent pas d’être enfermés en cellule au moins, ils sont logés ! Seulement, ça ne dure pas, ils sont vite relâchés et s’en vont occuper un squat, l’hôtel Eden.

Les jeux de mots parfois très lourds (« l’eau de lessive tourne bientôt en eau de boudin »), l’audace, la malhonnêteté et la nonchalance des trois escrocs plaisent tout de suite au lecteur.

Un méli-mélo de phrases bien frappées :

-          «  les bars deviennent plus rares que les poux sur la tête d’un chauve »

-          « boulotter ? Rien qu’à l’idée, mon gosier devient aride comme le cœur d’un huissier ».

-          « un bon chez-soi vaut bien deux tentes Quechua ! »

 


Le surnom des trois personnages leur va comme un gant puisque Avoir les pieds nickelés signifie être un gros paresseux.

Un site très bien fait vous donne des millions de précisions : http://matthieu.chevrier.free.fr/

Partager cet article
Repost0
5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 09:11
                                                     nefdesfous t0[1]
Où ?   au royaume d'Eauxfolles
Quand?   en Fleurose 556, le 49ème jour du mois
Qui?   Clément XVI, le roi d'Eauxfolles... non pardon, le "roy"
Quoi?   Le roy s'ennuie, les ministres lui trouvent heureusement une idée lumineuse pour le divertir : un mariage !
        Mariage chaste ... une très vieille dame doit même enseigner au roy la manière de rendre sa reine enceinte. Mais la reine meurt en couche après avoir donné naissance à Clément XVII. Le roy, lui, meurt de chagrin.
        Les trois nourrices du petit Clément sont appelées "les trois G : Gertrude, Gwendoline et Gwenaëlle ... on les appela aussi les trois gourdes...", elles oublient le bébé à la nursery, laisse rouler le landau jusque dans un étang, confondent crème solaire et crème capillaire, etc.

Quelle est la particularité de Clément XVII ? Il reste tout petit, potelé comme un bébé, et ne quitte jamais son pyjama rayé rouge et blanc!

      Le Moyen-Âge constitue le cadre temporel de cette intrigue mais les nouvelles technologies fleurissent à une vitesse fulgurante : on crée l'automobile, cette "chaise à porteurs sans porteurs " et la "télévisionneuse ", on invente même la pollution ...
Les bouées en plastique côtoient les collerettes et les fraises, les appareils à photo et les micros s'affichent dans les châteaux forts médiévaux à côté des sceptres et autres couronnes ...
       Vous l'aurez compris, c'est un méli-mélo d'époques. Melting-pot de genres aussi : si la BD reste classique sur certaines pages, elle frôle le conte sur d'autres, n'hésite pas à intégrer des articles de journaux, des enluminures, des manuscrits médiévaux, des photos, ...
Cette BD, légèrement déjantée, se veut résolument décalée et originale. 

Un petit extrait qui donne le ton. Le vilain Ambroise a voulu prendre la place du Roy Clément et a procédé à quelques petits changements dans le royaume (article de journal) :
"Ça y est, c'est décidé les petits pois succéderont aux rayures. Tous les costumes de la garde et tous les ornements royaux vont être remplacés. Cela faisait vingt-neuf générations d'Edouard et dix-sept générations de Clément que nous supportions la rayure. Il était temps de trouver un ornement royal digne de ce nom. Le choix n'a pas été facile entre carreaux, triangles, losanges et fleurs. Une multitude de projets ont été présentés. Seul le pois a été retenu et adopté. Le soldat est d'autant plus fier et plus brave qu'il est mieux vêtu."

       J'ai aimé, j'ai souri, mais je suis un peu restée sur ma faim, j'en aurais voulu plus. J'ai l'impression que l'auteur m'a permis de goûter à un mets délicieux puis m'a retiré l'assiette pour m'empêcher de me rassasier... 744789-1-.gif


Apparemment, le tome que je viens de terminer est un hors-série, La Nef des fous comporte 13 albums où on retrouve le Roy Clément et ses ministres, les anachronismes, le style parodique et l'humour de Turf.

