
- D’après l’œuvre de Cormac MacCarthy -
Un homme et son fils errent au milieu de nulle part dans un monde apocalyptique où tout n’est que cendres, ruines et misère. Poussant leur caddie où se nichent de pauvres provisions et une vieille tente élimée, ils doivent trouver de quoi manger dans un univers où les humains ne sont plus nombreux mais aussi éviter les quelques personnes qu’ils seraient amenés à croiser. Les découvertes faites dans les maisons délabrées le prouvent : les hommes restants sont devenus des monstres, assassinant leurs congénères, allant jusqu’à les manger, pillant la moindre parcelle de nourriture et manifestant une sauvagerie effroyable. Père et fils tentent de joindre le Sud où un maigre espoir est permis mais entre le vol de leurs provisions, la maladie de l’un ou de l’autre, les mauvaises rencontres, ils meurent de faim et parfois de froid et avancent doucement. Ils parviennent cependant à rejoindre l’océan où l’attente est déçue.
Mort, peur et désolation. Je suis une grande fan de Larcenet et, malgré les éloges que j’ai pu lire au sujet de cette BD, je redoutais le moment de retrouver cette histoire sordide et terrifiante. Le résultat a dépassé mes craintes, je suis sortie de cette lecture abasourdie, nauséeuse et abattue, avec un mauvais goût dans la bouche et des idées noires. Mais il faut bien admettre que cette adaptation du roman qui m’a foutu une trouille bleue est une réussite. Préférant l’image au texte, Larcenet a choisi quelques dialogues qui sont là pour prouver à quel point le père protège son fils, à quel point le fils croit encore mais difficilement aux paroles de réconfort de son père. Mis à part un unique rire d’enfant et des regards d’amour entre les deux protagonistes, tout n’est que noirceur, une noirceur magnifiée par le crayon de Larcenet qui a su, avec une finesse extrême, reproduire le poudroiement d’un air vicié, comme si le malheur pénétrait tous les interstices des maisons en ruine, des êtres, de la peau, des cerveaux. L’innocence et les questions candides de l’enfant sont une petite perle dans cet univers gris et noir, noir et gris, ... et sa réponse « Alors d’accord » qui revient comme un refrain glauque et funeste. Du grand art même qui se lit en apnée.
J’espère tout de même que Larcenet nous reviendra avec son humour légendaire...


Une de mes séries préférées : Le retour à la terre.
