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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 14:33

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            Il est des rencontres qui se passent mal. J’ai choisi cet album complètement au hasard dans ma bibliothèque et vlà-t-il pas qu’à peine deux jours plus tard, je lis un billet élogieux chez Lilibook. Chouette, me dis-je, une belle lecture en perspective ! Que Nenni ! Je suis restée complètement en dehors de cette histoire appartenant au genre fantastique.

            Une nuit de tempête, en pleine mer. Un homme débarque sur une île, Yulkukany, l’île des Baleiniers. Sur la deuxième planche, surgit déjà une créature qui accueille étrangement le visiteur, Milander Dean, un géologue venu étudier les fascinantes pierres de l’île. Elianor, une petite fille, tout sourire, souhaite la bienvenue à l’étranger. Elle ne le lâchera plus d’une semelle et son enthousiasme, sa joie de vivre et son bagou exaspéreront très vite Dean qui se présente comme un homme triste et taciturne. Ayant perdu son fils emporté par une maladie étrange et sa femme disparue il ne sait où, Dean se sent prisonnier de son passé. Sur cette île elle aussi lugubre et triste (la mer emporte trop souvent les marins…) la gamine fait figure de cas à part. Elle s’invente un monde extraordinaire, s’efforçant de déceler partout du merveilleux et du prodigieux. Les rôles vont, pour ainsi dire, s’échanger et c’est le type aigri par la vie qui va avoir la banane.

            Je n’arrive pas à comprendre pourquoi je n’ai pas accroché. Est-ce dû à cet univers résolument fantastique ? Le graphisme ne m’a pas emballée non plus, les visages m’ont plu, un peu plus que le reste, le dessinateur a souvent légèrement animalisé les personnages, mais le côté dessin animé japonais m’a agacée. (Juliette je t’aime à la pension des mimosas, désolée, voilà à quoi j’ai pensé !)

 

            Une petite citation que, cette fois, j’aime beaucoup, pour ne pas finir sur une note trop négative :

« La tristesse résiste bien au temps qui passe, mais malheureusement le bonheur, lui, finit par se transformer en nostalgie. »

 

 

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 02:48

Tome 1 : L’île de solitude

            Coup de foudre immédiat pour cette BD ! Les traits fins, raffinés, grandioses confèrent aux dessins quelque chose de majestueusement noble. La beauté est aussi parfaitement retranscrite que la laideur. nullNos deux héros sont physiquement opposés mais unis par une harmonie esthétique assez remarquable.
            Quant à l’intrigue, le romanesque suinte délicieusement à chaque page. Blanche, jeune fille naïve et sans expérience, sort du couvent à 19 ans pour se marier avec un homme d’affaire vieux et volage… qui s’en va sans avoir accompli son devoir conjugal de la nuit de noce. La jeune femme, blonde, fine, adorable est tenue d’habiter dans une maison immense occupée par plusieurs domestiques, isolée dans une île entourée d’abruptes falaises. Parmi les domestiques, un homme se fait remarquer par sa différence : Toumaï. Il est noir et esclave, il est de cette race « mi-hommes, mi-animaux. Ce sont des primitifs. Certains scientifiques pensent qu’il seraient très proches du singe » dit le prêtre à Blanche. Oui, mais pour Blanche, Toumaï se démarque aussi par sa sensibilité, sa beauté physique, sa subtilité, sa délicatesse, alors que tous les gens qui l’entourent débordent constamment de méchanceté, d’hypocrisie et de bêtise. La suite, vous la devinez comme je l’ai intimement souhaitée : les deux opposés s’attirent jusqu’à s’unir. Les rumeurs vont vite et lorsque Blanche tue celui qui voulait abattre Toumaï, il ne reste qu’une seule solution : la fuite. Précisons un détail intéressant : la jeune femme a un léger handicap, elle ne distingue pas les couleurs et l’album tourne autour de ce motif : le prénom de l’héroïne qui correspond à la blancheur de sa peau, le noir ébène de Toumaï, une symphonie de couleurs tantôt chaudes, tantôt grises pour des paysages tous plus sublimes les uns que les autres…     Conquise, j’ai été complètement conquise !!! Ce côté Bonnie & Clyde, seuls contre tous dans un univers hostile, l’insolente beauté des amants, leur lutte contre les interdits et les préjugés, j’ai adoré, a-do-ré !

