Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
14 décembre 2022 3 14 /12 /décembre /2022 17:29

Tananarive de Mark Eacersall, Sylvain Vallee - BDfugue.com

Amédée a un voisin et ami farfelu, régulièrement il vient trouver refuge chez Jo, un aventurier qui le délecte de ses récits plus exotiques les uns que les autres : des histoires de pirates, un Jo caché dans une case à fumer de l’opium, une évacuation en hélico vers Hanoï, une traversée de la mer Rouge … Bref, Jo a tout vécu, « prospecteur, gigolo, cultivateur, un jour riche, un autre mendiant ». Amédée est pétri d’admiration et d’envie quand il rentre chez lui retrouver sa femme. Seulement, Jo décède d’un arrêt cardiaque. La tristesse de sa disparition subite s’accompagne du choc de la découverte : non, Jo n’est pas né à Madagascar mais à Charleville. Amédée décide de se mettre à retrouver un soi-disant fils caché pour lui remettre son héritage et, surtout, l’intégrale des Pinpin qui était sa source d’inspiration. Il découvre petit à petit que son pote n’était qu’un grand mythomane.

Une BD délicieusement divertissante pour un sujet certes pas révolutionnaire, avec une trame prévisible (de même que ce Jo – même mort – et toujours présent), mais agréable comme un vin chaud en hiver. J’ai beaucoup aimé les dessins qui se rapprochent de ceux des Vieux Fourneaux. Evidemment, Amédée le pantouflard, concentré dans ses recherches se sent pousser des ailes et vit l’aventure lui aussi, et pour de vrai. J’aurais aimé plus de planches consacrées à l’imaginaire de notre aventurier menteur, les quelques-unes qui représentent toucans, tigres, cascades et oiseaux exotiques sont très réussies, je trouve.

Tananarive de Mark Eacersall, Sylvain Vallee - BDfugue.com

Partager cet article
Repost0
4 décembre 2022 7 04 /12 /décembre /2022 10:44

Derrière les géants et stars de la plume se cachent souvent des « bons gros bâtards », des types (quelques bonnes-femmes mais elles sont rares) menteurs, rejetés de l’école, drogués, alcooliques, escrocs, voleurs, meurtriers, misogynes, polissons, infidèles, et j’en passe. Les auteurs nous démontrent cela avec un humour potache et malin. J’ai beaucoup appris : Villon a volé, aimé se bagarrer et a même tué un prêtre. Flaubert a taclé à peu près tous les écrivains de sa génération mais il faut dire que Baudelaire n’est pas en reste pour se foutre de ses contemporains : « Victor Hugo continue à m'envoyer des lettres stupides. Vraiment il m'emmerde. Tout cela m'inspire tant d'ennui que je suis disposé à écrire un essai pour prouver que, par une loi fatale, le Génie est toujours bête. » Mais Baudelaire lui-même s’en prend plein la tronche quand les frères Goncourt le traitent de « saint Vincent de Paul des croûtes trouvées, une mouche à merde en fait d’art. » Poe, à 26 ans, a épousé sa cousine de 13 ans… Le pompon revient peut-être à Verlaine, tour à tour violent et infidèle, ou alors aux surréalistes qui, à la mort d’Anatole France, écrivent un pamphlet d’une telle violence que l’écrivain a dû se retourner plusieurs fois dans sa tombe (petit extrait : « Que donc celui qui vient de crever au cœur de la béatitude générale, s’en aille à son tour en fumée ! »). Maupassant, arrivé tard en littérature, adorait se vanter de ses exploits sexuels et, inévitablement a fini par choper la vérole, « la vérole majestueuse … et j’en suis fier morbleu. Alléluia, j’ai la vérole, par conséquent, je n’ai plus peur de l’attraper, et je baise les putains des rues, les rouleuses de bornes et après les avoir baisées, je leur dis « J’ai la vérole ». L’appétit sexuel de Victor Hugo était également légendaire… N’évoquons pas Céline qui ne mérite pas qu’on parle d’autre chose que ses livres.