                           Planche bd 957 NEF%20DES%20FOUS%20(LA)[1]

Partager cet article
Repost0
3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 19:04

      
                                                    9782742706945-1-.jpg

      Ce livre est une vie, une vie avec tout ce qu’elle comporte de bonheurs et de malheurs, de choix, d’incompréhensible et d’insupportable, de fort et de fragile. Attention, le titre aérien et léger est trompeur !

Lin est danseuse et chorégraphe. Elle est mariée à Derek et a deux filles, Angela et Marina.

      La maternité d’abord. Les joies du premier enfant, Angela, les émerveillements béats, les découvertes : «Les pieds d’Angela. Ces mêmes pieds qui lui avaient mille fois infligé d’étranges coups mats à l’estomac, la vessie, les intestins et les poumons. Ses orteils sont longs et recourbés, les ongles des fentes à peine visibles, il y a des rides partout. Absurdement grands, venant à la fin de jambes aussi chétives, absurdement petits à côté de n’importe quelle paire de chaussures. Sauf les bottines pastel tricotées par Violet la mère de Derek, avec des rubans glissés dans les mailles à la cheville pour bien les attacher mais, malgré les rubans, les grands pieds rouge se déchaussent sans cesse, le gauche s’agitant toujours nu et froid, déshabillé par le droit douillettement au chaud ».

Puis vint la seconde fille, Marina. Et c’est différent, ça ne se passe pas très bien, elle « pleure et pleure. Elle hurle à faire trépider tout son corps. Aucun regard, aucun sourire, aucune caresse de Lin n’y peut rien. C’est Lin qui la fait pleurer : l’appétit de Marina est réveillé par l’odeur du corps de sa mère, qui dégoutte de lait et de sang et de sueur du matin au soir – alors que, dans les bras fermes et secs de Derek, elle peut oublier la nourriture et se laisser aller au sommeil. »
Marina suce son pouce jusqu’au sang, plus tard pousse sa sœur dans les escaliers, multiplie les actes de cruauté, mange très peu, n’aime pas qu’on la touche, refuse les câlins, et beaucoup plus tard, jeune adulte se morfond dans les idées noires et morbides : « Son principal sujet d’étude est la Shoah, oui, c’est cela qu’elle tient à comprendre par-dessus tout, les idées qui ont engendré cette monstruosité et celles qui étaient impuissantes à l’empêcher : l’objet de ses lectures et de ses réflexions et de ses écritures incessantes, c’est l’horreur ».

    Lin veut se consacrer à la danse, elle divorce, quitte son mari qu’elle aime encore et ses deux filles pour tourner dans le monde entier. Elle ne reverra ses filles que très rarement, tous les trois-quatre ans. Un choix lourd de conséquences pour tout le monde.



         Le livre aux résonances forcément autobiographiques, est difficile, fort, intime et marquant. Il nous fait ressentir à quel point nous sommes vivants même si l’ombre de la mort plane de la première à la dernière page.

Lisant ce bouquin, je me suis vue comme un aigle dont les serres implantées dans les pages s’y accrocheraient férocement et rageusement.

Difficile de passer à autre chose

Partager cet article
Repost0
3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 10:58

Une excellente et brillante année 2010 à vous tous !

baobabs-morondava-madagascar-1322832233-1088347-1-.jpg

dépaysement et majesté avec ces baobabs de Madagascar...

Partager cet article
Repost0
30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 16:47

                                                  petit8662-1--copie-1.gif
Du Eric-Emmanuel Schmitt comme je l’aime !

Une courte pièce réunissant deux personnages, un homme (Gilles) et une femme (Lisa), le mari et l’épouse.

   Gilles a perdu la mémoire suite à un accident. Il se souvient de ses tables de multiplication ou de ses déclinaisons latines mais il a oublié quel type d’homme il était et avec qui il vivait. « Il y a un univers, bien plein, bien riche, qui a l’air cohérent, mais j’y erre sans y trouver mon rôle. Tout est consistant sauf moi. Moi a disparu. »

Le rideau se lève sur le retour du couple dans leur appartement.