Ces citations qui correspondent autant à Blanche qu’à Toumaï :

-         « Je n’ai ni famille, ni attaches, je n’ai pas de racines, quant à mon avenir, on le trace pour moi. Je suis comme prisonnière.

-         « On m’a arrachée à ce que je connaissais, un navire m’a fait traverser l’océan pour m’échouer sur ces terres grises et inconnues. »

 

Tome 2 : Toumaï, les savanes forcées

            Chavant sort le grand jeu dans le tome 2 : les paysages rocheux ont laissé leur place à la savane africaine, leurs baobabs, leurs cases, leurs animaux sauvages. Dès la première planche, Toumaï et Blanche sont séparés. La jeune femme est capturée par les colons et le baron consent à la libérer si elle devient sa femme. nullToumaï, quant à lui a rejoint les siens mais il n’est pas reconnu comme tel : il ne sait pas chasser, il ne se retrouve pas dans leurs mentalités, on l’appelle « Blanc-Noir » et le chef du village l’exhorte à s’en aller « Tu pensais que les Blancs étaient les méchants, que c’étaient eux qui nous réduisaient en esclavage (…) entre « frère de couleur » nous nous réduisons en esclavage (…) Toumaï, demain à l’aube, tu partiras. Tu n’as rien à faire ici. » Nos deux apatrides souffrent donc chacun de leur côté, vivant dans le cruel manque de l’autre. Pendant que Toumaï se lie d’amitié avec Mbissine qui est elle aussi rejetée par sa différence (elle ne peut avoir d’enfants), Blanche fuit son vieillard de potentiel époux ; plusieurs cases sans texte se font l’écho de sa solitude dans la savane hostile. Mais si les hommes la méprisent, les animaux l’acceptent et, comme par miracle, elle est recueillie par une famille de lions. Ceux-là même qui attaqueront ses poursuivants et qui lui permettront de retrouver son Toumaï. Les deux amants sont dans la même situation qu’à la fin du tome 1 : seuls, rejetés de tous, unis par leurs différences et comme protégés par le sort.

            S’il n’y avait plus l’attrait de la nouveauté du premier tome, j’ai été tout autant séduite par cette suite, rien ne manque : exotisme, révolte, alliance, injustices, sensualité … pour nous faire attendre un tome 3 avec impatience ! Allez, Thierry Chavant, mettez-vous à la tâche, j’en veux encore !

 

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 23:08

            Yaneck me pardonnera peut-être un jour... cela doit faire plus d'un an que je lui envoie (presque) scrupuleusement mes notes de lectures BD tous les mois, il brasse les résultats de tous les participants blogueurs pour obtenir un classement des 50 BD préférées de la blogosphère. C’est la première fois (oui, j’ai honte) que je publie enfin ce classement.

            L’auto-flagellation a assez duré pour que je vous confie les titres que je n’ai pas lus dans la très belle liste ci-dessous. Mais des idées vous saurez puiser, chers amis, qui complèteront à merveille le Tag des illustrateurs qui connaît un fort succès depuis quelques jours…

Cliquez sur un titre, vous obtiendrez la critique d'un des votants (le 24 c'est moi, sans vouloir faire de pub...) 

            Je ne sais pas si je penserai, tous les mois, à venir vous faire le bilan, mais allez voir le blog de Yaneck, il est bien plus constant que moi (en même temps, ben, c’est lui le chef…). Merci à lui pour ce joli travail très intéressant ! 

 

 

1- (+) Persépolis, Marjanne Satrapi, L'Association                 19.5

2- (-) Le journal de mon père, Jiro Taniguchi, Casterman   19.38

3- (=) Batman Dark Knight, Frank Miller, Delcourt                      19

4- (+) Maus, Art Spiegelmann, Flammarion                               18.92

5- (+) Elmer, Gerry Alanguilan, Ca et là       18.68

6- (=) Universal War One, Denis Bajram, Soleil                       18.58

Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5, Tome 6.

