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Comment dire… comment dire gentiment, délicatement et subtilement que je n’ai pas aimé... ?
Sara est une jeune femme qui travaille dans une librairie, en Suède. Grande amoureuse des livres, elle passe tout son temps à lire. C’est par les livres, à travers une histoire d’achat de bouquins d’occasion, qu’elle entre en contact avec Amy. Cette vieille dame lit beaucoup elle aussi, elle habite dans l’Iowa et après une correspondance longue et amicale, elle propose à Sara de venir passer ses vacances aux Etats-Unis dans sa très petite ville, Broken Wheel. Sara débarque comme prévu et à sa grande surprise, Amy n’est pas là, Amy n’est plus, elle est morte quelques jours avant son arrivée sur le continent américain. Comme la vieille femme vivait seule, les habitants de Broken Wheel invitent Sara à habiter sa maison. Oui mais dans cette petite ville sans intérêt où la culture semble absente, Sara s’ennuie (et moi avec elle). Puisque son retour en Suède n’est prévu que deux mois plus tard, elle décide de reprendre la librairie d’Amy et de vendre tous les livres qu’elle a trouvés dans la chambre de la vieille dame. Mais attention, Mlle Sara a le cœur sur la main, non, non, elle ne veut pas être payée, elle souhaite juste s’occuper. Ni une ni deux, le vieux local est nettoyé, récuré avec l’aide de quelques gentils villageois. Ils semblaient si rustres et si bizarres au départ, ils sont finalement si adorables qu’ils se prennent d’une grande amitié pour notre Sara, au point de vouloir la garder avec eux tout le temps… oui, mais comment rester dans un pays qui ne veut pas d’elle ? Il faut la marier ! Mais avec qui ? Mais avec le beau, gentil et célibataire Tom… et punaise, ça tombe bien, elle a un faible pour lui, la Sara ! Que la vie est bien faite quand même ! Mais attention, il faut encore une bonne centaine de pages pour qu’ils tombent dans les bras l’un de l’autre, on n’a rien sans rien quand même…
Le bandeau de la première de couv’ m’avait pourtant prévenue : « Si vous avez aimé Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, vous allez adorer. » Je n’avais pas aimé le roman cité et j’ai tenu bon, j’ai failli abandonner ma lecture au bout de 100 pages et j’ai finalement tout avalé (les 500 !), sans ciller, courageuse face aux gnagnanteries du style « c’est la vie qui gagne le combat face à la littérature », c’est beau dans les livres mais ça peut être encore plus beau dans la vraie vie, ouais… ! Alors oui, si vous avez aimé Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates ou encore Demain est un autre jour, vous avez une petite chance d’aimer ce roman.
"Elle lut la dernière page, sourit comme on le fait à un vieil ami, puis referma le livre. Elle décroisa ses jambes et s'étira. Quand elle vit enfin l'attroupement, elle se leva à la hâte et se dirigea vers eux, confuse." : Sara vient tout simplement de lire 5h37 d'affilée, derrière la vitrine de la librairie, observée par tous, sans lever la tête une seule fois! (eh oui, nous les lecteurs, sommes des êtres étranges, coupés du monde, qui résistons à l'envie de boire, de manger ou même de faire pipi!)
