
Trois récits parallèles.
Clémence emmène, en urgence et incognito, son fils de six ans, Tom, dans la vallée de la Vézère, dans le Périgord, pour fuir un mari trop violent. Dans cette maisonnette isolée, où toute connexion est impossible, quiétude et douceur règnent enfin... jusqu’au moment terrible où Tom disparaît alors que Clémence prend un bain.
Dans la même vallée, Guilhèm, l’agriculteur mal dans sa peau à cause d’une tache de vin qui lui barre le visage, rencontre la sublime Marion lors d’un mariage. Liaison passagère pour elle, coup de foudre instantané pour lui, toujours est-il que Guilhèm réserve à son amante une surprise très particulière.
Fabien est un spéléologue amateur qui connaît bien la vallée de la Vézère. Ce jour-là, il emmène sa fille Johanna explorer une grotte dont il a découvert l’entrée il y a peu. Se pourrait-il qu’elle cache des dessins pariétaux préhistoriques ?
Ces trois histoires finissent par se rejoindre, intiment enlacées, toutes imprégnées de ce lieu envoûtant et mystérieux, une vallée qui aimante les explorateurs, qui se fait refuge pour la femme qui fuit, qui repousse celui qui voudrait vivre en ville. La vallée devient un personnage aussi effrayant que rassurant, à la fois ténébreux et dangereux et mystérieusement enchanteur. Les personnages sont attachants, meurtris par la vie, ils comptent beaucoup sur ce coin de nature pour avancer. Ce roman prenant se lit avec un plaisir gourmand, le suspense fait (trop) vite tourner les quelque 200 pages et cela fait longtemps que je n’avais pas ressenti un tel empressement à connaître la suite des aventures de ces six personnages. Aucun reproche, aucun bémol mise à part la frustration de ne pas avoir de nouvelles de Clémence à la fin. Une très belle découverte d’un auteur-conteur que je vais suivre et que je remercie de ne pas avoir parlé de ses parents, de ses enfants, etc.
Coup de cœur !
L’incipit : « La maison se fondait parfaitement dans le paysage. Ces murs en pierres sèches, sa toiture en lauze et ses volets en chêne étaient l'agencement discret de ce qu'on retrouvait autour à l'état naturel. Même le lierre courait sur ses façades comme sur les arbres avoisinants. Clémence observait l'habitation depuis le fond de la cour. Il lui suffisait de poser les yeux ailleurs quelques secondes pour que la construction disparaisse dans le relief. Elle et son fils auraient pu traverser le vallon sans jamais l'apercevoir. C'était exactement ce qu'il leur fallait. »
Dans la grotte : « Son père la contourna, leva son smartphone, et là, juste au-dessus d'eux, un cheval noir apparut. L'animal les toisait depuis un éperon rocheux, ils étaient passés dessous sans rien remarquer. Johanna se colla à la paroi opposée pour mieux le voir. Sa silhouette crépusculaire, découpée sur la pierre éclairée, donnait l'impression troublante d'observer l'équidé à contre-jour. Il avait été dessiné un mètre au-dessus de leurs têtes sur une mince corniche qui longeait la galerie. Entre sa posture et la justesse de son tracé, on avait la sensation qu'il pouvait se mettre en mouvement à tout instant. »