7- (=) Le Grand pouvoir du Chninkel, J. Van Hamme, G. Rosinski, Casterman    18.5

8- (=) V pour Vendetta, Alan Moore, David Lloyd, Delcourt 18.44

9- (=) Quartier Lointain, Jiro Taniguchi, Casterman    18.39

10- (=) Astérios Polyp, David Mazzuchelli, Casterman               18.33

11- (=) Black Hole, Charle Burns, Delcourt                                18.33

12- (=) Blankets, Craig Thompson, Casterman                  18

13- (=) Pinocchio, Winschluss, Les Requins Marteaux              18

14- (=) L'ascension du haut-mal, David B, L'Association          18

Tome 1, Tome 2, Tome 3,

15- (=) Légendes de la Garde, David Petersen, Gallimard     17.9

Tome 1, Tome 2.

16- (=) Trois Ombres, Cyril Pedrosa, Delcourt                                             17.83

17- (=) Pyongyang, Guy Delisle, Decourt                                                       17.79

18- (=) La mémoire dans les poches, L. Brunschig, E. Leroux , Futuropolis     17.7

Tome 1, Tome 2,

19- (=) Un ciel radieux, Jirô Taniguchi, Casterman                  17.7

20- (=) L'âme du Kyudo, Hiroshi Hirata, Delcourt                   17.67

21- (=) Poulet aux prunes, Marjanne Satrapi, L'Association                  17.67

22- (N) High Society, Dave Sim, Vertige Graphics                                                                              17.63

23- (=) Nous ne serons jamais des héros, O. Jouvray, F. Salsedo, Lombard 17.53

24- (=) Un homme est mort, Kriss, Etienne Davodeau, Futuropolis                            17.5

25- (+) Walking Dead, Robert Kirkman, Tony Moore, Charlie Adlard, Delcourt   17.47
Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5, Tome 6, Tome 7, Tome 8, Tome 9, Tome 10,

Tome 11, Tome 12, Tome 13,

26- (=) Le signe de la lune, Enrique Bonet, José Luis Munuera, Dargaud                   17.43

27- (=) Omni-visibilis, Lewis Trondheim, Matthieu Bonhomme, Dupuis                       17.4

28- (=) Couleur de peau miel, Jung, Soleil                                                    17.39

Tome 1, Tome 2.

29- (-) Kraa tome 1- La vallée perdue, Benoît Sokaal, Dargaud                                   17.38

30- (=) Le sommet des dieux, Yumemuka Bura, Jirô Taniguchi, Casterman       17.38

Tome 1,Tome 2,Tome 3, Tome 4, Tome 5.

31- (=) Undercurrent, Tetsuya Toyoda, Kana                                                           17.38

32- (+) Voyage aux îles de la désolation, Emmanuel Lepage, Futuropolis             17.38

33- (=) Kick-Ass, Mark Millar, John Romita Jr, Panini Comics                                   17.35

Tome 1, Tome 2

34- (=) Rides, Pablo Roca, Delcourt                                                                            17.33

35- (=) Batman Guerre au crime, Paul Dini, Alex Ross, Soleil                   17.33

36- (=) Je mourrai pas gibier, Alfred, Delcourt                                                17.3 

37- (=) Alpha... Directions, Jens Harder, Editions de l'An 2                                               17.23

38- (-) De cape et de crocs, Alain Ayroles, Masbou, Delcourt                    17.21

Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4, Tome 5, Tome 6, Tome 7, Tome 8, Tome 9,

39- (=) Pluto, Naoki Urasawa, Kana                                                                                   17.21
Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4,Tome 5, Tome 6,

40- (=) Quai d'Orsay tome 1, Abel Lanzac, Chrisophe Blain, Dargaud                     17.2

41- (=) Elle ne pleure pas elle chante,  Corbeyran, T. Murat, Delcourt   17.17

42- (=) L'orme du Caucase, Jiro Taniguchi, Casterman                    17.17

43- (=) Ayako tome 1, Osamu Tezuka, Delcourt,                                                    17.13

44- (N) Le Complot, Will Eisner, Grasset                                                                   17.11

45- (N) Chi une vie de chat, Konami Konata, Glénat Manga                                         17

Tome 1, Tome 2,

46- (=) Où le regard ne porte pas, Georges Abolin, Olivier Pont, Dargaud           17
Tome 1, Tome 2.

