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13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 15:14

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         Eh non, je n’avais jamais lu ce classique de la littérature !

         Le narrateur vit et grandit dans un village africain, Kouroussa, en Haute-Guinée, dans la case de sa mère. Trois univers composent son quotidien : la forge de son père à qui il arrive de transformer de l’or, le travail des champs de son oncle et l’école. Différentes étapes rythment l’existence de cet « enfant noir » des années 30 : les grands qui maltraitent les petits à l’école, la cérémonie des lions (celle qui précède celle de la circoncision et qui fait tant peur aux petits garçons), les études faites à Conakry la capitale, les premières amours, l’éloignement du fils. Au final, Laye va faire le choix de poursuivre ses études et de rejoindre Argenteuil.

         En ces temps difficiles, j’ai aimé me détendre au pied de ce grand fromager (pour qui en a déjà vu un, c’est un arbre extraordinaire), écouter le tam-tam et rire dans les champs avec les autres. Dans ce court récit d’apprentissage, la simplicité côtoie l’authenticité et permet au lecteur de découvrir les traditions guinéennes et de mieux appréhender cette délicate question de l’exil. La fin est touchante, la mère ne veut pas laisser partir son fils en France, le cri du cœur « ils veulent l’emmener chez eux » est déchirant. C’est un roman autobiographique et Camara Laye reviendra dans son pays après avoir obtenu un diplôme d’ingénieur, il deviendra ensuite ambassadeur au Ghana avant de devoir fuir son pays avec sa famille.

Hommes, femmes et enfants moissonnent les champs et d’être ensemble suffit à supporter la corvée : « ils chantaient en chœur, ils moissonnaient ensemble : leurs voix s’accordaient, leurs gestes s’accordaient ; ils étaient ensemble ! – unis dans un même travail, unis par un même chant. La même âme les reliait, les liait ; chacun et tous goûtaient le plaisir, l’identique plaisir d’accomplir une tâche commune. »

La mère de Laye est tellement en colère en apprenant le départ de son fils pour la France : « Mais à présent elle savait que partirais et qu’elle ne pourrait pas empêcher mon départ, que rien ne pourrait l’empêcher ; sans doute l’avait-elle compris dès que nous étions venus à elle : oui, elle avait dû voir cet engrenage qui, de l’école de Kouroussa, conduisait à Conakry et aboutissait à la France ; et durant tout le temps qu’elle avait parlé et qu’elle avait lutté, elle avait dû regarder tournée l’engrenage : cette roue-ci et cette roue-là d’abord, et puis cette troisième, et puis d’autres roues encore, beaucoup d’autres roues peut-être que personne ne voyait. Et qu’eût-on fait pour empêcher cet engrenage de tournée ? On ne pouvait que le regarder tournée, regarder le destin tourner : mon destin était que je parte ! »

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commentaires

D
Lu il y a longtemps, quand j'étais au collège, je crois... je me souviens avoir aimé mais il faudrait que je le relise...
Daphné
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G
J'ignorais que ce roman était un classique... Et je ne l'ai pas lu non plus. Je sais ce qu'il me reste à faire, d'autant que ce livre devrait beaucoup me plaire.
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V
ravie de te l'avoir rappelé à ton bon souvenir !
L
je passe souvent sur ton blog, mais je ne peux pas souvent mettre un commentaire . Si je suis sur mon téléphone ou ma tablette on me dit que mon jeton CRSF est invalide. je ne savais pas que j'avais un tel jeton ! bref je veux que tu saches que je lis tes billets mais que je ne peux mettre des commentaires que si je suis sur un ordi.
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V
ah zut!! Je suis trop quiche en informatique pour rectifier ça mais je vais jeter un oeil, merci de me l'avoir signalé...
A
Un roman qui m'avait passionné.
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V
:)
H
Je l'ai lu récemment aussi avec grand plaisir !
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V
il est incontournable
F
OH c'est marrant de voir ce livre sur un blog :-)
(Petite histoire: j'ai découvert ce livre l'année passée grâce à une des mes apprenantes guinéenne, qui savait que j'aimais lire et qui m'en a parlé. Je n'en avais jamais entendu parler!)
Maintenant il faudrait que je le lise.
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V
il est souvent donné en référence dans le domaines des autobiographies africaines.
A
Ouhlala lu il y a un bail à l'école. Je ne sais plus si j'avais aimé, ou même vraiment compris ce que je lisais.
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V
Si j'ai aimé la lecture, je me suis dit qu'il aurait du mal à toucher des collégiens... par extraits peut-être, bien accompagnés.
S
Une lecture qui remonte à plusieurs dizaines d'années...
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V
lu à l'école?
M
Je ne connaissais pas du tout mais je retiens, je crois n'avoir jamais lu de littérature guinéenne.
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V
maintenant que tu le dis, ça doit être mon premier !
K
Je l'ai lu il y a très longtemps, mais je n'ai plus trop de souvenirs, en fait
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V
la fin est vraiment touchante mais les 2/3 s'oublient vite, je pense.
K
Oh ! Je l'ai lu lorsque j'étais très jeune... il y a de nombreuses années, je me souviens que j'avais aimé.
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V
ravie de rappeler un souvenir d'enfance/d'adolescence.
C
Et bien je n'avais jamais entendu parler de ce livre ! je te remercie pour la découverte... il a l'air bien :)
Bonne soirée !
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V
tant mieux si je te fais découvrir quelque chose ;) Bon dimanche !
D
Mes souvenirs sont vraiment lointains, mais je me souviens l'avoir lu en français en cours de 6ème. A relire donc !
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V
whaouh, en 6è ! je me vois mal leur donner ça à lire, à mes 6è... 10 pages du Livre de la jungle est déjà très laborieux pour certains...
E
je ne l'ai pas lu non plus mais il devrait me plaire :-)
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V
voyage garanti !

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