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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 19:45

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       Inna Shevchenko est devenue célèbre pour sa participation à des actions « seins nus » dans le cadre du mouvement Femen. Comment en est-elle arrivée là ? Petite fille grandissant en Ukraine, elle a cru à un « vieux géant » qui couperait l’électricité dans l’appartement familial comme dans tous les logements de la ville de Kherson. Alors que le père de famille distribue des Bounty au compte-goutte à Inna et à sa grande sœur, la mère est absente : elle travaille en Pologne. Très tôt, Inna se rend compte qu’on lui ment. Adolescente, Inna veut faire un métier « utile à la démocratie », journaliste comme Gongadzé, un dissident assassiné. Inna se démarque des autres filles de son âge, elle veut toujours aller plus loin et, ambitieuse, elle parvient à faire des études à l’université de Kiev.

       Malgré le thème qui m’intéressait énormément, malgré les dessins qui m’ont plu tout de suite, je suis restée à côté de cette BD que j’ai trouvée un peu confuse peut-être parce que je ne connais pas suffisamment l’histoire de l’Ukraine. Et bien sûr, un tome 1 sans avoir la suite sous le coude, ça frustre énormément (il faudrait arrêter de nous faire ça et tout sortir en un bloc !) J’espère tout de même que la suite paraîtra rapidement et qu’on en saura plus sur cette jeune femme rebelle.

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29 septembre 2020 2 29 /09 /septembre /2020 10:22

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       Le titre nous induit en erreur, la couverture un peu moins : il s’agit d’une biographie de Boris Vian.

       Contre l’avis du médecin et peut-être paradoxalement parce que les efforts sont déconseillés, un homme brun, grand et maigre se rend à la piscine Molitor, à Paris, en 1959. Il s’agit de Boris Vian dont on retrace la vie. Les problèmes cardiaques ne l’ont pas empêché de bien grandir dans une famille riche, de s’épanouir à Landemer, dans le Cotentin. Celui qu’on surnomme le Bison s’adonne adolescent au théâtre en jouant Ubu roi. Avec quelques amis, il fonde le Cercle Legateux où l’absurde se mêle sans cesse aux airs de jazz. Ses études à l’école Centrale l’ennuient profondément et il voit avec plaisir son roman L’Ecume des jours publié chez Gallimard par Raymond Queneau. J’irai cracher sur vos tombes lui vaut un procès et, ironie du sort, c’est lors d’une adaptation filmique (qu’il n’apprécie pas du tout) de ce roman qu’il meurt, dans son fauteuil.

       Après un début un peu confus, j’ai pris plaisir à lire cette petite biographie qui nous plonge dans une époque où on croise Juliette Gréco, Gainsbourg, Henri Salvador ou encore Brassens. Je ne connais pas suffisamment Boris Vian pour me faire une idée de la véracité des faits racontés mais le bonhomme paraît assez égoïste et hautain. Il ignore son fils et révèle parfois les mauvais côtés de l’anarchisme. Si elle est agréable à lire, la BD m’a paru un peu fade et lisse par rapport à l’univers évoqué mais, pour une première approche de cette univers insolite, c’est parfait.

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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 15:24

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       Plus que séduite par Le chanteur perdu, il me fallait découvrir un autre titre de Tronchet.

       L’autrice et narratrice nous parle de ses parents et en particulier de son père, contraint à l’exil. Alain Mercadal vit à Alger mais sa femme (enceinte alors de la narratrice), sa mère et sa sœur ont déjà fui à Paris. Lorsqu’il assiste à un attentat et tient dans ses bras un enfant mort, Alain n’a plus le choix : il s’en va, lui aussi. Pensant recevoir bon accueil en France, il va de désillusions en déceptions : la boîte d’assurances qui l’embauchait ne lui réserve qu’un petit poste, la maison de rêve qu’il pensait construire n’est qu’une petite bicoque de banlieue et, partout, on l’insulte, on le maltraite, on le rejette. Les vacances à Banuyls qui ressemble tant à l’Algérie, les soirées à écouter Gershwin et la cuisine maghrébine ne sont qu’une courte parenthèse. La routine reprend le dessus, le père n’est qu’un souffre-douleur éloigné du pays de son cœur, il n’y a ni palmiers, ni plage, ni kemia, … ni quiétude.

       Alors que le traumatisme vécu en Algérie le secoue tous les jours, un homme doit se heurter à un nouveau mode de vie, se confronter à la froideur des gens et au gris de Paris. L’album raconte à merveille les déchirements de l’exil, toute cette souffrance contenue, le père voulait faire bonne figure devant sa fille qu’il aimait tant, donner le change et prouver qu’il savait se faire adopter par la France. Cette BD est aussi une formidable déclaration d’amour d’une fille à son père, un hommage rendu avec une pudeur touchante. J’ai beaucoup aimé cette histoire, les dessins et les couleurs de Tronchet s’adaptent au récit émouvant d’Anne Sibran. S’il fallait prouver, encore une fois, qu’un exil forcé n’est jamais un bonheur…

       La BD est une adaptation du roman Bleu Figuier d’Anne Sibran.