Gilles s’inquiète de savoir quel homme il a été, Lisa le rassure en lui disant qu’il frôlait la perfection , il était fidèle, aimait faire les boutiques avec sa femme, n’avait que très peu de défauts ; le couple s’aimait et était heureux. Pourtant, Lisa semble gênée par une chose qu’elle ne parvient pas à exprimer.

Au détour d’une conversation, Gilles fait une boulette et Lisa comprend qu’il a retrouvé la mémoire. Le lecteur, lui, comprend qu’elle avait profité de l’amnésie de son mari pour enjoliver le passé du couple : « Je sculpte un homme meilleur que celui que j’ai connu, j’efface tes défauts en te les cachant, je te prête ces qualités qui te manquaient, je te refaçonne pour un couple parfait, celui qui me convient. En ce moment, j’aménage ma vie conjugale, je garde la même façade et je rénove l’intérieur. Je m’amuse férocement ! Je réalise le rêve de toute femme : dresser son mari après quinze ans de vie commune. »

Gilles a menti mais Lisa, elle aussi, a caché la vérité : c’est elle qui a provoqué l’accident de son mari : elle voulait le tuer ! Pourquoi ? Parce qu’elle l’aimait trop !

S’ensuivent des réflexions sur l’amour à long terme, sur la vie de couple, sur l’usure des sentiments. Le texte est drôle, vrai, vif, ponctué, comme souvent chez E.-E. Schmitt, d’aphorismes, de jeux de mots et de pensées diverses :

-          « A vingt ans, on peut négliger les années ; à partir de quarante ans, l’illusion tombe ; l’âge d’une femme lui apparaît à l’instant où elle découvre qu’il y a plus jeune qu’elle. »

-          A propos du genre policier : « Comme ce sont majoritairement des femmes qui lisent et qui écrivent des romans policiers, tu prétends que c’est un genre féminin où les femmes, lassées de donner la vie depuis des siècles, s’amusent virtuellement à donner la mort. Le roman policier ou la vengeance des mères… »

-          « Un ange passe  ... Il serre les fesses ».

-          «  Un homme prend une maîtresse pour rester avec son épouse tandis qu’une femme prend un amant pour quitter son mari ».

-          Au sujet de l’amour dans le couple : « Alors pour que ça dure, il faut accepter l’incertitude, avancer dans des eaux dangereuses, là où l’on ne progresse que si l’on a confiance, se reposer en flottant sur des vagues contradictoires, parfois le doute, parfois la fatigue, parfois la sérénité, mais en gardant le cap, toujours ».

Partager cet article
Repost0
29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 23:41
J'en avais déjà entendu tellement parlé que je croyais l'avoir déjà lu! Eh bien non!
J'ai été complètement subjuguée par ce livre pour la jeunesse.

                                         9782013224062[1]

     Guillaume est un jeune collégien qui n'aime pas vraiment les cours de français (dispensés par un certain Monsieur Pennac, comme c'est étrange!) et n'aime pas trop lire non plus. Il passe, en revanche, beaucoup de temps à observer l'immeuble en face de chez lui. S'y déroule, tous les soirs, le même scénario : une très vieille dame est en train d'écrire, elle y passe des heures, et lorsqu'elle a terminé, c'est une belle jeune fille aux habits démodés qui sort de l'immeuble. C'est évidemment cette demoiselle qui intrigue le plus Guillaume.
   Un soir, il la suit, elle lui révèle qu'elle est la vieille dame, ancienne bibliothécaire, qui écrit ses mémoires. Elle s'évapore après avoir donné un doux baiser au garçon. Le lendemain, il apprend avec effarement que la vieille dame est décédée au cours de la nuit. Que faire pour retrouver Ida, cette jeune fille ? Comment la ressusciter ?
C'est avec l'aide de son copain "black", Doudou, qu'il comprend qu'il lui faut poursuivre la rédaction des mémoires commencée par l'octogénaire. Un grand problème se pose : Guillaume est très mauvais en français, il fait des fautes d'orthographe, il ne sait pas utiliser la ponctuation correctement et il manque cruellement de vocabulaire!
La première tentative se solde par un échec : la Ida qu'il a "élaborée" est laide et difforme.
Sa quête du "bien écrire" conduira Guillaume dans la bibliothèque, mais aussi au coeur même des livres puisqu'il suivra une partie des aventures d'Alice au pays des merveilles, il rencontrera Poil de Carotte avant de s'entretenir avec Arthur Rimbaud en personne. C'est la mort de Gavroche qui le touchera le plus et il en discutera avec le Petit Prince.

