
Je n’ai jamais vraiment aimé l’écriture et le style Ernaux mais comme je n’ai pas lu tant de titres que ça, il me fallait retenter l’expérience.
La narratrice (et autrice ?) raconte son épisode passionnel avec A., un homme marié originaire de l’Est qu’elle voit irrégulièrement. Il est riche, s’habille élégamment, conduite vite de grosses voitures et ressemble à Alain Delon. La relation est charnelle et sexuelle, ils se rencontrent généralement chez elle. Mais une fois seule, elle ne parvient pas à se le sortir de la tête ni du corps. Elle ne vit qu’en pensant à lui, s’achète tenues et maquillage en espérant lui plaire, se désintéresse de tout sauf de lui. Elle attend ses appels (nous sommes à la fin des années 80), maudit l’inefficacité des cabines téléphoniques, se languit sans cesse de ses présences trop rares.
Ce n’est pas ce titre qui va me réconcilier avec l’autrice ! Ça se lit bien, c’est fluide, un peu comme si une copine te racontait ses aventures amoureuses... mais alors, quel intérêt, vraiment ? L’histoire se termine parce que, quelques mois plus tard, le type déménage hors de la France, il revient la voir une dernière fois, elle ne lavera plus le verre dans lequel il a bu (?)... On sent bien à la fin du court roman qu’elle va mieux, elle ne pense plus systématiquement à lui à chacun de ses réveils. On s’en fiche complètement de cet adultère qui n’a rien d’original, qui ne nous apprend rien et cette soumission à l’homme est agaçante à lire en 2026. A oublier.
Danielle Arbid a adapté le livre au cinéma en 2020... Les critiques sont plus que mitigées.
« Je ne veux pas expliquer pas ma passion – cela reviendrait à la considérer comme une erreur ou un désordre dont il faut se justifier – mais simplement l’exposer. Les seules données, peut-être, à prendre en compte, seraient matérielles, le temps et la liberté dont j’ai pu disposer pour vivre cela. »
sans commentaire ... : « Une nuit, l’envie de passer un test de détection du sida m’a traversée : « Il m’aurait au moins laissé cela. »
Avec ses 77 pages, je participe au challenge des Gravillons de l’Hiver de La petite liste.