« Toutes ces années à te regarder, à te suivre, je n’ai écouté que pour trouver les mots. Des mots pour dire l’homme que personne n’a vu, en mêlant le visible et l’invisible, ce qu’il aurait pu être et ce qu’il a été. »

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8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 11:11

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        Le narrateur, Jean, fait un burn-out, il est bibliothécaire et il se sent dépassé par la montagne de livres qu’il lui reste à lire, par les 153 chaînes de télé, par le vide de sa vie. Il repense à un chanteur de son enfance, Rémy Bé, qu’il écoutait en boucle à une époque où tout le monde écoutait des chansons anglaises. Trente ans plus tard, il est toujours autant charmé par ces chansons à texte et il se met en tête de savoir ce qu’est devenu ce chanteur disparu de la circulation. Entre Morlaix et Berck, Jean note impressions et rencontres dans un gros cahier. Le « chanteur perdu » demeure introuvable mais le road-trip, qui semble parfois absurde, s’apparente de plus en plus à une quête de soi. Finalement, Jean va retrouver Rémy Bé à Madagascar et, après une légère déception, cette rencontre va mettre un point d’orgue à une aventure peu ordinaire.

        Quelle jolie découverte ! A la fois de l’auteur (j’ai beau fouillé dans ma mémoire et dans le blog, je ne l’ai jamais lu) qui se dévoile puisqu’il raconte une histoire vraie, de cette quête passionnante d’une idole de jeunesse, de cette île malgache qui donne presque envie de se faire piquer par une scolopendre, des dessins de Tronchet… tout est bon, c’est prenant et délectable. Parfois drôle, souvent attendrissante, cette odyssée qui n’a que peu de sens au départ, prend tout son sens et incite même le lecteur à prendre la poudre d’escampette aussi. Coup de cœur ! Vivement que j’en lise plus de cet auteur (des propositions de titres sont les bienvenues) !

 

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30 août 2020 7 30 /08 /août /2020 21:29

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       En octobre 1936, les camarades de classe Lucie et Rémi ont terminé de ramasser des coques sur la plage, ils se séparent dans une ruelle du Mont-Saint-Michel. Mais Lucie ne va jamais rentrer chez elle ce soir-là… Elle surprend une dispute entre un homme et une jeune fille – Julienne - qui dit désormais refuser de transmettre les enveloppes à son interlocuteur. L’homme la tue et Lucie, qu’il a vue, doit fuir. Elle reste introuvable bien après que le corps de Julienne est retrouvé. Tous les habitants tentent de retrouver Lucie et son mystérieux assassin. Au bout de quelques jours, il ne subsiste aucun doute : le tueur est forcément sur l’île…

       Charmant petit album policier aux couleurs pastel, cette histoire a le gros avantage de nous emmener dans un endroit incroyable. Sans être extraordinaire, le scénario tient la route et les planches aux tons orangés, gris et sépia m’ont bien plu. J’avais découvert le beau travail de Marie Jaffredo lors de la lecture des Damnés de Paris.

Un petit huis clos tout public qui permet de respirer encore un peu l'air iodé... 

Bonne rentrée à tous!

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17 août 2020 1 17 /08 /août /2020 11:14

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Tomes 1 à 3.

        Les chroniques de BD se font rares depuis quelque temps, je n’en emmène jamais quand je vais ailleurs, et puis le covid a espacé mes visites à la bibliothèque. Bref, aujourd’hui c’est d’une pierre trois coups.

        Vincent Machot vit seul, ou plutôt il occupe l’appartement sous celui de sa vieille mère. A trente ans, il est coiffeur et comble difficilement ses journées vides et inintéressantes. Jusqu’au jour où, changeant d’épicerie, il tombe sur une vendeuse qui lui rappelle vaguement quelque chose… Sans réfléchir, il se met à la suivre et va très vite découvrir qui elle est : Rosalie Blum, la quarantaine, vivant seule dans une maison isolée et plutôt mal entretenue. Ses habitudes de la suivre deviennent une obsession, il fouille ses poubelles pour mieux la connaître, la piste le temps de ses longues balades le long des rails, vient l’écouter chanter dans sa chorale. Ce qui devait arriver arriva : Rosalie remarque, évidemment, qu’un type la suit depuis des semaines. Elle en parle à sa nièce, Aude, qui, ayant abandonné ses études à l’insu de ses parents, ne demande qu’à suivre Vincent pour savoir si sa tante a affaire à un psychopathe ou à un admirateur. Deux copines se joignent à elle – elles s’amusent bien. On est au début du tome 2 et je ne vous en dis pas beaucoup plus à part que les trois solitaires, Rosalie, Vincent et Aude vont se retrouver pour inventer une nouvelle vie.