47- (=) L'orchestre des doigts, Osamu Yamamoto, Editions Milan                      17
Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4.

48- (=) Rural!, Etienne Davodeau, Delcourt                 17

49- (=) Haunt tome 1- Frères ennemis, R. Kirkman, R. Ottley, Greg Capullo, Delcourt      17

50- (=) Corto Maltese, Hugo Pratt, Casterman                                                            16.94

Tome 1, Tome 2,Tome 3, Tome 4,

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 08:47

 

            J’avais découvert cette bande dessinée il y a quelques mois sur un blog (que son auteur m’excuse, je ne sais plus duquel il s’agit !) et j’avais craqué sur la couverture qui m’avait impressionnée. Maintenant que j’ai l’ouvrage entre les mains, j’aime toujours autant ce décor majestueusement doré et son petit bonhomme au centre, pourtant pas si petit que ça. Les planches de la BD n’ont presque rien à voir avec cette première de couverture.

            C’est bien de politique qu’il s’agit. Arthur Vlaminck, est engagé, à sa grande surprise, par le ministre des affaires étrangères (qui a de fâcheuses ressemblances avec un certain D. de Villepin) qui le charge d’une mission : « le langage ». En fait, il devra écrire les discours de ce même ministre. Des problèmes surgissent telles des montagnes infranchissables : le ministre est un hyperactif nombriliste et perfectionniste qui n’est jamais satisfait que par ses propres trouvailles ; l’univers gouvernemental n’est qu’entourloupes, supercheries, langue de bois (comment, vous ne le saviez pas déjà ?) et notre pauvre Arthur bosse plus de 24h par jour (quoi ?)

            L’ensemble est jubilatoire quoiqu’un peu longuet (pour ma part, les 96 pages auraient très bien pu se réduire à une soixantaine). Les dialogues ne nous prouvent qu’une chose : voilà bien un milieu où l’on fait du vent avec rien, où l’on parle dans le vide en accumulant inutilités et vanités. J’ai d’ailleurs adoré ce ministre qui fait des moulinets avec ses bras, qui tente de faire mille choses à la fois pour un résultat plus que médiocre. Mais l’œuvre de Lanzac va plus loin (il a été ancien conseiller de Villepin !) et nous démontre aussi que cette fonction de haut rang ne peut qu’être mission impossible dès le départ : il faut contenter un maximum et contrarier un minimum, il faut ménager son monde et ne froisser personne…Univers qui me débecte dans l’absolu mais qui m’a bien fait rire dans cet album. Le ministre utilise des mots-clés à la manière de Delarue : "légitimité, lucidité, efficacité" dont la variante est "responsabilité, unité, efficacité".

            Un petit extrait où l’imposant ministre explique à sa secrétaire l’importance du stabilo : « …je vais vous donner un conseil : ne faites jamais confiance à ces intellectuels avec leur plume baveuse. Ils écrivent n’importe quoi. Ils n’ont même aucune idée de ce que c’est que l’écriture. Ce qui compte, c’est d’y voir clair. Stabilo Tchac ! Stabilo Tchac ! Regardez par exemple ce livre. Vous voyez tout de suite qu’il est nul. Y a rien qu’est stabilossé. Alors que ça, là, j’ai tout stabilossé. Ca, c’est un bon livre. Ca, c’est du lourd ! du lourd ! Ce qui compte, c’est la matière dure. C’est ce qui est jaune. Moi, j’ai un radar pour ça. Et vous savez quoi, même ? Un livre, pour savoir s’il est bien, j’ai à peine besoin de le lire. Je le stabilosse intuitivement. » cette dernière phrase a de quoi devenir culte, non ?

           Quant au  graphisme, je dois dire quà part la couverture, je n'ai pas trop apprécié. C'est drôle parce que le style de dessin semble correspondre au personnage du ministre : vif, rapide, quelque peu brouillon ; les visages ne sont pas nets, beaucoup de cases se ressemblent... 

 

 

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 09:41

 

 

 

            Attirée par la couverture et le titre, je m’attendais à une bédé rigolote. Que nenni !

