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10 septembre 2025 3 10 /09 /septembre /2025 11:06

Pleurer au supermarché

L’autrice raconte la mort de sa mère survenue quand elle avait vingt-six ans mais surtout, à travers ce portrait maternel, son amour de la cuisine coréenne. En effet, Michelle est la fille d’un Américain de l’Oregon et d’une Coréenne et, si elle a grandi aux Etats-Unis, elle passait régulièrement l’été à Séoul et sa mère l’a « éduquée » à sa manière qui incluait la passion et la richesse de la gastronomie coréenne et chinoise. Au moment de l’adolescence, rien ne va plus entre mère et fille mais le cancer annoncé à la suite de simples maux de ventre de la mère va les rapprocher. Michelle va mettre sa carrière de musicienne entre parenthèses et va oublier les reproches formulés par la mère pendant toutes ces années et cette tyrannie des apparences qui l’a faite souffrir adolescente. Elle va l’accompagner au mieux dans sa maladie et dans ses dernières heures de vie.

Si le titre (que je trouve affreux) renvoie aux réminiscences que provoque une virée dans un supermarché asiatique, le roman n’est pas tellement larmoyant même si je déteste encore et toujours lire des récits de maladie, de souffrances et de fin de vie. Je sais pourquoi j’évite ce genre de livres qui ne m’apportent personnellement rien à part (au mieux) une morosité tenace, (au pire) une angoisse profonde. Heureusement qu’il y a la gastronomie coréenne qui occupe bien les trois quarts du roman ! Qu’il serait intéressant de le lire et de déguster en même temps tous les nombreux plats évoqués ! Je n’en connais pas la moitié mais l’hommage est bien rendu à cette cuisine méconnue chez nous et il est vrai que ce lien culinaire entre mère et fille est bien traité, c’est comme si la mère n’avait jamais su exprimer son amour autrement que par des mets bien cuisinés. Elle a toujours choisi la sincérité en critiquant sa fille pour son teint, sa posture, ses choix vestimentaires, sa corpulence... une franchise qui peut être mal perçue mais qui était une preuve particulière de son amour. Il lui est même arrivé de porter les santiags neuves de Michelle pour assouplir le cuir. En bref, un amour maladroit pour une mère monomaniaque qui n'avait finalement que sa fille à aimer dans sa vie. Mon ressenti est à l’image de ce billet, plutôt confus, entre enthousiasme pour cette relation ambiguë entre les deux femmes mais aussi pour les kimchi, tteokguk, gyeran jjim, jatjuk (une sorte de porridge de pignons de pin que j’aimerais essayer si ça n’était pas si complexe à réaliser) ... et révulsion pour les pages traitant de la maladie. Inutile de préciser que si vous envisagez un voyage en Corée du Sud, cette autobiographie constituera un délicieux amuse-bouche.

les billets de Luocine et  d'Antigone, davantage convaincues.

« Ma mère avait sa propre manière de préparer nos retrouvailles : en faisant mariner un plat de côtes pendant deux jours. Elle remplissait le frigo de mes banchan préférés, achetait mon kimchi de radis plusieurs semaines en amont, et le sortait du frigo un jour avant pour qu'il soit parfaitement affiné et salé à mon arrivée. Les côtes de porc, marinées dans l'huile de sésame, le sirop de sucre, le soda, puis caramélisées à la poêle, imprégnaient la cuisine d'un alléchant parfum fumé. Ma mère rinçait des feuilles fraîches de laitue rouge et les posait sur la table basse en verre devant moi, puis apportait les banchan. Des œufs durs marinés dans la sauce soja et coupés en deux, des haricots mungo croquants assaisonnés d'oignons verts et d'huile de sésame, un doenjang jjigae avec un supplément de bouillon, et du chonggak kimchi fermenté à la perfection. »