La petite morale de l'histoire : on écrit mieux lorsqu'on lit beaucoup !

J'ai adoré cet univers fantastique dans tous les sens du terme! Un voyage imaginaire envoûtant et palpitant!

Quelques extraits :

> Lorsque Guillaume a compris où il pourra retrouver Ida : "La chercher au cimetière, quelle sottise ! Les fantasmes ne meurent pas, quoi qu'il ait pu en penser tout à l'heure ! Ils survivent là où les a fixés l'écriture, éternellement ! Gavroche et Cosette ont-ils disparu avec Victor Hugo? Les Trois Mousquetaires ont-ils suivi Dumas dans la tombe?"

 > "T'en sais des choses, toi..., lui lance-t-il, plein d'admiration. Des fois, on a l'impression que t'es un adulte.
- Ben ... c'est pas ma faute, c'est parce que j'aime bien lire...", répond Doudou d'un air modeste.
Un instant Guillaume reste pensif. Aimer lire, comme c'est curieux! Il y en a qui ont vraiment de drôles de goûts...

> La rencontre entre Poil de Carotte et Rimbaud : "Ils se regardent, se comprennent, malgré tout ce qui les sépare : l'époque, le lieu, la classe sociale. Étrange solidarité des enfants mal aimés : leur rancoeur a fait d'eux des copains !"

> La sage parole du Petit Prince : C'est l'avantage qu'ont les livres sur la vie réelle. Dans la vie réelle, quand un drame arrive, on se dit : "Comme j'aimerais retourner dans le passé, profiter du bonheur d'avant !" La lecture nous donne cette possibilité : il suffit de reprendre les chapitres précédents, et on revit les moments que l'on aime chaque fois qu'on le désire."

Une seule interrogation : est-ce qu'un collégien sera à même de saisir toute l'intertextualité de cette oeuvre?



(Gudule a son blog, ici : http://gudule.over-blog.com/)
Partager cet article
Repost0
28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 17:27

9782264031761[1]

Une enquête policière sur fond historique.

XVIIIème siècle. Siècle de Louis XV.

    Tout commence par la découverte du corps sans vie du vicomte de Ruissec, retrouvé dans sa chambre, un pistolet à ses côtés. C’est Nicolas Le Floch, commissaire de police au Châtelet, qui est chargé de l’affaire. L’enquêteur perspicace et clairvoyant qu’il est, sent immédiatement qu’il ne s’agit pas d’un suicide, comme voudrait le faire croire le père de la victime, le comte de Ruissec.

   Nicolas se rend alors à l’église des Carmes où la comtesse de Ruissec, la mère du défunt, lui avait fixé un rendez-vous secret. Ce n’est pas elle qu’il trouve mais son cadavre. Pendant ce temps, l’autopsie du vicomte révèle que « Cet homme a un ventre de plomb. Il a été tué, torturé, massacré On lui a fait boire du plomb fondu ; l’intérieur a été consumé, la tête réduite, les viscères détruits ! ».

  Deux crimes et un complot contre le roi. Les apparences sont trompeuses et le plus fin limier se verra freiné dans ses investigations. Celles-ci le conduiront, entre autres, auprès de la favorite du roi, la marquise de Pompadour, et de la fille du roi, Mme Adélaïde.