Une lecture jouissive, irrévérencieuse et finalement un grand bonheur de découvrir ceux qu’on prend pour des génies consciencieux n’être finalement que des hommes avec leurs vices et leurs tares.

Merci à PatiVore pour cette belle idée de lecture, je suis contente d’avoir acheté l’album, je m’y replongerai et y piocherai même des suggestions de lecture. Un index alphabétique des noms d’auteur en fin d’ouvrage est tout à fait justifié et bienvenu.

« Les femmes ressemblent aux girouettes, elles se fixent quand elles se rouillent. » Voltaire

« On raconte qu’un jour Alfred Jarry déjeunait dans un restaurant quand une charmante jeune femme s'installa à côté de lui. Mais comment l'aborder de manière originale ? Jarry dégaina son revolver, tira dans un miroir puis se tourna vers la jeune femme terrifiée et lui dit : Maintenant qu'on a brisé la glace, on peut causer. »

Les Bons gros bâtards de la littérature, bd chez Editions Lapin de Popésie,  Fernandez

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2022 4 24 /11 /novembre /2022 19:41

Ce que nous sommes de Zep - BDfugue.com

 

Nous sommes sur Terre en 2113. On avale des pilules faisant croire au cerveau qu’on déguste le meilleur plat de lasagnes, mais on a aussi la possibilité de vivre des expériences virtuelles comme nager avec une baleine bleue ou se transformer en un puissant lion. Inutile d’apprendre quoi que ce soit, il suffit de télécharger certains programmes (payants, bien sûr) pour parler des dizaines de langues différentes, savoir lire mais aussi devenir un maître de la télékinésie. Tout ça est merveilleux jusqu’au jour où ça beugue. Constant en fait les frais, il se déconnecte à Data Brain et se perd… au sens propre et au sens figuré. Il a tout oublié jusqu’à son nom. Une jeune femme, Hazel, le recueille ; elle vit parmi les « pauvres », à la marge. Elle lit de vrais livres, se lave dans la rivière et vit donc souvent des « sensations non numérisées » qu’elle fait découvrir à Constant. Le jeune homme découvre petit à petit à quel point son implant qui a fait de lui un « augmenté » l’affaiblit en réalité énormément et le fragilise dans le monde sans technologie.

Dans ce récit initiatique original, Zep nous amène à réfléchir sur l’hypertechnologie, ses fantasmes, ses possibilités et ses indéniables limites. Ce ne sera pas mon album préféré de Zep parce que je ne suis pas une fan de SF mais l’auteur-dessinateur évoque ce futur avec tendresse, justesse et délicatesse, il le rend passionnant avec cette quête identitaire et le piratage dont Constant a été la victime. Et il faut bien admettre qu’en 2022, on se sent plus proches que jamais de cette surabondance de gadgets et prouesses technologiques futuristes ; le sujet de la BD n’en est que plus effrayant encore. Zep a désormais son style graphique bien à lui, j’ai déjà pu y goûter dans Un bruit étrange et beau ou The End que j’ai adorés : chaque planche a généralement sa couleur pastel, les traits sont doux et ne s’encombrent pas de fioritures inutiles.

Ce que nous sommes de Zep - BDfugue.com

Partager cet article
Repost0
13 novembre 2022 7 13 /11 /novembre /2022 10:47

Un poulpe à la gorge de Zerocalcare - BDfugue.com

L’auteur-narrateur se remémore sa jeunesse et notamment ses années collège. Un jour particulièrement a été marqué au fer rouge : suite à un « T’es pas cap », trois copains, Zero le narrateur, Secco et Sarah bravent l’interdit et se rendent dans le petit bois à côté du collège. Là-bas, ils découvrent une tête de mort. A leur retour, pris sur le fait, Zero dénonce Sarah en l’accusant d’être à l’origine de la bêtise. Ce mensonge qu’il ne révélera jamais et vaudra une punition corsée à Sarah sera son poulpe qui lui sert le cou, sa culpabilité qu’il va porter des années durant. Les ados grandissent, les bêtises changent : les copains vont voler des revues porno dans une maison abandonnée ou bien plus tard, faire le bazar lors de l’enterrement de la prof honnie.

