
Eté 1914 : A Orcières, dans un village escarpé du Lot, le tocsin sonne le début de la guerre, les hommes s’en vont et les femmes se retrouvent à accomplir toutes les tâches aux champs. Joséphine, la femme du médecin, est la première à se savoir veuve. Un dompteur allemand (et ses huit fauves) est de passage et, pour fuir l’enrôlement et l’arrestation, il se réfugie au sommet de la montagne. Mais cette guerre qui devrait être brève, dure… et la nourriture vient à manquer.
Eté 2017 : Franck, poussé par sa femme Lise, accepte de passer quelques semaines dans cette maison à louer, perdue dans le Lot. Producteur de cinéma, il aurait préféré rester joignable, dans un endroit civilisé et peuplé. Or, sur le Mont d’Orcières, c’est tout le contraire qui l’attend : dans cette maison isolée, haut perchée, il n’y a ni voisins, ni commerces, ni réseau, ni âme qui vive… Si, un énorme chien vient accueillir le couple. Il faut bien admettre que le paysage est à couper le souffle, il faut bien admettre que ce chien qui semble sauvage, apprivoise très vite Franck à qui il obéit au doigt et à l’œil… Franck se laisse charmer mais il doit résoudre des problèmes de contrat avec ses associés, deux jeunes requins qu’il compte bien faire venir faire un peu de randonnée insolite sous un soleil de plomb.
Soyons clair, net et précis : j’ai adoré ce roman et l’élève au COUP DE CŒUR. La distance temporelle qui sépare mais surtout lie ces deux histoires absolument fabuleuses, la tension qui règne dans ce roman, les descriptions sublimes de cette nature sauvage quasi surnaturelle, ce personnage citadin vite converti à la rudesse montagnarde, cette image de la Première guerre vue du côté paysan, l’omniprésence des animaux, … j’ai tout aimé ! Frais, puissant, enchanteur, ce roman mêle les genres et les tonalités : suspense, contemplation, Histoire, nature writing, fable, aventure. Hybride est un chien-loup, hybride est ce roman où le manichéisme n’a pas sa place.
De l’auteur, j’avais lu L’Amour sans le faire que j’avais aussi grandement apprécié. On trouve quelques ingrédients communs aux deux livres : la canicule, le prénom du personnage principal, l’isolement à la campagne, … Hâte d’en lire d’autres de Joncour !
« Il y a des paysages qui sont comme des visages, à peine on les découvre qu’on s’y reconnaît. »
« La forêt est un espace de combat, la paix semble y régner mais dès lors qu'on s'y arrête un instant, on sent bien que s'active tout un royaume de vigilances, on pressent des milliers d'oreilles qui écoutent, de regards qui surveillent, la tension est palpable. »
