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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 21:39

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Qu’est-ce qu’on a entendu parler de ce livre ! en bien, en mal… Mangeur de prix (notamment le Grand Prix du Roman de l’Académie française et le 25è Goncourt des Lycéens), ce gros roman de 667 pages a soulevé diverses émotions, positives et négatives.

Marcus Goldman, le narrateur, est un écrivain célèbre. Il a publié un seul livre qui a immédiatement connu un succès fulgurant, de ceux qui font passer à la télé et sortir avec la vedette de série télé du moment. Oui mais le problème, c’est que Marcus devrait écrire un second excellent roman, très attendu par son éditeur… et par les lecteurs. En panne d’inspiration, il se rend à Aurora, petite ville perdue dans le New Hampshire, pour y retrouver son ami et mentor de toujours, le professeur et écrivain, Harry Quebert. Ce dernier a toujours su prodiguer de bons conseils à son élève. Un roman, surtout, a marqué sa carrière finissante : Les Origines du mal, que toute l’Amérique a lu et relu.

Harry Quebert voit soudain sa vie basculer : on trouve, dans son jardin, le cadavre de Nola Kellergan, une jeune fille disparue à l'âge de 15 ans. Harry est assez naturellement accusé du meurtre, Marcus vient à son secours et commence son enquête, en parallèle à celle de la police. Il apprend très vite que Nola et Harry s’aimaient malgré une différence d’âge d’une vingtaine d’années. Marcus est persuadé que son ami est innocent. Harry lui raconte l’amour très fort qui le liait à la jeune femme. Elle venait quotidiennement chez lui, lui faisait à manger, leur dorlotait pour qu’il puisse écrire sereinement son grand livre.

Les apparences sont trompeuses, les personnages de grands menteurs et les cent dernières pages regorgent de rebondissements. Marcus est au centre, il est plus doué que la police, il fouine, interroge, guette.

Commençons par le positif : l’art de nous emmener dans cette petite ville d’Aurora, on s’y promène allègrement ; les personnages sont judicieusement dessinés, on a l’impression de les avoir croisés en fermant le livre. Ce que j’ai très particulièrement aimé, c’est cet effet poupées russes constant. Un écrivain qui parle d’écriture, un narrateur qui devient personnage et un auteur qui est personnage de son livre, voilà de quoi semer une joyeuse confusion et une douce réflexion sur l’écriture (pas révolutionnaire non plus, il faut bien l’admettre !). Chaque nouveau chapitre débute par un conseil du maître à l’élève, un conseil d’Harry à Marcus. Et l’ironie du sort a voulu que Joël Dicker connaisse le même succès que Marcus Goldman, il faut avouer que c’est assez drôle, on a parfois l’impression que Dicker nous explique comment il a fabriqué son livre à la manière d’un bricoleur nous montrant comment il a monté son meuble en kit…

Le négatif ? Oui, il y en a. Entre les pages 300 et 500, j’ai passé pas mal de temps à soupirer. Que de redites ! Quel style plat ! On a droit à quelques extraits du soi-disant chef-d’œuvre d’Harry Quebert, et là, on en reste comme deux ronds de flan : c’est d’une mièvrerie ! Même l’histoire d’amour entre Harry et Nola, qui aurait pu être touchante (très loin des prodigieux tourtereaux de Nabokov), n’est pas crédible, trop fausse, trop empruntée, trop puérile. Et là on est en droit de s’étonner de savoir l’Académie française plébisciter ce roman. Ce n’est pas un livre de qualité, non. Enfin, il y a la dimension policière. S’il faut admettre que les revirements de situation nous laissent pantois (je défie quiconque de deviner la fin avant l’heure), ces derniers sont aussi un peu tordus et embrouillés et il existe de nombreuses « coïncidences exceptionnelles » (je ne fais que citer le roman lui-même). Et un polar qui traîne de cette manière-là perd en efficacité.

Je l’ai quand même lu en entier, j’y ai parfois pris du plaisir, c’est une lecture facile, parfaite pour la plage, mais certainement pas un roman sublimissime, loin de là. 