J’ai emprunté cette grosse BD roborative à la bibliothèque complètement au hasard. Perplexe devant la couverture et les premières planches, j’ai pourtant été très agréablement surprise. L’intrigue est prenante, les personnages attachants et il y a beaucoup de tendresse et d’empathie dans la narration de ces souvenirs. L’épisode des Chevaliers du Zoodiaque qu’il faut absolument avoir vu à la télé sous peine de disgrâce éternelle dans la cour de récré, les « T’es pas cap », la game boy confisquée, les moqueries entre élèves, leur mauvaise foi pour ne pas perdre la face… qui n’a pas vécu ces petits et grands drames ? Entre humour et gravité, l’auteur revient sur ces moments de vie pas si anodins que cela et qui construisent l’adulte à venir. J’ai beaucoup aimé cette découverte tendre et amusante et je n’en resterai pas là.  Zerocalcare est un jeune bédéiste italien qui connaît un énorme succès dans son pays.

                                                                                                                             

La prof qui passait son temps à confisquer les affaires des élèves sans jamais les rendre est morte. Secco essaie de convaincre son pote de l’accompagner à l’enterrement :

« -  Il y aura des gens qu’on n’a pas vus depuis dix ans. Si ça tombe on peut pécho.

  -  (…) Je ne rentre pas dans l’église, moi. On va tellement se faire chier. Plutôt m’arracher les yeux avec une cuillère à thé. »

Un Poulpe à la Gorge - (Zerocalcare) - Comédie [LIBRAIRIE M'ENFIN, une  librairie du réseau Canal BD]

Partager cet article
Repost0
2 novembre 2022 3 02 /11 /novembre /2022 17:58

Le petit astronaute | lapasteque

La narratrice, Juliette, est une sœur. On pourrait ne garder pour elle que ce qualificatif-là, elle évoque son petit frère qu’elle a toujours imaginé venant d’une étoile lointaine, ne parlant pas la même langue que les Terriens, ne sachant pas se déplacer de la même façon. En effet, Tom est né avec une paralysie cérébrale : il ne parle pas et ne marche pas mais, au-delà des difficultés du quotidien, des moqueries et des jugements des autres, les parents arrivent à s’organiser. Le père bricole des meubles et accessoires adaptés au handicap de Tom, la mère jongle comme elle peut entre son métier d’assistante cinématographique et les obligations parentales. Et Juliette, surnommée Tourniquette, lit des histoires de lune à son petit frère, lui envoie des textos auxquels lui ne répond pas, fait face comme elle le peut à la problématique de la courte durée de vie de son frère qu’elle aime. Car il est aimé, ce petit garçon qu’on a envie de connaître et qui communique uniquement par cases imagées.

Cet album, vous vous en doutez, est très émouvant, déjà par le thème traité mais aussi par la manière dont cette sœur se montre pleine d’amour et de reconnaissance envers ce petit frère différent. Si le sujet a déjà été évoqué maintes fois, cet album prouve à quel point on peut (pour ne pas dire « il faut ») accepter une situation complexe en l’entourant d’amour. Il y a peu de lamentations et de jérémiades, le petit être fragile est intégré au maximum à la vie ordinaire de cette famille et devient une petite merveille étincelante de vie. L’auteur sait de quoi il parle puisqu’il est le papa d’un fils qui vit, heureux, à 20 ans, avec une paralysie cérébrale. Je le répète, c’est bouleversant mais très beau aussi. A lire.

