
J’ai chopé cette pièce de théâtre à la bibliothèque et l’ai lue en deux temps trois mouvements.
Katia et Justine sont deux jeunes femmes qui se retrouvent dans un bar après s’être connues chez un ami commun. C’est évident, Katia, homosexuelle, drague ouvertement Justine qui – même si elle aime généralement les hommes – se laisse séduire. Elles boivent, vont en boîte, s’embrassent et se retrouvent dans le même lit. Contre toute attente et malgré les craintes de Katia, Justine s’accroche, s’engage, reste, aime sa nouvelle compagne. Et lui demande, deux ans plus tard, un enfant. Même si elle se montre d’abord réticente, Katia accepte l’insémination artificielle pour Justine et, sur un pari un peu rapide, pour elle aussi. C’est Katia qui tombera amoureuse mais Justine ne tiendra pas toutes ses promesses…
Je l’ai dit, j’ai lu la pièce d’une seule traite, j’en sors bouleversée mais un peu frustrée. Les personnages m’ont paru un peu caricaturaux et simplistes, j’aurais aimé, pour une pièce contemporaine, trouver une pointe d’originalité soit dans les dialogues, soit dans la mise en scène. J’ai pourtant été émue par cette histoire d’amour qui finit mal, par les revirements de situation et la métamorphose de certains personnages. Mais je suis restée sur ma faim, il m’a manqué le petit grain de folie que j’apprécie chez Michalik. Evidemment, il faudrait voir la pièce, c’est toujours possible jusqu’à fin octobre à La Scala, à Paris. N’hésitez pas, elle a reçu le Molière de la mise en scène d'un spectacle de théâtre privé, et venez me raconter !
Katia et Justine emménagent ensemble, Katia panique lorsque le livreur apporte un canapé ; il tente de la rassurer (ou pas !) : « C’est normal. Le canapé, c’est le temps qui passe. C’est la peur de l’engagement, l’angoisse de vieillir. La mort qui se rapproche. L’inéluctabilité du néant. »
Le frère de Katia, William, se retrouve à vivre à la campagne, seul, après une rupture : « Ça me fout une angoisse pas croyable. Y a pas un café à dix kilomètres à la ronde, un musée je t’en parle même pas, mon voisin le plus proche a soixante-quinze ans, si la voiture tombe en panne, je meurs. Je meurs de faim. On va me retrouver dévoré par les renards. »




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