J’adore Taniguchi, j’ai notamment été complètement éblouie par Quartier lointain et Le gourmet solitaire (ce dernier reste un de mes trois plus beaux souvenirs de BD). Ici, l’auteur regroupe cinq nouvelles en une seule BD.
Le thème fédérateur est sans conteste celui des animaux. Dans la première nouvelle, un couple regarde son chien, Tam-Tam (mais quel joli prénom pour un animal domestique… non ?) mourir. En effet, le chien a déjà quatorze ans, il est vieux, il traîne de la patte. Bientôt, il ne pourra plus marcher, ses maîtres vont l’y aider avec une sorte de grande atèle. Ensuite, l’animal va rester allongé, à la maison, se nourrissant de moins en moins. Le calvaire va durer sept longs mois pendant lesquels la femme va prendre un temps partiel pour s’occuper de Tam-Tam. La mort du chien est un moment déchirant.
Dans les deuxième et troisième nouvelles, le couple d’abord récalcitrant finit par adopter un chat persan âgé d’un an dont personne ne veut. La chatte se trouve être enceinte et met au monde trois adorables chatons ! Un des petits est rapidement confié mais deux chatons restent définitivement à la maison.
Dans la quatrième histoire, une nièce débarque à la maison. Le couple va l’héberger et les trois vont bientôt s’accepter, s’apprécier, se soutenir moralement.
La dernière nouvelle ne reprend pas les personnages des quatre premières, elle raconte les exploits fous d’un alpiniste obsédé par l’ascension de l’Annapurna. Après avoir perdu un ami proche, mort en chutant du haut d’une montagne, il fonde une famille et essaye d’oublier la montagne. Pourtant, l’idée revient, il se sent comme emprisonné dans une vie qui ne lui convient que moyennement. Avec le soutien de sa femme, il va finir par accomplir son rêve et atteindre ce sommet surnommé « la déesse de l’abondance ». A plusieurs reprises, croise la panthère des neiges, la déesse protectrice de la montagne, superbe et majestueuse.
Moi qui ne suis pas une dingue des animaux (les chats mis à part, oui, pour les chats, c’est différent…), j’avoue avoir été considérablement touchée par ces histoires. La première surtout, cette agonie du chien qui lutte pour continuer à vivre, est tellement similaire à la mort approchante d’un vieil homme ! J’ai eu du mal à comprendre le rajout de la cinquième BD qui change de personnages et de contexte. Et puis, il faut avouer que, comme souvent chez Taniguchi, la vision du monde est totalement naïve, presque enfantine… mais je crois bien que c’est ce qui fait tout le charme de ses ouvrages, cet espoir en l’humain, le respect de la simplicité. Touchant, émouvant, passionnant. A lire donc !
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