Au centre spécialisé, c’est la différence qui est devenue une norme : « Notre rôle, c’est de les aider à réussir leur vie. Qu’elle dure 5 ou 90 ans, ça n’a pas d’importance. »

Le Petit astronaute, bd chez La pastèque de Eid

Partager cet article
Repost0
26 octobre 2022 3 26 /10 /octobre /2022 16:53

La Mémoire de l'eau - broché - Miranda Cowley Heller, Karine Lalechère -  Achat Livre ou ebook | fnac

Ellie a la cinquantaine. Mère de trois enfants, épanouie dans son mariage avec Peter, elle passe chaque année ses vacances au « camp », une demeure familiale au bord d’un vaste étang, au fin fond du Massachussetts. Une nuit, elle fait l’amour avec son ami d’enfance, Jonas. Et se rend compte qu’elle l’aime, qu’elle l’a toujours aimé et réalise qu’il l’aime aussi. Démarre un ballet fait de regards, de mensonges, de gêne et d’aveux. Au-delà de la banale histoire d’adultère, le lecteur va découvrir, chapitre après chapitre, l’essence de cette relation très particulière, cette histoire d’amitié d’abord qui a démarré presque 40 ans plus tôt, les sombres secrets de l’adolescence, les aléas de la vie et les révélations qui rendent désormais cette histoire d’amour possible et même justifiée. Mais entre l’amour solide, fiable et confortable de Peter et les risques d’une nouvelle vie amoureuse qui chamboulerait inévitablement sa famille, Ellie va longtemps hésiter.

Le contexte m’a tout de suite fait penser à l’excellent Là où chantent les écrevisses. C’est en tous cas, un étang avec tout ce qu’il a à la fois de familier et de mystérieux, qui va être au cœur de cette belle fiction. Pour l’intrigue, c’est une histoire d’amour, passionnée et passionnelle, aux maints revirements, aux retrouvailles brûlantes ; une histoire d’amour associée à l’amitié et à leurs frontières si ténues. Le livre se lit délicieusement bien, sa température est idéale pour passer de bons moments loin de chez soi, il est suffisamment dense pour qu’on s’attache aux membres de cette famille. J’ai beaucoup aimé cette lecture hypnotisante, cinématographique et savoureuse. Je crois bien que je l’estampillerais d’un « coup de cœur », j’hésite encore 😊. Krol a lu le roman et sans doute moins aimé que moi. Premier essai réussi pour cette éditrice diplômée de Harvard qui vit entre la Californie et Londres, un lieu qui revient souvent dans le roman.

« Cet été-là, Jonas devint comme mon ombre. Lorsque je traversais l’étang à la nage ou en bateau pour rejoindre l'océan, il m'attendait de l'autre côté, sûr de me voir. Si à la place j'y allais à pied par les bois, je le trouvais assis sur un tronc abattu, occupé à dessiner dans le petit carnet de croquis qu'il trimballait partout avec lui- une branche cassée sur un pin, un ténébrion. A se demander s’il avait un sixième sens, une boussole intérieure qui lui indiquait où je serais. »

Partager cet article
Repost0
23 octobre 2022 7 23 /10 /octobre /2022 09:57

https://www.actuabd.com/local/cache-vignettes/L400xH544/arton28625-dfa3a.jpg?1663875476

En 1940, le journal belge Le Soir est « emboché », c’est-à-dire que des collabo ont pris le pouvoir et le journal, devenu le Soir volé, a perdu toutes libertés et prône les nombreux bienfaits de l’occupation allemande. En 1943, un petit groupe de résistants journalistes décide de publier clandestinement un « Faux Soir », un pastiche du journal nazi. Il faut trouver des rédacteurs, des imprimeurs, du papier, des coursiers, jouer avec le temps, le Faux doit paraître avant le vrai… Cette course contre la montre s’avère un vrai succès puisqu’en novembre 1943, 50000 exemplaires ont pu être distribués dans les kiosques bruxellois et en province. Les lecteurs rient dans les rues, le journal à la main, découvrant les parodies des auteurs, les moqueries visant les Allemands. Malheureusement, la plupart des responsables de cette vaste blague se retrouveront arrêtés et, pour certains, exécutés.

