Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 14:25

     Il était temps ! C’est avoir des œillères que manquer ce roman (aux neuf prix !) présent en tête de gondole dans toutes les librairies !



Premières impressions : l’univers andalou du XIXème siècle qui est le cadre du roman m’a transportée dans un autre univers : celui de la littérature maghrébine féminine (Assia Djebar, Nina Bouraoui, ...) – le même tragique, une place particulière accordée à la femme, une importance attribuée à la mort… Puis c’est aux griots africains que j’ai pensé, ceux qui assurent le maintien de la littérature orale, ceux qui transmettent, par la parole, les histoires du temps passé. 

         Carole Martinez nous raconte effectivement, à travers la narratrice Soledad, la saga d’une famille espagnole, celle de Fraquista Carasco et de ses sept enfants. Le roman est constitué de nombreux chapitres qui pourraient être lus comme de petits contes à part entière. L'auteur manie les mots avec virtuosité, les descriptions avec grand talent ; aucune phrase n'est ordinaire, les métaphores sont récurrentes, vives, douces et savoureuses.

       Frasquita est mariée très jeune à José Carasco, ce mariage arrangé qui devrait attrister la jeune femme, la met en joie : la robe de mariée portée par toutes les femmes de la famille, cet "horrible petit bout de chiffon" sera à elle. Elle pourra l'embellir, le rouir, le tisser, le filer, le coudre et le broder à sa guise.
"Frasquita fit jaillir une splendide corolle de drap blanc de la petite robe grise. La découpe, les broderies, les ajouts de tissu transcendèrent ce torchon, témoin d'un siècle d'épousailles consommées".
Le talent de couturière de Frasquita sera le fil directeur du roman. Un linceul brodé de ses mains attire tellement les regards que la défunte qui le porte est oubliée, sa tombe sera profanée et le suaire volé.

Le cœur cousu est le cœur brodé par cette mère, Fraquista, et offert à la Madone, la Vierge bleue, à qui il manquait un corps. Le père Pablo « s’approcha de la Madone, tout doucement, comme s’il craignait de dissoudre le mirage. Arrivé à portée de main de l’apparition, il constata qu’attaché au squelette à l’aide d’un réseau de fils de couleurs un cœur bordé vibrait, sensible au moindre souffle. Le visage de la Madone semblait s’éclairer d’une joie nouvelle, il s’animait presque sous les feux de ce qui s’agitait en son sein ».

        La seconde partie du roman dédié à la révolte et à l'errance nous éloigne du village de Santavela et nous transporte encore un peu plus dans l'univers du conte et de la poésie. Les enfants de Frasquita sont mis à l'honneur : Pedro, l'unique fils artiste peintre, Anita muette puis conteuse, Angela, la fille à la voix d'or,  Martirio, fille des ténèbres au baiser mortel, Clara, l'enfant-lumière...

Cette immense fresque, est une fable féerique qui nous dépayse, nous pétrit de mots, nous transporte dans un monde de femmes liées entre elles par un coffret magique et transgénérationnel.
J'émettrais un petit bémol, ce roman dépaysant est un plaisir pour les yeux tant il est riche et coloré, c'est un vrai chef d'oeuvre mais qui, par ses mêmes qualités, crée en contrepartie, une distance avec le lecteur. C'est ce que j'ai ressenti, je suis parfois restée en dehors du récit, et je pense également que c'est un roman de et pour les femmes, un homme s'y ennuierait peut-être un peu...

Partager cet article

Repost 0

commentaires

anjelica 20/04/2011 17:18



pour ma part, j'ai pas trop aimé



Violette 20/04/2011 19:15



je peux comprendre!



Présentation

  • : Le blog de Violette
  • Le blog de Violette
  • : Un blog consignant mes lectures diverses, colorées et variées ... et d'autres blabla en prime.
  • Contact

à vous !


Mon blog se nourrit de vos commentaires...

Rechercher

Pages