L’intrigue est linéaire et classique mais le style de Parot est vif, sa langue savoureuse, ses descriptions aux échos balzaciens admirables :

« Ils gravirent les degrés donnant sur un vestibule dallé qui s’achevait par un escalier. Le comte de Ruissec chancela et dut s’appuyer sur un fauteuil de tapisserie. Nicolas l’examina. C’était un grand homme sec, un peu voûté malgré son affectation à se ternir droit. Une large cicatrice que l’émotion faisait rougir creusait sa tempe gauche, souvenir probable d’un coup de sabre. La bouche pincée se mordait l’intérieur des lèvres. La croix de l’Ordre de Saint-Michel suspendue à un cordon noir renforçait encore l’austérité d’un strict habit sombre sur lequel tranchait, seule note de couleur, une commanderie de l’Ordre de Saint-Louis accrochée à une écharpe rouge feu qui pendait sur sa hanche gauche. L’épée qu’il portait au côté n’était pas une arme de parade, mais une lame solide en acier trempé. »

   L’érudition et le travail de recherche de l’auteur sont à saluer. Il nous promène entre Paris et Versailles, nous invite à un repas royal ou à l’Opéra pour notre plus grand plaisir.
Jean- François  Parot prouve aussi, dans son texte et les citations mises en exergue son amour de la littérature et de la mythologie. Diplomate, il est actuellement Ambassadeur en république de Guinée Bissao.

Ses enquêtes ont fait l’objet d’une adaptation télévisuelle pour France 2, que je manquerai pas de regarder à la prochaine occasion.

Merci à Y@nn de m’avoir suggéré cette lecture

Partager cet article
Repost0
27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 08:41

                                                          9782353570447[1]
    Il s'agit de la belle suite de Belem - Le temps des naufrageurs - . L'auteur nous signale d'entrée de jeu que "cette histoire retrace la douzième campagne du Belem. Néanmoins, même basée sur des faits réels, cela reste une fiction, et nous ne prétendons pas à une réalité historique que nous laissons aux historiens et aux bien-pendants ".

      Mars 1902. Le Belem se dirige vers la Martinique. Le capitaine, Julien Chauvelon, se voit contraint d'accepter à bord un journaliste, Martin Delapierre, chargé d'écrire un feuilleton (à but publicitaire). relatant une campagne commerciale du Belem.
Arrivé à Sainte-Pierre, le journaliste y découvre des rumeurs contradictoires concernant les dangers du volcan local, La Montagne Pelée. L'éruption serait imminente mais des politiques, au nom des conséquences économiques d'une évacuation de l'île, refusent de prendre leurs responsabilités.
Le 8 mai 1902 : cinq cases sans texte mettent en valeur une vie martiniquaise encore paisible, mais à 7h53, "Après une terrible détonation, le ventre de la Montagne Pelée se déchire en quelques secondes. Un gigantesque panache de fumée sombre s'élance vers les cieux. Torturée, la fumée se dilate, grandit, avale tout..."
Une pluie de cendres s'abat sur le Belem pourtant indemne. "La ville de Saint-Pierre sera rayée des cartes administratives en février 1910. Un nouveau Saint-Pierre sera inauguré en mars 1923, mais ce ne sera plus la perle de la mer des Antilles ".

    Un album encore plus réussi que le premier tome, les couleurs choisies par Patricia Faucon mettent en valeur une île paradisiaque. Différent du premier opus car l'action se déroule plus sur terre que sur mer. Différent aussi car la BD se veut une chronique d'une mort (de milliers de morts!) annoncée.
Les illustrations grandioses se mêlent à une histoire bouleversante et historique. Un vrai chef d'oeuvre!

Mes planches préférées : les cases verticales (cela porte peut-être un nom que les spécialistes m'indiqueront!). Un exemple :

                         6286[1]


                 Jean-Yves Delitte a été récemment auréolé du titre de Peintre Officiel de la Marine.

Partager cet article
Repost0
24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 09:36

Un très JOYEUX NOËL  à toutes et tous.
J'en profite pour crier un immense MERCI pour vos nombreuses visites et votre fidélité.

    Une petite photo d'un endroit où j'aimerais passer Noël en famille (bon, la Laponie, c'est peut-être un peu loin  )

            maison-lapone 620x465[1]

   Gros bisous à vous, prenez soin de vous, mangez bien, buvez bien et n'oubliez pas de vous embrasser!
Une pensée toute particulière pour ceux et celles qui vivront un Noël terni par quelques souffrances...


             c58sapnu[1]




 

Partager cet article
Repost0