J’ignorais tout de cet épisode historique qui est une belle démonstration d’audace et de bravoure de la part d’un groupe de résistants. Paraît-il qu’en Belgique, l’histoire est bien connue de tous, tant mieux. Un va-et-vient entre présent et passé permet de suivre les réflexions des trois auteurs à l’origine de cet album. Un fac-similé accompagne la BD, j’avoue que je n’ai pas compris toutes les allusions et subtilités du pastiche mais rien que les petites annonces sont drôles « Mari trompé, rondouillard, millionnaire, disposant loisirs, désire épouser Miss, pour alibi. Ecrire Degrelle, dit Boubouroche, Katastrofenstrasse, Berlin. » ou : « Peau de l’U.R.S.S. vendue trop tôt, toujours disponible, chez A. Hitler, Blitzkriegsallee, Berchtesgaden. »

J’avais déjà pu apprécier les dessins de Durieux lors de la lecture des Gens honnêtes ou d’Appelle-moi Ferdinand.

Le Faux Soir - (Christian Durieux / Denis Lapière / Daniel Couvreur) -  Documentaire-Encyclopédie [BDNET.COM]

Partager cet article
Repost0
12 octobre 2022 3 12 /10 /octobre /2022 17:59

Guacamole vaudou , bd chez Seuil de Judor, Fabcaro

Vu les noms des auteurs, on pense savoir à quoi s’attendre… c’est pire en réalité !

                Une agence de pub perdue quelque part dans les années 80. Les meilleurs côtoient les winners et les forces vives de l’entreprise… sauf un. Stéphane Chabert est un looser, on se moque de lui, on l’exclut, on l’insulte, il ne donne que des idées pourries, il mange seul à la cantine, vit seul, se fait rejeter par celle qu’il aime, Marie-Françoise, la préposée aux photocopies. Quand il découvre une petite annonce pour « un week-end découverte vaudou » qui promet de régler ses problèmes et de changer sa vie, il n’hésite pas une seconde. Après des rencontres avec des gens plus cinglés les uns que les autres, le gourou réussit effectivement à ensorceler Stéphane grâce à un mot de passe étonnant : « Guacamole ». A partir de ce jour, tout change : Stéphane devient populaire, adulé, célèbre. Il gravit les échelons dans son entreprise, multiplie les conquêtes et finit par briguer le poste de Président de la République, oui, rien que ça, toujours grâce à son mantra « Guacamole ». Mais ce secret sera découvert et alors…

Soyons totalement sincère, c’est con, totalement et profondément con de la première à la dernière page. Le support du roman-photo renforce la stupidité naïvement imbécile (ne craignons pas les pléonasmes, l’album le vaut bien) des personnages, de l’intrigue, des dialogues.  Des êtres perruqués avancent dans un monde psychédélique et surfait où les pensées et les idées sont creuses, abyssalement creuses. Cette surenchère de conneries fait pourtant sourire, voire rire. Eh oui, tout arrive dans ce bas monde. Je ne vais pas dire que c’est un livre indispensable dans votre bibliothèque (la couverture risque un peu de jurer) mais j’ai passé un bon moment après une grosse semaine de boulot. J’en profite pour avouer un plaisir coupable : j’étais une fan absolue des « Mots d’Eric et Ramzy » (fin des années 90), on peut encore trouver certaines vidéos. Bien absurde, comme j’aime !

Merci à Soukee de m’avoir rappelé ce titre, elle me comprend, elle 😊

Après avoir pris Véronique pour maîtresse, Stéphane pense qu’il vaut mieux - il la quitte : « Tu sais, Véroni, la vie est insaisissable, elle est faite de mille choses… Parfois c’est un cheval fou dans le menu best of des sentiments, et puis le lendemain c’est une tente Quechua en banlieue de Strasbourg… Mes nouvelles responsabilités de Master boss managing winner force me laissent peu de temps, Véroni, je suis désolé… »

Guacamole Vaudou - broché - Fabrice Caro, Eric Judor - Achat Livre ou ebook  | fnac

Partager cet article
Repost0
2 octobre 2022 7 02 /10 /octobre /2022 10:47

Virginia Woolf - broché - Gabriele Liuba - Achat Livre | fnac

                C’est en décembre 1922 que Virginia Woolf rencontre Vita Sackville-West, c’est le coup de foudre entre les deux jeunes femmes. Cette relation s’épanouira malgré la distance qui les sépare trop souvent, malgré le mariage de Virginia avec Leonard. Mais Vita trompe Virginia qui souffre et se replie sur elle-même. Elle finira par se suicider en se noyant.