            Georges, la cinquantaine, raccompagne un vieillard chez lui un soir. Le vieux bonhomme a trop bu et a du mal à tenir sur ses jambes. En buvant un café, il tient un discours bien étrange à Georges : il serait le Père Noël, le vrai ! Georges le prend pour un fou mais quand il entend son parcours, il commence à le croire : Résistant pendant sa jeunesse, il a été arrêté puis torturé et a fini par trahir les siens. Il les a vus se faire fusiller devant ses yeux. Cette faute l’a poursuivi toute sa vie jusqu’à ce qu’on lui propose de devenir Père Noël pour racheter ses erreurs passées. A un âge bien avancé, le vieillard se cherche désormais un successeur. Georges est bien intéressé car lui aussi a une terrible faute à oublier : quelques années auparavant, il a abusé d’une secrétaire bien jolie… qui a fini par se suicider.

            Georges se prend au jeu, démissionne, s’apprête déjà à faire le bien autour de lui quand… il surprend des infirmiers arrêter le vieillard pour l’emmener à l’asile.

Une réflexion sur le bien et le mal, sur le rachat des fautes commises dans une vie, rondement bien menée, originale et un peu déroutante… et un vieillard sénile et cinglé bien plus sage qu’il n’y paraît :

« Nous avons tous notre faute, n’est-ce pas Georges ? Mais il y a l’espoir qu’un jour… si vous saviez, si vous saviez vraiment ! Ils m’ont sauvé ! De partout on a besoin du Père Noël. C’est une lumière dans la nuit, une main tendue en direction du monde. De partout on crée le même décor pour accueillir le vieil homme en rouge… »

Ou le Père Noël, substitut de la religion…

            Les dessins transmettent l’émotion du texte avec justesse et réalisme. Les regards sont particulièrement saisissants, on a l’impression de voir des visages de saints dans une peinture religieuse. Le message est sous-jacent et cet album donne à réfléchir. Encore une jolie découverte !

 

 

 

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 10:11

 

            Certaines sont à la recherche du  point G ? Mesdames, mesdemoiselles, Martin Veyron est là pour vous aider à le trouver…

            Cet album est la suite de L’Amour propre (publié en 1983) que je n’ai malheureusement pas lu. Il racontait le parcours d’un jeune homme à la recherche du fameux point nirvanique. Blessure d’amour propre (2009) démarre avec ce rappel par l’intermédiaire d’un dialogue entre un homme d’âge mûr qui n’est autre que l’auteur et un employé de la fourrière.

« Veyron… Martin… Mh… Martin Veyron ! C’est vous ?

-          Oui… c’est mon permis !

-          Comme le dessinateur ?

-          C’est moi.

-          Je croyais que vous étiez mort.

-          Ah ? Ben non.

-          Vous n’avez rien foutu depuis L’Amour propre ?

-          Hhhhhshh

-          Ce truc vous a rapporté tellement de pognon que vous vous tournez les pouces depuis vingt ans !

-          Vingt-quatre. »

 

 

                Le ton est donné, celui de l’autodérision ! De ce point de vue-là, la BD est savoureuse, l’auteur se dessine comme un être un peu mou, négligé, fatigué et souffrant de la prostate. Il subit d’ailleurs une opération qui le rend impuissant mais il s’en fiche. Débarque alors une jeune et jolie journaliste qui veut en savoir plus sur le point G. Elle demande alors à Martin Veyron, pour son enquête, d’aller lui chercher le point G. C’est le début d’une folle aventure pour notre gaillard puisque ce farfouillage entre les jambes des femmes deviendra son gagne-pain. Les femmes défilent, on crée même un « institut », et les « ahhh » de jouissance déchirent régulièrement les oreilles de notre « spécialiste ». La BD se clôt sur l’arrestation de martin Veyron pour « exercice illégal de la médecine »

            Ca ne vole pas très haut, je rajouterais même que c’est de l’humour sous la ceinture, m’enfin, on rit bien et certaines situations sont délirantes de loufoquerie et de cocasserie : Martin Veyron se plaint de son boulot à sa femme qui le réconforte en lui disant que ce sera bientôt fini. La journaliste désespère de ne pas arriver à jouir dans les doigts magiques du spécialiste : « J’en ai marre. Pourquoi vous les faites toutes jouir sauf moi ? Vous pouvez en faire reluire d’autres, je m’en fous, pourvu que moi aussi ».