        J’ai adoré lire ces trois tomes que j’ai dégustés goulûment. Les trois épisodes s’imbriquent à merveille, on comprend enfin, dans le 3ème opus pourquoi Rosalie Blum provoquait en Vincent cette impression de déjà-vu. Les personnages sont tous attachants, chacun est empêtré dans une solitude à la fois néfaste et bienheureuse. Les personnages secondaires sont aussi délicieusement croqués que les héros : la mère de Vincent, complètement tyrannique mais délicieusement excentrique, qui met en scène avec des poupées tous les faits divers dont elle entend parler, n’est pas en reste. Kolocataire le bien nommé, vit avec Aude et tente désespérément de monter un spectacle de cirque : entre chèvre, grosse femme se promenant nue, lancer de couteaux et recherche de lion, Aude n’est jamais à l’abri de grosses surprises. Au milieu de la série, un suspense insoutenable nous fait tourner les pages. Ce qui est attendrissant, c’est la tolérance qui traverse ces existences, l’absence de jugement, l’acceptation de toutes les différences. Mes mots peuvent paraître gnangnan mais les BD ne le sont pas du tout. L’humour occupe une grande place dans le dessin, je trouve, il se veut réaliste mais frôle parfois l’absurde. C’est la vie de tous les jours qui est placée sur un joli piédestal qui donne envie de sourire.

J’avais déjà aimé Juliette de la même autrice que je vais continuer à suivre !

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25 juillet 2020 6 25 /07 /juillet /2020 09:35

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- Joseph -

       En 1961, Joseph rentre d’Algérie dans son petit village. Mal accueilli par son père et son frère Jules, il voit aussi presque la totalité des villageois lui tourner le dos. Et pour cause : certains hommes ont déjà laissé leur peau là-bas, en Afrique et lui, Joseph, s’est « planqué » dans un travail de paperasses et de bureau, loin des combats. Père et frère lui en veulent aussi parce qu’ils ont dû gérer seuls la ferme familiale. L’urgence et la masse de travail ont même provoqué un accident de tracteur : Jules se retrouve dans un fauteuil roulant. Pourtant Joseph, avec son visage si doux, cache un secret qui va faire pencher la balance en sa faveur… La jolie Mathilde qui était son amoureuse, le fuit aussi mais le retour d’un soldat va changer la donne.

         C’est une histoire à la fois tragique et belle qu’on nous raconte là. Avec sobriété, les auteurs nous présentent les affres du retour de guerre, le jugement porté sur ceux qui sont partis, le décalage entre le village qui a continué à vivre et les soldats qui ont vu de telles horreurs qu’ils sont changés à jamais. L’intrigue est bien menée et on ne s’ennuie pas une seconde. Il y a une certaine douceur qui contraste avec la chute et la dimension tragique de l’album. Quand on arrive à la dernière planche, on saisit à quel point la couverture est également une belle réussite. Un petit dossier fort intéressant en fin de BD évoque les films et les œuvres traitant de cet après-guerre et du retour des soldats. A lire donc !

 

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14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 15:45

Juliette | Actes Sud

Les fantômes reviennent au printemps

         Juliette est une jeune femme un peu dépressive et hypocondriaque. Elle fuit un temps la vie parisienne pour rejoindre sa ville natale mais sa famille ne l’aide pas vraiment à aller mieux : sa grande sœur Marylou n’en pouvant plus de la vie de famille a pris un amant qu’elle retrouve dans la serre du jardin tous les jeudis ; son père, divorcé, a du mal à sortir de sa vie pépère et trop tranquille ; sa mère – c’est tout l’inverse – elle cumule les amants plus jeunes et mène une vie délurée. Quand Juliette rencontre Pollux, un gars un peu veule qui tombe amoureux d’elle, elle parvient à confier ses angoisses mais le célibataire maladroit ne va peut-être pas la combler pour autant. Entre l’adoption d’un canard, les accidents au sens propre comme au sens figuré, le bar « Le Tropical » où les désœuvrés se retrouvent le temps d’une bière, les souvenirs du passé, les palpitations de Juliette, les rendez-vous adultères dans la serre (l’amant vient toujours déguisé, en ours, en lapin, en fantôme… d’où le titre… c’est très drôle !) la vie ordinaire suit son petit bonhomme de chemin.