 

Jenny est serveuse au Clark’s, le bar qu’Harry (jeune) fréquente régulièrement. Elle se met à rêver qu’il en pince pour elle. Sa mère, Tamara, entre dans son jeu. Petite satire des Etats-Unis au passage…

« Tamara attrapa une boîte de fard et peinturlura le visage de sa fille, tout en rêvassant. Il écrivait un livre pour elle : bientôt, à New York, tout le monde parlerait du Clark’s et de Jenny. Il y aurait sans doute un film aussi. Quelle merveilleuse perspective ! Ce Quebert était l’exaucement de toutes ses prières : comme ils avaient bien fait d’être des bons chrétiens, les voilà récompensés. Elle réfléchissait à toute allure : il fallait absolument organiser une garden-party dimanche prochain pour officialiser la chose. Le délai était court mais le temps pressait : le samedi d’après, ce serait déjà le bal de l’été et toute la ville, médusée et envieuse, verrait sa Jenny au bras du grand écrivain. Il fallait donc que ses amies à elle voient sa fille et Harry ensemble avant le bal, pour que la rumeur fasse le tour d’Aurora et que, le soir du bal, ils soient l’attraction de la soirée. Ah, quel bonheur ! Elle s’était fait tellement de souci pour sa fille : elle aurait pu finir au bras d’un routier de passage. Pire : d’un socialiste. Pire : d’un nègre ! Elle frémit à cette pensée : sa Jenny et un affreux nègre. Soudain, une angoisse la saisit : beaucoup de grands écrivains étaient des Juifs. Et si Quebert était un Juif ? Quelle horreur ! Peut-être même un Juif socialiste ! Elle regretta que les Juifs puissent être blancs de peau parce que cela les rendait invisibles. Au moins, les Noirs avaient l’honnêteté d’être noirs, pour qu’on puisse les identifier clairement. Mais les Juifs étaient sournois. Elle ressentit des crampes dans son ventre : son estomac se nouait. Depuis l’Affaire Rosenberg, elle avait une grande peur des Juifs. Ils avaient tout de même livré la bombe atomique aux Soviets. Comment savoir si Quebert était juif ? Elle eut soudain une idée. Elle regarda sa montre : elle avait juste le temps d’aller au magasin général avant qu’il n’arrive. Et elle s’empressa de faire l’aller-retour. »

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commentaires

niki 26/10/2014 17:41

contente de lire ton avis mitigé - je trouve la réputation de ce livre très surfaite, mais soit, c'est trop tôt dans le livre pour devenir un abandon, quoique ....

hélène 23/06/2014 09:09


Effectivement pas topissime même si je b'ai pas boudé mon plaisir !

Violette 23/06/2014 11:26



de plaisir, je n'en ai pas eu tant que ça... ce fut une déception pour moi!



Coralie 13/08/2013 20:53


Je suis tout à fait d'accord avec toi sur ce livre, que j'ai eue en cadeau et que j'étais très impatiente de lire. Quelle déception ! Je ne comprends pas le prix de l'académie française, sauf à
considérer une dimension parodique volontaire ? C'est un des plus grands mystères de mon année de lecture, tout en concédant qu'il m'a tenue en haleine. 

Violette 14/08/2013 11:56



il me reste à voir le DVD, que j'ai chez moi. Il va réactiver des souvenirs...



Ray 25/05/2013 19:39


Je partage vos réserves sur la qualité du livre et l'étonnement de le voir récompensé du Grand Prix de l'Académie Française. Je pense même ne pas avoir trouvé autant de positif que vous J'ai écrit une chronique assez critique sur mon blog : http://ray-pedoussaut.fr/?p=4256


Cordialement.

Violette 26/05/2013 10:21



Je vais voir ça, merci ! bon dimanche



Philisine Cave 01/05/2013 14:41


archi d'accord avec toi, Très Chère !

Violette 05/05/2013 10:51



tope là :-)



Marion 01/05/2013 10:34


J'ai vraiment aodré ce roman, même si effectivement il y a quelques bémols... Moi aussi j'ai été très déçue par ce "chef d'oeuvre" écrit par Harry Québert...

Violette 05/05/2013 10:47



tu n'es pas la seule à l'avoir adoré! Je n'en fais pas partie (malheureusement!?)



catiechris 28/04/2013 19:11


une copine me l'a prêté ça ne lui a pas plut du tout ! une autre a aimé, et moi ce sera pour plus tard quand j'aurai du temps...