            Je n'ai pas été friande du graphisme, par contre, la métaphore filée du jardinage associée au plaisir de la femme qui apparaît dans certaines bulles m'a bien plu.

            L’album a tout de même été couronné par le prix de la BD Point 2009.

 

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 11:02

 

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            En voyant le nombre d’auteurs pour cette BD, je me suis dit que ça ne pouvait être que bon… on a les critères qu’on veut, hein… !?   J

Deuxième surprise : les premières planches qui ne se passent pas du tout en Egypte comme pourrait le faire croire la couverture.
Troisième surprise : l’introduction, très tôt dans la BD, du surnaturel, mais subrepticement…

            Fin XVIIIème siècle, la flotte française quitte le territoire pour rejoindre l’Egypte. Au bord du navire : la famille Delorme. Le père qui a perdu son épouse, la fille, Cléo, rebelle et effrontément séduisante et le fils, Julien, le mal-aimé. Suite à une tempête au cours de laquelle se produisent des phénomènes plus qu’étranges, Youssouf avoue à Célo que sont histoire personnelle et familiale est liée à la Grande Histoire égyptienne, celle de Seth et Maât entre autres. A partir de là, le rythme du scénario s’accélère, les rebondissements vont de pair avec les digressions et les retours en arrière.

            Si ma première impression fut excellente - les premières planches m’ont captivée, la fin de ma lecture se teinta d’une légère déception. La trame se fait parfois trop artificielle, la fin trop Disney. C’est d’ailleurs assez drôle, en lisant, je n’arrêtais pas de penser aux dessins animés de mon enfance, comme Les Cités d’Or ou beaucoup plus récemment, Mulan. Les personnages aux grands yeux de biche, les expressions de surprise, les gros nez ronds…  Dans mes recherches sur la toile, je trouve les mêmes comparaisons (pour l’originalité, on repassera donc !). Les couleurs comme le reste d’ailleurs, m’ont plu puis je m’en suis vite lassé : légères, presque pâles, elles semblent glisser sur la page, toute en délicatesse.

            Une jolie BD en somme, qui, sans être un coup de cœur, nous embarque dans une histoire fantastique (aux deux sens du terme). A conseiller aux grands enfants souvent assez gagas de la mythologie égyptienne. (Dommage qu’elle ne soit plus au programme en 6ème, d’ailleurs ! … parenthèse refermée).

 

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 15:02

 

           

            Un western. Vous savez, l’univers des mecs aux jambes écartées, des flingues, des putes, des shérifs et des saloons… eh ben non, cet album ne s’arrête pas à ces clichés, il va bien au-delà, il est tout simplement génial.

            Un mystérieux inconnu débarque à Westwood City, une ville du Kansas menée  d’une main de fer par le shérif Jude Shanton. Il amène avec lui deux cadavres ce qui lui confère tout de suite respect et crainte. Il ose même défier le shérif à la réputation terrifiante et va jusqu’à coucher avec sa prostituée préférée… défigurée par une sombre histoire de vengeance. Ce n’est que vers la fin de la BD qu’on apprend la véritable identité du bel inconnu. Je ne vous raconte pas le dénouement, il est sensas’ !

Mais mon coup de cœur se dirige surtout vers le graphisme. C’est réaliste et onirique ; le dessinateur a sorti le grand jeu : paysages sublimes, grandes cases, dégradés de couleurs, … du lisse, du surprenant, du beau. Quelle pureté dans le trait, quelle originalité !

Je suis ravie d’être tombée complètement par hasard sur ce petit chef-d’œuvre !