         C’est une jolie découverte d’une autrice dont je n’avais jamais rien lu. Récits de la vie de tous les jours, parcours de personnages auxquels on peut s’identifier et surtout, traitement drôle et léger des soucis quotidiens. J’ai parfois bien ri, j’ai bien aimé la justesse des sentiments des personnages – on n’est pas dans un univers manichéen feel good, et surtout, j’ai apprécié me laisser surprendre par les dessins. Relativement naïves, colorées voire enfantines pour la plupart, certaines planches cèdent la place à des aquarelles plus grandioses aux couleurs plus douces. J’ai trouvé que c’était un beau mélange entre les rondeurs d’un Botero et l’exubérance d’un Douanier Rousseau. Et puis, ça parle de nous, on s’y retrouve, on l’a vécu, on voudrait ne pas le vivre … bref on est dans le vrai, quoi !

Pollux s’occupe de la chienne de la tenancière du bar, il n’aime pas le caniche : « Oh je ne la déteste pas vraiment. Je trouve qu’elle pue, qu’elle est moche et qu’elle ne sert à rien, mais je pourrais dire la même chose de pas mal de gens que je connais et je les aime quand même. »

Marylou en grande conversation avec sa copine :  « Tu te rappelles de la petite tête de mort que je m’étais tatouée juste là ? Ben elle a disparu. Je voulais la montrer à l’amant l’autre jour et pouf… Elle n’était plus là… et puis d’un coup j’ai aperçu un bout bleu… Alors j’ai tendu la peau du ventre… Et elle était là… coincée entre deux bourrelets. Le peu de jeunesse qui me restait. Noyée dans la graisse… »

Camille Jourdy : entretien avec l'autrice des Vermeilles - Comixtrip

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3 juillet 2020 5 03 /07 /juillet /2020 09:55

 

Saga de Grimr

Après avoir moyennement aimé, contre l’avis général, Penss et les plis du monde du même auteur, j’ai bien fait de persévérer…

Grimr est un garçon miraculé, seul survivant d’une coulée de lave lors d’une énième éruption volcanique en Islande. Recueilli par le « valeureux Vigmar » mi-ange mi-voleur, il grandit avec ce précepte « S’il y a une chose d’immortelle en ce monde, s’il y a une chose qui reste après ton existence, Grimr, c’est ta réputation. » Oui mais celle de Grimr est menacée quand il se défend contre un émissaire du roi violeur de jeunes filles et qu’il est accusé du meurtre de son mentor. Celle qui s’est offerte à lui lui est enlevée et il est condamné à mort. Mais de la chance et une âme charitable en décideront autrement.

  Cet album fait partie de ces livres dont il n’en faut point trop en dire mais simplement les lire. Des aurores boréales, une île aussi belle que dangereuse, un homme roux aux dimensions de géant, des abris de pierre construits si vite qu’une légende se bâtit autour du nom de Grimr, une saga. Les magnifiques dessins rendent un hommage bouleversant au climat rude de l’Islande, à ses paysages aux mille couleurs, à cette histoire grandiose, épique, tragique et marquante. Et la fin magnifie le tout ! Ah que c’était bien !

« Meurent les biens, meurent les parents, et toi tu mourras de même… mais je sais une chose qui jamais ne meurt… le jugement porté sur chaque mort. »

La saga de Grimr – de Jérémie Moreau (Delcourt) – ça sent le book

Bonnes vacances ! 

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23 juin 2020 2 23 /06 /juin /2020 09:17

Intrus à l'Etrange

        A la mort de son grand-père, Martial retrouve de mystérieuses lettres d’amour mais aussi de lourdes valises fermées qui l’emmèneront loin de Paris, à Magnat-l’Etrange, un petit village perdu de Creuse. Il rencontre la vieille dame à l’origine des lettres d’amour mais a un mal fou à mettre la main sur ce Félix Larose, destinataire des grosses valises. Il faut dire que le village semble plutôt méfiant à l’égard des inconnus. Depuis des années, les villageois déversent leur haine sur un certain Linlin devenu bouc émissaire, un type en marge qu’on peut tabasser sans vraiment craindre les représailles policières. La fille de Linlin, Ariane, est elle aussi une originale qui permettra à Martial de découvrir la vérité. Il sera question de chauve-souris, d’expériences insolites, de microcosme enfoui dans la campagne.

        J’ai beaucoup aimé cette enquête quasi policière associée à une balade des plus oniriques qui m’a fait penser au Grand Meaulnes. Martial tombe sur un univers abandonné, laissé aux mains de Dame Nature, le rendu est vraiment réussi. Un voyage initiatique aux frontières du fantastique qui va chambouler la personnalité du héros. Le trait rond m’a rappelé quelque chose et effectivement, Simon Hureau a été le dessinateur de Crève Saucisse de Rabaté. J’émettrais tout de même de petites réserves, l’ensemble souffre de quelques longueurs et pour jouir un peu plus de cet Eden abandonné, j’aurais aimé des couleurs !

Intrus à l'Etrange

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