Violette 05/05/2013 10:24



je crois qu'on l'aime ou qu'on le déteste celui-là...



-Perrine- 26/04/2013 18:59


En demi teinte alors...comme d'autres aussi...il faut que je le lise pour me donner un avis...il est juste devant moi là tiens ! Quelqu'un vient de le finir, qui a bien aimé, la fin je crois,
donc c'est ce qu'on retient généralement, et ça a un peu gommé les imperfections du milieu...alors voilà il était bien content...il nous a donné envie !

Violette 27/04/2013 10:17



certains ont adoré, d'autres l'ont rapproché à la littérature "bas de gamme"... fais-toi ton avis!



Coccinelle 25/04/2013 19:15


Je le lirai, c'est sûr, mais pas dans l'immédiat, peut-être cet été


Bonne soirée !

Violette 26/04/2013 10:00



tu as raison de ne pas en faire une priorité. Bonne journée !



Noukette 25/04/2013 00:17


Toujours très envie de le lire celui là, malgré les bémols...

Violette 25/04/2013 08:06



mais tu as raison, fais-toi ta propre opinion... et puis, beaucoup ont adoré!



Alex-Mot-à-Mots 24/04/2013 08:20


Un roman facile à lire qui m'a bien détendu.

Violette 25/04/2013 08:08



autant détendue qu'agacée pour ma part... mais facile à lire, oui, ça c'est sûr.



Grigrigredin 23/04/2013 21:10


Dans ces cas-là je n'hésite pas sinon j'ai l'impression de gâcher du temps que je pourrais passer à me faire plaisir avec un autre livre...! 

Violette 25/04/2013 08:09



c'est l'impression que j'ai eu pendant cette lecture : et dire que je pourrais être en train de lire autre chose...



Grigrigredin 23/04/2013 16:15


Je pense que je le lirai. Si je n'accroche pas, je n'hésiterai pas à arrêter...

Violette 23/04/2013 18:12



tu as raison, moi j'ai toujours un mal fou à abandonner une lecture.



jerome 23/04/2013 09:01


Les points négatifs que tu soulignes suffisent à me convaincre de passer mon chemin. J'ai tellement d'autres choses à lire, pas envie de perdre mon temps avec ce roman.

Violette 23/04/2013 10:29



je ne peux que te donner raison, cette lecture est une perte de temps.



Philippe D 22/04/2013 21:40


Qu'est-ce qu'on rencontre ce livre sur les blogs! Un gros succès apparemment! 


Bonne semaine. 

Violette 23/04/2013 10:33



un succès pas toujours apprécié. Une perte de temps pour ma part.



Valérie 22/04/2013 12:30


C'est marrant, quand je pense à Lolita de Nabokov, je ne pense pas à des tourtereaux mais à un pervers et à une fillette.

Violette 22/04/2013 20:49



je suis d'accord avec toi mais on ne peut ignorer la référence ici (le vieux avec la petite jeune) même si la relation est des plus platoniques.



awa74 22/04/2013 11:05


Les avis sont très mitigés, il faudra que je le tente.

Violette 22/04/2013 20:50



je suis contente de l'avoir lu pour savoir de quoi il en retourne mais vraiment, il ne vaut pas le détour.



keisha 22/04/2013 09:22


Trop long pour que je persévère, car pas vraiment accrochée par l'écriture. Donc, adieu!

Violette 22/04/2013 20:51



je te comprends, il m'est arrivé en cours de lecture de me dire "mais quelle perte de temps!" ... m'enfin!



Cyru 22/04/2013 06:20


j'ai vraiment beaucoup aimé, je l'ai recommandé, je l'ai offert.


sur les blogs actuellement on ne parle que de ce livre et pas toujours en bien, c'est drôle les différences d'opinion sur un livre.  je ne reviens pas sur ma lecture, j'aime, j'aime, j'aime.


bonne semaine et bonnes lectures


 


 

Violette 22/04/2013 20:52



c'est ton droit :-) Je ne l'ai pas détesté mais certains passages ainsi que l'écriture m'ont vraiment agacée.



sylire 21/04/2013 23:03


Lecture prévue pour bientôt. C'est un livre qui m'intrigue...

Violette 22/04/2013 20:26



oui, il faut mieux se faire sa propre opinion.



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