 

  

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 00:00

           

                Heaven’s state  est un immense lotissement, une sorte de ghetto réservé aux riches qui veulent fuir les affres du monde et l’insécurité du quotidien, une des fameuses « gated city ». Les somptueuses villas sont donc très bien gardées, les vigiles surveillent coins et recoins, l’argent et le champagne coulent à flot et inévitablement, on s’ennuie. Des jeunes gens issus d’horizons très différents –délaissés par des parents trop occupés à jouer au golf ou à se souler- une jolie Chinoise, un Américain arrivé après le 11 septembre, une Française, un obèse qui se gave de caviar, etc. se retrouvent pour suivre le meneur du groupe, Bart, qui s’amuse à jouer au SS. Il s’est procuré la panoplie complète du parfait nazi et propose à ses copains veules et lâches de reconstituer « une réception qui aurait pu avoir lieu, par exemple en Allemagne, par exemple en 1938, par exemple avec des invités venus de tous les pays. Une grande réception diplomatique en l’honneur de l’ordre nouveau appelé à régner sur le monde, une sorte de tableau vivant symbolisant le concert des nations idéal placé sous les ordres du guide, du führer ». Certains râlent un peu mais se prêtent tout de même au jeu et on obtient la photo de groupe de la couverture de l’album. Le jeu déjà effrayant se transforme en tuerie sanglante : le plus jeune, en voulant décapiter une bouteille de champagne d’un tir de fusil, tue un autre garçon et blesse deux personnes. Débandade. Tout le monde s’éparpille et fuit. Bart, le véritable coupable se précipite vers la presse locale pour accuser les « chicanos du camp de mobile homes ». Ceux qui connaissent la vérité sont rapidement éliminés. L’album se clôt sur l’idée qu’en France aussi, de tels ghettos interdits aux pauvres, peuvent exister.


            Le thème m’a beaucoup intéressée, l’histoire était prenante mais j’aurais aimé que les personnages soient un peu mieux dessinés, au sens propre comme au sens figuré. Le graphisme n’a rien d’original même s’il retranscrit bien la beauté et le luxe de ces résidences très-favorisées. Un microcosme écœurant, dénué de valeurs et de principes, une oisiveté qui sent mauvais et une arrogance de riche qui vaut le coup d’œil. J’aurais aimé en lire plus, en découvrir davantage. 

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 09:43

 

Une bande dessinée basée sur la nostalgie, la vie et ses immuables recommencements.

            Les premières pages nous présentent une vieille dame, Giuseppina, dans une maison de retraite. Elle perd la mémoire, la pauvre, et se demande ce que cette jeune fille, là, devant elle, lui veut. D’ailleurs, elle lui montre une photo, une photo d’une autre jeune fille d’une vingtaine d’années… la vieille dame ne voit pas qui elle représente… sauf… peut-être bien qu’il s’agit d’elle-même ! Ca y est, elle se rappelle : « il avait plu la veille mais ce jour-là, le ciel était resté clément. Nous en avions profité pour nous balader à vélo. J’avais bu un chocolat chaud non loin du Parc du Luxembourg. Je ne doutais pas encore de ce que les années me réservaient. J’étais joyeuse alors, presque insouciante. » Se déroule, ainsi, la vie de cette femme, sous nos yeux et à travers les témoignages des proches, des amis, des ex-maris, des enfants. Une vie difficile, pas toujours très drôle mais simple et sans doute proche de nos vies à nous.
            La jeune fille qui fait face à la vieille dame, c’est Marion, la petite-fille de l’aïeule. L’album se termine sur la mise en parallèle de la jeunesse de la vieille dame et de la vieillesse de Marion. Marion, à quatre-vingts ans, se rend compte qu’elle a les mêmes mains ridées que jadis sa grand-mère, elle se rend compte qu’elle aussi a oublié certains moments de sa vie.
« Après tout, l’air ne fait pas la chanson, comme aimait à le répéter ma mère. Ou bien était-ce ma grand-mère… Je perds parfois un peu la mémoire mais peu importe… En fin de compte, ce qui reste, c’est tout ce qui ne sera plus. Plus jamais. »

La mémoire qui flanche est représentée par des blancs et des découpes de journal à la manière d'une lettre anonyme, des bouts qu'on retrouve, qu'on tente d'assembler, un puzzle qu'on reconstitue doucement. Ces images-là m'ont plu.

Un album toutefois empreint de tristesse et la bichromie –tout est en noir et orange- ne fait que renforcer cet aspect. L’ensemble est assez réussi, mais il manque la touche optimiste qui apporterait un peu de chaleur à ces planches et dépasserait la schématisation du : on naît – on vit – on meurt. Ce n’est que mon avis. 









 

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