
Frank Paterson vient d’avoir quarante ans. Il joue, depuis quinze ans, le rôle du Marshal Johnson dans un spectacle mettant en scène des scènes de western. Il prend son rôle tellement à cœur qu’il ne sait plus démêler le vrai du faux et c’est pour cette raison que son patron le licencie. Il se décide à participer à un voyage organisé dans le Grand Canyon où il va côtoyer tous les clichés des touristes ignares ou pédants accompagnés d’une guide mexicaine bien plus futée qu’il n’y paraît. Mais les touristes ne vont pas tarder à comprendre qui est le véritable homme qui se cache derrière ce « marshal » même si ce n’est pas lui qui est le plus à redouter dans le groupe.
D’un western classique avec tous les clichés qui le construisent, on parvient à une sorte de western moderne où l’homme blanc est devenu fou, abruti par la drogue et amoureux des armes à feu. J’ai aimé les « fausses pistes » qui jalonnent la BD mais je les ai trouvées difficilement crédibles avec des revirements de situation plutôt grotesques. Il en résulte une impression de confusion avec le sentiment que l’auteur a voulu caser plein de thématiques (hommage au western, satire des voyages organisés, dénonciation de la violence actuelle) sans en approfondir réellement aucune mais en cumulant les clichés (le touriste trop gros, l’aigle ami de l’Indien, l’ancien soldat au cerveau détraqué). Je n’ai pas vraiment adhéré à l’histoire même si elle est originale mais j’ai aimé les dessins ; qu’on soit au far West, dans le Grand Canyon ou dans la Vallée de la mort, Duhamel excelle dans la représentation des grands espaces, ce n’est pas nouveau. J’ai préféré Jamais, Le Retour de Bruno ou Le voyage d’Abel.