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commentaires

L
Coucou ! Je ne connaissais pas du tout, malgré le million de lecteurices... Mais je passe mon tour, pas envie de lire les descriptions de cadavres cuisinés à toutes les sauces et d'une femme assignée à son rôle de mère et de cuisinière.
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V
c'est un peu plus que ça et il y a pas mal de plats végé :)
G
Pas pour moi du tout... la gastronomie Coréenne me laisse de glace...<br /> Et je suis entourée de personne en fin de vie (mon voisin de 38 ans qui la nuit dernière a crié à l'aide parce que tombé et ne sait plus se relever, et une amie proche, que je vais voir demain.
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V
Je te comprends, je répète que moi en tous cas, ça ne m'aide pas de lire les souffrances des autres dans un tel contexte.
S
Trop d'avis mitigés pour noter ce roman. Je prends l'option cuisine coréenne sans le livre donc 😁.
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V
C'est très malin ça :) !!
D
Je pense que je réagirais de la même façon en lisant ce roman : autant les plats coréens me mettraient l'eau à la bouche, autant la partie sur la maladie me mettrait mal à l'aise ou me déprimerait...
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V
c'est à la fois festif et appétissant et complètement angoissant...
V
j'ai lu pas mal de livres sur la maladie et la fin de vie, je crois que ça m'aide à en avoir un tout petit moins peur et je me dis que c'est aussi un moyen de se dire je ne suis pas la seule à vivre ce moment, une sorte de consolation...mais je comprends tout à fait qu'on puisse être rebutée par le thème<br /> quant à la mère, je l'ai trouvé quand même pas mal toxique (toutes ses réflexions, ça peut casser totalement une personne)n j'espère n'être jamais comme ça avec mes enfants. Mon point commun est que j'aime faire plaisir aux gens que j'aime (et pas que mes enfants) avec des bons plats, surtout de la pâtisserie :)
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V
Oui, cette mère est complexe (elle ressemble à la mienne), très cassante et la culture coréenne n'excuse pas tout, je trouve, mais aussi très généreuse et altruiste quant il s'agit de sa fille. J'ai définitivement beaucoup de mal à lire sur la fin de vie, j'y trouve rarement mon compte.
A
C'est un grand classique, il me semble, les mères qui font passer leur amour par la nourriture.
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V
Ah oui, ça se prouve dans ma famille et dans ma belle-famille en tous cas... suis-je comme ça aussi? Sans doute pas mal ^^
A
Tu me mets l'eau à la bouche. Je vais me mettre en quête d'un bon traiteur coréen.
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V
le traiteur sans le livre alors? :))
F
J'avais été tentée à sa parution, les médias en parlaient pas mal, mais j'ai dû voir ou entendre des retours mitigés qui ont fini par me refroidir.
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V
Gros succès américain (un des romans préférés d'Obama paraît-il...) mais par conséquent, lecture grand public avec ce que ça peut sous-entendre de péjoratif.
P
Je ne connais pas, mais d'après ce que tu en dis, je vais passer...
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V
ça plairait à beaucoup, j'en suis sûre, ... c'est d'ailleurs le cas !
M
Bon comme je ne compte pas aller en Corée, je passe mon tour sur ce coup là même si tu nous décris très bien son côté positif, comme l'envie de déguster sans tarder cette cuisine délicieuse en le lisant, le sujet de la maladie ne me tente pas et le titre me fait carrément fuir...Merci de l'avoir lu pour nous
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V
Je te comprends, je n'avais pas compris - avant lecture - la place qu'occupait le thème de la maladie et de la mort.
C
Je te comprends, j'évite aussi les livres sur la maladie, ou la fin de vie... Et je partage ton avis sur le titre choisi ! <br /> Bref, même s'il a des qualités, je n'en ferai pas une priorité.
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V
Si tu aimes la gastronomie coréenne, fonce :) !
A
S'il n'y avait que la cuisine ça irait ; pour le reste, ça ne me donne pas trop envie de le lire.
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V
Ce n'est pas mon genre du tout du tout. Bon, je l'ai lu, il n'y a pas eu que du négatif.
L
tu racontes bien ce livre qui m'a beaucoup plu , je trouve qu'il décrit bien les rapports entre la culture coréenne et la culture nord américain , les rapports je devrai plutôt écrire" le choc "
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V
Oui, ça c'était vraiment intéressant, et la cuisine. Mais les descriptions concernant la fin de vie de la mère ne m'ont rien apporté.

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