Mon résumé est court mais le roman graphique m’a laissé le même effet… il fait trop vite le tour de la vie de Virginia, se concentrant sur cette histoire d’amour au gré des chapitres qui portent le nom de ses livres les plus célèbres mais je n’ai pas appris grand-chose. Dommage car les dessins très colorés aux entrelacs sinueux m’ont beaucoup plu, ils mettent en scène les tourments et l’hypersensibilité de Virginia tout en nous plongeant dans cette haute bourgeoisie qu’a connu l’autrice. Un petit dommage ! donc pour une BD qui aurait pu nous en apprendre davantage. On se console avec quelques morceaux de la merveilleuse plume de la romancière.

« Fébrilement, j'écris ce roman. Le plan se précise, rapide, féroce, fluide. Je suis concentrée, une flèche bien aiguisée, tendue. Un picotement me traverse. Très loin de tout, de Leonard, même de toi, Vita.  les mots élastiques, translucides, colorés, les mots sonores. Ils s'enchevêtrent les uns avec les autres, formant une chaîne, formant une résille et les impressions les plus précieuses renferment tout ce que je dois sauver, ce qui s'échappe, ce qui veut s'éteindre et que je duperai pour toujours. Tu es à moi. Je t’ai capturée. En un jour. Je pleure, je ris. »

Virginia Woolf - broché - Gabriele Liuba - Achat Livre | fnac

Partager cet article
Repost0
25 septembre 2022 7 25 /09 /septembre /2022 09:34

Moon - Cyrille Pomès - Babelio

Une station balnéaire où touristes, animations et activités pullulent à la belle saison, où c’est complètement mort le reste de l’année. C’est pendant cette période creuse qu’on retrouve Luna, Loïc, Tom, Mel et d’autres encore, des ados désœuvrés qui passent leur temps sur leur portable, transportent leurs lots de peine et de souffrance et font des conneries. Le soir où, pour rigoler, Luna envoie une photo de l’intérieur de sa culotte à sa copine Mel et que celle-ci la partage par inadvertance sur Snoop, un réseau social, ça pourrait être le drame. Sauf qu’au même moment, un violent orage a endommagé l’antenne-relais qui alimente le village et rendu impossible toute connexion. Quinze jours sans écran, c’est l’ennui assuré. Les jeux de société sortent du placard, un vieil accordéon se fait entendre, on se promène sur la plage, les tensions s’amplifient et les vérités se disent.

Si j’ai mis du temps à entrer dans ce roman graphique de 160 pages, mélangeant les personnages, je m’y suis sentie bien une fois à l’intérieur. Dans un no man’s land original, les ados tentent laborieusement de combler le vide, vide qui devient encore plus abyssal sans leur chère connexion internet, à moins que ce soit le contraire ? Toujours est-il que ces jeunes m’ont fait penser à des bêtes perdues, impulsives et violentes, parfois attachantes, sans adultes sur qui compter véritablement, rejetant d’ailleurs tout autre repère que les réseaux sociaux. A la fin, on ne sait s’il faut pleurer ou espérer. Certaines planches sont magnifiques, une grande piscine vide qui se remplit petit à petit, un coffre plein de canards en plastique au fond de la mer, trois jeunes qui s’essaient à une chorégraphie improbable sur une plage déserte, un camping fermé… Un bel album sur la période de l’adolescence qui aurait cependant gagné en force s’il avait eu quelques pages de moins.

https://www.bdgest.com/prepages/thb_planche/3522_P2.jpg

Partager cet article
Repost0